Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

19/07/2022

54 % des députés et 45 % des sénateurs élus sur les listes du M5S ont quitté le groupe parlementaire.

M5S.jpg

Italie. Depuis les élections de 2018, 54 % des députés et 45 % des sénateurs élus sur les listes du M5S ont quitté le groupe parlementaire. Le M5S est le parti qui a perdu le plus de sièges au Parlement depuis ce scrutin.

"Gouvernement, négociations sans fin."

FI-AN.jpg

Ligue.jpg

M5S.jpg

Italie. Revue de presse. 

La crise de gouvernement et les négociations politiques en vue du vote de confiance prévu ce mercredi au Parlement font la Une des quotidiens. Il Corriere della Sera titre « Gouvernement, négociations sans fin » et met en évidence le « Duel au sein du Mouvement entre Conte et Crippa » ainsi que le choix des présidents de régions léghistes de soutenir Mario Draghi, contre l'avis de Salvini. La Repubblica et La Stampa mettent en avant le sentiment des Italiens face à l'instabilité politique : « L'Italie ne veut pas de crise » (Repubblica) et « Seulement 1 Italien sur 3 veut la crise » (La Stampa), avec l'appel des maires et du monde associatif en soutien d'un Draghi-bis, et la possibilité que le Président du Conseil soit tenté d’adopter cette solution (La Stampa). Il Fatto Quotidiano parle de son côté d’un « Piège de Mattarella et des partis» qui obligerait le Président Draghi à rester à la tête du gouvernement. Il Messaggero de son côté souligne comment la crise paralyse le pays : « Trois cent décrets en suspens dans les domaines de la santé, de la pollution et des déchets ».

Draghi 1.jpeg

Les maires participant à l'appel à Draghi sont issus des zones qui sont des bastions du Parti démocrate.

Tous les quotidiens titrent sur la mission du gouvernement, hier, en Algérie, pour signer de nouveaux accords sur les fournitures de gaz : « Gaz, l'accord avec l'Algérie, Gazprom coupe les fournitures à l'UE » (Corriere) ; « Contrat de 4 milliards : le gaz algérien remplacera le russe » (Repubblica) ; « L'UE se prépare à réduire la consommation » (Il Sole 24 Ore).

 

Les JT couvrent essentiellement le 30ème anniversaire de l'attentat contre le juge Paolo Borsellino et son escorte ainsi que l’appel à faire toute la lumière sur ces événements ; l'accord avec l'Algérie pour de nouvelles fournitures de gaz ; le débat politique sur la crise de gouvernement et le vote de confiance prévu demain ; la guerre en Ukraine et la décision de Zelensky de suspendre 28 représentants des services secrets ainsi que de nouvelles aides européennes ; et enfin la canicule en Europe et en Italie.  

Borselino.jpeg

Le juge Borsellino et son escorte

COMMENTAIRE, La Repubblica, S. Folli, « Parti Démocrate : de la grande coalition au parti de Mario Draghi » : « Le chef du groupe à la Chambre, Crippa, a été fortement critiqué pour avoir accepté la demande du Parti Démocrate de tenir le débat parlementaire et le vote de confiance de demain d'abord à la Chambre et ensuite au Sénat ; pour au final un retour à la tradition de commencer d’abord par le Sénat et ensuite la Chambre. Crippa semble maintenant sur la voie de la sortie et emmènera avec lui d'autres dissidents. Le Mouvement 5 Etoiles est destiné à avoir un rôle marginal. Toutefois, le problème n'est pas l'avenir de Conte. En effet, la grande coalition était une formule destinée à indiquer l'entente politico-électorale avec le Mouvement 5 Etoiles et le Parti Démocrate ne dispose pas de stratégie de remplacement. Di Maio et les dissidents sont fiables (pro-européens, atlantistes), mais ils ont peu de voix. Letta n'a probablement qu'une seule solution : assumer un profil réformateur, non seulement dans le domaine des droits individuels mais surtout en ce qui concerne le renouveau économique, social et structurel qui n'en est qu'à ses débuts. Il pourrait le faire seul ou plus facilement avec l'archipel des groupes centristes (+Europa, Calenda, Italia Viva) auxquels la crise a redonné du dynamisme. Dès lors, il faut surmonter la méfiance désormais historique entre Letta et Renzi. Si le Parti Démocrate assumait résolument la direction morale du mouvement pro-Draghi, il disposerait d'une crédibilité renforcée. »

ENTRETIEN, Corriere della Sera, de Renato Brunetta, ministre italien de l’administration publique, “Un projet renouvelé peut le convaincre ; le coût d’élections anticipées serait supérieur aux bénéfices » : « Personne ne doit pousser Draghi dans un sens ou dans l’autre, il sait ce qu’il a à faire, et ce pour le bien du pays : mener les réformes, appliquer le Plan de Relance et défendre les valeurs afin que l’Italie retrouve sa crédibilité et sa réputation. Pour cela il faut miser sur ‘’l’européisme évolutif’’ inauguré par le plan Next Generation UE et interprété par Draghi et Macron. Il faut réaffirmer un atlantisme sans ambiguïté face à ceux qui, comme Poutine, veulent revoir les frontières de l’Europe par la force. Les 9 points présentés par Giuseppe Conte ne sont pas un véritable sujet, ils sont presque tous déjà inscrits à l’agenda de Draghi. Quant à l’écart budgétaire, ce n’est pas un sujet d’actualité, simplement parce qu’il n’est pas nécessaire actuellement. Les mesures d’aide de l’Etat peuvent être financées par l’excédent déjà généré. Quant au risque de fragmentation des spreads c’est précisément la fiabilité de Draghi et la bonne réalisation du PNRR qui nous en protège. Aucun des thèmes brandis par les partis pour exprimer leur mécontentement ne peut justifier une crise. Il y a encore trop à faire, un gouvernement démissionnaire n’y parviendrait pas, l’Italie risque de perdre 22 milliards d’euros. Comme en témoigne la vague d’appels en faveur de Darghi, le ‘’pays réel’’ montre qu’il a bien compris quel serait le préjudice d’un vide laissé à la tête de l’exécutif. Berlusconi et Salvini doivent en avoir conscience également. Les partis doivent réaffirmer demain leur adhésion à l’agenda Draghi-Mattarella de façon claire et responsable. L’énième succès que Draghi vient de remporter à l’étranger, à savoir les 15 accords passés avec l’Algérie pour s’émanciper de la Russie mais aussi inverser les vieilles logiques de dépendance du Sud, montre combien il peut servir l’intérêt national. »

PREMIER PLAN, Corriere della Sera, F. Savelli, “Mission italienne à Alger pour le gaz : le pays devient le premier fournisseur de l’Italie ; les flux vers l’Europe. »

ARTICLE, La Stampa, « L'UE alloue un fonds commun pour les armements » : « L'Union européenne alloue un fonds de 500 millions d'euros pour l'achat conjoint d’armements entre États membres. Aujourd'hui, la Commission dévoilera le projet de création d'une plate-forme commune d'achat d'armes permettant d'éviter d’acheter deux fois les mêmes munitions et d'obtenir de meilleures conditions d’achat. Tous les projets impliquant au moins trois États membres pourront bénéficier du financement de l’Union européenne. En outre, les achats seront effectués auprès de fournisseurs basés en Europe pour éviter de favoriser les concurrents. »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

Frères d'Italie monte encore.

FI-AN.jpg

Ligue.jpg

M5S.jpg

Italie.

Italie 1.jpeg

Frères d'Italie : patriotes

Parti Démocrate : centre-gauche

Ligue : patriotes

M5S : anti-système

Forza Italia : conservateurs

Azione +Europa :  libéraux

18/07/2022

Matteo Salvini : "L'espoir est qu'un ministre de la Ligue revienne bientôt pour défendre les frontières de ce pays."

Ligue.jpg

Italie.

Ligue 3.jpeg

Matteo Salvini: "L'espoir est qu'un ministre de la Ligue revienne bientôt pour défendre les frontières de ce pays, car nous n'avons aucune nouvelle du [ministre de l'Intérieur] Lamorgese."

"Salvini : PD irresponsable, il vaut mieux voter."

M5S.jpg

Ligue.jpg

FI-AN.jpg

Italie. Revue de presse. 

La crise du gouvernement italien fait la Une des quotidiens nationaux qui titrent sur les possibles scénarios en vue de mercredi, jour où Mario Draghi se présentera devant le Parlement. Le Corriere della Sera titre « Gouvernement, appels et vetos croisés » en soulignant la position de Forza Italia et de Ligue excluant un nouveau pacte avec le M5S. La Repubblica et le Messaggero soulignent le débat interne au M5S « Nouvelle scission en vue », avec l'hypothèse d'une démission d'environ 35 parlementaires et les pressions en faveur des élections exercées par la Ligue « Salvini : PD irresponsable, il vaut mieux voter » (Repubblica). La Stampa titre sur les positions et la stratégie politique interne à la droite « Salvini et Berlusconi misent sur le vote », à la suite de la rencontre, hier, entre les deux leaders de la droite tandis que le Fatto Quotidiano souligne que « 1 Italien sur 2 ne veut plus de Draghi ». 

Les grèves et les annulations dans le secteur du transport aérien sont également en premier plan sur Repubblica et la Stampa, tandis que le Sole 24 Ore titre sur la « Crise démographique, 2 millions de travailleurs en moins en 2030 » et que le Messaggero propose un focus sur le manque de travailleurs dans le secteur public. 

A la veille du 30ème anniversaire de l'assassinat du juge Paolo Borsellino à Palerme, Domani titre : « Borsellino était resté seul lorsqu’il allait vers la mort. » 

Les JT couvrent essentiellement la crise de gouvernement en Italie ainsi que les appels de nombreux politiques et maires adressés à Mario Draghi pour qu'il reste au Palais Chigi ; le voyage du Président du Conseil en Algérie pour signer de nouveaux accords sur les fournitures de gaz ; les prises de position des leaders de droite sur la crise de gouvernement ; la situation de la guerre en Ukraine ; le nouvel écroulement sur le glacier de la Marmolade où 11 personnes ont perdu la vie le 3 juillet.

Sur Twitter l'hashtag #Draghi, en référence à la crise politique en cours, domine. 

PREMIER PLAN, La StampaF. Olivo  « Centre-droit : soit Draghi soit Draghi » : « Face à face entre Berlusconi et Salvini : ‘soit un gouvernement sans les 5 Etoiles, soit des élections immédiates’, mais Forza Italia est divisée. Alors que Berlusconi arrive à Rome, le secrétaire de la Ligue affirme : ‘il vaut mieux voter’’. Matteo Salvini s'est envolé vers la Costa Smeralda pour resserrer les rangs avec Silvio Berlusconi, dictant à Mario Draghi des conditions qui rapprocheraient de fait les élections de l'automne. La stratégie tenue jusqu'à présent par la Ligue et Forza Italia sort renforcée du déjeuner en Sardaigne : ’’C'est nous ou le Mouvement 5 étoiles’’. Les ministres de Forza Italia, menés par Gelmini, l'ont remarqué, dénonçant, en public ou en privé, l'asservissement de leur parti aux dessins de Salvini. En réalité, les positions ne sont pas tout à fait identiques. Alors que Salvini veut voter immédiatement déclarant que ‘’les nouvelles déclarations de Conte confirment la rupture du pacte de confiance avec le sens habituel de la responsabilité qu'il était convenu d'attendre par rapport à l'évolution de la situation politique. Nous sommes prêts à nous soumettre, même à très court terme, au jugement des citoyens et à écarter la possibilité de gouverner avec les 5 étoiles en raison de leur manque de fiabilité et de leur incompétence’’. Le fondateur de Forza Italia est moins convaincu, il sait que la tendance électorale est propice, mais il ne peut rester indifférent aux appels qui lui sont adressés de toutes parts, en premier lieu de Gianni Letta, qui ne cesse de répéter qu'aller voter immédiatement plongerait le pays dans le chaos. " 

PREMIER PLAN, Repubblica, M. Pucciarelli « Du mouvement à la « fête de Conte », Di Maio travaille sur une scission bis » : «  Le chemin est étroit mais la tentative est forte. Immédiatement après les démissions de Draghi dans ses diverses déclarations publiques, Di Maio et les autres ex-membres de partis ont cessé de parler du Mouvement 5 Etoiles et l'ont appelé uniquement le "parti de Conte". Il ne s'agit pas d'un choix lexical anodin mais d'un message politique très précis : le mouvement qui avait soutenu le gouvernement il y a environ un an et demi n'existe plus, et s'il n'existe plus, alors la majorité qui peut soutenir le Premier ministre peut changer. En outre ce fait nouveau pourrait être le signal nécessaire pour convaincre Draghi de rester. L'objectif du ministre des affaires étrangères est de favoriser la sortie du Mouvement 5 Etoiles de l'aile gouvernementale 5 étoiles et de former un groupe de 35-40 députés menés par le chef de groupe Crippa. De fait, un transfuge du Mouvement 5 Etoiles a déclaré hier après-midi : « Pour que l'opération fonctionne, il faut arriver mercredi à la Chambre avec le fractionnement au sein du parti déjà établi ». Ce n'est pas une question de chiffres car, sur le papier, Draghi a déjà la majorité. L'annexion du Mouvement par le chef de groupe Crippa menant avec lui toute la direction de la Chambre des députés aurait une énorme importance symbolique. L'idée ne serait même pas celle d’une simple scission des mécontents, mais la création d'un autre groupe. Dès lors, Draghi officiellement supplié de rester par beaucoup ne devrait plus avoir besoin du soutien du soutien du Mouvement 5 Etoile, premier groupe parlementaire, car il ne le serait plus maintenant et si cette scission à lieu, la taille du Mouvement en  serait encore réduite. » 

COULISSES, Il Corriere della Sera, M. Guerzoni « Draghi ne voit pas de progrès : c’est aux partis de montrer que quelque chose change » : « L’appel d’un millier de maires italiens, les appels de Macron et des autres leaders européens, le « profond respect » de Biden, la pétition de Renzi, la pression des chefs d’entreprises et de très nombreux citoyens ont fait très plaisir à Draghi et ont contribué à affaiblir sa conviction que sa démission soit destinée à être irrévocable. Cependant, selon le Président du Conseil, « c’est aux forces politiques de montrer qu’un changement est en cours ». Le dernier ultimatum de Conte a été vu comme le prologue de la sortie du gouvernement du M5S. L’impression qui prévaut chez les partisans de Draghi est que le Président des Cinq-Etoiles avait décidé depuis longtemps de faire tomber la majorité afin de remonter dans les sondages et de se venger de son remplaçant au Palais Chigi. Si cela est vrai, pour les partisans d’une recomposition, le problème n’est plus Conte mais devient le duo Salvini et Berlusconi. Si les deux leaders optent pour les élections anticipées, le gouvernement Draghi sera conclu avant mercredi même. Si Berlusconi et Salvini devaient choisir la voie de la recomposition d’un gouvernement « bis », il ne manquerait à Draghi qu’un acte significatif au niveau parlementaire pour se soumettre à nouveau à un vote de confiance : une rupture incurable au sein du M5S avec, d’un côté, les partisans de la révolte et, de l’autre, ceux du gouvernement. Les partisans de Di Maio et de Letta essaient de se rallier aux forces pro-gouvernementales , en particulier le chef de groupe du M5S à la Chambre, Davide Crippa et, dans l’éventualité où ils y arriveraient, le périmètre de la majorité resterait plus ou moins le même. D’autres déçus pourraient voter la confiance à Draghi qui se verrait confier un nouvel exécutif, sans les partisans de Conte. D’Incà resterait aux Rapports avec le Parlement et, si Patuanelli venait à démissionner, Draghi récupérerait, par intérim, les dossiers du ministère de l’Agriculture. »

PREMIER PLAN, Corriere della Sera, d’A. Arachi, “Plus de 1000 maires signent en faveur de Draghi ; Giorgia Meloni en colère dénonce une action éhontée » : « Une lettre appelant Mario Draghi à ‘’rester en poste’’ avait déjà été signée, dimanche à la mi-journée, par plus de mille maires italiens. Le maire de Pesaro affirme que d’après les retours qui leurs parviennent, Draghi aurait été très touché par les différents appels, dont celui des maires. Cette initiative déplaît en revanche fortement à Giorgia Meloni, à la tête du parti d’opposition Fratelli d’Italia, qui reproche à ces représentants des citoyens d’utiliser les institutions comme une tribune, comme si c’était des sections de partis politiques. Dario Nardella, maire de Florence et l’un des coordinateurs de l’initiative soulignent que plusieurs maires des rangs du centre-droit sont également signataires de la lettre, comme le maire de Venise ou encore de Gênes. Ils en appellent à ‘’la responsabilité, au sentiment d’appartenance et au sérieux’’. En revanche aucun maire sous étiquette Fratelli d’Italia n'est signataire. On observe par ailleurs que si certains léghistes, notamment dans le nord, ont préféré garder leurs distances, au sein de Forza Italia nombreux sont ceux qui se sont joints à l’appel collectif. Giorgia Meloni plaide quant à elle pour des élections immédiates, suscitant à son tour les réactions du Parti démocrate, de Piero Fassino à Stefano Bonaccini. Le maire de Milan, Giuseppe Sala explique qu’ils se font ainsi l’écho des attentes des citoyens qu’ils représentent qui sont désorientés et déçus face à cette crise politique. »

COMMENTAIRE, La Repubblica, S. Folli « Les (en)jeux derrière l’agonie du Mouvement Cinq-Etoiles » : « Il est évident que la crise a lieu sur deux plans, l’un interne, l’autre international. Sur ce dernier, Draghi a déjà bénéficié de la plus haute reconnaissance. Comme l’a écrit le New York Times, « la crise italienne redouble les inquiétudes européennes », faisant allusion à l’avantage que tirera la Russie d’un affaiblissement des démocraties sur le continent européen. Ce thème devrait également dominer la discussion interne, puisque la majorité de Draghi se définit comme une majorité « d’urgence ». Inversement, à Rome se poursuivent des rites politiques compréhensibles à quelques initiés seulement. A deux jours du débat au Parlement, tous tournent leurs regards vers le Président du Conseil et lui demandent de rester, mais c’est aux forces politiques de décider de ce qu’elles veulent faire. Si le centre-droit se dit prêt pour les élections anticipées, Salvini et Berlusconi ne tiennent pas les mêmes positions intransigeantes que Fratelli d’Italia. On comprend qu’à certaines conditions, ils continueraient à soutenir Draghi. Ils attendent que le parti de Conte se désagrège, qu’un nouveau contingent du Mouvement rejoigne les rangs de Di Maio, que le cycle du Mouvement prenne fin ou bien que Conte place ce qu’il reste du M5S dans la zone grise de « l’appui externe ». Devant la débandade des partisans de Conte, Draghi pourrait porter le gouvernement jusqu’à la loi de Finances. La droite pourrait demander des engagements sur quelques points, bien définis, du programme, tout comme le Partito democratico, qui pourrait commencer à compter sur lui-même en adoptant une position claire et réformiste. Ce serait la seule manière de se préparer aux élections qui, quel que soit le scénario, approchent. »

SONDAGES, Il Fatto Quotidiano, F. Sorrentino, « Draghi-bis ? Un Italien sur deux dit non : mieux vaut organiser des élections anticipées » : « Les Italiens auraient-ils tellement confiance en Mario Draghi qu'ils le voudraient encore au Palais Chigi ? Il est compliqué pour l'instant de quantifier si l'attrait des électeurs pour « Super Mario ». « C'est une période difficile pour faire des sondages », révèlent conjointement les sondeurs. Dans les sondages de ces derniers jours, une division presque parfaite se dessine entre les Italiens qui souhaiteraient un Draghi-bis et ceux qui voudraient au contraire retourner aux urnes.  En particulier, révèle Izi Spa dans un sondage réalisé entre les 14 et 15 juillet et reporté par La Repubblica : « un peu plus de la moitié des Italiens (53%) seraient contre des élections anticipées ». Parmi ceux qui voudraient éviter un vote, beaucoup ne sont pas tant motivés par la confiance en Draghi que par l'impression que le recours aux élections ne serait « pas une bonne idée » car « qui sait ce qui se passerait ensuite ». Un sondage commandé par Affaritaliani.it et réalisé par Roberto Baldassari du Lab 21 confirme ce sentiment partagé par les Italiens : « le vote anticipé serait ici la solution préférée de 45,6% des Italiens, tandis que le 2 octobre serait la date la plus probable pour retourner aux urnes ». Pourtant, les demandes visant à maintenir Draghi au Palais Chigi se multiplient : Italia Viva lance une pétition, les maires des grandes villes écrivent un appel, le Vatican se dit préoccupé et invoque sa « responsabilité ». Le vote anticipé, en revanche, effraie, ce serait un saut dans le vide pour beaucoup. Le retour aux urnes serait toutefois « une aide pour le centre-droit », comme le démontre un récent sondage, réalisé par Youtrend et Cattaneo Zanetto & Co, à partir duquel Fratelli d'Italia, Lega et Forza Italia seraient en plein essor quelle que soit la coalition adverse, avec ou sans l'accord Dem-Grellini. Le périmètre des alliances est donc déterminant « il y a l'atomisation du centre mais Calenda, Renzi, Di Maio, +Europa et les Verts ne se fédèrent pas facilement » selon Pregliasco de Youtrend. » 

ENTRETIEN, Il Corriere della Sera, de Matteo Renzi « “Un nouveau mandat de Draghi serait la solution la plus efficace : sans lui, il ne reste plus que les élections” » : « La pétition [en faveur du maintien de Draghi, ndlr] a eu beaucoup de succès. Alors que nous nous parlons, nous en sommes à 80 000 signatures. Je parle de « Draghi bis » car, ce serait, selon moi, la solution la plus efficace pour les dix mois à venir. L’important c’est que Draghi reste au Palais Chigi et qu’il vienne à la Chambre sans devoir se retrouver entraîner dans des négociations dignes de la Première République : ce doit être à prendre ou à laisser. J'attends de voir qui prend la responsabilité de faire tout tomber à l’eau. Soyons clairs : un nouveau gouvernement Draghi se fait si Draghi veut le faire et à ses conditions. Le départ d’Incà du M5S, en admettant qu’il s’avère, n’est presque qu’une question de folklore. Je suis en faveur d’un second mandat de Draghi, avec un sursaut de détermination et de responsabilité du Président du Conseil. S’il ne s’en sent pas capable – ce qui me déplairait beaucoup – il faut voter tout de suite [et non pas prolonger la législature jusqu’au vote de la loi de Finances, ndlr]. Il faut en finir avec cette comédie indécente. Soit un nouveau gouvernement Draghi soit les élections. »

PREMIER PLAN, La Repubblica, de S. Mattera et L. Pagni, « Le Président du Conseil se rend à Alger afin d’augmenter les achats de gaz ; davantage de ressources y compris pour l’Europe du Nord. » 

PREMIER PLAN, La Repubblica, « L’Union Européenne défie Poutine : un plan d’urgence contre la réduction de l’approvisionnement en gaz. »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

17/07/2022

Présidentielles en Autriche : Rosenkranz donné à 21 % et Grosz à 6 %.

FPÖ.jpg

BZÖ.jpg

Autriche. Un sondage OGM en vue des élections présidentielles d’octobre 2022 donne :

Alexander Van der Bellen (indépendant) : proche des écologistes : 63 %

Walter Rosenkranz (FPÖ) : patriote : 21 %

Gérald Grosz (indépendant, ex-FPÖ et ex-BZÖ, soutenu par le BZÖ) : patriote : 6 %

Marco Pogo (Bier) : satirique : 5 %

16/07/2022

Viktor Orban à propos des sanctions.

Fidesz.png

Hongrie.

Orban 1.jpeg

15/07/2022

Frères d'Italie donné à 22,9 % et la Ligue à 14,2 %.

FI-AN.jpg

Ligue.jpg

M5S.jpg

Italexit.png

Italie. Un sondage réalisé entre le 11 et le 14 juillet 2022 donne :

Italie 1.jpeg

Frères d'Italie : patriotes

Parti Démocrate : centre-gauche

Ligue : patriotes

M5S : anti-système

Forza Italia : conservateurs

Azione +Europa :  libéraux

gauche 

Italexit : euroscepticisme

Fête des patriotes de Frères d'Italie.

FI-AN.jpg

Italie. Ce 14 juillet 2022, la dirigeante de Frères d'Italie Giorgia Meloni était à la fête des patriotes organisée dans la périphérie de Rome par son parti.

1.png

Giorgia Meloni : "Des élections tout de suite."

2.PNG

"Fête des patriotes : le jour à venir."

3.PNG

4.PNG

Meloni 1.jpg

5.PNG

"Négociation de la dernière chance : il faut l’accord de Salvini."

M5S.jpg

Ligue.jpg

FI-AN.jpg

Italie. Revue de presse.

La presse italienne titre largement sur la démission du Président du Conseil, Mario Draghi, à la suite de la décision des sénateurs 5 Etoiles de ne pas participer au vote de confiance sur le décret concernant les aides économiques contre la flambée des prix énergétiques. Les commentaires mettent en avant la « fin de l’unité nationale » (Stampa) d’une « politique souvent tentée par le suicide » (Corriere), tout en relevant que l’exécutif pourrait survivre grâce à la décision du Chef de l’Etat, S. Mattarella, de repousser la démission de M. Draghi en l’invitant à vérifier sa majorité devant les Chambres, mercredi prochain.  « La majorité s’effrite, Draghi jette l’éponge » - La rupture du M5S sur le décret pour les aides économiques provoque la réaction de Draghi « le pacte de confiance est révolu » ; Mattarella repousse sa démission. Le Président du Conseil s’exprimera mercredi devant les Chambres (Corriere della Sera), « La décision de choc de Draghi : je m’en vais » - Le Président du Conseil se rend au Quirinal après la décision du M5S de déserter le vote de confiance. Le Spread s’envole et les marchés tremblent. E. Letta : nous avons 5 jours pour le convaincre de rester, mais pour la Ligue les élections anticipées sont une option valable (La Repubblica), « Draghi démissionne, l’Italie plonge dans le chaos » (La Stampa), « Draghi démissionne, la Bourse s’effondre » (Sole 24 Ore), « Draghi s’en va, l’Italie vacille » - Le cauchemar des marchés, le Quirinal mise encore sur l’ancien banquier et l’hypothèse de nouvelles élections le 2 octobre prochain (Il Messaggero), « Le suicide de Draghi, qui a voté contre sa confiance » - Le gouvernement bénéficie toujours d’une majorité mais le Président du Conseil jette l’éponge. Conte veut aller jusqu’au bout : c’est nous qui décidons (Fatto Quotidiano). La disparition du fondateur du quotidien Repubblica, Eugenio Scalfari, est également citée en Une et dans les pages intérieures.

Les JT couvrent essentiellement la démission du Président du Conseil Mario Draghi qui a été rejetée par Sergio Mattarella et qui est donc renvoyée aux Chambres. En effet, sur le Décret « Aides économiques », le M5S n’a pas la confiance au gouvernement.  Les « rébus politiques » des différents chefs de partis sont mis en avant. Les nouveaux bombardements meurtriers sur les civils en Ukraine sont aussi couverts.

Sur Twitter, le hashtag #Conte, en référence à la décision du dirigeant du M5S de ne pas voter la confiance au Sénat sur le décret assurant les aides économiques, décision qui a provoqué la démission de Mario Draghi, domine.

EDITORIAL, Corriere della Sera, M. Franco « Le tort fait à l’Italie » : « La démission annoncée par Mario Draghi et « gelée » jusqu’à mercredi prochain sont le bouquet final d’une « législature populiste » et du triomphe des instincts suicidaires de la politique italienne. Giuseppe Conte, en jetant son masque de médiateur contraint de céder aux extrémistes, a montré hier son vrai visage. Avec des propos indignes d’un ancien président du Conseil, il a déversé toute responsabilité sur le Palais Chigi. Le populisme connaît bien l’art de ne pas assumer ses responsabilités et de les déverser sur les autres. En conséquence, Draghi est devenu le bouc émissaire idéal d’un Mouvement cherchant désespérément à récupérer quelques électeurs. Conte et le M5S ont préféré détruire la tentative de transition vers la stabilité et la normalité représentée par l’anomalie d’un exécutif d’unité nationale, dirigé par une personnalité des plus influentes, et mis en place par le Quirinal pour venir au secours d’un système de partis en voie de décomposition. Mattarella estime toujours que sans le bouclier de Draghi, l’Italie se montrera plus faible au niveau international et davantage exposée à la spéculation financière. Bientôt, les vainqueurs des élections de 2018 seront appelés à répondre de leur action : avoir fait tomber le gouvernement Draghi. Si tel est vraiment le cas, c’est un tort fait non seulement à l’Italie, mais aussi à l’Europe. »

ARTICLE, Corriere della Sera, M. Breda « Les pressions du Chef de l’Etat pour que le Président du Conseil revienne sur ses pas » : « Il est presque l’heure du dîner quand Draghi communique sa décision au Quirinal. Hier, au Sénat, il a obtenu la confiance mais le parti de majorité relative n’a pas voté. Il s’agit là d’une plaie politiquement incurable. ‘’Il n’y a pas de sens à ce que j’insiste à me faire épuiser comme cela’’ aurait-il dit à Mattarella. Le Chef de l’Etat écoute en silence Président du Conseil, puis intervient : ‘’Je comprends parfaitement les difficultés et toutes les raisons que tu m’as données. La décision relève exclusivement de toi mais je t’invite à y réfléchir encore un peu. Somme toute, on ne t’a pas enlevé la confiance. Mettons de côté ta démission jusqu’à mercredi. Réfléchis bien, puis rends-toi devant le Parlement et évalue la situation’’. C’est donc une parenthèse de cinq jours qui s’ouvre, pendant lesquels le Quirinal espère que Draghi puisse revenir sur sa décision, même si cela sera, compte tenu de ses propos, très difficile. Draghi pourrait se limiter à fournir de simples « communications » et abandonner l’Hémicycle sans que celui-ci ne puisse s’exprimer par une motion, (alors qu’un débat serait inévitable) et se rendre à nouveau au Quirinal pour formaliser définitivement la crise. Ou bien, il pourrait changer d’avis et accepter de recommencer, dans l’éventualité où la feuille de route esquissée par Mattarella, pour porter la crise devant le Parlement et mettre les partis devant leurs responsabilités, viendrait à porter ses fruits. Mais c’est là une possibilité à laquelle presque personne ne croit plus. » 

ARTICLE, Corriere della Sera, F. Verderami « Une situation qui nous conduit vers des élections anticipées même si la moitié de la majorité est en train de chercher une solution » : « Malgré toute une série d’appels venant des bancs du Sénat et arrivés jusqu’aux institutions de Quirinal, afin d’éviter la crise, Draghi a fini par présenter sa démission. Nous assistons désormais à l’existence de deux grands blocs au sein du Parlement : l’un qui veut prolonger la mandature, et l’un qui fait pression, en revanche, en faveur d’élections anticipées. Quoi qu’il en soit, la solution se trouve dans les mains de Draghi. Tout dépend de ce qu’il dira devant le Parlement. Les partis sont déjà en train de faire leurs comptes sans lui car, sauf un coup de théâtre, Draghi ne sera plus là. Déjà hier matin, un ministre expliquait que ‘’la date de dissolution des Chambres sera fixée pour le 20 juillet. Grâce à ce décret, il sera possible d’aller voter dès le 25 septembre et ce, afin d’assurer au prochain exécutif la possibilité de rédiger la loi de Finances’’. Sauf si les partis parviennent à s’entendre pour donner leur feu vert à un gouvernement technique, dirigé par Daniele Franco, jusqu’à l’adoption du budget, pour ensuite aller aux urnes en février. L’hypothèse d’un gouvernement Franco ne déplairait ni à Forza Italia ni à la Ligue. Reste à voir ce qu’en pensent Berlusconi et Salvini. »

COULISSES, Il Messaggero : « Les marges de manœuvres du Quirinal sont limitées, ''Il n'y a pas d'autres noms'' : l'hypothèse du vote en octobre » : « ''Il n'existe plus d'alternatives.'' Selon le Quirinal aucune autre majorité gouvernementale n'est possible. Soit Mario Draghi reste au Palais Chigi, soit les élections anticipées seront inévitables. L’idée qu'un nouveau Président du Conseil de haut niveau puisse arriver au Palais Chigi pour guider le gouvernement jusqu'à la fin de la législature n'est tout simplement pas prise en considération par le Quirinal. C’est une position que le président Mattarella aurait partagé directement avec Draghi lors de leurs échanges d'hier. Le fait de ne pas avoir accepté la démission de Draghi ne doit pas être interprété comme un signal mais comme '’un devoir de démocratie et de transparence’’. Une date commence à circuler pour les élections : celle du 2 octobre. Cela permettrait au nouveau gouvernement de rédiger la loi de Finances ». 

COULISSES, La Repubblica, S. Cappellini « Négociation de la dernière chance : il faut l’accord de Salvini » : « Mario Draghi peut-il encore être convaincu ? « Oui », laisse filtrer le Palais Chigi, à condition que tous les partis le lui demandent et que ce nouveau départ se fasse sur des bases claires et déterminées. C’est, au fond, une situation analogue à celle de la réélection de Mattarella : cela semblait très difficile, mais cela a fini par se produire. Les partis demanderont-ils à Draghi de rempiler ? C’est possible. Parmi les forces principales, le PD et Italia Viva lui ont déjà demandé de continuer. Forza Italia tend à en faire autant, tout comme le M5S, après avoir déclenché la crise. Reste la Ligue. Ou, plutôt, les Ligues. Matteo Salvini mais aussi les gouverneurs et Giorgetti, convaincu que la crise puisse se résoudre « aux temps additionnels ». Salvini est pris entre Berlusconi qui veut continuer avec Draghi et la détermination de Meloni à demander des élections. La prudence lui suggère de ne pas perdre son alliance avec Berlusconi alors que se lancer dans une campagne électorale ne lui accorderait que le rôle de vassal dans la chevauchée de Meloni vers le Palais Chigi. Le parcours construit par Mattarella pour porter la crise devant le Parlement a un clair sous-entendu : ou bien un accord est trouvé pour repartir ou bien un nouveau vote sera indispensable. Il s’agit d’inviter les partis à regarder la réalité en face : dans une législature qui a déjà expérimenté toutes les formules politiques possibles, on ne voit pas bien comment des forces incapables de se regrouper autour de Draghi puissent trouver, en peu de jours, la détermination pour le faire autour d’une solution alternative. Les partis sont dos au mur : qui se défile doit savoir quelles en seront les conséquences. »

ENTRETIEN, Il Messaggero, de Paolo Gentiloni, Commissaire européen à l’Économie « Il faut de la cohésion, il est essentiel de continuer avec le PNRR » : « La Commission Européenne observe avec ‘’un étonnement inquiet’’ la crise politique qui s'est ouverte en Italie et qui a porté à la démission de Mario Draghi. Nous naviguons dans des eaux agitées avec la guerre, les tensions géopolitiques, l'inflation record et la crise énergétique. Grâce à un PIB à un niveau acceptable, nous ne traversons pas encore la tempête, mais cette navigation demande une cohésion importante et un fort leadership, deux éléments qui ont caractérisé le gouvernement de Mario Draghi. En considérant le cycle 2021-2023, l'économie italienne est en ligne avec celle des autres grands États membres et fait même un peu mieux de l’Allemagne ; Rome est en train de revenir au niveau d'avant la pandémie. La Commission évalue la possibilité de prévoir une limite maximum au prix du gaz en cas d'urgence et de dégradation de la situation, mais cela ne sera pas objet de discussions cette semaine.  Après l’été, nous présenterons notre proposition de révision du Pacte de stabilité, les contrastes entre les Etats sont moins forts qu'auparavant, cela pourra nous aider à trouver un accord. »

PREMIER PLAN, La Stampa, A.Barbera, « Tempête sur les marchés » : « Le contre-coup de la crise politique qui a éclaté à Rome aura lieu jeudi prochain, lorsque les dix-neuf gouverneurs de la zone euro se réuniront à Francfort. Deux questions intéresseront principalement l'Italie : la décision de relever les taux d'intérêt, pour la première fois depuis des années, et les moyens à mettre en œuvre afin d'empêcher une chute des rendements sur les obligations les plus faibles sur les marchés. La Banque Centrale Européenne possède désormais un quart de la dette italienne, ce qui permettra d'éviter de graves conséquences financières, du moins à court terme, même en cas d'élections anticipées. Cependant, la sortie des Cinq Étoiles de la majorité gouvernementale n'aurait pas pu se produire à un pire moment : juste avant une réunion cruciale des banquiers européens, en plein arrêt des livraisons de gaz russe et, sur le plan des réformes, en plein milieu des travaux. Les investisseurs ne sont toujours pas convaincus que le gong final ait sonné pour Draghi. Filippo Taddei responsable de la recherche pour l'Europe du Sud chez Goldman Sachs a écrit dans une note « le risque d'élections anticipées reste faible, il est plus envisageable que le gouvernement tienne jusqu'au printemps ». Un investisseur a déclaré « s'il n'y a pas de gouvernement la semaine prochaine, la résistance allemande à un instrument anti-spéculatif augmentera sans doute ».  La conséquence la plus grave d’un retour aux urnes serait l'arrêt du plan de relance. »

PREMIER PLAN, La Repubblica, G. Riotta : « Après Johnson, Draghi : Kiev se sent plus isolée et craint de devoir faire des concessions aux Russes » : « Selon un conseiller militaire européen, qui a voulu garder l’anonymat : “[Après] la sortie de scène de Johnson, la défaite du Président français aux élections législatives, avec la gauche de Mélenchon, beaucoup moins hostile à Moscou, la crise italienne des Cinq-Etoiles contre Draghi est mal accueillie ici. Zelensky craint de perdre des amis de confiance. Un gouvernement italien fait de ministres qui demandent moins de sanctions contre le Kremlin, qui craignent l’augmentation des prix du gaz plus que la fin de la démocratie à Kiev, ferait vite regretter aussi bien Draghi que les ministres Di Maio et Guerini, toujours pro-occidentaux.” Un conseiller diplomatique américain analyse, quant à lui : “Si le Président Biden venait à perdre les élections de novembre et à ne plus contrôler le Congrès, il est possible que les 4 milliards d’aides alloués jusqu’ici ne soient pas renouvelés ou soient retardés jusqu’à 2023. Avec la flambée de l’inflation, la récession qui s’approche, la parité du dollar et de l’euro, les 6.2 milliards d’aides à verser à Kiev d’ici septembre seront-ils approuvés ? Le Congrès préférera-t-il rester neutre ?”. Un diplomate ukrainien, à la tête d’un groupe de travail au ministère des Affaires étrangères, conclut, inquiet : “Zelensky vient de remplacer l’ambassadeur ukrainien à Berlin, qui déplaisait aux Allemands. Opération de routine, a-t-on dit, mais c’est en réalité un geste de détente. Nous savons que beaucoup d’amis de Poutine gravitent autour de Scholz et, surtout, autour du Président Steinmeier. Les cercles liés à Poutine et à l’ancien chancelier Schroeder sont actifs en Allemagne. L’Italie est un point d’équilibre, le perdre serait une mauvaise chose.” » 

(Traduction : ambassade de France à Rome)

FI-AN.jpeg

Frères d'Italie de Giorgia Meloni réclame des élections tout de suite.

Le FPÖ donné à 22 %.

FPÖ.jpg

Autriche.

Autriche 1.jpeg

ÖVP : conservateurs / sociaux-chrétiens

SPÖ : sociaux-démocrates

FPÖ : patriotes

écologistes

NEOS : libéraux

MFG : anti-vaccin

Andere : autres

14/07/2022

Sergio Matterella refuse la démission de Mario Draghi.

M5S.jpg

Ligue.jpg

Italie. Le président Sergio Matterella a refusé ce jeudi soir la démission du chef du gouvernement Mario Draghi que celui-ci lui a présentée après la décision du Mouvement 5 Étoiles, membre de sa coalition, de boycotter un vote de confiance au Sénat.

"Le président du conseil italien, Mario Draghi, annonce sa démission, en raison de l’effritement de sa coalition."

M5S.jpg

Ligue.jpg

Italie. Le gouvernement tombe :

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/07/14/l...

"Le M5S ne votera pas la confiance, le gouvernement va vers la crise."

M5S.jpg

Ligue.jpg

FI-AN.jpg

Italie. Revue de presse. 

La presse italienne titre largement sur la décision du M5S de quitter le Sénat pendant le vote de confiance sur le décret devant allouer les aides économiques pour les ménages et les entreprises. Les commentaires mettent en avant la possibilité concrète d’une crise gouvernementale, l’exécutif de Mario Draghi ne disposant plus de la même majorité. Plusieurs scénarii sont évoqués, allant d’un exécutif Draghi soutenu par une nouvelle majorité à la possibilité d’élections anticipées en octobre. « Le M5S ne votera pas la confiance, le gouvernement va vers la crise » - Après un long entretien téléphonique avec Draghi, Conte décide avec ses parlementaires de sortir du Sénat pendant le vote d’aujourd’hui. Pour Salvini, après la rupture du M5S il ne peut y avoir que des élections anticipées (Corriere della Sera), « Draghi, le grand refus du M5S » - Après une longue journée de rencontres et de bras-de-fer, le Mouvement décide de ne pas voter la confiance prévue aujourd’hui au Sénat. Draghi décidera s’il démissionne ou s’il se présentera devant le Parlement pour vérifier qu’il y dispose toujours de la majorité (La Repubblica), « Conte ouvre la crise, Draghi est prêt à démissionner » (La Stampa), « Gouvernement, le M5S ouvre la crise » - Conte qualifie d’ « insuffisantes » les garanties données par Draghi sur les mesures sociales. Pour Letta, la coalition avec les 5 Etoiles est finie (Il Messaggero), « Conte ne se laisse pas convaincre, Draghi menace de démissionner » - Draghi formule ses promesses par téléphone mais les 5 Etoiles ne signeront pas de chèque en blanc (Fatto Quotidiano), « Le [roi] Conte est nu » - Le dirigeant du M5S se retrouve dans une impasse et reste isolé (Il Giornale). Dans les pages intérieures, la réunion d’experts militaires à Istanbul sur le blocage des exportations de céréales en Ukraine et la hausse du taux de contagion de Covid-19 sont aussi largement citées.

Sur Twitter, le hashtag #crisidigoverno, en référence à la possibilité que le Président du Conseil puisse démissionner à l’issue du vote de confiance d’aujourd’hui au Sénat, domine.

COULISSES, Corriere della Sera, F. Verderami « La stratégie de Draghi est d’écarter la possibilité de diriger un gouvernement amoindri » : « Le coup de fil entre Draghi et Conte n’a pas permis comprendre si le leader 5 Etoiles s'efforçait réellement de convaincre son peuple in extremis d'accorder sa confiance au gouvernement, ou s'il s'agissait simplement d'une tactique. Et comme "plus que les mots, c'est le comportement qui compte", Draghi était déterminé à attendre l'issue du vote d'aujourd'hui au Sénat. Si le Mouvement donne suite à sa décision de quitter le Sénat et ne vote pas avec le reste de la majorité le décret sur les aides, le Président du Conseil se rendra au Quirinal et démissionnera, officialisant ce qu'il avait déjà annoncé à Mattarella. Draghi rejette l'idée de diriger un "non gouvernement", de se transformer en Président d'un exécutif transitoire, exposé dans les derniers mois de son mandat à de nouvelles embuscades et à de nouveaux ultimatums. D'autre part, il est conscient d'être vu par sa majorité comme un obstacle. On ne sait pas encore comment se terminera la mandature, si le chef de l'État demandera à M. Draghi de rester au Palais Chigi pour gérer l’administration courante avant les élections. Mais autant le Président du Conseil pense que les forces politiques ne sont pas encore prêtes pour les élections, autant il n'a pas calculé à quelle vitesse elles se manifestent quand leur survie est en jeu. En effet, les partis ont déjà commencé à envisager l'ère post-Draghi, alors que ce dernier n'a pas démissionné. Des discussions informelles avaient déjà eu lieu au sein du PD, au cours desquelles le secrétaire Letta espérait arriver aux élections "au moins après l'adoption de la loi de finances", tandis que pour d'autres il valait mieux "aller au vote plus tôt, pour catalyser le consensus". Sachant qu'ils ont peu de chances de gagner, ils essaient au moins de tirer au sort. Au point que même le courant démocrate qui a toujours été hostile au Président du Conseil murmure que "si Draghi joue bien, il peut revenir après les élections". Les cadres plus proches de Meloni se sont mis à compter les circonscriptions, tandis que les dirigeants de centre-droit - comme par magie - après une année de querelles furieuses, ont harmonisé leurs déclarations. Hier, la différence entre Salvini et Berlusconi sur les développements de la crise n'était que tactique. Si Silvio Berlusconi a déclaré à la presse qu'il était favorable à un autre gouvernement Draghi sans le M5S, c'est parce qu'il voulait tendre un piège aux partisans du Mouvement : les pousser à rompre avec le gouvernement, leur faire croire qu'ils n'en paieraient pas le prix dans les urnes, et se tourner ensuite vers le vote. Ce qui, après tout, est la solution souhaitée par toutes les forces de la coalition. Quant au M5S, il semblerait que personne de l’aile dure n’ait évalué l’impact de la crise sur les marchés et sur les équilibres géopolitiques dans ce contexte international particulièrement difficile. Il est aussi difficile de le faire comprendre aux partenaires européens – comme nous le dit une source proche du Palais Chigi –jusqu’à hier après-midi ‘’ils ne s’étaient pas rendus compte de la gravité de la situation politique à Rome’’. Au PD, on espère que Bruxelles et Washington puissent faire pression sur Draghi pour qu’il reste au Palais Chigi afin d’assurer les engagements pris sur le Plan de Relance. »

ARTICLE, Corriere della Sera, M. Breda « Le Quirinal est prêt à mettre les partis devant leurs responsabilités » : « Si aujourd'hui, comme annoncé hier, les sénateurs de Giuseppe Conte, irrités et divisés, décident de s'abstenir ou de quitter la salle lors du vote de confiance sur le décret d'aide, ce sera à Draghi de décider du chemin à suivre. Va-t-il faire semblant de rien malgré l’atteinte portée à la coalition d'unité nationale née il y a un an et demi sous sa direction ? Renoncera-t-il à sa crédibilité et son intransigeance, se contentant d'une majorité (il y en aurait une de toute façon) sans ce parti qui, avant la scission de Luigi Di Maio, était le premier aux élections de 2018 ? Ou bien rendra-t-il visite sans tarder au Chef de l'État, pour démissionner ? Au Quirinal, on est évidemment prêt à faire face à toute hypothèse, tout en gardant une réserve absolue. C’est là un choix compréhensible, qui fait partie du jeu des parties, engagées jusque tard dans la nuit dans d'âpres négociations. C’est un choix qui repose sur un point ferme, connu de tous : même pour Mattarella, il s'agit du dernier gouvernement de la législature. Par ailleurs, c'est Mattarella lui-même qui l'a qualifié de dernier recours pour faire face aux urgences du pays. Dans le cas d'un Draghi paralysé par la vérification de confiance au Sénat, le président le renverrait au Parlement. Mais - attention - non pas comme un test d'appel à la coalition pour raccommoder in extremis un tissu qui vient d'être déchiré, mais pour obliger les partis à assumer solennellement leurs responsabilités devant le pays. En exprimant publiquement leurs positions respectives, sans les mascarades tactiques et les relances continuelles auxquelles nous avons assisté. Puis, le cas échéant, une fois consultés les partis politiques et le nombre de voix disponibles, il prendra une décision. Va-t-il demander à Draghi de faire un nouveau sacrifice ? »

COMMENTAIRE, La Repubblica, S. Folli : « La législature en miettes » : « La carte jouée par Salvini a contribué à changer le scénario de la crise. Selon le chef de la Ligue, si les Cinq-Etoiles quittent la majorité, la porte est ouverte aux élections anticipées. Cela démontre qu’il n’y a pas d’entente secrète entre Conte et Salvini. Ils poursuivent tous deux des objectifs différents : le premier voudrait repasser dans l’opposition pour reconquérir les voix perdues mais sans provoquer la chute de Draghi et sans élections anticipées. Le second n’a pas d’intérêt à se laisser emprisonner dans une majorité qui ne répondrait plus à une urgence ou ne serait plus de quasi union nationale et qui assisterait à la revitalisation du populisme des Cinq-Etoiles. Salvini préfère donc les élections. Ainsi, dans les dernières heures, une convergence partielle et imprévue a-t-elle vu le jour. Draghi, quant à lui, veut éviter de devenir la cible d’une guérilla parlementaire de droite et de gauche. Le gouvernement d’urgence est issu d’une certaine logique et ne pourra pas changer de nature avec un remaniement ou un deuxième mandat, affaibli, de Draghi. Le Mouvement ne peut pas quitter la majorité sans faire tomber le gouvernement. Salvini l’affirme, Letta le craint, Draghi ne le veut pas, au vu du rôle de premier plan qu’il joue en matière de défense et politique extérieure, rôle essentiel dans l’équilibre euro-atlantique. Aujourd’hui les Cinq-Etoiles peuvent faire marche arrière et voter avec le reste de la majorité. Cela n’empêche pas un automne difficile mais évite au pays une piètre figure sur le plan international. Dans le cas contraire, il est probable que Mattarella demande à Draghi d’aller au Parlement pour vérifier si la majorité le soutien encore ou si elle peut être recomposée. Il reviendra alors au Président du Conseil de décider quoi faire. Il pourrait également décider d’abandonner les Cinq-Etoiles à leur propre sort, peu importe le destin de la législature. »

PREMIER PLAN, La Repubblica, G. Casadio : « Letta défend Draghi et isole son allié : ‘’Il ne faut pas entraver le gouvernement sinon on va vers des élections anticipées’’ » : « Si les Cinq-Etoiles quittent le gouvernement, il faudra un nouveau vote : voilà la ligne de Letta, qui appelle à la responsabilité, y compris parce que « ceux qui obtiendront le plus de voix seront ceux qui réussiront à apporter des réponses aux citoyens ». « Si une force politique, importante comme les Cinq-Etoiles, sort du gouvernement, affirme Letta, ce n’est pas pour exercer un chantage ni pour se venger que le PD dit que le gouvernement va tomber et qu’il faudra revoter : c’est l’ordre des choses. » Conte est, de fait, isolé. « Nous avons noté l’ouverture de Draghi et entrevu la possibilité concrète d’un tournant social afin que les neuf prochains mois soient marqués par une réponse du gouvernement à la crise ». Il faut donc « accélérer l’action du gouvernement, non pas l’entraver ». Letta invoque l’histoire : « Attention, je ne voudrais pas qu’avec les distinguos, on finisse comme avec le coup de pistolet de Sarajevo qui a entraîné la Première Guerre Mondiale ». Le risque d’un geste dont les conséquences peuvent sembler limitées et qui provoque, en revanche, des réactions incontrôlables : c’est l’autre message adressé aux Cinq-Etoiles. « Nous avons gagné les élections locales d’octobre, puis celles de juin, notre parti est fort, solide, attirant. Comme le dit Prodi, c’est un parti granitique. Les Italiens savent qu’ils peuvent nous faire confiance ». Pour le PD, cependant, la voie sur laquelle s’engagent les Cinq-Etoiles après la scission de Di Maio est chaotique : la ligne de l’alliance avec Conte au sein d’un front progressiste est forcément remise en cause. »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

Anvers : Filip Dewinter propose de déployer l'armée dans la ville afin de lutter contre la mafia de la drogue.

VB.jpg

Belgique. Anvers (Antwerpen). Filip Dewinter du Vlaams Belang propose de déployer l'armée dans la ville afin de lutter contre la mafia de la drogue. En 2020, le parti avait déjà émis cette idée.

13/07/2022

"Utrecht réserve, durant six semaines, toutes les habitations sociales pour des personnes ayant obtenu le statut de demandeur d'asile."

Pays-Bas.

Volkskrant.jpeg

"Mesure radicale : Utrecht réserve, durant six semaines, toutes les habitations sociales pour des personnes ayant obtenu le statut de demandeur d'asile."

PVV.jpg

FvD.png

JA21.png

Le PVV, le Forum voor Democratie et JA 21 dénoncent cette mesure.

"Les sanctions n'amènent rien."

AfD.jpg

Allemagne.

AfD 1.png

"Les sanctions n'amènent rien. L'Espagne achète plus de gaz russe qu'elle ne l'a jamais fait. La France importe plus de gaz russe qu'avant. L'Inde achète du pétrole et du gaz russe et nous le vend plus cher. La Russie en faillite ? Sérieusement ! Le budget de l'Etat est en positif. Le rouble est renforcé. L'Allemagne se ruine elle-même !"

"Salvini et Berlusconi contrattaquent : une crise ne pourrait que nous être favorable."

M5S.jpg

Ligue.jpg

Italie. Revue de presse. 

La presse italienne titre largement sur la conférence de presse du Président du Conseil, annonçant d’une part un « pacte social » avec les partenaires sociaux face à la flambée des prix de l'énergie et accédant d’autre part à certaines demandes du dirigeant du M5S en vue de l’adoption du décret pour les aides économiques pour les ménages et les entreprises prévue ce jeudi. A cette occasion, Mario Draghi a prévenu que si le M5S devait sortir de la majorité, il démissionnerait aussitôt : « Draghi écarte les ultimatums » - Le Président du Conseil fait des concessions au M5S mais plusieurs sénateurs proches de Giuseppe Conte seraient tentés par une rupture. Le gouvernement propose aux syndicats un pacte social sur les salaires et les retraites (Corriere della Sera), « Une majorité suspendue à [la volonté de] Conte » - Le Mouvement décidera aujourd’hui de sa position lors du vote sur le décret sur les aides économiques au Sénat. Le risque d’une crise se concrétise (La Repubblica), « Draghi s’oppose à l’idée d’un gouvernement des ultimatums » - Le Président du Conseil prévient qu’il n’est pas disposé à gouverner avec une majorité sans le M5S. Le gouvernement propose la réduction des charges salariales et un salaire minimum, les syndicats sont divisés (La Stampa), « Draghi : je ne travaille pas avec les ultimatums » (Il Messaggero), « Draghi ouvre le chantier sur le salaire minimum » (Sole 24 Ore), « La proposition inexistante d’un gouvernement inexistant » - Draghi déçoit les syndicats et le M5S (Fatto Quotidiano). La hausse des nouveaux cas de Covid-19 et le début de la campagne de vaccination pour les personnes âgées de plus de 60 ans sont largement cités dans les pages intérieures.

 

Les JT couvrent essentiellement l’annonce par Mario Draghi d’un nouveau pacte social pour soutenir économiquement les familles et les entreprises en difficulté ainsi que son ‘’avertissement’’ contre les ultimatums posés au gouvernement notamment par le Mouvement Cinq-Etoiles. La contre-attaque ukrainienne à Kherson, le « Sommet sur le blé » à Istanbul ainsi que l’envoi d’un milliard d’euros à l’Ukraine par l’Union Européenne sont également abondamment commentés. L’augmentation des cas de Covid atteignant un chiffre record depuis janvier et l’accélération de la campagne vaccinale sont également couverts.

Sur Twitter, le hashtag #Conte, en référence à la réunion du M5S prévue aujourd’hui dans le but de déterminer la position qui sera adoptée lors du vote de confiance sur le décret des aides de l’Etat, domine.

COMMENTAIRE, Il Corriere della Sera, R. Gressi : « Draghi et la majorité, un signal explicite pour tous » : « Le Président du Conseil a rencontré les syndicats et s’est montré ouvert à leurs requêtes pour venir en aider à la part la plus en difficulté de la population. Il l’a fait en annonçant une nouvelle mesure pour la fin juillet tout en promettant de convoquer à nouveau les syndicats avant son entrée en vigueur. Au cœur de la mesure, la protection des retraites et des salaires, y compris en prévoyant la mise en place de salaires minimums dans les conventions collectives, ainsi que des interventions sur les charges sociales. On voit donc bien qu’il ne s’agit pas là d’un moyen de gagner du temps. En réalité, le gouvernement compte bien être encore en place dans deux semaines, afin de poursuivre son action pour protéger le pays des différentes crises. A l’issue du long entretien de Draghi et du Président de la République lundi soir, une ‘’entente de responsabilité’’ serait possible en dépit des agitations qui secouent une classe politique focalisée sur les prochaines élections. Hier, le Président du Conseil a été encore plus explicite : il refuse de continuer dans de telles conditions, sous les menaces de ruptures et les ultimatums. C’est un avertissement qui vaut pour tous, Conte et Salvini compris. L’action actuelle du gouvernement vise à répondre à des situations d’urgence mais, d’ici les prochaines élections, il y aura également le temps de mettre en place des mesures plus structurelles, à commencer par la loi de Finances. Il revient aux partis et à leurs dirigeants de décider s’ils entendent continuer en collaborant vraiment ou bien rester dans l’équivoque permanente. A moins que, dans un coup de poker insensé, d’aucuns ne veuillent profiter de la nécessité – la loi budgétaire étant imminente – de ne pas dissoudre la Chambre pour continuer à tirer, chacun, la corde de son côté. Mais il devrait y avoir une limite même au festival de l’irresponsabilité. »

ARTICLE, La Repubblica, E. Lauria « Salvini et Berlusconi contrattaquent : une crise ne pourrait que nous être favorable » : « Matteo Salvini accueille avec stupeur et sentiment d’injustice les critiques du Président du Conseil, notamment son appel à tirer au clair les intentions de chacun adressé à ceux qui montrent une certaine ‘’gêne’’ vis-à-vis du gouvernement, à ceux qui menacent et qui affaiblissent l’exécutif avec les ultimatums. Le dirigeant de la Ligue ne s’y attendait pas mais affirme publiquement que ‘’depuis un an et demi nous sommes responsables et loyaux, les déchirures, je les laisse aux autres. Ce n’est pas nous qui adressons des lettres au Père Noël comme le font certains, en attendant que quelque chose se passe’’. Salvini ne se limite pas à renvoyer la balle dans le camp du M5S ‘’je ne ferai pas de commentaires sur les propos de Draghi au sujet des ultimatums’’. Il relance aussi une liste de demandes à Draghi. Il évoque l’effacement des impayés fiscaux et la réforme des retraites. Puis il s’en prend directement au Président du Conseil ‘’j’ai lu que Draghi s’oppose à un nouvel endettement budgétaire, mais moi j’ai un avis complètement différent. Il faut mettre 50 milliards dans les mains des Italiens, sinon il sera difficile d’affronter l’automne’’. C’est le retour du Salvini « à l’assaut », qui annonce des proptestations si les Chambres devaient reprendre les travaux sur le cannabis et la réforme de la citoyenneté. Enfin, de manière inattendue, il revient sur la Russie soulignant une situation selon lui paradoxale ‘’c’est celui qui décide de mettre des sanctions souffre et celui qui les subis qui y gagne’’. Hier, Salvini a eu un entretien téléphonique avec S. Berlusconi. Les deux dirigeants ont évoqué à nouveau la nécessité de demander une vérification de la majorité si les 5 Etoiles décidaient de ne pas voter pour le décret sur les aides aux Sénat. Puis, ils se sont mis d’accord sur la stratégie à suivre. La balle est dans le camp du M5S. Le centre droit attend pour mieux contrattaquer. Si une crise de gouvernement devait survenir, il y aurait alors deux scénarii : soit la formation d’un nouveau gouvernement où l’apport du centre-droit serait bien plus déterminant, soit des élections anticipées où la coalition de droite est donnée comme gagnante par tous les sondages. »

ENTRETIEN, ll Messaggero, de Davide Crippa, chef de groupe du Mouvement Cinq-Etoiles à la Chambre des députés : « Sur les salaires et les charges sociales, nous évaluerons les mesures. Le dialogue évite les fractures » : « Au Parlement, il est possible de distinguer la confiance accordée au gouvernement de l’approbation des mesures particulières, ce qui n’est pas le cas au Sénat. Nous en parlerons en Conseil National, y compris à la lumière des dernières déclarations de Draghi. Notre critique concerne la méthode : la décision d’insérer une norme sur l’incinérateur au sein d’une mesure qui avait d’autres finalités est un passage en force. Penser qu’il est possible de traiter la question – très grave – de l’énergie en trois heures au Parlement n’aide pas à trouver de solution. Il manque des mesures structurelles et la capacité de concentrer les aides en faveur des plus fragiles. Nous avons promu avec force les questions de salaire minimum et de réduction des charges fiscales et cela ne date pas d’aujourd’hui. Nous sommes guidés par l’intérêt des citoyens. Nous avons écoutés les premiers mots de Draghi sur les points listés par notre Président, Giuseppe Conte. Nous attendons, maintenant, des mesures concrètes. Quand nous les aurons sous les yeux, nous les évaluerons. Certaines forces de gouvernement emploient de vieilles recettes inadaptées à la situation d’urgence que nous vivons. Il nous faut des actions fortes avec un large soutien parlementaire pour donner des réponses concrètes. Chercher la médiation signifie, en somme, discuter dans l’intérêt des citoyens et du Mouvement. [Interrogé sur son rôle de médiateur dans la crise entre Conte et Di Maio et dans celle qui oppose ceux qui veulent quitter la majorité et ceux qui veulent y rester, ndlr] C’est en dialoguant que l’on pourra conjurer de nouvelles fractures. »

ARTICLE, Corriere della Sera, E. Marro « Charges salariales et baisse des impôts, une rallonge de 10 milliards est prévue contre la flambée des prix » : « Après la rencontre d'hier entre le Président du Conseil et les dirigeants syndicaux de la CGIL, de la CISL et de l'UIL, les techniciens et les ministres sont au travail pour élaborer le décret-loi de fin juillet, dont Mario Draghi lui-même a dit qu'il sera " très substantiel ". Pour cette raison, on parle déjà d'une dotation de 10 à 12 milliards, en comptant aussi sur les bonnes nouvelles qui pourraient arriver le 29 juillet de la part de l'Istat avec une révision à la hausse du PIB pour le deuxième trimestre, permettant renforcer encore le décret. Outre de nouvelles mesures de soutien aux familles et aux entreprises, avec notamment la lutte contre la hausse des factures et la réduction des taxes sur les carburants (s’agissant d’un prolongement, un décret ministériel suffira), il y aura très probablement aussi une nouvelle réduction du coin fiscal sur les bas et moyens salaires. Elle s'ajoutera à la baisse de 0,8 point des cotisations sociales sur les salaires jusqu'à 35 000 euros bruts, décidée dans la dernière loi de finances et qui sera en vigueur pour toute l'année 2022 pour un coût de 1,5 milliard. Plusieurs hypothèses sont sur la table et seront discutées en profondeur la semaine prochaine, lorsque le ministre de l'économie, Daniele Franco, sera de retour du G20. Une autre proposition vient du PD et prévoit une intervention sur les salaires ne dépassant pas les 10 000 € annuels et qui se traduirait en une décontribution totale impliquant environ 5 millions de salariés. Cette mesure couterait 2 milliards pour cette année et 11 milliards pour 2023. Toujours pour protéger le pouvoir d'achat, le Président du Conseil et le ministre du Travail, Andrea Orlando, ont promis une intervention pour introduire une sorte de salaire minimum. La proposition avancée par Orlando n'envisage pas un chiffre minimum, comme les 9 euros bruts de l'heure réclamés par les 5 étoiles, mais un mécanisme qui étendrait le « Tec », le Traitement économique global établi par les contrats de catégories signés par les associations les plus représentatives, également aux travailleurs appartenant à la même catégorie mais non couverts par le contrat : soit 2,5 à 3 millions de travailleurs, d’après Orlando. L'innovation pourrait s'accompagner de l'exclusion de toute forme de soutien public pour les entreprises qui n'appliqueraient pas ces Tec. »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

Thuringe : l'AfD donnée première avec Die Linke.

AfD.jpg

Allemagne. Thuringe. L’AfD est donnée première, aux côtés du parti post-communiste die Linke, à 24 %. Les élections sont prévues à l’automne 2024.

(https://www.wahlrecht.de/umfragen/landtage/thueringen.htm)

Thuringe 1.png

Die Linke : post-communistes

AfD : patriotes

CDU : démocrates-chrétiens

SPD : sociaux-démocrates

Grüne : écologistes

FDP : libéraux

Sonstige : autres

Walter Rosenkranz sera le candidat du FPÖ à l’élection présidentielle autrichienne.

FPÖ.jpg

Autriche. Walter Rosenkranz sera le candidat du FPÖ à l’élection présidentielle autrichienne du 9 octobre 2022.

Walter Rosenkranz.jpg

12/07/2022

Allemagne : la moitié des enfants de moins de 10 ans sont issus de l'immigration.

Allemagne. Environ 22 millions de personnes, soit plus de ¼ de la population, sont issues de l’immigration. Cela signifie qu’elles ou leurs parents proviennent d’un autre pays.

Parmi les enfants de moins de 10 ans, ils sont la ½  – alors qu’en 2005, ils étaient ¼.

"Des élections tout de suite."

FI-AN.jpg

Italie.

Meloni 1.jpeg

Giorgia Meloni : "Les querelles de palais, ça suffit. Des élections tout de suite."

L'AfD, le parti qui est simplement pour l'Allemagne.

AfD.jpg

Allemagne.

AfD 1.jpeg

"Les partis qui sont pour l'Ukraine ou la Russie sont : / Les partis qui sont simplement pour l'Allemagne :"

SPD : sociaux-démocrates

écologistes

FDP : libéraux

CDU : démocrates-chrétiens / CSU : sociaux-chrétiens

die Linke : post-communistes

AfD : patriotes

"Tensions entre le Président du Conseil Mario Draghi et Giuseppe Conte, le leader du M5S."

FI-AN.jpg

Ligue.jpg

M5S.jpg

Italie. Revue de presse. 

Les tensions au sein de la majorité font toujours les gros titres de la presse italienne. Les commentaires soulignent notamment la grande incertitude politique qui a poussé Mario Draghi à consulter le Chef de l’Etat, en vue de la question de confiance qui sera posée, au Sénat, jeudi, au sujet des aides économiques aux ménages et aux entreprises. Le M5S pourrait s’abstenir et provoquer ainsi une crise de gouvernement. « Après la rupture du M5S, Draghi se rend au Quirinal » - La Chambre adopte le décret sur les aides mais les 5 Etoiles désertent la salle. Le Palais Chigi ne cache pas son irritation. Berlusconi demande une vérification de la solidité de la majorité (Corriere della Sera), « Les conditions de Draghi » - Le Président du Conseil se rend au Quirinal, les hypothèses pour aller de l’avant prévoient une ouverture sur le salaire minimum mais l’incertitude au Sénat demeure (La Repubblica), « Draghi se rend au Quirinal, un vent de crise se lève » - Le Président du Conseil veut éviter une rupture et fait des concessions à Conte sur les salaires et sur le fonds pour la rénovation énergétique des habitations (La Stampa), « Draghi se rend au Quirinal et trouve 15 milliards pour convaincre Conte » (Fatto Quotidiano). 

 

Les JT couvrent essentiellement les dégâts et les victimes des bombardements russes en Ukraine, en particulier à Kherson, ainsi que les tensions au sein de la majorité à la suite de la décision des députés du Mouvement 5 Etoiles de ne pas participer au vote de confiance, à la Chambre, hier, au sujet du décret d’aides prévu par le gouvernement. Le lancement de la campagne de vaccination pour la quatrième dose contre la Covid-19 à destination des personnes de plus de 60 ans est aussi abondamment commenté. 

Sur Twitter, les hashtags #iostoconDraghi e #crisidigoverno en référence aux tensions entre le Président du Conseil Mario Draghi et Giuseppe Conte, le leader du Mouvement 5 Etoiles appartenant à la majorité, dominent.

COULISSES, La Repubblica, S. Cappellini, « Le Président du Conseil veut éviter l’affrontement mais il ne transigera pas sur la question de confiance » : « Mario Draghi ne sait pas si cette crise peut être désamorcée mais il ne souhaite pas qu’elle se produise et ne compte pas l’encourager. Pour autant, il ne pourrait pas non plus faire semblant de rien si, jeudi, au Sénat, le M5S décidait de ne pas voter la confiance sur le décret des aides de l’Etat. Conte doit avoir conscience qu’il s’agirait là d’un point de non-retour. La rupture peut-elle encore être évitée ? Le Président du Conseil estime que c’est possible. Hier, lorsqu’il s’est rendu au Palais présidentiel pour s’entretenir avec Sergio Mattarella, il n’a pas laissé transparaitre ses intentions. Toutefois, Mattarella, lui-même, ne se contentera pas d’assister passivement aux événements : l’expérience de cette législature montre que le Président de la République est toujours prêt lorsque les tournants décisifs se profilent. Draghi, quant à lui, sait bien ce qu’il ne fera pas pour éviter la crise : il n’ouvrira pas de négociations parallèles avec le M5S, ni avant ni après le vote de jeudi. C’est peut-être une de ses limites mais Draghi n’est pas un politique et n’entend pas le devenir d’ici la fin de son mandat. Par-dessus tout, il ne veut pas lancer de message délétère aux autres forces de la majorité en laissant penser qu’il suffit de menacer le gouvernement d’une crise pour obtenir ce que l’on veut. D’autre part, le gouvernement travaille à plusieurs mesures qui ne peuvent que donner satisfaction aux 5-Etoiles, comme le salaire minimum ou encore la réduction des charges sociales. Draghi, comme Enrico Letta, en contact étroit avec le Palais Chigi ces derniers jours, espèrent que cela pourra les contenter. Le Président du Conseil ne veut pas réduire à néant les efforts faits jusqu’à présent ni laisser le pays sans gouvernement dans une période pareille. Il ne peut pas faire comme si la sortie des 5 Etoiles n’allait pas radicalement le périmètre de la majorité ainsi que son centre de gravité politique, la dotant d’un exécutif composé d’un centre-droit élargi au Parti démocrate et lui faisant subir un déplacement des équilibres très difficile à gérer. Ce serait là le pire des scénarios. Toutefois, la majorité serait préservée au Parlement et il est difficile d’imaginer que Draghi refuse de rester à la tête de cet exécutif si le Président de la République le lui demandait. »

COULISSES, Il Corriere della Sera, M. Breda « L’encouragement du Quirinal et la porte de sortie possible » : « Que faut-il faire pour mettre chacun devant ses responsabilités et redonner au gouvernement la cohésion et la perspective dont il a besoin ? Comment agir pendant que Forza Italia et la Ligue désirent vérifier la bonne tenue de la majorité par une motion de confiance alors que plusieurs questions inquiètent le Quirinal, à commencer par la pandémie, le Plan de relance et la guerre en Ukraine ? Tous ces aspects ont été évoqués hier au Quirinal et la solution du problème est entre les mains du Président du Conseil. En effet, le Chef de l’Etat, Mattarella, n’interviendra pas avant une éventuelle la crise. Cela a toujours été sa position. D’après Mattarella, d’ici jeudi, beaucoup d’événements peuvent encore se produire. Aujourd’hui, par exemple, Draghi rencontrera les syndicats au sujet des politiques sociales du gouvernement, discussion de laquelle il espère voir naître une ouverture du côté des 5 Etoiles. Le Chef de l’Etat a encouragé Draghi à maintenir une position d’ouverture et de dialogue. Reste à voir si cela suffira à éviter que les 5 Etoiles ne persistent dans leur dessein d’affaiblir l’exécutif. Si les 5 Etoiles devaient décider de ne pas voter la confiance, les choses se compliqueraient et Draghi serait obligé de se rendre au Quirinal même si, techniquement, son exécutif tiendrait grâce à un nombre de voix suffisant. Draghi pourrait remettre son mandat entre les mains de Mattarella et ce dernier l’inviter à se représenter devant les Chambres, en vue de la « vérification » politique, apparue aujourd’hui comme une des options les plus probables. »

ARTICLE, Corriere della Sera, E. Buzzi « Conte attend un geste d’ouverture pour éviter la crise mais dix de ses sénateurs sont prêts à voter contre le décret sur les aides » : « Malgré un climat de nervosité et d’attente, parmi les 5 Etoiles, le mot crise n'est pas même mentionné, pas plus que la possibilité d’un remaniement. Giuseppe Conte attend un signal de Mario Draghi, tandis qu'un groupe de sénateurs est sur le pied de guerre et pense, « quoi qu’il advienne », à ne pas soutenir le décret sur les aides économiques. Le président du M5S espère un geste au sujet du salaire minimum (ou d’une réduction des charges sociales), l'un des points que les 5 Etoiles ont mis sur la table du Président du Conseil. La rencontre entre Draghi et les syndicats prévue dans les prochaines heures pourrait être l'occasion pour Conte de saisir ce signal d'"écoute" de l'exécutif. Ce serait un premier pas qui pourrait servir à calmer la situation dans le groupe (de plus en plus difficile à contrôler) en vue du passage au Sénat du décret, jeudi prochain. Ce n'est pas une coïncidence si, au sujet du salaire minimum, Beppe Grillo a insisté de nouveau, en répétant sur son blog : "Nous avons besoin de toute urgence d'un salaire minimum. Maintenant". Or, au sein du groupe il y a un climat de révolte : environ 10 ou 12 sénateurs (sur 62) pourraient décider de ne pas voter la confiance. Pour Conte, qui doit faire face au front interne, à ses alliés et au gouvernement, c’est un triple défi qui se joue et le résultat est incertain. »

ARTICLE, Corriere della Sera, G.A. Falci « Le jour J d’Enrico Letta » : « Depuis qu’il est à la direction du Parti démocrate, Enrico Letta aura vécu, hier, sa journée la plus longue : rupture, d’abord, du M5S sur le décret concernant les aides économiques, demande, ensuite, de Forza Italia et de la Ligue de vérifier la tenue de la majorité, entrevue, enfin, entre le Président du Conseil et le Président de la République. Les premiers propos de Letta ont été les suivants : « Les Italiens savent qu'ils peuvent compter sur le parti le plus soucieux de garantir la stabilité et la continuité des réformes, c’est-à-dire le PD. Le pays est notre boussole. Et le pays a aujourd'hui besoin d'un gouvernement qui mène les réformes et utilise l'argent européen du Pnrr. Dans le même temps, tout doit se dérouler dans une transparence totale. Comme il se doit". Des mots qui confirment une certaine inquiétude de la part de Letta face aux fibrillations qui secouent l'exécutif et à une crise qui n'est plus à exclure. Dans le même temps, le secrétaire démocrate reste convaincu que le fil ne se rompra pas et que le gouvernement ne tombera pas. Toutefois, ne pas voter la confiance au Sénat impliquerait non seulement la fin du gouvernement Draghi mais aussi la fin de la relation entre le PD et les Cinq Etoiles. Et peut-être la partie réformiste et depuis toujours sceptique à l’égard du M5S n’attend-elle que ça. Ce n'est pas un hasard si hier, Andrea Marcucci a attaqué les « grillini » en ces termes : "Le choix politique du M5S est grave. Affaiblir ou mettre en danger le gouvernement maintenant est ignoble. C’est là une considération qui s'applique à Conte mais aussi à Salvini et à tous ceux qui remettent en cause l'exécutif de Draghi" ».

ENTRETIEN, Il Sole 24 Ore, de Giorgia Meloni (FdI), par B. Fiammeri : « C’est le moment de faire des choix : il faut concentrer les ressources sur le travail » : « C’était inévitable. Il est en train de se passer ce que Fratelli d’Italia répète depuis le début de ce mandat législatif : il faut retourner au vote le plus vite possible pour donner à l’Italie un gouvernement fort, cohérent et, surtout, voulu par les Italiens. C’est le moment de faire des choix : il est impensable de continuer à affronter la période la plus complexe et dramatique de l’après-guerre avec une majorité qui se dispute sur tous les sujets tandis que les citoyens doivent subir, quotidiennement, l’augmentation vertigineuse des factures et la baisse de leur pouvoir d’achat. Nous avons toujours été favorables à réduction des charges sociales parce que le travail est, pour nous, une priorité. Confindustria a proposé de réduire les charges sociales de 16 milliards (dont deux tiers au bénéfice des travailleurs et un tiers à celui des entreprises) : c’est également notre proposition. Je crains, cependant, qu’encore une fois le gouvernement n’en fasse une énième mesure inutile. Il ne peut pas y avoir de tergiversations au sujet du choix de soutenir, de manière déterminée et aux côtés de nos alliés occidentaux, l’Ukraine. Dans un futur gouvernement de centre-droit, FdI apporte cette garantie. Mais, il faut, de la même manière, soutenir la création immédiate d’un fonds de compensation pour affronter les effets de cette crise. Cette dernière doit être financée non seulement par l’Europe, mais aussi par les autres partenaires occidentaux, Etats-Unis compris. Si nous n’agissons pas rapidement, la tension sociale s’accentuera et la solidarité envers l’Ukraine faiblira. Il s’agit d’une conséquence politique très dangereuse, une victoire pour Poutine et Xi Jinping qui regardent bien au-delà de l’Ukraine. Nous subissons aujourd’hui le chantage de la Russie car nous ne nous sommes pas rendus indépendants en termes d’énergie et nous dépendons de la Chine pour tout ce qui est électrique. Nous avons négligé - et nous continuons à le faire – les chaînes de production. Je crois beaucoup en la transition écologique mais c’est autre chose que de choisir idéologiquement d’accélérer le passage aux voitures électriques. Rien qu’en Italie, cela met en danger le futur de 700 000 travailleurs et – surtout – cela renforce notre dépendance vis-à-vis de Pékin. Il nous manque une stratégie, une politique industrielle ainsi qu’une politique extérieure et une défense [communes]. L’Europe s’est présentée impréparée à son rendez-vous avec l’Histoire et nous en payons, maintenant, les conséquences. »

PREMIER PLAN, La Repubblica, T. Mastrobuoni « Le gaz russe est coupé en Italie et en Autriche. L'UE prépare un plan d'urgence » : « Hier matin, Nord Stream 1 a cessé de pomper du gaz vers l'Europe. Vladimir Poutine utilise de plus en plus le gaz comme arme. De plus, la crise énergétique a été exacerbée hier par les réductions soudaines d'un tiers et de plus de deux tiers du gaz fourni, respectivement, par Moscou, à l'Italie et à l'Autriche. La nouvelle a incité le Commissaire chargé des affaires économiques, Paolo Gentiloni, à mettre en garde contre une éventuelle récession en cas d'arrêt total des fournitures du gaz en provenance de Russie. Il s'agit du « scénario économique pessimiste qui a été envisagé il y a quelques mois comme une hypothèse possible, mais qui risque maintenant de se réaliser ». La Commission s'apprête à présenter un plan d'urgence le 20 juillet. Les lignes directrices du plan anti-crise seraient triples : reconstituer les stocks à 80 % d'ici l'hiver, élaborer des stratégies d'économie de la consommation d'énergie et de rationnement, et prévoir une politique de solidarité entre partenaires européens. L'Italie pourrait faire partie des « donateurs » et profiter de cette position pour relancer un thème cher à Draghi : le plafonnement du prix du méthane. La situation est si exceptionnelle que la Commission pourrait augmenter les plafonds autorisés dans le cadre temporaire de la crise « sur les aides d'État pour soutenir les entreprises et les secteurs les plus touchés par les prix élevés de l'énergie exacerbés par la guerre en Ukraine ».

(Traduction : ambassade de France à Rome)

Katalin Novak, accueillie par le président brésilien Jair Bolsonaro.

Fidesz.png

Hongrie et Brésil. La présidente hongroise Katalin Novak, en visite officielle au Brésil, a été accueillie par le président brésilien Jair Bolsonaro.

B 1.jpeg