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28/07/2022

"Une course électorale au sein même de la coalition."

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Italie. Revue de presse.

La campagne électorale et notamment les négociations entre les partis en vue de former les alliances, fait toujours les gros titres des médias italiens. C’est notamment la réunion d’hier entre les dirigeants des partis de centre droit qui est mise en avant, les trois leaders ayant trouvé un accord : le parti membre de la coalition de centre-droit en Italie qui obtiendra le plus de vote lors des élections législatives prévues à l'automne décidera de l'identité du chef de gouvernement si l'alliance remporte le scrutin. « Centre droit, l’accord a été trouvé » - Entente entre Meloni, Salvini et Berlusconi sur les sièges et sur le candidat au Palais Chigi (Corriere della Sera, Il Messaggero, Il Giornale). Le décret concernant les aides économiques aux ménages et aux entreprises est lui aussi cité en une et dans les pages intérieures : « Plus d’aides pour les travailleurs et les entreprises » - Le décret annoncé par Draghi à l’occasion de la réunion avec les syndicats (Corriere, Repubblica).

Les JT couvrent essentiellement la campagne électorale, la guerre en Ukraine, alors que la première cargaison de céréales à Odessa s'arrête, des attaques de missiles russes détruisent des infrastructures à Kiev. Les tensions entre les Etats-Unis et la Chine sur Taiwan liée à l’éventuelle visite de Nancy Pelosi à Taipei, sont aussi citées. Enfin, les intempéries dans le nord et la canicule au Sud où 10 régions sont encore en alerte rouge.

Sur Twitter, le hashtag #Poutine, en référence à une possible interférence russe fin mai, avant la chute du gouvernement Draghi, fait tendance.

ARTICLE, La Repubblica, V. Concetto « Meloni parvient à imposer sa ligne, celui qui aura plus de voix sera candidat à la présidence du Conseil » : « C’est finalement la ligne de G. Meloni qui s’impose, après quatre heures de réunion à la Chambre entre les leaders du centre droit : comme en 2018, chaque parti se présentera seul, avec son propre symbole, mais avec une liste unique pour l’étranger. Quant à la répartition des sièges, le bras-de-fer recommence en début de soirée. Berlusconi rejette la proposition de Meloni de les partager selon la cote de popularité actuelle des partis : s’il est attesté à 10%, il sait qu’il peut faire une campagne électorale pouvant augmenter le pourcentage de Forza Italia. Ce n’est qu’à 22h qu’on arrive à une entente : 98 collèges pour Fratelli d’Italia, 70 pour la Ligue et 42 à Forza Italia, UdC, 11 à Noi con l’Italia et Coraggio Italia. La note conjointe a été diffusée à 22h15. Meloni prépare déjà la liste de son équipe, l’idée étant de proposer des ministres qui soient présentables, un gouvernement avec des personnalités compétentes, ainsi que de construire un groupe de parlementaires très fidèles à son leadership. Entretemps, Enrico Letta a commenté sans hésitations ‘’c’est un moment important pour la politique italienne car Berlusconi et Salvini ont décidé de se rendre aux mains de Meloni’’. »

COMMENTAIRE, Corriere della Sera, M. Franco « Une course électorale au sein même de la coalition » : « Avec la réunion d'hier après-midi, le premier depuis des mois, la campagne électorale du centre-droit a démarré. Bien que l'on ait l'impression qu'elle a plutôt commencé au sein même du centre-droit. Les deux partis alliés du gouvernement de Mario Draghi, la Ligue et Forza Italia, semblent s'être fixé un objectif : remporter les élections du 25 septembre, tout en freinant et évitant une affirmation trop évidente de Giorgia Meloni. Finalement, un accord de principe a été trouvé sur le fondement invoqué par le chef de l'opposition de droite : le candidat à la Présidence du Conseil sera désigné par le parti ayant obtenu le plus de voix. Il a été décidé que chacun se présentera avec son propre symbole. Pour Salvini et Berlusconi, c'est un véritable revers qu'ils prétendent transformer en concorde. Mais en attendant, les négociations se poursuivent sur les sièges à attribuer à chacune des partis de centre-droit : c’est là un autre point sur lequel ils peuvent s'unir ou risquer de se disputer. Le fait qu'un accord n'ait pas encore été trouvé sur certains aspects confirme à quel point la dissolution des Chambres et le vote rapproché ont mis à l’évidence une impréparation générale des partis. Il est tout-à-fait normal que le PD et Calenda soulignent les risques de l'impact international d'un gouvernement dirigé par la dirigeante de droite. Tout comme quand ils soulignent l'héritage post-fasciste du FdI. Néanmoins, hier un message de « respect pour tout résultat électoral », à juste titre, est arrivé du Département d'Etat américain. La délégitimation la plus insidieuse de la candidature de Meloni est venue pourtant des berlusconiens et des leghistes. Indirectement, les camarades de parti de Meloni dénoncent ce comportement. En tout état de cause, ces prémisses multiplient les craintes que le centre droit parvienne à gouverner ensemble, dans un contexte économique et international très complexe. Il a été possible aussi de voir à quel point l’expérience de 17 mois avec le gouvernement Darghi ait creusé une faille au sein du centre droit. Il est aussi vrai que la confusion qui règne au centre gauche fait un vrai cadeau à la coalition des conservateurs. »

COULISSES, La Stampa, F. Olivo « Feu vert pour Meloni » : « Surtout pour les circonscriptions, la bataille a été rude. Meloni est arrivé prête. Les obstacles posés par Berlusconi l'ont raidie et elle a réitéré la position qu'elle avait exprimée à plusieurs reprises ces derniers jours : "Si les règles ne sont pas respectées, il ne sert à rien d'avancer ensemble". Cette déclaration implique une menace, notamment parce que, rappellent les dirigeants du FdI, la direction du parti se réunit aujourd'hui et a elle le pouvoir de prendre des décisions tranchées dans un sens ou dans l'autre : jusqu'à la possibilité de faire cavalier seul. Meloni contre Letta. Un scénario improbable, mais brandi lorsque le dialogue s'enlise. Salvini a contribué à l'élaboration de la déclaration finale en se rangeant, au moins sur ce point, du côté de la leader de Fratelli d'Italia. Cela a conduit à l'annonce commune, qui a laissé Meloni satisfaite et Berlusconi pas trop mécontent. Salvini a proposé de faire revenir Giovanni Toti dans la coalition. Les cinq circonscriptions de Ligurie peuvent être décisives, et le gouverneur, avec le groupe à la Chambre de Marco Marin et au Sénat de Gaetano Quagliariello, peut jouer un rôle important pour la majorité au Sénat. FdI est d'accord et Meloni a dit qu'elle était prête à ouvrir ses listes aux petits partis. Sur le partage des collèges uninominaux, le bras de fer a duré jusque dans la nuit. Le parti de Meloni n'a pas l'intention de céder sur ce point, notamment parce qu'il considère qu'il est risqué de "donner" des parlementaires à des alliés auxquels il ne fait fondamentalement pas confiance. »

PREMIER PLAN, La Repubblica, P. Berizzi, « Bannon et Visegrad, les amis de Meloni qui inquiètent l'UE » : « Bannon a fait l’éloge de Meloni en la qualifiant de « fasciste, néo-fasciste ». D’autre part Meloni entretient des liens étroits avec les premiers ministres polonais et tchèque, Mateusz Morawiecki et Petr Fiala, les dirigeants des deux pays du bloc de Visegrad. De Budapest à Marbella. Du selfie avec Orban à la scène de Vox en passant par Steve Bannon condamné pour outrage au Congrès et accueilli comme une star par les « patriotes » du meeting annuel de Fratelli d’Italia.  Pour raconter les liens étrangers de Giorgia Meloni et son réseau de relations construit ces dernières années avec le monde de la droite souverainiste et radicale, il est utile de circonscrire un périmètre temporel. La fenêtre va de 2018 au 12 juin dernier (le jour du rassemblement de Vox à Marbella). Ainsi le 28 février 2018, Meloni se rend à Budapest pour une séance de photos avec Viktor Orbán. « Une réunion pour la défense des racines chrétiennes de l'Europe », a-t-elle tweeté. En outre, dans la propagande des « patriotes européens », le sang et le sol occupent une place centrale. Ce n'est pas un hasard si, il y a trois jours, évoquant la théorie du grand remplacement, Orbàn a déclaré : « Ne nous mélangeons pas aux autres races ». On peut établir un lien avec le racisme théorisé par un leader politique qui a été un point de référence dans la formation de Meloni : Giorgio Almirante. Meloni, pour préparer sa course à la Présidence du Conseil mais aussi pour dissiper le cliché d'une droite italienne pétrie d'anti-américanisme, a cultivé sa connexion américaine en réitérant ses positions atlantistes et son soutien à l'OTAN. Mais il est également vrai qu'il existe différentes sensibilités sur la question au sein de Fratelli d’Italia. Certains sont liés au « ni avec les États-Unis ni avec l'URSS » exprimé entre 1970 et 1982 par les néo-fascistes subversifs de Terza Posizione, considéré comme ADN de l’extrême-droite. »

PREMIER PLAN La Repubblica, A. di Maria, « Letta entame la campagne électorale : sur Renzi le Parti démocrate ne met pas de veto » : « ‘’Aujourd'hui, Berlusconi et Salvini ont décidé de se livrer définitivement aux mains de Meloni. Je crois que c'est un choix qui confirme ce que nous disons depuis le début de cette campagne électorale, à savoir que ce sera une confrontation, et un choix des Italiens, entre nous et Meloni. Berlusconi et Salvini ont choisi d'être les ailiers de Meloni. Le centre de la droite n'existe plus’’. Ensuite, Letta aborde la question du programme électoral, ainsi que les alliances, qui sont le grand le grand problème à ce. C’est là un problème à résoudre le plus rapidement possible. Et sur ce front, le nom de Matteo Renzi reste le plus évoqué et a été éclairci : ‘’Je l'ai déjà dit, nous n'opposons notre veto à personne’’. D’autre part il y a aussi le programme à réaliser. Un programme qui peut convaincre les Italiens de voter pour le centre-gauche : ‘’Nous utiliserons ces jours pour parler du programme, que nous présenterons le 10 août, et pour discuter avec les éventuels partis et mouvements avec lesquels nous ferons une alliance électorale. Notre projet politique s'appuiera sur les grands enjeux du pays, de l'environnement aux droits et, surtout, sur un agenda social permettant une augmentation des salaires, puis la lutte contre la précarité et le salaire minimum. Nous devons réussir à faire sortir les jeunes de chez eux à 25 ans, et non à 31 ans comme aujourd'hui. Ce sont les pierres angulaires. Le vote sera décidé dans la dernière semaine’’. »

ARTICLE « Les ombres russes derrière la crise du gouvernement Draghi » : « Selon les documents des services de renseignement que La Stampa a pu consulter, fin mai, Oleg Kostyukov, un important fonctionnaire de l'ambassade russe, a demandé à un émissaire du leader de la Lega Nord si ses ministres étaient "disposés à démissionner du gouvernement Draghi". Ainsi, il est fait état d'un intérêt factuel de Moscou pour la « déstabilisation » de l'Italie. Ces jours-là, Salvini et le M5S déclenchent l'offensive contre le Président du Conseil, respectivement, avec la campagne d'opinion et la résolution parlementaire appelant à un " non " à l'envoi d'armes en Ukraine. Les Russes estiment que le moment est venu de franchir le pas le plus sérieux : M. Kostuykov demande au conseiller de M. Salvini pour les relations internationales, Antonio Capuano si les léghistes veulent se retirer du gouvernement, ce qui reviendrait à le faire tomber. "Le diplomate, faisant allusion à l'éventuel intérêt russe à déstabiliser l'équilibre du gouvernement italien avec cette opération, aurait demandé si les ministres de la Lega avaient l'intention de démissionner du gouvernement". Tout cela se passe deux mois avant la chute du gouvernement Draghi, alors que tous les acteurs évoluent encore dans le domaine du possible, et commettent donc quelques imprudences. Nous ne savons pas ce qui s'est passé au cours du dernier mois et demi, si les intérêts russes dans les choix des ministres italiens sont réapparus. Certes, en les relisant sous cet angle, les mots prononcés par Draghi dans ce qui reste son dernier discours au Sénat font impression : "En politique étrangère, nous avons assisté à des tentatives pour affaiblir le soutien du gouvernement à l'Ukraine, pour affaiblir notre opposition au projet du président Poutine’’ »

ARTICLE, La Repubblica, F. Bulfon « Sous l’effet de la guerre, l’Italie augmentera ses dépenses militaires. »

ARTICLE, Il Sole 24 Ore, C. Dominelli « Cingolani : pas de réductions drastiques pour les entreprises » : « La réduction de l'approvisionnement en gaz de la Russie est compensée par de nouveaux approvisionnements en provenance d'Algérie et il n'est pas nécessaire de prendre des mesures drastiques pour freiner la demande du secteur industriel. Deuxièmement : en cas d'interruption complète du gaz russe au début de l'hiver, le stockage serait suffisant jusqu'en février - aujourd'hui à 71,7% en ligne avec l'objectif de 90% en octobre - puis, en mars, « il y aurait un petit déficit compensable et en avril la consommation baisserait ». Au lendemain de l'accord conclu en Europe sur le plan de réduction de la consommation, le ministre de la Transition écologique, Roberto Cingolani, précise les répercussions de la stratégie européenne pour la péninsule et envoie un message rassurant aux entreprises. Cingolani égrène ainsi les contre-mesures pour assurer les 7% d'économies demandées par Bruxelles (4 milliards de mètres cubes jusqu'en mars). Ils proviendront d'un mix composé d'une augmentation des énergies renouvelables offshore et onshore (avec le développement d'environ 8 gigawatts par an à partir de 2023, pour 2,5 milliards de mètres cubes par an de consommation de gaz en moins), de la réduction de la demande, du développement du biométhane avec un potentiel d'environ 2,5 milliards de mètres cubes d'ici 2026 (augmentation progressive à partir de 2022), et enfin, une augmentation de la production thermoélectrique issue du charbon et du pétrole avec une économie de 2 milliards de mètres cubes de gaz par an. Un ensemble de mesures qui devraient permettre de digérer sans trop d'angoisse l'effort demandé par l'Europe et qui, ajoutées aux nouveaux approvisionnements, permettront à l'Italie, selon Cingolani, d'être, "dans la seconde moitié de 2024, totalement indépendante du gaz russe".  Quant au plafond européen au prix du gaz : il s'agit d'une "étape indispensable" pour faire baisser les prix en cette période d'économie de guerre et non de marché." »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

27/07/2022

Italie : le centre-droit a conclu un accord : le parti qui obtiendra le plus de voix décidera qui sera le Premier ministre.

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Italie. Le centre-droit a conclu un accord : le parti qui obtiendra le plus de voix décidera qui sera le Premier ministre.

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Silvio Berlusconi, Matteo Salvini, Giorgia Meloni

"Europe, dette et monnaie unique, comment sera l'Italie avec Giorgia Meloni ?"

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Italie. Revue de presse. 

La rencontre entre les leaders de la coalition de centre-droit prévue aujourd’hui à la Chambre des députés est largement citée en une des quotidiens. La réunion doit notamment permettre un accord sur la méthode pour désigner le candidat à la Présidence du Conseil des ministres italien et sur la répartition des collèges électoraux en vue des élections qui se tiendront le 25 septembre. « Les leaders se défient mutuellement - aujourd’hui se tiendra la réunion décisive du centre-droit. Letta déclare ´’je serai le coureur de tête du Parti démocrate’’ » (Corriere della Sera), « Des alliés très féroces. La réunion du centre-droit est prévue aujourd’hui, Salvini et Berlusconi tente de freiner la course de Meloni, elle fait peur aux modérés. » (La Repubblica), « Les partis ne savent pas quel Président du Conseil choisir. Aujourd’hui se tiendra la réunion du centre-droit qui se dispute autour de Meloni. C’est le chaos aussi à gauche, Enrico Letta déclare ‘’s’il y a besoin, je suis disponible’’» (La Stampa). 

Le plan européen de régulation de la consommation de gaz sur lesquels se sont mis d’accord hier les ministres UE de l’énergie figure également en Une de la presse. « Énergie, l’accord pour limiter la consommation. Gaz, le plan européen prévoit ‘une réduction de 7% pour l’Italie’ » (Corriere della Sera), « Un accord européen est trouvé sur le gaz, mais les prix s’envolent et atteignent des sommets historiques » (La Repubblica), « L’Europe introduit des réductions de la consommation de gaz » (La Stampa). 

Le Sole 24 Ore titre sur le risque de récession pour l’Italie mis en avant par le FMI, également cité en une des principaux quotidiens.

Sur Twitter, le hashtag #ElezioniPolitiche2022, en référence à la campagne électorale pour les élections politiques du 25 septembre, domine.

ARTICLE, Corriere della Sera, M.T. Meli « La stratégie d’Enrico Letta » : « Il l’avait dit ces derniers jours et il l’a rappelé lors de la réunion de direction du PD : ‘’nous devrons être concrets : les alliances que nous signerons seront uniquement des alliances électorales : le système de scrutin en vigueur n’oblige pas la création de coalitions sous un même symbole mais prévoit exclusivement des alliances techniques. Il y a donc des alliances que nous sommes contraints de faire en raison de cette loi électorale. Le PD se présentera comme le parti de référence de la coalition en conservant ses couleurs vives tel un tableau de Van Gogh’’. Les démocrates votent tous ensemble la motion. Pourtant, certains soulèvent des objections. Goffredo Bettini invite par exemple à bien s’assurer des points de convergence avec Calenda et Peppe Provenzano invite à ne pas chercher à tout prix une coalition la plus vaste possible, qui pourrait favoriser Meloni. Matteo Orfini, attire quant à lui l’attention sur la main tendue aux anciens membres de Forza Italia : ‘’attention, si nous voulons réformer l’école, peut-on inclure quelqu’un comme Maria Stella Gelmini à l’origine d’une réforme désastreuse ?’’ Letta se veut rassurant : les listes du PD seront élargies aux personnalités de la société civile afin de tenter de remporter certains collèges électoraux difficiles mais stratégiques. Il veut mettre en place une sorte de « pacte républicain » et explique ‘’si nous ne faisons pas d’erreurs, nous aurons une chance de l’emporter’’. Letta a rencontré ces jours-ci Carlo Calenda (Azione) pour lui suggérer de ‘’d’inclure Renzi et les siens à sa liste’’, lui ayant ‘’suffisamment de difficulté à faire accepter à une partie de notre électorat le fait de ne pas nous présenter avec le M5S’’. Hier, Letta a rencontré Luigi Di Maio (Insieme per il Futuro) – avec en visioconférence le maire de Milan, Beppe Sala– pour lui dire ‘’c’est à toi de présenter une liste avec les anciens du M5S, mais aussi avec des personnalités de la société civile, comme Pizzarotti’’. »

ENTRETIEN, Corriere della Sera, de Giuseppe Conte, président du Mouvement 5 Etoiles « Le Mouvement ne fermera pas sa porte à ceux qui partagent nos idéaux » : « ‘’Le PD a inséré une norme sur l’incinérateur de Rome dans le décret d’aides aux ménages et aux entreprises et cela représentait une provocation inacceptable pour le M5S. Pendant la crise, le Mouvement a demandé au Président du Conseil des réponses concrètes face aux urgences du pays : la droite n’a fait que demander des sièges pour elle et Draghi a tourné le dos au M5S avec le silence complice du PD. Le Mouvement se représente aujourd’hui comme un troisième pôle, alternatif à celui des droites et à celui de l’agenda Draghi, avec un programme juste, basé sur la justice sociale. Un troisième pôle qui est ouvert à la société civile et à tous ceux qui croient dans la Constitution et à la vraie transition écologique. Notre programme est voué à la réduction des inégalités sociales. Le modèle est celui de ce que nous avons fait pendant ces années : le bonus pour la revalorisation énergétique des maisons, un PIB à hauteur de 6,6%, la lutte contre la corruption et les mesures de lutte contre l’appauvrissement de la population en élargissant les tutelles aux PME, aux professions libérales et aux jeunes. Il s’agit d’un agenda progressiste qui vise à améliorer l’inclusion sociale et à mener une vraie transition écologique. »

PREMIER PLAN, La Stampa, V. De Romanis, « Europe, dette et monnaie unique, comment sera l'Italie avec Giorgia Meloni ? » : « Nous dépendons plus que quiconque des fonds européens, renforcer notre souveraineté sera difficile. Meloni veut une intégration fiscale, mais ce n'est pas à l'ordre du jour à Bruxelles. Dans les mois à venir, les institutions européennes continueront à jouer un rôle majeur. Tant pour le soutien des États en difficulté que pour les évolutions possibles en termes de renforcement de l'Union. Le renforcement de l'Union passe par l'aboutissement de l'union bancaire comme par la réforme du Pacte de Stabilité et de Croissance. En peu de temps, la dirigeante de Fratelli d'Italia a radicalement revu sa façon de penser. Il y a cinq ans, le 31 janvier 2018, Meloni expliquait à la télévision que « l'euro est une mauvaise monnaie ». Trois ans plus tard, en 2021, elle déclarait sur la même chaîne qu'elle n'avait plus l'intention de quitter l'euro mais qu'il fallait des « mécanismes de compensation » par la « dette européenne ». Cependant, ce raisonnement à deux points faibles. Meloni estime que l'Italie a été pénalisée par l'euro. Or on peut se demander si les faiblesses de l’Italie ne sont pas imputables à l'inaction des exécutifs qui se sont succédé ces dernières années et auxquels Meloni a participé. La conséquence de l'absence de réformes et de la faiblesse des investissements a été la création d'un système économique non compétitif. La deuxième erreur concerne la solution : selon Meloni, les États doivent recevoir une compensation à travers une dette européenne pouvant être utilisée pour financer les investissements. Ce schéma suppose que des progrès soient réalisés en termes d'intégration fiscale. Cependant, ce n'est pas l'Europe qu'elle a en tête quand elle parle d’intégration fiscale. Selon Meloni, Bruxelles devrait s'occuper des « grandes questions politiques », laissant « les questions bureaucratiques et financières à la souveraineté des États ». De plus, avec le plan Next Generationn EU, l'Europe a décidé d'aller dans la direction opposée. En cas de victoire, Meloni devra convaincre les autres dirigeants, notamment les créanciers, de faire marche arrière. Ce n'est pas une tâche facile. »

SONDAGES, Corriere della Sera, de R. Benedetto, « Fratelli d’Italia devance le Parti démocrate et à lui seul il a plus de points que les alliés réunis » : « Les derniers sondages de Dire-Tecnè, SWG pour La7 et Quorum/YouTrend pour Sky Tg24 donnent bien le centre-droit pour favori, entre 44,5% et 48,6% d’intentions de vote. Mais ce qui semble compter le plus actuellement c’est la compétition qui a cours au sein des coalitions. En 2018, les collèges uninominaux avaient été répartis justement sur la base des sondages entre les trois partis de la coalition de centre-droit. Or Fratelli d’Italia, le parti de Giorgia Meloni, est désormais en tête de toutes les prévisions et, d’après la plupart des sondages, recueillerait davantage de voix que ses deux alliés réunis. Donc, si ces résultats devaient à nouveau être le critère pour la répartition, Giorgia Meloni pourrait revendiquer au moins la moitié des collèges. La leader est talonnée à gauche par le PD d’Enrico Letta qui se situe entre 22,5% et 23,2%. Il sera la clef de voûte du camp adverse, mais avec quels alliés ? En laissant de côté le Mouvement 5 Etoiles qui, du reste, continue à reculer, le principal interlocuteur serait Calenda pour Azione/+Europa qui pourrait apporter entre 4,8 et 6% d’adhésion (ou alors être gênant). Matteo Renzi, qui devrait courir seul, rassemblerait entre 1,8% et 2,9%, juste en-dessous du seuil minimum pour entrer au Parlement. Ces sondages ont été réalisés pendant la crise de gouvernement ou juste après. A voir le contrecoup que pourraient subir les partis tenus responsables de la chute du gouvernement mais la période estivale pourrait jouer et les citoyens être plus ‘’distraits’’. »

PREMIER PLAN, La Repubblica, de M. Pucciarelli, « Les collèges sont aux mains de la droite, la digue formée par le centre-gauche se jouera surtout dans les fiefs historiques » : « Le Parti démocrate et le centre-gauche ne sont pas favoris mais peuvent compter sur leurs fiefs traditionnels que sont les grandes villes (Rome, Milan, Turin, Gênes, Bologne, Florence et Naples) et une partie de l’ancienne ‘’zone rouge’’, à savoir l’Emilie-Romagne et la Toscane. Néanmoins, la fin de l’alliance avec le M5S pourrait permettre au centre-droit de l’emporter dans environs 70% des collèges uninominaux à la Chambre et au Sénat. Le centre-droit est pour l’instant crédité par les sondages de 46% des intentions de vote (contre 50% aux dernières européennes) et 36% pour le centre-gauche (contre 30% aux européennes). A noter que le M5S est crédité d’11% d’intentions de vote. Avec l’actuelle loi électorale, la coalition de droite pourrait toutefois obtenir jusqu’à 60% des sièges. Sans Conte, les démocrates et leurs alliés obtiendraient 42 sièges sur 147 à la Chambre et 18 sur 74 au Sénat. D’après les différents pronostics et scénarios, seul le champ ‘’extralarge’’ imaginé par Letta avant la rupture avec Conte, allant d’Azione au M5S, serait en mesure d’entraver la naissance d’un gouvernement de centre-droit. Autrement, que le PD se limite à des alliés de gauche ou élargisse son entente au centre, le centre-droit devrait bien obtenir la majorité absolue à la Chambre comme au Sénat. Quant à l’électorat 5 Etoiles, l’institut de sondages Izi estime que 42% continuerait à soutenir le M5S alors que 14% serait indécis, 12% pourrait se tourner vers le PD et 11% vers Fratelli d’Italia. »

PREMIER PLAN, Corriere della Sera, de M. Galluzzo, « Mario Draghi prévoit que ‘’l’automne sera compliqué’’, il faut un effort général” » : « ‘’Nous ne pouvons pas nous arrêter maintenant, ne croyez pas que les affaires courantes d’un gouvernement dans une telle situation économique et sociale puissent être prises à la légère : nous percevons les signes d’un ralentissement de l’économie, à l’automne la situation pourrait devenir ‘’compliquée’’. Personne, malgré la période électorale, ne peut se permettre une quelconque de relâcher son attention.’’ Ce sont les propos tenus hier par Mario Draghi à certains ministres et partenaires sociaux. Il ne s’agit pas d’être alarmiste, le raisonnement est basé sur des données tangibles et l’inflation pourrait bien empirer. La seule nouvelle rassurante vient des comptes des finances publiques qui sont positifs et ce surplus a permis d’annoncer un nouveau décret d’Aides aux ménages et aux entreprises à hauteur de 14 milliards d’euros, se concentrant sur les prix des carburants et du gaz, sans écart budgétaire. Personne n’est en mesure de savoir quand l’Italie aura un nouveau gouvernement avec les pleins pouvoirs, on a vu avec Gentiloni que cela pourrait prendre plusieurs mois, et ce dans une situation complexe. Ce décret d’aides sera peut-être la dernière grosse mesure de Draghi, mais tout le reste des activités pourra bénéficier de la même attention qu’auparavant. Le Président du Conseil a répété l’intention d’impliquer toutes les forces possibles en cette phase de crise. Après avoir réuni hier un conseil des ministres, il rencontrera aujourd’hui les représentants syndicaux, d’abord des salariés puis du patronat. Hier le Financial Times exprimait son inquiétude quant à la réalisation du Plan de Relance, déclarant que ‘’suite à la sortie du gouvernement de Mario Draghi, les financements [européens] sont en jeu’’. A la mi-août, l’activité de l’exécutif sera quoiqu’il en soit suspendue pour une dizaine de jours. »

ENTRETIEN, La Stampa, de Julianne Smith, ambassadrice des Etats-Unis auprès de l’OTAN « Les Italiens feront leur choix mais l’appartenance à l’OTAN n’est pas remise en cause » : « ‘’Malgré l’inflation, la crise économique, les risques d’instabilité et l’insécurité alimentaire, les Etats-Unis s’attendent à ce que leurs alliés respectent les engagements pris lors du sommet de Madrid. Nous restons aux côtés de l’Ukraine et nous travaillons pour la protection du front oriental européen. Concernant la politique italienne, je ne peux faire de commentaires, laissons les Italiens décider de leur sort. Je peux juste dire que jusque-là nous avons eu une collaboration très étroite et efficace avec l’Italie sur le front économique, humanitaire, de l’assistance au peuple ukrainien et dans la gestion des flux migratoires. J’espère que cette relation puisse continuer ainsi.’’ »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

Frères d'Italie donné à 25 % et la Ligue à 12,4 %.

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Italie.

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Frères d'Italie : patriotes

Parti Démocrate : centre-gauche

Ligue : patriotes

M5S : anti-système

Forza Italia : conservateurs

Azione + Europa : libéraux

L'AUR donnée à 12 %.

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Roumanie. Un sondage CURS donne les nationaux-conservateurs de l’AUR en troisième position à 12 %.

Giorgia Meloni rencontre le représentant de Taiwan en Italie.

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Italie.

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Giorgia Meloni et l'ambassadeur de Taiwan en Italie Andrea Sing-Ying Lee

26/07/2022

"Meloni prévient les alliés. La leader de Fratelli d’Italia demande un accord sur le candidat à la Présidence du Conseil, autrement, c’est inutile de se présenter ensemble."

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Italie. Revue de presse. 

Les déclarations de la dirigeante de Fratelli d’Italia Giorgia Meloni et son « avertissement » aux alliés de centre-droit font la Une de plusieurs quotidiens. Meloni demande à choisir dès maintenant le candidat de la coalition à la Présidence du Conseil italien en vue des élections politiques qui se tiendront le 25 septembre prochain, sans quoi elle pourrait remettre en cause l’alliance avec la Ligue et Forza Italia. « Meloni prévient les alliés. La leader de Fratelli d’Italia demande un accord sur le candidat à la Présidence du Conseil autrement c’est inutile de se présenter ensemble » (Corriere della Sera), « Le diktat. Meloni dicte ses conditions aux alliés : sans accord sur le Président du Conseil, ça ne sert à rien de se présenter ensemble » (La Repubblica), « Meloni déclare : Pas d’alliance sans accord sur le Président du Conseil » (Il Messaggero).

 

La Stampa titre sur le recule dans les sondages des chefs du Mouvement 5 Étoiles et de la Ligue suite à la chute du gouvernement Draghi : « Giuseppe Conte et Matteo Salvini payent le draghicide ».

 

L’annonce de Gazprom sur de nouvelles réductions des livraisons de gaz est également citée en Une de la plupart des quotidiens. « Gazprom réduit le flux de gaz, les prix s’envolent - L’UE négocie pour réglementer la consommation » (Corriere della Sera), « Gazprom poursuit la guerre du gaz, l’Europe prépare son plan d’austérité » (La Stampa), « Moscou coupe à nouveau le gaz, l’UE va vers le rationnement » (Il Messaggero), « Gaz, Poutine ferme une nouvelle fois les robinets à l’Europe : réduction des livraisons de 20% » (Sole 24 Ore).

 

Enfin, les arrivées de migrants en Sicile ces derniers jours sont mentionnées en Une de La Repubblica pour le deuxième jour consécutif « Sur Lampedusa, la grande fuite depuis la Tunisie ».

Sur Twitter, les hashtags #Meloni et #Calenda, en référence au débat politique en cours en vue des élections anticipées, dominent.

PREMIER PLAN, La Repubblica, de C. Vecchio, « Meloni lance son diktat à Salvini et Berlusconi, ‘’il faut un accord sur le candidat à la Présidence du Conseil, sinon il n’y a pas d’alliance’’ » : « ‘’Si nous ne parvenions pas à nous mettre d’accord sur la question du candidat de centre-droit à la Présidence du Conseil, cela n’aurait pas de sens que nous nous présentions ensemble’’ a déclaré Giorgia Meloni hier soir sur un plateau de la télévision berlusconienne. Ses déclarations arrivent notamment suite aux rumeurs selon lesquelles le PPE lui préférerait Antonio Tajani (Forza Italia) et à l’article du New York Times sur la nostalgie d’une partie de Fratelli d’Italia pour le fascisme. Elle demande à ce que les règles habituelles continuent à être appliquées ne ‘’comprenant pas pourquoi on devrait les changer aujourd’hui’’. Matteo Salvini, dont le parti est donné dix points derrière celui de Meloni par les sondages, semble s’être résigné à être ministre de l’Intérieur dans le gouvernement des droites. Il s’aligne donc avec son alliée : ‘’celui qui remportera ne serait-ce qu’une voix de plus que les autres désignera le candidat de la coalition’’. Le chef de la Ligue se rendra à Lampedusa les 4 et 5 août. Demain, les leaders du centre-droit (Meloni, Salvini, Berlusconi, Tajani, Lupi et Cesa) se rassembleront à la Chambre pour discuter de ces questions. Une des autres possibilités, qui plairait à Berlusconi, serait que les élus des trois partis désignent le candidat Président du Conseil. Giorgia Meloni n’est pas d’accord et s’appuie notamment sur un précédent de 2018, lorsque le centre-droit alla demander à la Présidence de la République que le mandat soit confié à Salvini car la Ligue avait remporté davantage de voix. Giorgia Meloni prévoit une campagne ‘’très violente’’ contre le centre-gauche mais précise ‘’nous ne nous laisserons pas intimider’’. Pendant ce temps, la fuite de Forza Italia se poursuit, après les ministres Gelmini et Brunetta, les sénateurs Cangini et Caon, les députés Baroni et Versace annoncent leur départ [de même que la ministre Mara Carfagna]. Ils disent ne pas avoir adhéré au choix de ne pas voter la confiance et ne pas pouvoir accepter la dérive souverainiste du parti. L’hémorragie ne semble pas terminée. Le maire de Venise, Luigi Brugnaro, déclare que son parti Coraggio Italia pourrait se joindre au centre-droit ‘’s’ils le souhaitent’’, alors que Clemente Mastella fait de l’œil à Enrico Letta pour courir avec le centre-gauche vantant ses 9% en Campanie. »

COMMENTAIRE, La Stampa, B. Emmott « Le problème de Meloni, ce n’est pas le fascisme mais une politique économique anti-européenne » : « Le vrai grand mystère de l'alliance de droite reste l'économie, et c'est ce qui inquiète les investisseurs internationaux et la Commission européenne. Pendant de nombreuses années, j'ai essayé de discerner une pensée économique cohérente au sein de la Ligue, sans y parvenir. Maintenant, j'ai le même problème avec Fratelli d'Italia. Nous pourrions compter sur une forme de modération, de sobriété et de sérieux de la part d'individus comme Giancarlo Giorgetti, mais ce dernier est sans cesse contredit par les forces anti-euro et surtout par ceux qui voudraient défendre les intérêts des différents groupes en concurrence. Avec le Plan national de relance qui n’est pour l’instant réalisé qu’à moitié, personne ne pense sérieusement que le gouvernement Meloni mettrait en péril un tel montant de fonds européens. Le système de contrôle de ces fonds, mis en place par le gouvernement Draghi, semble solide. La question est de savoir si un gouvernement Meloni mettrait tout cela en danger simplement par manque de cohérence économique. Nous avons vu que la loi sur la concurrence du gouvernement Draghi, exigée par la Commission européenne, a été manipulée et déformée par une droite désireuse de protéger certains petits groupes d'intérêt. La politique de concurrence sera le champ de bataille le plus évident entre l’éventuel futur gouvernement de droite et la Commission européenne. Le budget, la dette publique ou les règles du marché pourraient également être des points de tensions, en fonction des velléités des responsables politiques. Si j'étais italien et que je suivais la campagne électorale, je me demanderais ‘’est-ce que je veux vraiment du conservatisme social proposé par le centre-droit ?’’. Quant à Meloni je l’interrogerais sur la politique économique de son gouvernement, la vraie, celle qui va au-delà des abstractions habituelles du "souverainisme" et du "nationalisme". Qui fera partie de son équipe économique ? En période d'inflation et de crise énergétique, et alors qu'un gigantesque programme d'investissement public financé par l'UE est en cours, il serait tout à fait légitime d'attendre des réponses sérieuses et argumentées. »

ENTRETIEN, La Stampa, d’A. Tajani, vice-président de Forza Italia, « Ne confions pas les commandes maintenant à une seule femme, le risque est de faire passer le programme au second plan » : « Il n'est pas nécessaire de trancher maintenant sur le leadership du centre-droit, les dirigeants trouveront une règle. Nous devons attendre les élections. La loi électorale n’impose pas de ne présenter qu’un seul candidat et, lors des autres élections, il n'y avait pas de candidat unique. Chaque parti a le sien. L'important est d'avoir un programme. Se focaliser sur ce débat comporte un risque : celui d'éclipser les programmes et de faire le jeu de la gauche qui veut nous diviser. Plus que le leadership, l'important est d'avoir une classe dirigeante sérieuse et expérimentée capable de gouverner le pays. Nous avons besoin d'une équipe, pas d'un seul homme ou d'une seule femme aux commandes. La politique étrangère d'un grand pays ne change pas, nous sommes dans l'OTAN et nous avons une relation avec les États-Unis qui nous sert de point de référence.  [Au sujet de la réticence de la Ligue d’envoyer des armes en Ukraine et de son scepticisme quant à l’entrée de la Suède et de la Finlande dans l’OTAN, ndt] Ce sont des positions de parti. Au gouvernement, c'est différent. En tous cas, personne n'est contre l'OTAN. Nous avons voté au Parlement européen, Berlusconi compris, des mesures très dures contre la Russie. Le programme commun du centre-droit cherchera à réduire la pression fiscale, revoir le revenu de citoyenneté, les retraites, la sécurité et à aider les plus faibles. Nous insisterons beaucoup sur le pouvoir d'achat des travailleurs, des retraités et des femmes au foyer. [Au sujet d’une éventuelle candidature au poste de Président du Conseil, soutenue par le PPE, ndt] Je ne sais rien de tout cela. Je ne suis pas candidat à quoi que ce soit. »

ARTICLE, Corriere della Sera, A. Arachi « Calenda s’ouvre aux propositions d’Enrico Letta, mais il faut que Draghi revienne au Palais Chigi » : « La conférence de presse a été organisée au siège de la Stampa Estera (la presse étrangère) par Carlo Calenda avec Emma Bonino de +Europa. Calenda explique ‘’tous les correspondants m’appellent pour savoir ce qui se passe en Italie’’. Eux tentent d’expliquer le contexte par le biais d’un ‘’pacte républicain’’ basé sur 14 points de programme qui servira de base pour définir les alliances. Tout d’abord, il y a celle avec le PD. Pour Emma Bonino il s’agit d’un objectif « fortement souhaité ». Calenda aussi a fait des ouvertures ‘’nous apprécions Letta, c’est une personne sérieuse’’, mais il y a un point sur lequel il n’est pas disposé à négocier : Mario Draghi. En répondant à un journaliste sur l’hypothèse de la candidature d’E. Letta au Palais Chigi, il précise ‘’faire pression sur ce point risque de mettre fin aux pourparlers ; il y a une seule personne qu’il faut garder comme président du Conseil : c’est Mario Draghi’’. Sur ce point, le PD diffuse un communiqué ‘’nous ne sommes pas comme la droite qui se divise sur le Palais Chigi avant même de préparer les listes : la construction de la coalition est prioritaire’’. Dans la soirée, Calenda rencontre Matteo Renzi. Ce dernier dira ‘’il est clair que nous nous retrouvons sur plusieurs points… il faudra voir ce que Calenda décidera de faire’’. Calenda et Bonino ont ensuite présenté les points du programme : le salaire minimum, la migration, les droits et les thématiques énergétiques. Les deux leaders ont notamment exprimé leur avis favorable sur le nucléaire. Ils ont aussi évoqué le revenu de citoyenneté, qu’il ‘’faut modifier’’, comme si le débat sur l’incinérateur n’était pas suffisant pour faire barrage au M5S. Interrogé par les journalistes au sujet du dirigeant de Insieme per il Futuro, Calenda répond avec mépris ‘’Di Maio ? Je ne sais pas de qui on parle…’’. Or ce dernier, aux micros de La7, tente de tendre la main ‘’les coalitions seront présentées d’ici le 14 août, et il y aura un débat dans les semaines qui suivent : les coalitions sont nécessaires pour contrer les extrémismes. Rester ensemble avec ceux qui ont tenté de sauver le gouvernement d’unité nationale est une valeur’’. Aucun véto enfin à l’égard des Vert d’A. Bonelli et de Sinistra Italiana de N. Fratoianni. »

SONDAGES, La Stampa, d’A. Ghisleri, source Euromedia research, « Pour six Italiens du dix, Conte et Salvini sont coupables de la crise de gouvernement » : « Les derniers sondages reflètent la perception à chaud des électeurs. Suite à la chute du gouvernement Draghi la semaine dernière, les électeurs pénalisent le Mouvement 5 Etoiles (-1,5 points) et la Ligue (-0,6 points) dans leurs intentions de vote. Ils sont tenus pour responsables de la crise et en payent le prix. 61,8% des interrogés déclare ne pas se satisfaire de la fin du gouvernement Draghi et c’est plus particulièrement le cas de 63,2% des électeurs de Forza Italia et de 51,1% de ceux de la Ligue. En revanche, Fratelli d’Italia et le Parti démocrate s’envolent, FDI passant à 23,5% (1,5 points) et le PD à 22,8% (+1 point). 64% affirment qu’ils tiendront compte des événements ayant abouti aux élections anticipées lorsqu’ils se rendront aux urnes. L’abstention et les indécis sont tablés autour de 36,8%. »

PREMIER PLAN, La Repubblica, G.Casadio, « L’arrivée de Salvini à Lampedusa sur l'urgence des migrants est une campagne électorale » : « Le leader de Ligue se rendra à Lampedusa le 4 août pour une politique de ‘’Tolérance zéro’’. Le leader de la Ligue veut faire de l'immigration son cheval de bataille pour la campagne électorale. Par conséquent, s'il remporte les élections du 25 septembre, le moment sera venu pour Salvini de reprendre là où il s'était arrêté avec la mise en place de décrets sécuritaires : fermeture des ports, tolérance zéro et arrêt des permis humanitaires. Salvini débarquera à Lampedusa les 4 et 5 août, avec la députée européenne Annalisa Tardino et avec le maire adjoint Attilio Lucia pour guides dans le centre d’accueil débordé (1.871 migrants accueillis pour une capacité de 350). Le maire a écrit personnellement à Salvini, et non à la ministre de l’Intérieur Luciana Lamorgese, pour l'inviter à voir la situation par lui-même. Pour le député de la Ligue et sous-secrétaire d'État à l'intérieur, Nicola Molteni : « la priorité est de rétablir les décrets de sécurité, de combattre les trafiquants, de défendre les frontières et protéger la sécurité des Italiens ». Cependant, en vérifiant les faits, les décrets de sécurité, qui ont depuis été annulés par le Gouvernement mené par le Parti Démocrate et le Mouvement 5 Etoiles, n'ont pas donné de grands résultats. Les arrivées par voie maritime avaient déjà chuté lorsque Marco Minniti était ministre, notamment en raison des accords signés, en particulier avec la Libye, malgré la controverse sur les violations des droits de l'homme. En outre, les contraintes imposées par Salvini aux ONG et qui l'ont conduit à un procès, ont réduit le nombre de sauvetages en mer par des navires spécialisés mais l'arrivée d’embarcations illégales a augmenté. »

PREMIER PLAN, la Repubblica, L. Martinelli, « La crise et le référendum déclenchent la grande fuite depuis la Tunisie » : « En Tunisie, les départs augmentent en raison du désastre économique et de l'absence de contrôles sur les plages : les agents sont occupés dans les bureaux de vote pour le référendum constitutionnel.  C'est l'un des effets secondaires du référendum, qui pourrait conduire au retour de la Tunisie à la dictature. De fait, si le président Kaïs Saïed parvient à imposer sa nouvelle Constitution soumise au référendum d'hier et pour lequel le oui est donné gagnant, ouvrant la voie à un « hyperprésidentialisme » se rapprochant d’un régime autoritaire, le nouvel homme fort de Tunis pourrait-il freiner le flux de migrants à travers la Méditerranée ? Une telle éventualité semble très improbable. Selon Ben Amor – porte-parole du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux – au cours des douze derniers mois, « plus de 20 000 Tunisiens ont débarqué sur les côtes italiennes ». Sur l'ensemble de l'année 2021 on en compte 15 000 et près de 13 000 l'année précédente. « Avec Kaïs Saïed (et après son coup d'État du 25 juillet 2021), la migration illégale a augmenté ». Ben Amor ne nie pas que de nombreux jeunes le soutiennent et sont allés voter « oui » pour sa Constitution. « Mais ce n'est qu'un vote de protestation, car il s'oppose à la classe politique, jugée corrompue et incompétente, qui monopolise le pays depuis 2011, après l'avènement de la démocratie ». Le chômage des jeunes avoisine les 40 %.  Selon l'économiste Ezzedine Saidane ‘’C'est une partie de la population avec un niveau d'éducation modeste et des aspirations très fortes qui soutient Saïed. Ils pensent que la nouvelle constitution résoudra tous leurs problèmes, qu'elle apportera plus d'argent et d'emplois’’. »

ARTICLE, Il Corriere della Sera, A. Panebianco, « Ceux qui acclament Poutine en Italie » : « Peut-être que seuls les 5 étoiles prendront une position clairement pro-Poutine, surtout si Alessandro Di Battista joue un rôle de premier plan. D'autres prendront des positions moins explicites, mais tout aussi inquiétantes. Poutine, vraisemblablement, attend les résultats des élections italiennes. Soit une Italie rendue instable par le vote, soit la victoire d'une alliance dans laquelle les partis qui lui sont amis ou qui ne lui sont pas hostiles ont du poids et des responsabilités. L'un ou l'autre de ses résultats conviendrait à la Russie. Dans des conditions totalement différentes, nous assistons à une nouvelle édition des élections du 18 avril 1948, l'Italie est appelée à faire un choix décisif. A la différence fondamentale qu'à l'époque, le camp occidental disposait d'un leadership très fort capable de donner de la cohésion à son système d'alliances dans la confrontation avec l'Union soviétique, alors qu'aujourd'hui le camp est divisé. Macron n'a pas de majorité dans un parlement rempli, à droite comme à gauche, d'amis de Poutine. L'Allemagne est dirigée par un chancelier faible et par une classe dirigeante indécise. A ces difficultés, nous pouvons ajouter la présence d'un cinquième pilier pro-poutine au sein de l'Union européenne avec Orbán et d'une Turquie qui ne reste dans l'OTAN que parce que c'est une carte à jouer, parmi d'autres, utile aux fins de sa politique de puissance autonome. Les sociétés occidentales ouvertes et libres sont extrêmement vulnérables. De nombreux adversaires de Draghi tenteront pendant la campagne électorale de parler le moins possible de politique internationale. Ils se concentreront sur les questions nationales où il est plus facile de se fondre dans la masse. Seuls les 5 étoiles adopteront peut-être une position claire, explicite et pro-Poutine, surtout si dans la confrontation électorale, Alessandro Di Battista jouera un rôle de premier plan. »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

Interview du co-président du parti national-conservateur roumain AUR Claudiu Târziu par Lionel Baland.

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Roumanie. Entretien avec Claudiu Târziu :

https://www.breizh-info.com/2022/07/26/193490/roumanie-cl...

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Claudiu Târziu

25/07/2022

"À droite, le ton monte."

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Italie. Revue de presse.

La campagne électorale qui s'ouvre en Italie suite à la dissolution du Parlement fait la Une des plus importants quotidiens italiens. Le Corriere della Sera titre: « Le défi des alliances », avec la rupture irréversible entre le PD et le M5S, annoncée par le leader du parti démocrate Enrico Letta. La Repubblica se concentre sur le débat au sein du centre-droit autour de l'attribution des circonscriptions électorales et du leadership« A droite, le ton monte » avec les déclarations de Ronzulli (FI) «  Meloni peut attendre pour aller au Palais Chigi » et Rampelli (FDI) « Le PPE est-il au courant que Tajani était monarchiste? », tandis que La Stampa se concentre sur les préoccupations internationales liées à une possible affirmation de l'extrême droite aux élections du 25 septembre : « Cette droite peut-elle gouverner? La presse étrangère: le risque d'un futur sombre  avec les néofascistes » et la leader Meloni qui accuse d'être victime d'une « campagne de délégitimation ». Domani se concentre sur la « Solitude de Mattarella contre les droites qui montent  », tandis que Il Fatto Quotidiano revient de façon polémique sur les choix d’Enrico Letta de fermer la porte aux M5S « Le camp crasseux avec les berlusconiens et les transformistes »Il Messaggero se concentre de son côté sur la crise économique et la proposition à l'étude au Mef pour «  Baisser la TVA sur les aliments », tandis que Il Sole 24 Ore titre sur l’impact de l’inflation sur le cout moyens des vacances, avec  « L' énergie, les voyages et les maisons qui rejoignent des coûts brulants ».

Les débarquements de migrants et « Les centres d'accueils pleins » sont aussi en première page dans la Repubblica.

Sur Twitter, l'hashtag #ElezioniPolitiche2022 domine suite à l'ouverture de la campagne électorale en Italie en vue des élections politiques annoncées le 25 septembre. 

PREMIER PLAN, Corriere della Sera, A. Arachi, « Coalition et Présidence du Conseil ; les partis accélèrent (et se disputent) » : « Les élections se tiendront précisément dans deux mois. Tout va aller très vite et ce sera une campagne électorale très brève. Les partis accélèrent, mais les problèmes à résoudre demeurent. Le centre-gauche doit définir les frontières de sa coalition alors que le centre-droit doit élucider le débat autour du leadership. Les étincelles ne manquent pas. Giorgia Meloni répond à l’éditorial du New York Times qui prévoit pour l’Italie un ‘’futur désolant’’ si elle devait accéder au pouvoir. Enrico Letta se lance en plein dans la campagne annonçant à la télévision qu’en aout ‘’ils seront dans toutes les villes semi-désertes et les périphéries pour aller à la rencontre de ceux qui ne peuvent pas partir en vacances’’. Il évoque l’alliance qu’il tente de construire, ‘’Démocrates et Progressistes’’, tout en soulignant qu’avec Conte et les 5 Etoiles en revanche, la rupture est ‘’définitive et irréversible’’. Renato Brunetta cite Don Sturzo, grande figure catholique du Parti populaire italien, et reprend son ambition d’un ‘’grand rassemblement républicain qui trouve son ancrage dans l’agenda Draghi et réunisse toutes les âmes qui se reconnaissent dans le sentiment pro-européen et l’atlantisme. Son appel s’adresse notamment à ‘’Calenda, Renzi, Toti, +Europa d’Emma Bonino, Letta, Speranza, à toute la gauche y compris Di Maio, qui a été un excellent ministre des Affaires étrangères’’. Carlo Calenda d’Azione souligne quant à lui qu’il ne doit pas s’agir d’un ‘’rassemblement des forces du centre’’ mais d’une ‘’coalition à proprement parler entre partis ayant chacun sa propre identité’’. Il se dit prêt pour sa part à ‘’représenter les libéraux-démocrates et les populaires’’ s’il est rejoint par d’anciens membres de Forza Italia. Le centre-droit aussi est déjà en campagne. Giorgia Meloni dénonce un ‘’énorme problème de sécurité’’ en Italie. Salvini, après les arrivées de migrants ces derniers jours à Lampedusa repart à l’attaque sur l’immigration et le ‘’contrôle des frontières’’. Cette semaine sera cruciale pour les coalitions. Enrico Letta a convoqué la direction du PD pour demain alors que le centre-droit se réunira mercredi à Montecitorio, comme l’avait demandé Meloni. »

PREMIER PLAN, Corriere della Sera, F. Verderami, « ’’Rassemblement’’ ou les 4 piliers ; les calculs du Parti démocrate et de ses proches sur le nombre de sièges et les alliés » : « Le PD sait qu’il devra rassembler le plus de forces possibles au sein de son ‘’camp ouvert’’ afin de rester dans la course. Il faut faire des choix stratégiques sur le plan numérique, la moindre liste pourra jouer. Le parti d’Enrico Letta a donc imaginé un schéma qui s’appuie sur quatre piliers : Fratoianni de Sinistra italiana pour attirer toutes les formations de gauche, Tabacci du Centro Democratico pour attirer les naufragés du M5S et du centre-droit, les Socialistes pour une union avec les Verts ou Fratoianni. Le PD aura un rôle de chef d’orchestre afin de rassembler tout le monde sous l’étiquette ‘’Démocrates et progressistes’’ dont fera également parti LeU de Roberto Speranza. Cette stratégie permet notamment d’aller recueillir les signatures dans les régions, à travers le territoire, y compris auprès des Italiens en vacances. Ce schéma est très avantageux pour Letta. Les voix obtenues par les forces qui ne dépasseront pas le seuil des 3% reviendront aux partis plus importants, c’est-à-dire au PD qui garantira en échange des candidatures sûres à ces alliés. Mais il manque encore Calenda qui résiste aux avances de Letta. Or ‘’Calenda est ingérable mais ce serait un problème de ne pas l’avoir avec nous’’ souligne un dirigeant démocrate. D’après les sondages il pourrait bien dépasser le seuil des 5% lui permettant de se présenter seul et deviendrait alors un cauchemar pour le PD. Enrico Letta mise sur Emma Bonino de +Europa pour éviter cela et il semble que Calenda se soit récemment assoupli. Chaque allié potentiel fait ses calculs. Reste à voir comment se positionneront dans les prochains jours les anciens ministres de Foza Italia et l’ex-5 Etoiles Luigi Di Maio. »

PREMIER PLAN, La Repubblica, T. Ciriaco, « Speranza avec Letta ‘’oui à une liste unique’’ mais le problème des 5 Etoiles demeure » : « Enrico Letta et Roberto Speranza sont alliés, et Articolo Uno devrait également faire partie de la grande liste électorale que le PD a lancé ce dimanche. C’est un grand récipient ouvert qui porte le symbole du PD et qui entend rassembler ‘’Démocrates et progressistes’’. Speranza se dit ‘’très convaincu’’ par le projet unitaire. L’adversaire déclaré est la droite, souligne le ministre de la Santé, il s’agit de lui faire barrage, de même qu’au souverainisme. Il n’y a pas beaucoup de temps pour mettre sur pied la fameuse liste et tout s’est précipité à cause de Conte puis de Matteo Salvini et Silvio Berlusconi qui ont allègrement attiser la crise. Cela fait longtemps que Letta et Speranza se coordonnent, cette liste unique est donc un aboutissement naturel. ‘’Nous voulons recentrer l’attention sur les familles en difficulté, les salaires, la santé et l’école publique’’ déclare Speranza, qui veut placer les questions sociales au cœur de la bataille. Le Parti socialiste adhérera également au projet unitaire alors que Sinistra Italiana et Europa Verde présenteront une liste à part la semaine prochaine mais devraient toutefois s’allier aux ‘’Démocrates et progressistes’’ de Letta afin de mener une bataille commune dans les collèges électoraux. Fratoianni plaide toutefois pour qu’il y ait un rapprochement, plus tard, avec le Mouvement 5 Etoiles, estimant qu’il ne serait pas sage de rompre définitivement avec eux. Articolo Uno ne souhaite pas non plus de confrontation avec le M5S et pour Speranza ‘’ils ne peuvent pas devenir des ennemis’’. Peut-être qu’il serait possible de construire une alliance non pas politique mais technique, afin de se présenter ensemble seulement lors des collèges électoraux en soutenant des candidats indépendants et capables de rassembler les forces hostiles à la droite. Un accord purement tactique avec les 5 Etoiles voué à endiguer le souverainisme lors des scrutins au système uninominal. Cela semble toutefois compliqué, par manque de temps mais surtout parce que Letta semble peut disposer à se mettre d’accord avec ceux qui ont fait couler Draghi. »

PREMIER PLAN, La Stampa, M.Marzano, «  Les différences entre Le Pen et Meloni et les valeurs d'une 'société décente’ »  : « La stratégie consistant à opposer l'élite européenne au peuple ou à trouver un bouc émissaire est une stratégie gagnante dans un pays qui souffre. L'erreur du président Macron a été de ne pas prendre au sérieux les problèmes réelles de la population, comme les bas salaires et le chômage croissant chez les jeunes, la perte de sens et les fractures identitaires. Quelques mois plus tard, l'Italie doit également faire face à une situation délicate et à la possibilité, beaucoup plus concrète qu'en France, d'un triomphe électoral de Meloni et Salvini. L'idée d'un centre-droit modéré ayant disparu, beaucoup semblent être attirés par leurs slogans. «  Les oubliés de la République » , qui demandent à être vus, entendus, reconnus. Et qui ne se sentent plus représentés par la gauche. Lorsque Meloni en Andalousie dit «  nous disons oui ou nous disons non » , elle a clairement en tête les paroles de l'Évangile de Matthieu. Derrière le «  oui » , elle place la famille naturelle, des frontières sûres, la souveraineté du peuple et notre civilisation, tandis que le «  non »  va aux LGBT, à l'immigration, à la grande finance et aux bureaucrates. Les dirigeants de la Lega et de Fratelli d'Italia invoquent l'universalité des valeurs chrétiennes mais les dénaturent. »

PREMIER PLAN, Il Sole 24 Ore, A. Gagliardi, «  La course aux urnes est lancée : moins de députés, l’ancienne loi électorale »  : « Entre la Chambre et le Sénat, le Parlement se composera de 600 membres et les élections seront basées sur une combinaison de circonscriptions uninominales et proportionnelles. En effet, le vote du 25 septembre sera à sa manière un vote historique car il conduira à l'installation en octobre de deux Chambres en format «  réduit » , allégées de plus de 30% des députés. La réforme constitutionnelle n° 1 du 19 octobre 2020 a réduit le nombre de députés de 630 à 400 et le nombre de sénateurs élus de 315 à 200 : 600 députés en tout, donc, auxquels s'ajouteront les sénateurs à vie. La réduction du nombre de sièges au Parlement aura pour première conséquence l'exclusion d'une grande partie des députés et sénateurs actuels, qui ne reviendront pas à la Chambre après le prochain tour électoral.  Selon les sondages, qui donne le parti en forte hausse, seul Fratelli d'Italia augmenterait sa représentation actuelle au Parlement (actuellement 21 sénateurs et 37 députés). Les circonscriptions en lesquelles l'Italie est divisée et qui façonneront le nouveau Parlement ont été redéfinies par un décret en 2020. Selon la nouvelle loi, il y a 221 circonscriptions uninominales (147 à la Chambre des députés et 74 au Sénat) et un total de 367 circonscriptions plurinominales (245 à la Chambre des députés et 122 au Sénat).  Le système électoral actuel, appelé Rosatellum, est en fait un système mixte, dans lequel les sièges sont attribués en partie dans des circonscriptions uninominales majoritaires et en partie à la proportionnelle dans des circonscriptions plurinominales. Si le vote avait eu lieu en 2023, à la fin naturelle de la législature, le décret aurait dû être modifié sur la base du dernier recensement Istat de 2021, ce qui aurait entraîné des modifications mineures dans les circonscriptions pour les mettre à jour sur la base du nouvel recensement démographique. »

ARTICLE, Corriere della Sera, P. Di Caro, « Les comptes à régler du centre-droit ; une réunion se tiendra à la Chambre afin de trouver une médiation » : « Enrico Letta a ouvert la bataille, maintenant c’est au centre-droit de répondre. Sauf en cas d’incroyable coup de théâtre, les trois partis se présenteront unis et se lanceraient dans la course électorale en favoris. Mais il y a encore quelques problèmes à résoudre et pour cela une réunion a été fixée ce mercredi à la Chambre des députés, une main tendue à Giorgia Meloni qui avait dit préférer les ‘’institutions’’ aux Villas de Berlusoni. Les principaux points à discuter sont le leadership - et donc l’accès à la Présidence du Conseil - ainsi que la distribution des collèges en vue des scrutins avec le système uninominal. Il faudra en tous cas se montrer souder et éviter les polémiques lors de la campagne. Cela s’annonce compliqué car les positions restent divergentes : Berlusconi est contre le principe du leadership confié à celui qui remportera ne serait-ce qu’une voix de plus que les autres, devenant ainsi le candidat à la Présidence du Conseil. C’est pourtant ce que demande Meloni qui estime injuste que ‘’les règles changent maintenant que c’est elle la favorite’’ alors que ça a toujours été la règle. Matteo Salvini appuie ce système, du moins par son discours, tout en comptant sur une remontée de la Ligue d’ici deux mois. Berlusconi craint notamment que la figure de Meloni ait un effet ‘’épouvantail’’ sur les plus modérés mais aussi sur la scène internationale. La solution la plus probable et de n’indiquer aucun candidat pour remplacer Draghi pour le moment, et le choix sera renvoyé à après les élections. D’où l’importance de bien choisir la répartition des collèges électoraux car si Meloni obtient une large majorité de parlementaires, il sera bien difficile de l’arrêter. C’est donc l’autre point décisif sur lequel s’accorder. Fratelli d’Italia veut suivre les proportions indiquées par les sondages alors que la Ligue et Forza Italia veulent tenir compte des résultats historiques. En attendant, on parle beaucoup de l’aspiration de Berlusconi à devenir président du Sénat alors que pour certains le Cavalier veut seulement entrer dans l’histoire en étant celui qui ramènerait la droite à la victoire. »

PREMIER PLAN, Il Corriere della Sera, C. Bozza, Entretien de Matteo Renzi, leader de Italia Viva : «  Deux mois de campagne, c'est peu, mais cela peut suffire pour un retournement dans les sondages ou un match nul qui permettrait à Draghi de revenir ».  Letta est le secrétaire du Parti démocrate, c’est à lui de décider. Si j'étais à sa place, je choisirais quelqu'un qui a su gagner des élections qui semblaient déjà perdues : Stefano Bonaccini. Bonaccini a fait moins campagne que Letta mais a gagné plus de voix.  Je travaille à ce que la droite ne soit pas majoritaire, tous mes choix futurs seront orientés par un seul objectif : un nouveau gouvernement Draghi,  pas un gouvernement Meloni ou Salvini. Si l'intelligence politique l'emporte et qu'une véritable coalition est construite, nous serons de la partie. Mais si on cherche de nous piéger avec deux sièges ou nous écarter avec un veto, non.  Avec Calenda, sur les contenus nous ne sommes pas loin, cela dépendra de lui.  Di Maio a eu tort de faire la scission trop tôt, en plus alors que Draghi était à Kiev . Conte a eu tort de renvoyer le plus crédible de tous pour se garantir un siège. C’est un caméléon sans dignité qui change d'idée en fonction des sondages. Mélenchon est un homme que je n'aime pas, mais il est cohérent avec sa vision d'extrême gauche. Conte, en revanche, été à la botte de Salvini et de l'extrême droite pendant un an et se recycle maintenant de l'autre côté de l'hémicycle. La faute politique revient au PD qui en a fait un héros de gauche. Un éventuel gouvernement Meloni sera un problème pour les Italiens, pas pour les Américains. »   

ENTRETIEN, La Stampa, de Carlo Calenda, leader d’Azione [libéraux], C. Bertini « “Une alliance avec le Partito Democratico est possible. Draghi Président du Conseil, si nous l’emportons” » : « A partir d’une base commune de valeurs et de programmes qui se recoupent dans « l’agenda Draghi », il est possible de construire une alliance avec le PD, au sein d’un front électoral étendu, afin de battre les droites. Il faut respecter réciproquement nos différences. Il faudrait que l’alliance consiste en un pôle européiste et démocratique composé d’une aire libérale et d’une aire sociale-démocrate. Letta doit demander à ses compagnons de route s’ils sont d’accord avec l’agenda Draghi. Si l’un dit non à l’envoi d’armes en Ukraine et l’autre au regazéificateur, quelle sera notre offre politique ? [Au sujet de la proposition de R. Brunetta de constituer une grande liste républicaine qui rassemblerait ceux qui ont voté la confiance à Draghi]. Le projet serait acceptable mais cela ne doit pas être une grande liste commune : chaque force politique doit garder son programme et ses listes. J’espère que Carfagna et Gelmini se tiendront aux côtés d’Azione. Je n’ai pas parlé à Brunetta. Nous sommes inclusifs sur la base d’un contenu commun. Aucun véto sur Renzi au sein d’un large front où chacun maintiendrait sa spécificité. »

ARTICLE, La Repubblica, A. Ziniti, «  Le bateau avec les enfants et les deux mille migrants secourus en 48 heures » : « Des dizaines de débarquements ce week-end, le centre d’accueil de Lampedusa est à nouveau à bout de souffle. Cinq hommes sont morts de chaleur et de soif sur un bateau de pêche contenant 674 personnes. A bord se trouvaient quasiment tous des hommes, Syriens et Egyptiens pour la plupart, partis probablement de la côte entre la Libye et l'Egypte. Cela fait des mois que l'on n'en avait pas vu des départs aussi importants, signe que les trafiquants d'êtres humains entendent profiter de ces semaines de calme plat en mer pour faire traverser la Méditerranée à un maximum de personnes. Plus de deux mille personnes ont été secourues en 48 heures et pas seulement par les ONG. Les garde-côtes, les navires de la Guardia di Finanza et de la Marine et les navires marchands transitant par la zone italienne de Sar ont contribué à mettre en sécurité plus d'un millier de personnes en provenance de Libye et de Tunisie, arrivées à quelques dizaines de milles seulement de nos côtes, de la Sicile à la Calabre.  36 000 personnes ont été secourues depuis le début de l'année, ce ne sont pas les chiffres d’une urgence pour l'Italie, qui a un système d'accueil éprouvé et a géré jusqu'à 180 000 arrivées en un an. Mais ce qui inquiète le Ministère de l’Intérieur - et fournit évidemment une aide redoutable à Matteo Salvini qui s'exprime déjà en tant que futur Ministre de l'Intérieur annonçant de nouveaux décrets sécuritaires pour sécuriser les frontières - c'est la tendance qui est en constante augmentation : +40 % d'avril à aujourd'hui.

ARTICLE, Il Messaggero, G. Rosana « Gaz. Pas de réduction à hauteur de 15%. Plan de l’Italie et de l’Espagne : des économies sur mesure » : « La réduction de la consommation de gaz à hauteur de 15% pour tous les Etats membres est considérée trop ambitieuse par de nombreux pays et, dans de nombreux cas, elle ne tient pas compte des efforts déjà réalisés en termes de transition écologique. Pour l’Italie, il s’agirait de se passer de 8.3 milliards de mètres cubes de gaz entre août 2022 et mars 2023 : une réduction sur la base du volontariat qui pourrait, cependant, devenir obligatoire si l’état d’alerte venait à être déclaré dans l’Union. L’opposition grandit parmi les gouvernements : ils voudraient ôter à la Commission la possibilité de déclarer l’alerte et faire passer de trois à cinq le nombre d’Etats nécessaires pour rendre obligatoire le rationnement. Pour l’instant, huit Etats membres seraient contraires à la proposition : l’axe des pays méditerranéens – l’Espagne, le Portugal, la Grèce et l’Italie – ainsi que trois pays du Groupe de Visegrad – la Pologne, la Hongrie et la Slovaquie. C’est moins de la moitié des Etats membres mais, ensemble, ils remplissent le « critère de la population » et empêchent d’atteindre le quorum, fixé à 65% de la population de l’Union, nécessaire pour adopter la mesure.  Cette opposition toucherait avant tout l’Allemagne, considérée par de nombreuses chancelleries comme la première bénéficiaire du plan de la Commission. » 

ARTICLE, La Stampa, A. Zafesova « Moscou reconnaît les raids sur Odessa :  “Mais l’accord sur le blé tient”. »

ARTICLE, Il Corriere della Sera, M. Imarisio « Accusations contre l’Occident, promesses et alliances : Lavrov lance la “campagne d’Afrique” » : « Les pays africains, auxquels Poutine fait sans cesse référence dans ses discours qui esquissent un nouvel ordre mondial, détaché de l’Occident, sont les plus touchés par la guerre en Ukraine. A cause du manque de denrées alimentaires d’abord et, ensuite, à cause du fait qu’une grande partie des ressources européennes destinées à l’aide des pays pauvres sont désormais consacrées à l’accueil des réfugiés ukrainiens. “L’Ukraine déminera les ports et laissera les navires prendre la mer tandis que la Russie, la Turquie et un pays tiers (qui reste à déterminer) escorteront les navires”, a expliqué hier Lavrov à la Ligue arabe, en affirmant que le mémorandum Russie-Onu, signé au même moment que les accords d’Istanbul, “oblige le Secrétaire général de l’ONU à enclencher le processus en persuadant les pays occidentaux de révoquer toutes les restrictions” qui pèsent sur l’exportation de blé russe. Dans un article publié sur les principaux quotidiens africains, Lavrov écrit que son pays soutient l’Afrique “dans sa lutte pour se soustraire à l’éternel joug colonial” et repousse l’accusation d’“exporter la famine”, attribuant cette affirmation à la propagande occidentale. Il est toutefois contraint d’ajouter que les sanctions occidentales ont exaspéré “les tendances et les dynamiques négatives” du marché international des biens de première nécessité. Les prochaines étapes de son voyage se feront en Ethiopie, en Ouganda et au Congo. Tous des alliés, tous exsangues et rendus perplexes par la stratégie russe. “Nous respecterons nos obligations envers vous” a promis Lavrov. Cela suffira-t-il ? Attention à l’Afrique. »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

24/07/2022

Beatrix von Storch cherche son oncle.

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Allemagne. Schleswig-Holstein. Le comte Anton Schwerin von Krosigk, oncle de Beatrix von Storch (AfD), a disparu avec sa voiture depuis le 18 juillet 2022. Il a été un politicien local (élu sans appartenance à un parti politique). Il est le fils de l’ancien ministre des Finances, le comte Johann Ludwig Schwerin von Krosigk, qui a exercé cette fonction entre le 2 juin 1932 et le 23 mai 1945.

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Anton Schwerin von Krosigk

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Beatrix von Storch

23/07/2022

Le Fidesz de Viktor Orban donné à 54 %.

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Hongrie.

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Fidesz-KDNP : démocrates-chrétiens de tendance nationaliste

DK : socialistes

Mi-Hazank : nationalistes

Parti hongrois du chien à deux queues : satirique

Momentum : libéraux 

Jobbik : nationalistes

LMP : écologistes libéraux

MSZP : socialistes

Parti du dialogue pour la Hongrie : écologistes sociaux-démocrates

Autres partis de gauche

Ne sait pas / ne répond pas

Viktor Orbán estime qu'il est devenu clair que la stratégie occidentale à propos de la guerre en Ukraine a échoué.

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Hongrie. Guerre Ukraine-Russie. Le Premier ministre hongrois Viktor Orbán souligne qu'il est devenu clair que la stratégie occidentale a échoué. Il estime, en conséquence, que l’objectif ne doit pas être de gagner la guerre, mais de parvenir à un accord de paix.

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Viktor Orbán au festival d'été Tusvanyos en Transylvanie (Roumanie)

Viktor Orban : "Le véritable Occident s'est déplacé vers l'Europe centrale."

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Hongrie et Roumanie. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban déclare lors du festival d'été Tusvanyos en Transylvanie : « Les pays d'Europe occidentale où vivent ensemble des peuples européens et non européens ne sont plus des nations et, dans 30 ans, les Européens y seront minoritaires. Ils sont l'après-Occident, le véritable Occident s'est déplacé vers l'Europe centrale. »

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22/07/2022

Le FPÖ s'oppose au transit par l'Autriche d'armes destinées à l'Ukraine.

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Autriche.

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"En tant que pays neutre, nous ne devons pas être une plaque tournante pour la livraison d'armes !"

"Meloni prévient les alliés : "Rencontrons-nous, mais il y aura des règles.""

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Italie. Revue de presse.

La date des élections politiques fixée au 25 septembre 2022 par le Président Mattarella, à la suite de la démission de Mario Draghi et à la dissolution du Parlement, fait la Une des principaux quotidiens italiens. Corriere della Sera, La Stampa et Messaggero titrent « L’Italie aux urnes le 25 septembre » en soulignant l'appel du Président de la République aux partis politiques « Il y a des urgences, j’espère dans la contribution de tous » (Corriere) ; « Mattarella met en garde les partis » (Messaggero). Repubblica titre de son coté sur l' « Adieu du Pd à Conte », et se concentre sur les positions du secrétaire du Parti démocrate Enrico Letta qui « cherche un nouveau camp large sans le M5S et Renzi, il se tourne vers Di Maio et Sala » ainsi que sur la nouvelle défection de Forza Italia avec le départ du ministre Renato Brunetta. L'interview de Silvio Berlusconi fait la Une du Giornale : « La chute de Draghi ? Je n'ai aucune responsabilité », tandis que Corriere et Stampa soulignent dans leurs titres les déclarations du leader de FI où il affirme respectivement que « Le président a refusé le gouvernement bis » et que « Draghi s’est chassé tout seul ». Le quotidien économique Il Sole 24 Ore titre sur la hausse du « Spread à 241 » et sur « La décision de la BCE, après 11 ans, d’augmenter les taux de 0.50 % » qui est analysée du point de vue des « effets sur les prêts immobiliers » ·par le Corriere tandis que la Stampa souligne que « cette augmentation nous coûtera cher ». 

Les JT couvrent le discours du Président Mattarella qui, hier soir, a dissous le Parlement et fixé la date des élections au 25 septembre, en faisant appel à la responsabilité des partis politiques pour atteindre les objectifs économiques. L'adieu ému de Mario Draghi à la Chambre des Députés ; la décision de la BCE d'augmenter de 0.50 % les taux d'intérêts de la zone euro sont abondamment relayés. L'accord entre la Russie et l'Ukraine sur l'export de blé signé aujourd'hui à Istanbul, les incendies et la vague de chaleur en Italie font également l’objet de sujets.

Sur Twitter, le hashtag #elezioni domine suite à l'annonce de la date des prochaines élections législatives par le Président Mattarella.

ARTICLE, Il Corriere della Sera, P. Di Caro, « Draghi en a eu assez, nous ne sommes pas en faute. Ce seront les élus qui décideront qui sera le leader du centre-droit » : « Dans un entretien téléphonique, Berlusconi dédouane son parti de toute responsabilité quant aux événements récents : « Nous n’avons pas voté contre, nous nous sommes seulement abstenus ». Selon lui, le Président du Conseil n’avait pas la volonté de continuer et a saisi l’occasion qui lui était donnée de s’en aller. Au téléphone, il s’exprime avec froideur et distance : d’après Berlusconi, la question est politique, la crise est le fait de Draghi qui a décidé de partir alors que tous le priaient de rester, et le Mouvement 5 Etoiles est irresponsable. La proposition de résolution avancée par la droite était une main tendue selon lui : il s’agissait seulement de sortir le Mouvement 5 Etoiles du gouvernement. L’intransigeance de Draghi a provoqué sa chute. Berlusconi dément toute rumeur de pression de la part du leader de la Ligue, « je ne suis à la botte de personne », et affirme que les décisions avec la Ligue sont toujours prises en commun accord. Interrogé au sujet du départ de Gelmini et Brunetta, Berlusconi est tranchant : il les qualifie « d’ingrats » avant de déclarer « je ne suis pas habitué à commenter les décisions des traîtres ». Il se concentre sur le futur qu’il désire construire avec une droite unie. Il annonce un entretien prochain avec Giorgia Meloni pour décider d’un programme en vue des élections, et discuter de qui prendra la tête de la coalition. Berlusconi évoque la possibilité que le Président du Conseil soit élu, plutôt que désigné par le parti ayant recueilli le plus de voix. L’évocation de cette éventualité est inhabituelle pour Forza Italia, et cela pourrait conduire à modifier les équilibres entre les forces politiques. Il se montre optimiste sur les résultats que pourrait obtenir son parti, et laisse planer le doute sur sa propre candidature : « Nous verrons, nous verrons… ». L’objectif de Berlusconi : montrer que Forza Italia a encore un rôle central à jouer au sein de la coalition de centre-droit. »

Entretien de Luigi Di Maio, ministre des Affaires étrangères et leader de ‘Insieme per il futuro’, Corriere della Sera : « L’agenda de gouvernement sera notre programme. Je suis du côté des responsables et la partie reste ouverte » : « Le parti de Conte et le parti de Salvini sont en crise dans les sondages. Ils ont fait passer leur intérêt avant celui du pays. Ils payeront un prix politique, cela est évident. En Italie, pour beaucoup de forces politiques, l’instabilité est une boussole. Conte, parce qu’il a initié la crise, a une grande responsabilité. Dans le passé, avec le M5S, nous avions créé, et non pas saboté, des gouvernements. Ils se sont isolés et ils ont fini par se saboter tous seuls. Maintenant, l’Agenda Draghi ne doit pas disparaître et nous nous en chargeront. Il faut quelque chose de nouveau. Je ne peux pas rester avec ceux qui, par souverainisme, populisme, et opportunisme, ont fait tomber le gouvernement. L’Italie a encore besoin de Mario Draghi. La crise a de nouveau chamboulé les équilibres politiques, et une nouvelle catégorie est née : celle des irresponsables. Moi, je serai de l’autre côté, avec responsabilité, pour faire les réformes qui doivent changer le pays. C’est un moment historique sans précédent, comme à la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’Agenda Draghi n’est pas seulement constitué de mesures pour faire face à l’urgence, mais il dessine également une nouvelle ère sociale, économique et politique. Le centre-droit devait gagner les élections il y a 5 ans, mais je les ai battus. Les sondages sont faits pour être démentis. Les Russes qui prennent publiquement des positions sur les élections futures en Italie commettent une ingérence. Les partis qui ont voulu la crise sont les mêmes que ceux font de l’œil à Poutine. Y compris Forza Italia, qui se définissait comme une force politique modérée. Nous, au contraire, nous serons toujours européistes et atlantistes ». 

PREMIER PLAN, La Repubblica, S. Capellini, « Ni le Mouvement 5 Etoiles ni Renzi : les idées de Letta sur la nouvelle coalition pour défier la droite » : « La fin de l'alliance avec Conte est certaine et une alliance avec Italia Viva ferait perdre plus de voix qu'elle n'en apporterait ». Letta dit « oui à Sala et à Di Maio », mais ça ne sera pas une coalition centriste. « Retrouver l'alliance avec le Mouvement 5 Etoiles serait incompréhensible et mauvais ». Enrico Letta ne semble pas avoir de doutes, même s'il y a encore des personnes au sein du Parti Démocrate qui poussent en faveur de l’étude d’une forme d'accord. En effet, il y a une limite à la décence politique et à l'opportunisme tactique que le PD a souvent franchie dans son histoire et surtout dans sa relation avec le Mouvement 5 Etoiles. Letta ne veut pas non plus courir le risque que le parti soit écrasé par une alliance centriste. La coalition doit rester « large » et représenter toute l'aile gauche du gouvernement. Sans le Mouvement 5 Etoiles, elle sera plus homogène et plus crédible. D’autre part, les conditions d'un accord avec Italia viva ne sont pas réunies. Les raisons sont multiples, la plus récente étant l'omniprésence politique de Matteo Renzi ces dernières années et son soutien affiché au centre-droit. Letta est cependant prêt à inclure Calenda. Au sein du Parti Démocrate, l'éventuelle exclusion de Renzi rencontrera sans doute une forte opposition interne. La grande coalition autour du Parti Démocrate pourrait réunir à sa gauche Articolo 1 et les Verts, à sa droite Azione et +Europa, s'ils se présentent et le nouvel espace libéral-écologiste sur lequel travaillent le maire de Milan, Beppe Sala et le ministre des Affaires étrangères, Luigi Di Maio. Ainsi, Di Maio, leader autrefois le plus hostile aux démocrates, est-il le seul survivant du Mouvement 5 Etoiles dans le nouveau centre-gauche. »

ENTRETIEN, La Stampa, de Renato Brunetta, ministre de l’Administration Publique, démissionnaire de FI « De la part de Forza Italia, un sabotage qui renie notre histoire. Silvio a désormais perdu la lucidité » : « Ce n’est pas moi qui quitte Forza Italia, ou ce qui en reste, c’est le parti qui s’est quitté lui-même et qui a renié son histoire. En ne votant pas la confiance à Mario Draghi, mon parti s’est éloigné de ses valeurs fondatrices. Je ne peux croire qu’il puisse avoir subi une telle mutation génétique. Je suis navré pour le malentendu dans lequel est tombé mon ami Manfred Weber. Cher Manfred, ce qu’il s’est passé en Italie t’a été rapporté de manière inexacte et de façon instrumentalisée : ce n’est pas seulement le M5S, mais également FI et la Ligue qui ont saboté un libéral comme Draghi, à travers des jeux de pouvoirs égoïstes et dangereux, réalisés au détriment des gens, des Italiens, des Européens. Ceux qui n’ont pas voté la confiance à Mario Draghi sont des irresponsables. Les dirigeants de Forza Italia se sont pliés au pire populisme souverainiste. La décision d’hier, qui a été prise sans aucun débat interne comme ça a été trop souvent le cas ces derniers temps, condamne ce qui reste du parti à cette dérive. Je possède la carte de membre n.2 du parti reconstitué en 2013 et, en tant qu’élu de Forza Italia, je suis au service des institutions depuis 1999. Je me battrai pour que la culture et les valeurs libérales, modérées et européistes ne soient pas perdues. Pour l’Italie, c’est une phase dramatique qui s’ouvre et qui aura, également, des répercussions au niveau international. La chute du gouvernement Draghi risque d’être vue, de l’extérieur, comme la preuve que notre système politique n’a pas les anticorps nécessaires pour s’émanciper des populismes et des extrémismes. Cette perception risque de nous exposer à une tempête financière et géopolitique, qui risque d’affaiblir également l’alliance occidentale qui apporte son soutien à l’Ukraine. Ceux qui croient encore dans les valeurs fondatrices de FI, les libéraux, les populaires, et les réformistes qui ont à cœur de poursuivre l’agenda de Draghi, peuvent se rassembler dans une union républicaine, fortement attachée à l’euro-atlantisme.  PS. Dans ses déclarations, Berlusconi nous attaque [Mariastella Gelimini et Renato Brunetta, ministres, maintenant anciens membres de FI, ndt] d’un point de vue strictement personnel et ne tient pas compte de nos raisons politiques. Malheureusement, je pense qu’il a perdu en lucidité et en humanité. Cher Berlusconi, tu as perdu l’occasion de laisser un noble héritage à l’Italie. » 

ARTICLE, La Stampa, F. Olivo « Les heures les plus longues de Giorgetti. Les doutes persistent mais la démission est refusée. « Je ne renierai jamais Draghi » » : « Giancarlo Giorgetti ne quitte pas la Ligue mais déclare ne pas vouloir prendre de décisions en ce qui concerne son futur. Alors qu’il avait remis sa démission suite au vote de mercredi, faisant le choix de se retirer de la scène politique, le Président du Conseil lui a demandé de rester s’occuper des affaires courantes au Quirinal pendant la période de transition. Le ministre du Développement économique a, en effet, trop de dossiers d’importance à traiter. Si Giorgetti a accepté, son amertume concernant la chute du gouvernement demeure. Pour Giorgetti, Berlusconi et Salvini ont fait une grossière erreur. Il ne commente pas la décision de Salvini de se rendre aux urnes, cependant ses actions parlent pour lui : à la suite du discours de Draghi au Sénat, il lui témoigne son soutien à plusieurs reprises par des sourires, des applaudissements et une embrassade. Des gestes qui lui valent des accusations d’hypocrisie de la part du Parti Démocrate mais aussi de son propre parti. Sa réponse est claire : « J’applaudis qui le mérite ». Il affirme ne pas souhaiter critiquer Salvini, mais ne pas pouvoir être en première ligne de la campagne électorale si cela signifie renier Draghi. S’il ne quittait pas le parti, il pourrait ne pas souhaiter être sur les listes d’une campagne qu’il aurait préféré éviter. » 

ARTICLE, Corriere della Sera, de V. Piccolillo, « Meloni prévient les alliés ‘’Rencontrons-nous mais il y aura des règles’’ » : « Giorgia Meloni invite à ce que les rencontres avec ses alliés de la coalition de centre-droit soient moins des occasions de convivialité que des rendez-vous opérationnels. Le jour de la démission de Draghi, Meloni invite ses alliés à ‘’passer aux décisions’’, préférant les réunions à la Chambre ou au Sénat avec un ordre du jour précis. ‘’Je pense que nous devons nous rencontrer rapidement, mais il faut que nous définissions des règles’’ annonce-t-elle. La leader de Fratelli d’Italia revendique, avec force, la cohérence de son parti qui est resté en marge, dans l’opposition, des trois derniers gouvernements. Elle ignore les propos d’Antonio Tajani (Forza Italia) affirmant que ‘’tant qu’il n’y a pas eu d’élections, le centre-droit n’a pas de visage’’, il n’a pas un unique représentant. Pourtant, les sondages donnent désormais FDI en tête entre 21,8% et 22,8% des intentions de vote, contre la Ligue qui recule à 16,8% et Forza Italia à 5,8%. ‘’Je demanderai un véritable engagement pour éviter les alliances hasardeuses. Lorsque l’on gagne ensemble, on gouverne ensemble, mais si l’on perd, on reste dans l’opposition’’. Fratelli d’Italia a soutenu, dès hier, la proposition de voter immédiatement en faveur de l’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’OTAN et se concentre sur l’identification des mesures urgentes du PNRR. Giorgia Meloni remercie les Etats-Unis pour leur communiqué ‘’évitant l’ingérence’’, contrairement à d’autres leaders européens qui se sont prononcés contre la crise de gouvernement. Enfin, elle a réitéré son soutien à l’Ukraine. Quant à Mario Draghi, elle dit continuer à ne pas comprendre la manière dont il a affronté la crise. »

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Giorgia Meloni : "En avant patriotes. Nous sommes prêts."

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"La parole aux Italiens."

PREMIER PLAN, La Repubblica, E. Capelli, « Les sondages placent le centre-droit en favori mais le taux de participation risque de chuter » : « Sur les prochaines élections pèsent les inconnues liées à un « parti Draghi » toujours inexistant et aux nouvelles reconfigurations centristes. De l'effet sur les électeurs de la fin traumatisante du gouvernement Draghi à l'abstention, les incertitudes subsistent. « Si le centre-droit obtient 45% des voix, ce que les sondages lui attribuent aujourd'hui, il n'a pas la majorité absolue à la proportionnelle, car cela se traduit par 60 sièges à la Chambre et 115 au Sénat », explique le directeur de l'Instituto Cattaneo, Salavatore Vassallo, « mais s'il gagne dans 60% des circonscriptions uninominales, il obtient la majorité ». Le scénario général est donc favorable au centre-droit, mais les élections générales de septembre, avec la campagne en août et après une fin de législature aussi abrupte, pourraient voir une baisse de la participation. « Si le taux de participation baisse, le centre-gauche peut avoir un avantage », déclare Pergliasco de Youtrend. « Une nouvelle coalition qui réussirait à rassembler les centristes de gauche, de Luigi di Maio à Carlo Calenda et Giovanni Toti n'aurait pas des pourcentages plus élevés que le centre-droit, mais il y aurait une différence de 6-10 points, affirme Antoni Noto directeur de l'institut de sondage Noto Sondaggi. Tout peut arriver “s'il y avait un parti Draghi, il serait très fort, surtout si le Président du Conseil décidait d’aller lui-même sur le terrain”.»

COMMENTAIRE, La Repubblica, S. Folli, « Mario Draghi laisse une ligne politique au parti démocrate » : « Une opportunité se présente au Parti Démocratique de Letta et à l'archipel centriste, à condition qu’ils sachent la saisir. Étant donné que tous les sondages donnent la coalition de droite Fratelli d’Italia-Lega-Forza Italia en tête, de sorte que le PD fait face à une course dans laquelle il part avec un désavantage considérable et ne peut que progresser. L'élément positif est avant tout le fait que la droite sorte radicalisée du drame de mercredi. L'image modérée du « berlusconisme » est en lambeaux, à tel point que trois ministres, Brunetta, Gelmini et Carfagna, et un sénateur, Cangini, ont déjà quitté Forza Italia. En outre, la dérive imposée par un Salvini à la recherche des voix perdues ouvre des espaces inattendus au Parti Démocrate. En effet, ceux qui apprécient le « programme de Draghi » ont peut-être soutenu par le passé le « centre » dans l'une de ses diverses expressions, sans exclure le soutien à une certaine aile du Parti Démocrate. Aujourd'hui, à deux mois des élections anticipées, la question est de savoir s'il existe un ou plusieurs acteurs politiques capables de reprendre l'héritage de Draghi et de le transformer en programme crédible. Ce ne peut être le centre-droit, pour des raisons évidentes. Enrico Letta a tenu des propos clairs : « La grande coalition n'existe plus ». Une déclaration irréprochable, si elle résiste à l'épreuve du temps. Dimanche, par exemple, les primaires en Sicile se dérouleront sur la base de l'accord avec le Mouvement 5 Etoiles. Et des voix s'élèvent déjà au sein du Parti démocrate pour distinguer l'alliance électorale « tactique » qui inclurait les 5 Etoiles et la formation du gouvernement de coalition qui exclurait les 5 Etoiles. »

Crise gouvernementale vue de l’étrangerPREMIER PLAN, La Repubblica, C. Ttito, « La stupeur de l'Europe face à la chute du Président du Conseil » : « Macron désigne dans un communiqué de presse Draghi comme un « grand homme d'État ». L'Europe prend position pour soutenir le Président du Conseil démissionnaire. Bruxelles et les chancelleries de l'UE regardent avec étonnement et inquiétude ce qui s'est passé en Italie et ce qui pourrait se passer ensuite. Macron déclare : « Le travail effectué par Draghi constitue une base très solide sur laquelle l'Italie peut compter dans les mois et les années à venir ». En effet, le Président français avait construit une entente particulière avec l'ancien Président de la BCE, qui a abouti au Traité du Quirinal. Les affaires de l'Union ont été guidées au cours des 18 derniers mois par le « triangle Rome-Paris-Berlin ».  Macron souligne « le soutien indéfectible » de Draghi « pour apporter des réponses européennes à nos défis communs, notamment face à l'agression de la Russie contre l'Ukraine ». Toutefois, les louanges adressées au Président du Conseil italien s'accompagnent d'une inquiétude quant à ce qui se passera dans les mois à venir. Selon la Secrétaire d'État française aux affaires européennes, Laurence Boone, « l'Italie va maintenant entrer dans une période un peu moins stable que la précédente ». L'affrontement sur les élections anticipées en Italie fait également rage au Parlement européen. Le chef du groupe PPE, l'allemand Manfred Weber, a déclaré : « Après le vote des 5-Etoiles contre le gouvernement, il est impossible de continuer avec eux. L'Europe, a besoin d'un gouvernement stable de centre-droit à Rome. Forza Italia sera pro-européen et le PPE sera à ses côtés ». Le Secrétaire du Parti Démocrate, Enrico Letta, a répondu : “Weber, vous n'êtes pas informé. L'un des principaux tueurs de Draghi était « Forza Italia”. » 

COULISSES, La Stampa, A. Simoni « Les Etats-Unis craignent une Italie prête à basculer et atlantiste “en apparence seulement” » : « A Washington, personne ne doute de la ligne atlantiste de l’Italie, la posture internationale – veut-on croire – ne subira pas de secousses, aucun retour aux tendances pro-russes de prévu. Ou du moins, pas de manière explicite. Cependant, même « un gouvernement qui se déclare atlantiste (…) peut tout à fait interférer avec les actions américaines ». Cela signifie que la ligne de conduite commune, adoptée sur toute une série de sujets (Ukraine, Chine, Méditerranée), pourrait vaciller au nom d’une définition différente des intérêts nationaux. L’Italie pourrait abandonner son rôle de premier plan vis-à-vis de l’Ukraine : après trois envois d’armes votés au Parlement, d’ici quelques mois, les aides pourraient passer des armes « à un soutien économique et à une assistance humanitaire ». Ce serait un signal de changement de direction politique évident. Devant une population fatiguée par une inflation galopante, les pressions en faveur d’une sorte de « désengagement progressif » pourraient s’intensifier : c’est, sur le long terme, la préoccupation principale des Etats-Unis. »

ANALYSE, Corriere della Sera, de F. Fubini, « La décision de Christine Lagarde et les conditions de Francfort pour défendre la dette italienne » : « Seul le provincialisme d’une partie de la classe politique italienne a pu laisser penser cette dernière que ce qui se passait à Rome restait à Rome et l’empêcher de voir que la capitale italienne est liée par un rapport d’influence réciproque à Bruxelles et à Francfort. Entre l’Italie et les centres névralgiques de l’UE, un équilibre harmonieux peut être atteint ou alors, au contraire, des difficultés et des frustrations peuvent surgir des deux côtés, lorsque la bêtise et l’incompréhension dominent. La décision de faire tomber le gouvernement Draghi a été lue comme la négation de ce rapport de réciprocité. Pourtant, plusieurs thèmes pèseront inévitablement et lourdement sur la campagne et sur le prochain gouvernement. L’inflation inquiète la BCE qui continuera à augmenter les taux. La Présidente Christine Lagarde a parlé d’une ombre ‘’noire’’ sur l’économie. Pour l’instant nous sommes entrés dans une phase de rigueur monétaire qui augmentera le coût de la dette italienne. Lagarde a présenté hier un ‘’instrument’’ de protection permettant l’achat des titres d’Etat en cas de grave déstabilisation. Cet instrument a été pensé précisément pour l’Italie. Il ne sera utilisé qu’à certaines conditions. Quel que soit le gouvernement qui verra le jour à l’automne, le respect de ces conditions devra être au cœur de son agenda. D’abord, il faudra contenir le déficit et chercher à le réduire et ce, bien que le Pacte de stabilité soit à ce jour encore suspendu. Cela fait des mois que la Commission européenne demande à l’Italie – et à Mario Draghi – de réduire les dépenses publiques et elle pourrait engager une procédure. Nous ne sommes pas à l’abri de tensions avec Bruxelles et Francfort qui déstabiliseraient financièrement l’Italie. L’obligation budgétaire fait son retour et marque la fin de la pluie de bonus et d’autres miracles. Le paiement des intérêts de la dette occupera une part budgétaire de plus en plus importante. Par ailleurs, l’Italie doit faire attention à ne pas donner l’impression qu’elle ne respectera pas les règles et les conditions, autrement les autres pays pourraient réagir en demandant des contraintes encore plus sévères. Enfin, les pays qui prétendent bénéficier du bouclier de la BCE doivent mettre en œuvre de façon ponctuelle les réformes du PNRR. Le Parlement italien devra notamment approuver la loi sur la Concurrence d’ici la fin de l’été. Le pays risque de perdre les 19 milliards prévus par le Recovery Fund. »

ARTICLE, Il Sole 24 Ore, « Erdogan : aujourd’hui, accord sur le blé ukrainien. » 

(Traduction : ambassade de France à Rome)

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Ligue : "Le dimanche 25 septembre [2022], la parole aux Italiens. C'est ton tour !"

"Rapatriement ! La seule solution pour l'Europe."

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Espagne. Catalogne.

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"Rapatriement ! La seule solution pour l'Europe."

21/07/2022

Le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto est arrivé à Moscou.

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Hongrie et Russie. Le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto est arrivé à Moscou pour « assurer les livraisons de gaz au peuple hongrois et faire comprendre que nous voulons la paix ».

"Adieu au gouvernement Draghi - La Ligue, FI et M5S font tomber Draghi ; vers les élections à court terme."

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Italie. Revue de presse. 

La crise du gouvernement de Mario Draghi fait la Une de la presse italienne modérée qui s'alarme de la chute du gouvernement et de la démission du Président du Conseil attendue aujourd'hui. « Adieu au gouvernement Draghi - La Ligue, FI et M5S font tomber Draghi; vers les élections à court terme » (Corriere della Sera),  L'Italie trahie »  (Repubblica) , « Honte » (La Stampa) qui exprime une position très critique quant aux événements d'hier au Sénat, tandis que le Fatto Quotidiano estime que « Draghi s'est 'enfoncé tout seul, en tapant sur la Ligue et le M5S qui ne vote pas en sa faveur ». « Fin de course pour le gouvernement Draghi ; exultation de Meloni ; probable démission aujourd'hui et les élections en Octobre » (Il Messaggero), "La défaite de Draghi est la victoire de la droite" (Domani). 

Le risque de graves conséquences économiques de la crise de gouvernement est mis en avant sur le Corriere : « L’Europe incrédule, la Bourse s'ècroule, le spread en hausse », tandis que Republica titre « Spread et taux, les faucons contre Rome ‘Tempête parfaite’ » et La Stampa publie une interview de l'ancien président Mario Monti « La crise pèsera sur les choix de la Bce ». 

Sur Twitter, plusieurs hashtags faisant référence à la crise politique italienne dominent, parmi lesquels #crisidigoverno#Mario Draghi#elezioni ou encore #Forza Italia.

ANALYSE, La Stampa, d’A. Cuzzocrea, « L’éternel retour des populistes » : « Il nous faut aujourd’hui prendre acte de la victoire des populistes dans un Parlement résigné et inconscient. Les populistes sont à nouveau unis comme lors du premier gouvernement Conte, entre la Ligue et le Mouvement 5 Etoiles. Ils ont fait tomber Draghi comme, il y a six mois, ils lui avaient barré la route du Quirinal [Présidence de la République] affirmant que Mario Draghi devait rester à la Présidence du Conseil afin de poursuivre le travail fondamental, indispensable, qu’il menait au service du pays. Entre la Ligue et le M5S, chacun tente de rejeter sur l’autre les responsabilités des choix qu’ils ont fait, puis de rejeter la faute sur le Président du Conseil. Mais ils n’invoquent que de fausses excuses et tout le monde, bien que les assassins du gouvernement tentent d’effacer leurs empreintes - est en mesure de voir ce qu’il s’est réellement passé. Les deux populismes se sont unis. Le Mouvement 5 Etoiles continuant à penser que même dans un gouvernement d’unité nationale et devant faire face à des urgences, les décrets pouvaient être passés selon leur bon vouloir. Et la Ligue, populisme de centre-droit se réalignant avec Giorgia Meloni et se ressoudant lorsque le M5S lui a offert l’occasion rêvée : faire tomber le gouvernement sans devoir en assumer la responsabilité. C’est bien triste de voir ce gouvernement Draghi mourir sans que personne ne puisse vraiment dire pourquoi. Forza Italia n’a pas pu donner ne serait-ce qu’une seule motivation. Ainsi tombe un gouvernement fermement européen, ayant pris position en faveur de l’Ukraine contre l’agression russe, philo-atlantiste et sceptique face à l’expansionnisme de la Chine. Et ce à cause de deux forces qui, lorsqu’elles étaient alliées au gouvernement, s’étaient fixé comme objectif la sortie de l’euro. Sans oublier la complicité de Forza Italia, se dépeignant comme modérée, libérale et responsable mais dont le masque est tombé. Forza Italia n’a plus rien de modéré depuis le choix qu’elle a fait de s’allier à l’aile populiste et souverainiste dans le but d’obtenir un petit strapontin le plus tôt possible, avant que les sondages ne soient encore plus défavorables qu’ils ne le sont déjà. Il n’existe pas non plus de Ligue modérée, malgré Giorgetti et les présidents de régions du Nord-Est qui avaient exprimé leur mécontentement. Salvini n’a pas eu de mal à convaincre Silvio Berlusconi que c’était la seule voie possible. On aurait pu penser, au vue du contexte récents et des différentes crises, que les forces populistes étaient en déclin et que les 5 Etoiles avaient vraiment changé. C’est un problème pour le Parti démocrate qui espérait pouvoir récupérer les revendications sociales du Mouvement afin de retrouver un enracinement dans des catégories qui s’en étaient détourné il y a trop longtemps. Le parti de Letta risque de se retrouver écrasé vers le centre. Mario Draghi aurait-il vraiment pu les arrêter ? Malgré son discours déjà très dur hier matin, Giuseppe Conte aurait alors décidé, non sans difficulté, de voter la confiance, mais la réponse de l’après-midi aurait tout changé. Le Président du Conseil aurait certes pu distribuer des petites satisfactions à chacun pour continuer à aller de l’avant quelques temps, mais il n’a pas voulu, cela ne lui ressemblait pas. » 

EDITORIAL, La Repubblica, de Maurizio Molinari, « Le Sénat victime du populisme » : « La décision du Mouvement 5 Etoiles, de la Ligue et de Forza Italia rend l’Italie plus faible et plus vulnérable. C’est un calcul de court terme qui nuit à l’intérêt du pays et nous fait précipiter dans la tempête. Surtout, cela nous rappelle combien la bataille contre le populisme est loin d’être remportée. Avec Draghi, l’Italie avait obtenu des résultats significatifs sur les trois urgences définies par Mattarella en 2021 : sanitaire, économique et sociale. Les derniers mois de son mandat étaient stratégiques pour la lutte contre le virus, la réalisation du PNRR, sans parler du défi énergétique et de la situation internationale. Il suffit de voir le potentiel rôle de hub européen pour le gaz que Draghi avait conquis pour l’Italie ou son rôle dans le renforcement de la construction européenne grâce notamment à sa bonne entente avec le président français ou avec la Commission européenne. Même dans le cadre de l’OTAN, il a permis à l’Italie d’être protagoniste dans l’envoi d’armes et le soutien à l’Ukraine, pour la sécurité collective de notre continent. Ces nombreux résultats n’ont pas été obtenus par Mario Draghi seul mais par la coalition de gouvernement. Le sentiment d’unité nationale qui s’était créé nous a permis de surmonter de terribles obstacles. Pourtant, hier, trois des principaux partenaires politiques ont choisi de désavouer le gouvernement plutôt que de bénéficier, eux aussi, de ses mérites. Et ce au nom d’intérêts tactiques comme la rivalité personnelle entre l’ancien et le nouveau Président du Conseil, Giuseppe Conte et Mario Draghi, et la conviction pour le Mouvement 5 Etoiles de pouvoir récupérer le consensus perdu d’après les sondages, alors que la Ligue et Forza Italie espèrent profiter de l’actuelle loi électorale pour s’affirmer aux prochaines élections aux côtés de Fratelli d’Italia et même de prendre la tête du nouveau gouvernement. Des intérêts individuels et partisans qui ont pris le dessus sur l’intérêt national, ignorant l’appel de la multitude d’Italiens qui s’était élevé ces derniers jours. C’est une trahison de l’intérêt collectif du pays. L’offensive contre Draghi aurait en fait commencé il y a un mois environ avec les requêtes convergentes de Conte et Salvini contre les livraisons d’armes à l’Ukraine. On assiste à un retour de l’axe populiste qui à l’époque avait transformé notre pays en ‘’grand malade d’Europe’’, flirtant avec les gilets jaunes français et faisant crédit à Moscou et Pékin. Le passage au gouvernement Draghi a rassuré nombre de nations européennes quant au système politique italien. La chute du Président du Conseil survient alors que la BCE s’apprête à élever ses taux pour la première fois depuis 10 ans. Cela comporte de lourdes conséquences pour notre dette et notre économie qui ne pourront plus compter sur le bouclier formé par la crédibilité politique d’une nation stable et dirigée par Draghi. Le duel entre ceux qui défendent l’intérêt national et ceux qui l’entravent au nom de revendications populistes contaminant également ceux qui se prétendent modérés comme Forza Italia sera au cœur des prochaines élections. Pas de surprise si hier, en même temps que le centre-droit, le Kremlin trinquait également. » 

ANALYSE, Il Messaggero, A. Campi « Axe Ligue-M5S, la législature s’achève comme elle a commencé » : « [Après avoir souligné le rôle des partis dans la chute du gouvernement, ndt] Il faut aussi se demander si, dans la gestion de cette affaire houleuse, le Président du Conseil n’a pas commis une erreur lui aussi, à commencer par le ton et le contenu de son allocution d’hier matin. Il fallait composer et arrondir les angles, tout en restant ferme sur ses positions. Cela ne s’est pas passé comme prévu. Le fait de répondre à la volonté des citoyens et leur demande de cohésion contre celle des partis et leur agitation est un cliché pseudo-populiste qui sied mal à Draghi. L’argument selon lequel un Président du Conseil non élu et étranger aux partis aurait besoin d’une très large majorité pour gouverner et pour être crédible est également peu convaincant : l’expérience même de son gouvernement démontre que la qualité vaut mieux que la quantité. Pour prendre les bonnes décisions, il faut une majorité cohérente, unie et loyale, non pas une cohue vaste et indisciplinée. Il semble aussi que Draghi – en disant au Sénat « Je suis là parce que les citoyens me l’ont demandé » - ait voulu invoquer une légitimité et une force personnelle supérieure à celle que le Parlement aurait dû lui assigner par le vote de confiance. Cela s’est mal terminé avec ce que l’on pourrait appeler un « réflexe d’auto-défense » des partis qui se sont sentis accusés et mis dos au mur. Il devrait être clair, après ce qu’il s’est passé hier, que la véritable urgence de l’Italie est d’ordre politico-institutionnel. Si nous ne changeons pas notre système, nous sommes perdus. Reste le problème de l’héritage de Draghi : qui héritera de la large approbation dont il bénéficiait auprès des Italiens ? Le draghisme sans Draghi ne semble pas pouvoir aller très loin. Cette législature se termine comme elle a commencé : avec un axe entre la Ligue et le M5S qui ont pris leur revanche, aux dépens de l’Italie et des Italiens. »

COMMENTAIRE, Corriere della Sera, de M. Franco, « Le non populiste » : « La renaissance d’un populisme en déclin a mené à la chute du gouvernement Draghi. Si c’est le Mouvement 5 Etoiles qui a ouvert cette crise surréaliste c’est bien l’autre force populiste qui a porté le coup de grâce, à savoir le centre-droit. Salvini, et à sa suite Berlusconi, ont réagi au discours du Président du Conseil en posant sciemment des conditions irrecevables. Tout le débat d’hier ressemble à un saut dans le passé et la ‘’législature populiste’’ de 2018 entre le Mouvement 5 Etoiles et la Ligue. La tentative de récupérer le consensus perdu a encouragé les instincts les plus irresponsables. Les partis à l’origine de la crise sont en effet en sérieuse difficulté. Pour ce qui est de Salvini, la décision de faire tomber Draghi nait surtout de la crainte de renforcer la droite d’opposition représentée par Giorgia Meloni. Et Berlusconi n’a jamais été aussi subalterne. Pourtant, il est difficile d’imaginer que leur électorat approuve cette défenestration de l’ancien président de la BCE. Il est illusoire de croire que la fin de ce gouvernement n’aura pas de répercussions. Il suffit de penser à tous les citoyens et aux différents corps qui s’étaient mobilisés en faveur de Draghi et qui ont été ignorés. A ce jour il n’existe probablement pas à gauche une coalition ayant l’ambition de l’emporter mais le centre-droit est bourré de contradictions et il n’est pas sûr qu’il puisse réellement gouverner. La question de la position sur la scène internationale se pose tout particulièrement. Mais quiconque gouvernera devra respecter les obligations de l’appartenance à la communauté occidentale et dont Mattarella reste le garant. On attend de voir quelles seront les conséquences pour le pays une fois perdu le bouclier Draghi auprès des chancelleries européennes. Des considérations qui sont passées en second plan face à l’impatience électorale de Fratelli d’Italia et du centre-droit ‘’de gouvernement’’. Quant au M5S, ils ont ouvert la voie de la déstabilisation sans la contrôler et cet instrument s’est retrouvé entre les mains des anciens alliés léghistes. Reste à voir comment ils justifieront cela auprès de l’opinion publique. » 

COMMENTAIRE, La Repubblica, S. Folli, « L'héritage de Draghi et les partis dissous » : " Salvini et Conte ne s'étaient pas mis d'accord mais il est certain qu'ils ont ensuite fini par frapper ensemble. Toutefois il faut s’interroger sur les vrais raisons de la fracture qui mènera l'Italie aux élections anticipées. Sur fond d'un suicide collectif, ces prochaines heures changeront peut-être à jamais la donne politique. Voici le cœur de la question : le problème n'était ni le ton trop sévère de Draghi, ni l'argument de la recherche des ‘'pleins pouvoirs’', ni le manque présumé de respect vis-à-vis du Parlement. Au fond, le gouvernement s'écroule sur les questions de politique étrangère, pendant qu'une guerre a lieu à trois heures de vol de Rome et tandis que l'UE et l'Alliance Atlantique font un effort de cohésion sans précédents. En Ukraine se joue non seulement la conquête du Donbass, mais aussi le résultat d'un défi lancé à la démocratie libérale, et auquel Draghi avait répondu avec la force des valeurs européennes. Le texte de la résolution Casini, avec sa neutralité, a été la tentative extrême de trouver une solution, tandis qu'était irréalisable la demande du centre-droit de former un nouveau gouvernement, basé sur le renforcement de l'axe Berlusconi-Salvini. Si le gouvernement avait duré nous aurions pu voir un autre Draghi, non plus seulement l'homme de l'urgence mais un personnage capable d'indiquer une nouvelle perspective. Il n'est pas étrange, mais au contraire légitime, que le PD ait commencé à se voir comme le 'parti de Draghi'; il serait par contre excessif de vouloir prétendre conserver l'alliance avec le M5S et en même temps récupérer l'héritage du Président du Conseil. La journée d'hier peut lancer un processus de dissolution des forces politiques et donc marquer la naissance d'une aire politique qui s'inspire des propositions et du style du Président démissionnaire. " 

ENTRETIEN, Il Corriere della Sera, de Mariastella Gelmini, ministre pour les Affaires régionales, par P. Di Caro « Gelmini : “Je ne reconnais plus le parti. Il s’est dissous dans le populisme” » : « Ce qui s’est passé hier est très grave. La Forza Italia que j’ai connue n’aurait pas hésité à choisir entre Draghi et les pulsions souverainistes de Salvini. La Ligue et FI ont toujours supporté - et non pas soutenu- le gouvernement. La gestion d’hier a été la représentation de l’aplatissement aveugle de Forza Italie face à la Ligue : c’est le coup de grâce d’une histoire de batailles libérales, réformistes et européistes de plus de vingt ans. Je ne pouvais pas rester une minute de plus dans un parti que je ne reconnais plus. Il y a longtemps que l’osmose opprimante avec la Ligue est devenue évidente et que nos parlementaires ne sont plus consultés mais sont mis devant le fait accompli. Ne rien faire pour empêcher la chute du gouvernement signifie mettre en danger les objectifs du PNRR, le budget, le décret sur les aides économiques… C’est un tort énorme fait à l’Italie et une décision qui affaiblit le front occidental. Poutine doit être satisfait. » 

PREMIER PLAN, La Repubblica, P. Mastrolilli, « Rome reste un partenaire, mais les États-Unis craignent une fissure dans la coalition anti-Poutine » : « ‘’Nous continuerons à collaborer avec l'Italie sur un certain nombre de priorités, notamment le soutien à l'Ukraine contre l'agression russe’’. Ce commentaire, confié à la Repubblica par un porte-parole de la Maison Blanche, clarifie la ligne que les Etats-Unis entendent adopter dans la crise : faire bonne figure pour poursuivre la collaboration avec Rome. En dehors des milieux officiels, la déception est toutefois palpable, car Draghi avait apporté à l’Italie une stabilité et une fiabilité qui lui faisaient défaut depuis longtemps. La situation est grave selon Charles Kupchan, directeur pour l'Europe à la Maison Blanche sous Obama : ‘’La chute imminente du gouvernement Draghi est un coup dur pour l'Italie, l'UE et la coalition transatlantique qui a soutenu l'Ukraine face à l'agression russe... L'instabilité politique en Italie envoie un signal inquiétant sur les défis que représente le maintien de la solidarité occidentale dans un contexte d'inflation, de pénuries d'énergie et d'autres problèmes économiques exacerbés par la guerre. Les démocraties atlantiques doivent garder un œil sur le front intérieur du populisme anti-libéral. L'Occident doit rester attentif aux menaces internes et externes qui pèsent sur la démocratie libérale’’. Ian Bremmer président d'Eurasia déclare : ‘’Les élections anticipées menacent l'accès de l'Italie aux fonds de relance de l'UE mais surtout sur le long terme si les élections porteront à un gouvernement eurosceptique d’extrême droite’’. Il ajoute ‘’Je ne suis pas préoccupé par une possible sortie de l’Euro car l’Italie finira par se ranger à la ligne de l’UE mais seulement après une période de grave instabilité’’. »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

Le président Mattarella a accepté la démission du Premier ministre Mario Draghi.

Italie. Le président Mattarella a accepté la démission du Premier ministre Mario Draghi. Ce dernier dirigera un gouvernement intérimaire, tandis que le président décidera de dissoudre le Parlement et de déclencher des élections anticipées.

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"Récupérons notre Autriche."

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Autriche.

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"Récupérons notre Autriche. Le 9 octobre, votez pour Walter Rosenkranz."

(http://lionelbaland.hautetfort.com/archive/2022/07/13/wal...)

L’AfD du Bade-Wurtemberg est placée sous surveillance.

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Allemagne. Bade-Wurtemberg. L’AfD du Bade-Wurtemberg est, désormais, placée sous surveillance par l’Office de protection de la Constitution du Bade-Wurtemberg.

20/07/2022

Le gouvernement Draghi vient de tomber lors du vote au Sénat. Meloni déclare : "Nous sommes prêts !"

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Italie. Le gouvernement Draghi vient de tomber lors du vote au Sénat. La dirigeante de Frères d'Italie Giorgia Meloni déclare lors d'un meeting à Rome : « Nous sommes prêts ! »

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Giorgia Meloni lors du meeting

La Ligue et Forza Italia ne veulent plus du M5S dans un possible nouveau gouvernement.

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Italie. Le centre-droit du gouvernement est ouvert à un nouveau pacte gouvernemental et ne continuera à apporter sa contribution à la résolution des problèmes de l'Italie qu'avec un nouveau gouvernement, dirigé à nouveau par Mario Draghi, sans le M5S et profondément renouvelé.

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Hommage à Stauffenberg.

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Allemagne. À l'occasion de l'anniversaire de l’attentat du 20 juillet 1944 contre Adolf Hitler, de nombreux politiciens du gouvernement fédéral et de l'opposition ont rendu hommage à Claus von Stauffenberg : le chancelier Olaf Scholz (SPD, social-démocrate), le chef de file de l'opposition Friedrich Merz (CDU, démocrate-chrétien), le ministre de l'Agriculture Cem Özdemir (écologiste), le ministre des Finances et dirigeant du FDP (libéral) Christian Lindner, la CSU (sociaux-chrétiens bavarois), l’AfD (patriotes).

Par contre, les jeunesses du SPD considèrent Stauffenberg comme « nationaliste, antidémocrate et antisémite ».

Clara Anne Bünger, député fédéral du parti post-communiste Die Linke, estime que Stauffenberg est « raciste et antisémite et a participé activement à la Shoah, au Porajmos [persécution des Tsiganes/Roms] et à la guerre d'anéantissement en Europe de l'Est et a voulu mettre en place une dictature militaire. »

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CSU : "Héros de la Résistance. Comte von Stauffenberg."

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Statues de Stefan George et de Claus von Stauffenberg au musée Stefan George à Bingen.

(https://eurolibertes.com/histoire/sur-les-traces-de-stefa...)

"Dans l’attente du vote."

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Italie. Revue de presse.

Le discours de Mario Draghi devant le Sénat italien ce matin, qui sera suivi en fin de journée par un vote de confiance, fait la Une de la presse italienne. Les quotidiens soulignent les tensions internes au gouvernement et aux partis qui se poursuivaient hier encore. « Draghi au Sénat, entre tensions et espoirs » Aujourd’hui l’intervention au Sénat puis le vote de confiance. Les exigences de Salvini et les conditions du Président du Conseil (Corriere della Sera), « Draghi au Sénat, l’inconnue Salvini » Le Président du Conseil a préparé deux discours, il est prêt à recommencer mais sans l’approbation des partis il démissionnera ; le centre-droit est tenté par les élections anticipées mais après les entrevues au Palais Chigi ils exigent un ‘’gouvernement sans Conte’’. Le Mouvement 5 Etoiles ne se prononce pas sur la confiance. (La Repubblica), « Draghi, la confiance ou la démission » Les 5 Etoiles sont scindés en deux. La Ligue et Forza Italia ne veulent plus d’eux au gouvernement. Enrico Letta se veut optimiste. (La Stampa). « La voix des maitres a ordonné ‘’Draghi doit rester’’ » (Il Fatto Quotidiano), « Crise de gouvernement, l’inconnue du Mouvement 5 Etoiles demeure » (Il Messaggero), « Les agences de notation sonnent l’alerte ‘’sans Draghi les réformes ne seront pas menées à bien’’ » (Sole 24 Ore).  

 Les JT couvrent essentiellement la crise politique italienne en se concentrant sur l’allocution de Draghi au Sénat de ce matin, sur le vote de confiance de ce soir ainsi que sur les incertitudes au sein des partis. Les incendies qui dévastent l’Europe (en France, en Espagne, au Portugal et en Italie) ainsi que la canicule en France et au Royaume-Uni sont abondamment commentés. L’arrestation de la députée démocrate américaine, Alexandria Ocasio-Cortez, pour avoir manifesté contre la fin du droit à l’avortement aux Etats-Unis et le sommet au sujet de la crise du blé entre Poutine, Erdogan et Raisi à Téhéran sont également couverts.

Sur Twitter le hashtag #Draghi domine suite au discours du Président du Conseil au Sénat et en vue du vote de confiance attendu aujourd'hui.

PREMIER PLAN, Corriere della Sera, de M. Guerzoni, « Rencontres, disputes et coups de téléphones » : « Draghi prononcera son discours aujourd’hui devant le Sénat, s’ensuivra le vote de confiance des sénateurs. Les 5 Etoiles de Giuseppe Conte pourraient sortir de la majorité alors qu’une vingtaine de parlementaires pourraient rompre avec le Mouvement afin de soutenir le Président du Conseil. La Ligue et Forza Italia sont tourmentés mais devraient se résoudre à soutenir Draghi, à condition que les élections soient organisées en mars 2023 et non en mai : Salvini et Berlusconi ne veulent pas laisser à Letta le temps de réorganiser le centre-gauche. Nous avons retracé la journée d’hier. Dario Nardella espérait rassembler 2000 signatures de maires en soutien à Draghi et le Premier ministre espagnol exprime lui aussi son soutien dans la presse. Draghi est sensible à ces témoignages. Salvini a réuni les ténors de la Ligue et réitéré son opposition à un ‘’gouvernement avec le M5S’’. Le matin, Enrico Letta a rendu visite à Mario Draghi au Palais Chigi pour sonder son état d’esprit et à l’issue de la rencontre il se voulait positif. Le Président du Conseil s’est ensuite rendu au Palais présidentiel pour le premier face à face avec Mattarella depuis l’annonce de sa démission jeudi dernier. Il aurait laissé le Président de la République dans l’incertitude. Dans l’après-midi Salvini et Berlusconi expriment leur mécontentement suite au face-à-face entre Draghi et Letta, faisant craindre une remise en cause du faible espoir de négociation. Le centre-droit s’inquiète d’un possible pacte passé entre les deux hommes et Matteralla. Berlusconi convie les leaders et autres ténors du centre-droit, à l’exception de Toti qui plaide pour le maintien de Draghi sans retenue et sans conditions, pour 5 heures de discussions au total. En parallèle, plusieurs membres du M5S annoncent qu’ils voteront la confiance mais ce n’est pas non plus l’hémorragie attendue. En revanche, pour Di Maio, Conte ‘’ne votera pas la confiance’’ mais Davide Crippa devrait voter ‘oui’ à la Chambre. Mario Draghi, informé de leur irritation, invite Berlusconi, Salvini, Tajani et les autres. Salvini mise finalement sur le remaniement mais fait monter les enchères : il veut notamment récupérer le portefeuille de l’Agriculture aux dépends du 5 Etoiles Patuanelli. Draghi a également parlé avec Zelensky et réitéré son soutien à l’Ukraine contre la guerre de Moscou. » 

PREMIER PLAN, Corriere della Sera, de F. Verderami, « L’ouverture du Président du Conseil ; le discours et les priorités mais aussi les conditions vis-à-vis des partis » : « L’enchainement de rencontres avec les leaders de la majorité peut être lu comme un signe que Draghi cherche à trouver un moyen de revenir sur sa démission. Mais c’est surtout l’appel téléphonique avec le Président Zelensky qui montre que le Président du Conseil veut avant tout éviter de rompre les équilibres internationaux dont il est le garant auprès des autres leaders internationaux. C’est la volonté de respecter les engagements géopolitiques pris au nom de l’Italie aux côtés des partenaires qui le pousse à trouver une solution à la crise. Ainsi, si le paysage politique italien tente d’imposer ses règles au chef du gouvernement, Draghi proposera aux partis de rester à la tête de l’exécutif jusqu’aux élections en mars 2023 avec un programme et une série de priorités exposées très clairement ce matin et sur la base desquelles la coalition devra accepter ou non de mener la législature à son terme. Le problème est que le chef du gouvernement voit bien comment sa majorité, au cours de ces derniers jours de réflexion, a continué de s’effilocher plutôt que de se ressouder. Les intérêts de chaque parti à l’approche des élections desservent le projet du Président du Conseil. Letta semble persister à vouloir laisser une porte ouverte à Conte, considérant le M5S comme un allié indispensable pour pouvoir défier le centre-droit aux élections. Outre le centre-droit, la rencontre entre Draghi et Letta d’hier matin a été jugée inadaptée par certains démocrates et a irrité les dissidents 5 Etoiles ainsi que le ministre Di Maio. Salvini et Berlusconi craignent quant à eux une ‘’politicisation’’ de Draghi qui pourrait même l’amener à se présenter aux prochaines élections. Ils ont formulé à leurs tours de nouvelles requêtes. En somme, la journée d’hier a en partie confirmé les difficultés qui pourraient paver le chemin de Draghi jusqu’aux prochaines élections en mars. Draghi semble toutefois résolu à trouver une solution, pour ne pas manquer aux engagements pris avec les partenaires occidentaux. » 

PREMIER PLAN, La Repubblica, S. Mattera « Le jour le plus long : Draghi à l’épreuve de la question de confiance au Sénat » : « La réunion des chefs de groupe du Sénat, hier à la mi-journée, a donné aux parlementaires l’indice d’une tentative de réconciliation à travers la décision de ne pas limiter le débat : l’allocution du Président du Conseil est prévue à 9h30, le vote de confiance un peu avant 19h. Cela laisse le temps de négocier et d’éviter que Draghi n’ait à prendre acte de l’absence d’entente. Letta est le principal sponsor de la continuité. Après avoir parlé avec Conte lundi soir, il a rendu visite à Draghi hier matin : ‘’Poursuivons l’agenda du gouvernement’’ leur a-t-il dit à tous les deux. Letta aurait perçu chez Draghi l’ouverture tant espérée. Salvini et Berlusconi, réunis à la Villa Grande, avec Tajani, Lupi et Cesa apprennent avec irritation l’entretien de Letta et de Draghi, déplorant une ‘’négociation déséquilibrée au profit de la gauche’’. Salvini, Tajani, Lupi et Cesa demandent alors à Draghi un changement de méthode et de posture de la part du gouvernement et, surtout, l’exclusion de Conte de la majorité. Ils ne semblent pas vouloir prendre la responsabilité d’un vote anticipé mais ils veulent que le barycentre de la majorité se déporte vers la droite. Toutefois, ils ne réitèrent pas le souhait formulé en public de faire remplacer Luciana Lamorgese, ministre de l’Intérieur, et Roberto Speranza, ministre de la Santé, jugé inacceptable par Draghi. Le Palais Chigi y voit un signe d’ouverture. Conte, quant à lui, se tait. Selon Di Maio ‘’il a déjà décidé de ne pas voter la confiance’’. Tout son parti ne le suivrait pas : ‘’si Draghi se montre ouvert sur les thèmes qui nous sont chers, ne pas voter est injustifiable’’ affirme le chef de groupe Cinq-Etoiles à la Chambre, Davide Crippa. Mais, si le M5S faisait marche arrière et revenait dans la majorité, le front à droite se réactiverait. Rien n’est joué d’avance. »

PREMIER PLAN, La Repubblica, G. Casadio, « Les pronostics au Sénat et au Parlement, les voies en faveur du gouvernement seraient de toute façon majoritaires » : « Bien que Draghi ne soit disposé à rester à la tête du gouvernement qu'avec une majorité efficace et bipartisane, la résolution qu'il présentera, d'abord au Sénat puis à la Chambre, pour demander la confiance, peut en théorie compter sur un certain consensus. L'épreuve la plus difficile sera celle du Sénat. Au total, 206 sénateurs accorderaient la confiance à Draghi sur les 315 plus les 6 sénateurs à vie, ce qui est bien supérieur aux 161 nécessaires pour atteindre la majorité. Au total, les membres du Mouvement 5 Etoile occupent 62 sièges, constituant le premier groupe au Sénat. Si l'ordre de Conte était de ne pas voter la confiance, Draghi passerait de 268 à 206 voix en sa faveur. Autre scénario : si les 62 sénateurs 5 Etoiles votent pour et les 61 sénateurs de la Ligue contre, on comptabilisera 207 sénateurs votant la confiance à Draghi. Au Sénat, il y a 21 sénateurs de Fratelli d'Italia, 13 d'Alternativa et un autre petit groupe ‘mixte’. A la Chambre, le seuil de la majorité est fixé à 316 voix, or avec cette configuration on pourrait compter sur 451 voix en faveur d'un gouvernement Draghi. Si Conte, en revanche, décide d'être favorable, on pourrait atteindre les 555 députés favorables, à moins que, à ce moment-là, les 131 membres de la Ligue ne décident de voter contre et de rejoindre Meloni et Fratelli d'Italia dans l'opposition. Dans l’attente du vote, tous les signaux venant des partis politiques sont scrutés. Mais, selon ces chiffres établis, la confiance devrait l’emporter dans les deux chambres. 

PREMIER PLAN, La Stampa, F.Olivo, « Salvini met en garde le premier ministre : Pas de 5 Etoiles, ‘’ils nous empêcheront de faire des réformes’’ » : « La Ligue fait monter les enchères, et les ministres Speranza et Lamorgese se retrouvent dans son collimateur. Forza Italia et la Ligue ne savent toujours pas comment ils vont se positionner dans l'hémicycle aujourd'hui. La Ligue continue de songer aux élections anticipées, mais exige en même temps du gouvernement une ‘’discontinuité’’ tant dans la composition des ministres que dans l'agenda. En bref, toutes les voies sont ouvertes. Pour les deux partis, la présence du Mouvement 5 Etoiles est décisive, ‘’c'est nous ou Conte’’ ont-ils répété ces derniers jours, y compris hier soir devant le chef du gouvernement. A ce stade, personne ne peut répondre à la question de fond : le M5S restera-t-il dans la majorité ».  Toute la journée d'hier, la Ligue a focalisé l’attention contre les ministres Roberto Speranza et Luciana Lamorgese, que Draghi ne voudra probablement pas sacrifier. Dans ce cas, le centre-droit pourrait exiger une compensation, par exemple un remaniement.  Le sujet du remaniement entre donc dans les négociations, notamment parce qu'en cas d'adieu du M5S, trois ministres devraient être remplacés et le centre-droit pourrait alors conquérir un rôle moteur au sein du nouveau gouvernement.  La coalition est à la croisée des chemins et ne sait toujours pas quelle direction prendre. Les deux directions présentent des avantages et comportent des risques. L'instinct, surtout celui de Salvini, le pousse à aller aux urnes, en profitant des divisions des adversaires et en se libérant du poids de gouverner avec des ennemis. Le sens des responsabilités, cependant, dit autre chose : les deux dirigeants ne peuvent vraiment pas se permettre d’être considérés comme coupables de la crise. Salvini s'est fait rappeler à l'ordre par les présidents de région qu'il a rencontrés hier matin et qui auraient également fait part de leurs craintes. Luca Zaia et Massimiliano Fedriga ont demandé de ne pas abandonner Draghi. » 

COMMENTAIRE, La Repubblica, S.Folli, « Mario Draghi, un Président du Conseil un peu plus politique » : « Il est désormais difficile de trouver quelqu'un prêt à croire qu'aujourd'hui (mercredi 20 juillet) au Sénat ou demain (jeudi 21 juillet) à la Chambre, Mario Draghi sortira de scène. Il est clair que le premier intérêt de Draghi est de préserver l’image d'intransigeance et de sérieux à la base de sa réputation internationale. Et il ne s'agit pas d'un intérêt personnel, mais d'un intérêt institutionnel, dans la mesure où le crédit du Premier ministre sur la scène mondiale coïncide aujourd'hui avec le crédit de l'Italie. Et vice-versa. Le Premier ministre doit concilier différents aspects. D'une part, la cohérence avec son histoire et ce qu'il représente dans le pays et dans l'UE. De l'autre, les besoins des parties. Draghi lui-même avait parlé au début de la crise d'une majorité impossible sans le Mouvement 5 Etoiles. Puis il y a eu les scissions et une nouvelle vision a émergé. Mais un discours du premier ministre trop dur vis-à-vis du Mouvement 5 Etoiles et de leurs revendications mettrait Letta en difficulté, qui envisage toujours une alliance avec le Mouvement 5 Etoiles. A l’issue du vote de confiance, un autre gouvernement naîtra en fait, en fonction de la manière dont se déroulera la session au Parlement : peut-être un peu moins « technique » et un peu plus politique. » 

(Traduction : ambassade de France à Rome)