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25/11/2022

Municipales à Voorne aan Zee : le Forum voor Démocratie obtient 1 élu et BVNL 2.

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Pays-Bas. Province de Hollande du Sud. Voorne aan Zee. Les électeurs des municipalités de Hellevoetsluis, Brielle et Westvoorne ont été appelés, ce mercredi 23 novembre 2022, à élire le Conseil municipal de Voorne aan Zee, une nouvelle municipalité qui verra le jour le 1 janvier 2023 de la fusion des trois précédentes. L’ensemble des 10 partis présents sur les listes ont obtenu au moins 1 élu. Le Conseil municipal comprend 35 sièges. Les partis locaux sont les vainqueurs.

Le Forum voor Démocratie obtient 1 élu et BVNL 2.

(https://www.naar1gemeenteopvoorne.nl/voorlopige-uitslag-g...)

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"Fratelli d’Italia et la Ligue avec Orban, Forza Italia contre ; la majorité divisée au Parlement européen."

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Italie. Revue de presse.

Le débat autour du projet de loi de finances fait toujours les gros titres de la presse italienne. Les quotidiens relèvent d’une part que les régions déplorent le manque de fonds pour la Santé publique, et d’autre part les nouveautés présentées par l’exécutif en matière de justice, notamment sur les procédures pour abus de pouvoir qui peuvent bloquer les appels d’offre, afin de débloquer certains projets du Plan de relance (PNRR) : « Nous voulons plus de tutelle pour les maires » - Meloni invite à revoir la loi sur l’abus de pouvoir et à mettre à jour le Plan de relance national. Les médecins et les Régions demandent plus de fonds pour la Santé (Corriere della Sera), « Retraites, voici les conditions pour le départ anticipé » - Meloni déplore des règles trop sévères bloquant la réalisation du PNRR (Sole 24 Ore), « L’abus de pouvoir sera revu » - Meloni vient à la rencontre des maires pour débloquer la bureaucratie (Il Messaggero), « La ruine sur Rome » - Le gouvernement envisage une autre mesure  contre l’abus de pouvoir, après celles pour les fraudeurs du fisc (Fatto Quotidiano). Certains quotidiens évoquent en une l’enquête relative à la campagne de 2017 en France : « Macron, enquêtes sur les fonds publics pour les élections » (Corriere della Sera, Giornale, Libero).

ARTICLE, La Stampa, A. Barbera « Les couvertures demeurent une énigme, le décret sur le PNRR est prêt, les craintes du Quirinal pour les retards » : « A un mois exact de Noël, les deux mesures-clé de 2022 ont du retard : la loi de finances et le Plan de relance national. Hier soir, le ministre de l’Economie Giorgetti (Ligue) a envoyé à Bruxelles le document de programmation économique, une synthèse en anglais où il n’est pas nécessaire d’entrer dans le détail sur les dépenses et les couvertures. Toutefois, les propos du ministre, hier, en disent long : ‘’nous sommes en train de traverser une phase de grande difficulté au niveau économique et social et de grande incertitude. La hausse du coût de l’énergie menace la survie de nos entreprises. En mars, nous évaluerons de nouvelles mesures pour faire face au phénomène’’. Mais les chiffres ne concordent pas et un fait semble le prouver. Normalement, le texte adopté en Conseil des ministres devrait être déposé au Parlement. Or, si tout va bien, le projet de loi n’arrivera pas avant lundi. Giorgetti et les techniciens du ministère de l’Economie n’ont pas trouvé encore les couvertures aux 35 milliards nécessaires pour passer l’hiver et l’augmentation des coûts énergétiques. Un des chapitres à compléter concerne l’impôt sur les extra-profits des entreprises énergétiques et sur lequel la résistance des lobbies est forte. Malgré les retards, il est improbable que Bruxelles rejette le budget italien. C’est plutôt le PNRR qui risque de rendre les relations délicates entre Rome et Bruxelles. D’ici le 31 décembre, le gouvernement doit respecter l’ensemble des 55 objectifs du second semestre et envoyer à Bruxelles les demandes de modification du plan. Pour changer de vitesse, on évalue l’adoption d’un décret pouvant accélérer les contrôles des chantiers ouverts, donner un cadre précis de l’augmentation des coûts liés à l’inflation et permettre une réorganisation des bureaux qui suivent les procédures. Le Président Mattarella a déjà rappelé, il y a quelques jours que ‘’le PNRR est un rendez-vous que l’Italie ne peut pas manquer’’. Cela cache les fortes préoccupations du Quirinal face au respect des délais pour recevoir la deuxième tranche prévue de 20 milliards. Les contacts entre Rome et Bruxelles sont intenses, aussi afin d’éviter les incompréhensions. »

COMMENTAIRE, Sole 24 Ore, L. Palmerini « Le budget représente un test pour l’unité de la coalition de droite » : « La baisse du Spread est un signe que le respect de la rigueur des comptes publics a été apprécié par les marchés, et le gouvernement peut ainsi naviguer sereinement. Toutefois, c’est sur le front de la politique intérieure que les vagues commencent à se lever. La protestation de la part des Régions qui ont lancé l’alerte sur la santé publique car les 2 milliards prévus ne sont pas suffisants, ne concerne pas uniquement celles dirigées par les partis d’opposition. Ce climat concerne aussi les Régions gouvernées par la droite. Le patronat Confindustria a déploré pour sa part un manque de vision sur la croissance et sur l’emploi. Puis sont venues les critiques du syndicat CGIL, dont le chef Landini a proposé à nouveau une réduction de 5 points des charges salariales ainsi que l’élimination des chèques pour les travaux occasionnels. Par ailleurs, les retraites représentent un point douloureux au sein même de la coalition de gouvernement. Il ne s’agit pas seulement de la volonté de Forza Italia d’augmenter les retraites plus basses ni de l’attention constante de Salvini sur la question de la sécurité sociale. Les retraités représentent cette partie de la société qui remplit les rues lors des manifestations et qui vote en masse. Ils représentent la température des sondages et du consensus. C’est donc sur les retraites que pourrait se livrer la bataille entre Meloni et Berlusconi. Par ailleurs, Forza Italia n’a pas apprécié les rumeurs sur les contacts entre la présidente du Conseil et Carlo Calenda. Cette approche pourrait raviver les tensions au Parlement, où l’on attend de voir comment tiendra l’unité de la coalition. Certains prévoient même des scénarios rappelant l’élection du président du Sénat, avec des coups de pouce anonymes venant de l’opposition face à l’abstention possible des élus de FI. »  

ENTRETIEN, La Stampa, d’Eugenia Roccella (Frères d'Italie), ministre pour la Famille « Le gouvernement ne modifiera pas la loi sur l’avortement. En revanche, je dis oui au départ anticipé à la retraite pour les mamans » : « Dans le budget, nous avons déjà augmenté de dix millions le fonds pour les centres et abris pour les femmes victimes de violences et augmenté le fonds contre la traite des êtres humains, qui avait également besoin de nouveaux financement avec l’arrivée des réfugiés ukrainiens. Et nous avons entamé le processus d'établissement de la commission sur le féminicide au niveau bicaméral, en la renforçant. Nous ferons également une grande campagne pour faire connaitre le numéro d'urgence, le 1522. La possibilité pour les femmes qui ont un ou plusieurs enfants de pouvoir partir plus tôt à la retraite n’est pas une loi discriminatoire, c’est avant tout une reconnaissance. C'est une façon de reconnaître la valeur sociale de la maternité. Les femmes font un travail qui n'est pas seulement privé, elles font vivre l'humanité, mais ce n'est pas socialement gratifiant. Si je dis "je suis une manager", j'ai un statut social, si je dis "je suis mère", cela n’intéresse personne. Ainsi, le fait de pouvoir prendre sa retraite plus tôt est avant tout une reconnaissance de la valeur sociale de la maternité.’’ ».

ENTRETIEN, Corriere della Sera, de Marina Calderone (Indépendante), ministre du Travail, « Une réforme du revenu de citoyenneté est nécessaire ; sur les charges salariales, ce n’est qu’un premier pas » : « Sur le revenu de citoyenneté, nous procèderons par étapes. Le gouvernement n’a pas l’intention d’oublier ceux qui ont besoin d’un soutien économique. Nous voulons intervenir dès maintenant sur les personnes sans emploi mais en condition de travailler pour les ramener vers le monde du travail. Nous travaillons aussi à une réforme structurelle des politiques et des centres pour l’emploi et pour réformer les mesures de lutte contre la pauvreté. Les familles comptant des personnes handicapées, mineures ou âgées ne sont pas concernées par la baisse du revenu en 2023 et des outils adaptés seront trouvés à partir de 2024. Les mesures prévues par cette première Loi de Finances ne peuvent pas être considérées suffisantes mais c’est le maximum qui pouvait être fait dans les conditions actuelles. La réduction des charges salariales et des cotisations en-dessous de 5%, les bonus pour l’embauche des jeunes de moins de 36 ans, la flat tax à 5% pour les prestations occasionnelles sont les premiers pas vers les engagements pour cette législature, un mois après l’investiture du gouvernement. Le but est d’augmenter le salaire net d’environ une mensualité. Les jeunes et les femmes sont des catégories plus pénalisées, il faut travailler en parallèle sur des bonus pour l’acquisition de nouvelles compétences recherchées sur le marché du travail. Nous avons besoin d’un système national de référence et de renforcer à la fois les infrastructures du marché du travail et de la formation. Concernant les chiffres de l’emploi profondément différents entre Nord et Sud, une intervention spécifique pour le Sud n’est pas prévue dans ce budget, mais il y a des évidences qui ne pourront pas être ignorées. Sur la flat tax élargie pour les travailleurs indépendants, une première rencontre a eu lieu et d’autres sont prévues pour des consultations sur tous les sujets (protection sociale, retraite, formation…). Il faut repenser la relation entre les professions, les institutions et la collectivité. »

COMMENTAIRE, La Repubblica, de S. Folli, « Où nous mène le rébus des trois oppositions ? » : « Trois oppositions risquent bien de ne pas en produire une seule qui soit efficace. Toutefois, à ce jour, on compte le binôme Calenda-Renzi, l’opposition qui aime les manigances et s’insinue dans les contradictions des autres, aussi bien de la droite que de la gauche. Le but est de vérifier si la relation entre Giorgia Meloni et Matteo Salvini peut être abimée en laissant entendre qu’à certaines conditions, un secours centriste pourrait prendre forme. Il y a ensuite l’opposition intransigeante de Giuseppe Conte et des 5 Etoiles qui exclut toute négociation possible au Parlement et refuse catégoriquement la Loi de Finances. Le leader a retrouvé son costume d’avocat du peuple, hausse le ton et brandit le revenu de citoyenneté comme un symbole à défendre à outrance. On y voit toute une stratégie : en apparence elle semble dirigée contre l’exécutif, mais en réalité la bataille sert à mettre le PD sous pression alors qu’il est en crise, pour en faire un élément de la nouvelle gauche dirigée par Conte et qui rassemble de façon transversale tous ceux qui le soutiennent. Une mission légitime qui tente de répliquer, en quelque sorte, un schéma français où la chute électorale et la perte de contact avec la société ont fait du parti socialiste un simple morceau de la mosaïque rassemblée par le rusé Mélenchon, un tribun de talent et à l’expérience politique longue et articulée. Conte en revanche est étranger à toute tradition politique et semble s’être placé à gauche surtout par opportunisme, il est toutefois passé maître dans l’art de la démagogie, se retrouvant habilement au centre de la scène. Enfin, il y a l’opposition du Parti démocrate, qui voudrait être considérée comme la plus responsable et la plus sérieuse par rapport aux deux autres. Mais ces deux rivaux sont plus réactifs et surtout moins scrupuleux. Le parti d’Enrico Letta, malgré la dignité avec laquelle le secrétaire porte sa croix, est coincé dans la même tenaille qui l’a ralenti lors de la campagne électorale, attaqué de part et d’autre par les anciens alliés, apparaissant bien faible pour porter un dessein politique et perdant l’image de parti hégémonique à gauche. Les railleries ne proviennent pas seulement de la droite mais d’un front composite, signe d’une croissante perte de crédibilité et d’autorité. Personne ne serait surpris que le PD se range derrière Conte et lui laisse le leadership de la ligne anti-budget du gouvernement. Mais ce serait le point de non-retour pour le parti. »

PREMIER PLAN, Corriere della Sera, de F. Basso, « Fratelli d’Italia et la Ligue avec Orban, Forza Italia contre ; la majorité divisée au Parlement européen » : « La Hongrie divise la majorité au Parlement européen : FDI et la Ligue ont pris le parti d’Orban alors que Forza Italia reste du côté du PPE souhaitant défendre l’Etat de droit. Il s’agissait d’un vote pour suspendre les fonds européens à Budapest qui bloque systématiquement les décisions importantes de l’UE et ne respecte pas les conditions de l’Etat de droit. La suspension a été approuvée à une large majorité. 7,5 milliards d’euros sont en jeu. Il s’agit également de mettre en œuvre les mesures de corrections pour lutter contre la corruption mais les conditions n’ont pas été remplies. Les députés européens, encore plus sévères, ont souligné un ‘’risque systémique pour les intérêts financiers de l’UE’’ qui demeurerait même si tous les objectifs demandés été finalement atteints. La Commission a même été critiquée pour avoir ‘’réagi trop tard’’ et façon ‘’trop limitée’’. Ce sont les ministres européens des Finances qui devront émettre leur jugement et la question pourrait être discutée dès la réunion Ecofin du 6 décembre prochain ou alors plus tard, à l’occasion d’une réunion spécifique. La décision sera prise sur la base de la majorité qualifiée : 15 pays favorables, représentant au moins 55% de la population européenne. La minorité doit être représentée par 4 pays et 35% de la population pour bloquer la décision. Le groupe dit ‘’de Visegrad’’ est composé de la Pologne, de la Slovaquie et de la République Tchèque qui a également la Présidence tournante de l’UE. Le comportement de Rome lors de l’Ecofin aura donc un poids particulier. Pour la vice-présidente du Parlement européen, issue du PD, c’est une ‘’grave sonnette d’alarme pour le positionnement de l’Italie’’ et pour le secrétaire de +Europa ‘’Giorgia Meloni et Matteo Salvini ont choisi le mauvais camp’’ en sortant de l’axe européen. En attendant, Orban poursuit sa stratégie : la Hongrie a fait reporter la ratification de l’entrée de la Suède et de la Finlande dans l’OTAN à 2023 alors qu’elle était prévue pour le 7 décembre. »

ARTICLE, La Stampa, F. Olivo « La France : l’Italie doit d’abord nous dire ce qu’elle fera au prochain bateau ONG » : « Il y a une question simple qui sera posée à l’Italie, aujourd’hui « qu’allez-vous faire quand le prochain bateau ONG arrivera devant vos côtes ?’’. Tant qu’il n’y aura pas de réponse claire, il sera difficile, voire impossible, d’arriver à une vraie réconciliation avec la France. Par ailleurs, en l’absence de clarté, Paris n’a pas l’intention de rentrer dans l’accord de redistribution volontaire des migrants, signé en juin dernier justement sous l’impulsion de la présidence tournante française. La réunion extraordinaire des ministres de l’intérieur de l’Union ne s’annonce pas facile pour Piantedosi, d’autant plus que les revendications italiennes sur la route méditerranéenne risquent d’être obscurcies par les préoccupations de l’Autriche et de l’Allemagne sur l’augmentation des flux venant des Balkans et des requêtes de la Pologne et d’autres pays de l’Est qui, craignant une nouvelle vague de réfugiés ukrainiens, demanderont plus de fonds. Quant à la Méditerranée, la demande formulée par la France ne sera probablement pas éclaircie par Piantedosi. Les signaux d’apaisement lancés par l’Italie à la France après l’affaire Ocean Viking semblent ne pas suffire. Macron estime que la nuit entre le 8 et le 9 novembre les relations se sont fortement compromises et il attend encore une explication directe de la part de G. Meloni. Le Président français répète que la solidarité doit avancer avec la responsabilité, ce qui veut dire : l’Italie doit respecter les règles, c’est-à-dire faire débarquer les migrants, si elle veut être aidée et procéder avec la redistribution. La rencontre sera surtout un moment de discussion. L’Italie expliquera ses raisons (‘’il faut une solution européenne’’) mais sans proposer de solutions concrètes. Des sources européennes prévoient que la discussion sera ‘’très animée’’ et disent ‘’ne vous attendez pas à un accord à l’issue de la réunion’’ »

PREMIER PLAN, La Repubblica, d’A. Ziniti, « Des entrées légales et davantage de rapatriements, le plan du ministre Piantedosi examiné par l’UE » : « Le quota pour les entrées légales pourrait atteindre les 100 000 personnes, si (et seulement si) les différents secteurs économiques le demandent, en revanche la politique des rapatriements sera plus sévère. Ce sont les deux principaux points du ‘’décrets sur les flux’’ que le ministre italien de l’Intérieur prépare pour 2023. L’espoir est également que les engagements pour la redistribution entre les pays se concrétisent et que le Plan Marshall pour l’Afrique prenne forme. L’Italie voudrait que l’Europe la suive sur cette voie : le ministre Piantedosi proposera aujourd’hui à Bruxelles, lors de la réunion des ministres européens de l’intérieur, la mise en place de mécanismes centralisés et conjoints pour gérer les entrées légales et les rapatriements. Matteo Piantedosi tentera d’orienter la discussion vers des solutions concrètes dans le cadre du plan d’action pour la Méditerranée de la Commission européenne. Plan qui risque toutefois de passer en second plan compte tenu de la nouvelle vague de réfugiées ukrainiens. La première mesure en matière d’immigration adoptée pour le nouveau Conseil des ministres est l’allocation de 42 millions d’euros pour amplifier le réseau des CPR, ces terribles centres de permanences pour le rapatriement des migrants expulsés, véritables centres de détention administrative, aux conditions déplorables, où les personnes restent bloquées jusqu’à quatre mois. Pas un euro pour l’accueil, malgré un constat partagé par le ministre lui-même sur les ‘’fortes difficultés du système’’. Voilà la stratégie du nouveau gouvernement : transformés en détenus de faits les migrants qui ne rassemblent pas les conditions pour la demande d’asile. Actuellement, il existe 1 100 places dans ces centres alors que nous ne sommes jamais parvenus à renvoyer chez elles plus de 3000 personnes par an. Tous les autres, environ 50 000 en 2022, sont laissés dans la nature et la clandestinité. Un membre du collège du Garant national des détenus estime que ‘’les CPR sont un système causant des souffrances inutiles et un grand gâchis d’argent public’’. En 2021, seule la moitié des migrants qui y étaient enfermés ont effectivement été rapatriés, les autres ont été relâchés dans la nature au bout de quelques mois. Un vieil échec dans lequel l’Italie s’empresse de retomber. »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

24/11/2022

Le FPÖ donné premier parti d'Autriche à 26 %.

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Autriche.

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ÖVP : sociaux-chrétiens

SPÖ : sociaux-démocrates

FPÖ : patriotes

écologistes

NEOS : libéraux

MFG : anti-vaccin

autres

3 sièges de membres des exécutifs d'arrondissements de Berlin, qui doivent revenir à l'AfD, ne sont toujours pas pourvus.

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Allemagne. État de Berlin. Alors que l’AfD, qui doit disposer, suite aux élections de septembre 2021, de quatre membres de l’exécutif dans des arrondissements de Berlin, n’a vu qu’un de ces postes être pourvu – celui à Treptow-Köpenick –, alors qu’à Spandau, Lichtenberg et Marzahn-Hellersdorf, les candidats AfD à ceux-ci ne sont toujours pas élus, malgré plusieurs – au total, 41 ! – scrutins tenus au sein de conseils d’arrondissement. L’AfD a, en conséquence, introduit un recours devant le tribunal administratif de Berlin. L’AfD accuse les élus des autres partis au sein des conseils d’arrondissement de pratiquer un « blocage ».

Le recours ne devrait pas être tranché avant le 12 février 2023, date à laquelle le scrutin pour le législatif de l’État de Berlin et des divers arrondissements doit être recommencé.

(http://lionelbaland.hautetfort.com/archive/2022/11/16/ann...)

Un accord a été trouvé entre la Serbie et le Kosovo.

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Serbie et Kosovo. Un accord a été trouvé entre la Serbie et le Kosovo. Le Kosovo arrêtera toutes les procédures contre les citoyens utilisant des immatriculations serbes et la Serbie s'est engagée à ne plus émettre de plaques pour des villes se trouvant au Kosovo.

""Les oubliés du revenu de citoyenneté" - A partir de septembre prochain, 400 000 familles seront privées de ce revenu."

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Italie. Revue de presse.

Le projet de loi de finances fait toujours les gros titres de la presse italienne. Les principaux quotidiens se concentrent sur de possibles modifications du texte au Parlement, et l’éventuelle contribution du dirigeant du Troisième pôle, C. Calenda : « TVA, amendes, voici les nouveautés » - Le projet de loi a été publiée, le coût des cigarettes augmente, coup d’envoi du fonds pour la souveraineté alimentaire. Conte dénonce une « guerre contre les plus démunis » (Corriere della Sera), « Les oubliés du revenu de citoyenneté » - A partir de septembre prochain, 400 000 familles seront privées de ce revenu. Meloni craint des coups bas venant de FI et rencontre Calenda (La Repubblica), « Budget : moins de fonds pour la santé publique » - Les ressources ont été épuisées par l’inflation, il n’y a plus d’argent pour couvrir le phénomène des sous-effectifs. Les régions lancent l’alerte sur les listes d’attente. Les salariés se voient pénalisés par l’impôt forfaitaire (La Stampa), « Budget, voici les coupes et les nouveaux paramètres pour la réforme des retraites. Une amnistie est prévue pour les crypto-monnaies (Sole 24 Ore), « Budget, l’impôt sur le tabac est revu à la hausse » (Il Messaggero). 

Les JT couvrent essentiellement le projet de loi de finances qui sera soumis à l’UE, l’intensification des frappes russes sur les infrastructures ukrainiennes, la hausse des cas de Covid en Chine et le geste de protestation symbolique de l’équipe allemande pour condamner la décision de la FIFA d’interdire le port du brassard en soutien aux droits LGBT à l’occasion de la Coupe du Monde de football au Qatar.

PREMIER PLAN, Corriere della Sera, de M. Cremonesi et E. Marro, « Loi de Finances, Meloni rencontrera Calenda ; les taxes vont augmenter de 70 centimes sur les cigarettes » : « Le projet de Loi de Finances a été approuvé lundi en Conseil des ministres. La plupart du travail a été fait, il ne reste qu’à étoffer le contenu de certains articles, et la Présidente du Conseil se dit ‘’fière du travail de ce gouvernement et d’un budget établi en un temps record’’. Elle résume ainsi l’esprit du document : ‘’encourager la croissance, aider les plus fragiles, accroître la justice sociale, soutenir notre tissu productif, miser sur l’avenir’’ et enfin ‘’aller de l’avant la tête haute’’. Le document de mise à jour de la programmation budgétaire devrait être arrivé hier soir à Bruxelles. Hier, Carlo Calenda a annoncé une ouverture vis-à-vis de la Présidente du Conseil à laquelle il propose une rencontre pour présenter les propositions du Troisième pôle sur la Loi de Finances, estimant que Giorgia Meloni est ‘’très compétente et intelligente’’. Immédiatement, le secrétaire d’Etat pour la mise en œuvre du programme, Giovanbattista Fazzolari, ironise et Mariastella Gelmini s’indigne, le sommant de ‘’respecter le rôle des oppositions’’. Malgré un début difficile, le dialogue semble possible et le Palais Chigi annonce qu’une rencontre est prévue pour la semaine prochaine. Les nouveautés prévues par le projet sont la hausse des taxes sur les cigarettes, le prix du paquet augmentera d’environ 70 centimes en 2023 et encore très légèrement en 2024 et 2025. En revanche, l’indexation des amendes sur l’indice Istat sera suspendue pour deux ans, une réduction du taux d’imposition sur les pourboires des serveurs dans les bars et restaurants est également prévue et tombera à 5%. Des traitements de faveur devraient être introduits également pour les prestations professionnelles occasionnelles, le plafond annuel passera de 5 000 à 10 000 € et cela vaut également pour les travailleurs saisonniers dans le domaine agricole pour les prestations durant moins de 45 jours par an. Dans le domaine de la santé, 200 000 € seront alloués pour augmenter l’indemnité du personnel travaillant aux urgences. Enfin, les aides destinées aux jeunes de moins de 36 ans achetant leur premier logement seront prolongées. »

ARTICLE, La Repubblica, « Moins d’impôts sur les pourboires et cent millions pour la souveraineté alimentaire » : « Environ 15 paragraphes demeurent vides, allant de la parité de genre au pont sur le détroit de Messine. Toutefois, voici déjà quelques mesures prévues par le projet de loi de finances. Pour les commerçants, il y a une dérogation à l'obligation d'utiliser le TPV: les sanctions sont suspendues pour les impayés inférieurs à 30 euros. Concernant la « trêve fiscale en dix points », l'amnistie annoncée est bien prévue : les anciens avis d’impôts, ceux notifiés entre 2000 et 2015, finiront à la poubelle. Le contribuable qui n'a pas payé ses impôts verra disparaitre la totalité du montant dû. Une grande marge de manœuvre est également prévue pour ceux qui ont présenté une déclaration de revenus mais n'ont pas payé leurs impôts : ils paieront la totalité de la somme due, mais pourront la payer par tranches pendant cinq ans au maximum, avec une pénalité de 3 %. Concernant les amendes, le gouvernement a décidé de geler, pendant deux ans, l'ajustement de la variation de l'ISTAT qui aurait augmenté les montants dus à l'inflation. La TVA passe à 5% pour les produits pour bébés, allant des genres alimentaires aux produits pour l’hygiène et les sièges pour voiture. A signaler un fonds de souveraineté alimentaire : promotion de l’alimentation italienne de qualité et réduction des coûts de production pour les entreprises agricoles. Ce fonds sera mis en place l’année prochaine avec une enveloppe de 25 millions par ans et cela jusqu’en 2026. Une réduction de l'imposition, à 5 %, est prévue pour les pourboires des serveurs et des personnes travaillant dans les hôtels. Pour le gouvernement, il s'agit d'une mesure pouvant rendre ces emplois attrayants et aider ainsi les entreprises touristiques qui manquent de personnel. Toutefois, selon Confesercenti, cette mesure "ne favorisera pas l'emploi" du secteur. Concernant le fonds pour faire face à la flambée des coûts des matières premières, le gouvernement Meloni a décidé une coupe de 400 millions par rapport à ceux prévus par le précèdent exécutif Draghi, le montant passant désormais de 1,5 milliards à 900 millions. Pour la Santé publique, il y aura 2 milliards de plus pour l'année prochaine et autant pour 2024. Une grande partie des ressources de 2023 - 1,4 milliards - est destinée pour faire face aux factures élevées. Le gouvernement alloue également 650 millions pour l'achat de vaccins et de médicaments anti-Covid. Il y aura davantage de centres pour les rapatriements, le projet précise que la mesure sert à "assurer une exécution plus efficace des décisions d'expulsion de l'étranger". »

ENTRETIEN, Corriere della Sera, d’Antonio Tajani, vice-président du Conseil, ministre des Affaires étrangères et coordinateur national de Forza Italia, « Au Parlement nous pouvons faire mieux, et Forza Italia apportera sa contribution » : « Il n’y a aucun problème au sein de la majorité. Au sein de Forza Italia, la ligne est celle qu’insuffle Silvio Berlusconi. On peut toujours améliorer les choses mais au final un gouvernement doit faire les comptes avec la réalité. Concernant le projet de Loi de Finances, nous avons fait de nombreuses réunions et de nombreux éléments que Forza Italia demandait ont été insérés. Nous travaillerons notamment à une grande réforme de l’administration. Cette Loi de Finances, rédigée en un temps record, amorce un revirement politique, le début d’un changement. Nous avons cinq ans devant nous, c’est un premier pas. Nous gardons notre objectif d’élever les pensions de retraite minimum à 1 000 €. En évitant de creuser le déficit budgétaire, nous avons donné un premier signal à Bruxelles et les marchés ont apprécié. Lors de son passage au Parlement, le projet de Loi de Finances pourra être amélioré et Forza Italia apportera sa contribution. Nous avons déjà obtenu les abattements fiscaux pour l’emploi de jeunes de moins de 35 ans, les femmes et les bénéficiaires du revenu de citoyenneté. Un autre signal fort adressé aux entreprises et l’abattement des charges salariales et le report la taxe plastique et sucre. Le revenu de citoyenneté sera toujours maintenu pour les personnes qui ne peuvent pas travailler mais le rôle de l’Etat est de mettre ceux qui le peuvent en conditions de travailler. Quant à la crise diplomatique avec la France, il n’y a aucune polémique avec Paris. La question migratoire est très ample et nous continuerons à la porter car elle concerne toute l’Europe. J’en ai parlé en Serbie, au Kosovo et avec le ministre maltais. J’ai aussi eu une réunion avec les ministres concernés sur le ‘’décret flux’’ pour parler cette fois d’immigration légale. Nous devons maintenant en parler avec les entreprises. Je veux faire sorte que l’Italie ait plus de poids sur le plan international. Nous voulons être protagonistes, de l’Europe aux Balkans, de l’Afrique du Nord à l’Amérique latine. En 2023, après les Med Dialogues en décembre à Rome, nous organiserons également la conférence Italie-Amérique Latine et Pays des Caraïbes. »

ARTICLE, Sole 24 Ore, « Fitto : "Difficile de respecter un plan conçu avant la guerre". » par Gianni Trovati : « Dans son discours à l'Assemblée nationale des Anciens à Bergame, le ministre des Affaires européennes Raffaele Fitto, qui a la délégation sur le Pnrr, ne mâche pas ses mots. Il appelle à classer les "controverses inutiles qui ne servent à personne", mais établit une sorte de double recette pour le Plan : "Les réformes doivent être approuvées et c'est l'un des aspects les plus importants", les objectifs pour la fin 2022 doivent être garantis et le gouvernement travaille sur une série de règlements pour les protéger ; mais une évaluation mission par mission et ministère par ministère est nécessaire sur les programmes de dépenses, après que le taux d'exécution réel dans la programmation 2014/20 s'arrête à 50% alors que l’on appelle à tripler le rythme avec des délais plus serrés. Dans les projets de loi de finances diffusés, on retrouve la réplication du fonds pour couvrir les surcoûts des contrats liés au Pnrr, une hypothèse à laquelle s'était opposé le gouvernement lors du premier comité de pilotage. Le texte ne contient toujours pas les chiffres du refinancement. Mais, et c'est la principale nouvelle pour les administrateurs locaux qui mettent en œuvre quelque 40 milliards de projets du PNRR, on retrouve l'augmentation de 10 % de la pré-allocation pour les projets.  La nouvelle est cruciale pour les collectivités locales, qui du Nord au Sud racontent des appels d'offres désertés en raison d'encadrements de coûts désormais décalés par rapport aux prix réels, et qui précisément en 2023 devront commencer à attribuer la grande majorité de leurs travaux Pnrr. Mais sur le plan technique, la lecture de la règle suscite plus d'une perplexité en raison de la complication de la procédure conduisant à la pré-allocation. Les ministères titulaires doivent identifier les interventions à soutenir, les entités d'exécution doivent donner leur confirmation dans un délai de 15 jours, la Ragioneria fixe les listes par décret et les entités doivent communiquer les besoins dans les 5 jours suivant la finalisation du code identifiant l'appel d'offres. Ce ne sera pas facile. Mais au-delà, c'est le point politique d'une rediscussion du Plan qui revient dans l’actualité. Le ministre de la protection civile et de la mer, Nello Musumeci, va jusqu'à émettre l'hypothèse d'un report de deux ans, à convenir avec l'UE, de 2026 à 2028, de l'échéance de la fermeture du PNRR. Et l'hypothèse ne semble pas déplaire, par exemple, au maire de Milan Giuseppe Sala, qui invite le gouvernement à des négociations pragmatiques avec Bruxelles. Le maire de Rome Roberto Gualtieri est plus sceptique : "Un report de la date limite de réalisation des travaux serait utile mais compliqué à obtenir", raisonne-t-il, "il faut plutôt négocier avec l'Europe le lancement de mesures plus sûres et plus appropriées contre le coût élevé de l'énergie". »

ENTRETIEN, Corriere della Sera, de Giuseppe Conte, leader du Mouvement 5 Etoiles et ancien Président du Conseil, « Un budget peureux, l’austérité melonienne ne contentera que les fraudeurs fiscaux et les corrompus » : « Cette Loi de Finances manque de courage et déclare la guerre aux pauvres et aux ‘’derniers’’. Notre bataille pour défendre le revenu de citoyenneté commence tout juste. 70,8% des bénéficiaires du revenu ont un niveau de diplôme s’arrêtant au brevet des collèges, 53 000 ont plus de 60 ans, 135 000 ont entre 50 et 59 ans. Comment les politiques pour l’emploi pourraient-elles améliorer la situation en quelques mois ? Avec cette Loi de Finances, Giorgia Meloni fera précipiter le pays dans la récession et augmentera l’injustice sociale. Nous sommes prêts à descendre dans la rue mais l’important est de créer, y compris à l’échelle territoriale, une vaste coalition sociale et politique avec la société civile, les associations et les forces sociales du pays. Il n’y a pas de concurrence de ce point de vue avec le PD, l’important est de remplir les rues de personnes et de contenus. Tous ceux qui partagent nos priorités et nos inquiétudes sont les bienvenus à la table des discussions. Les manifestations violentes doivent conjurées. Quant aux tensions sociales, c’est le gouvernement qui les exacerbe par sa violence envers les plus vulnérables. Notre opposition ferme a déjà pesé sur le plafonnement des paiements en liquide. Les aides pour faire face à la hausse des prix de l’énergie ne sont prévues que pour les trois premiers mois de l’année, la nouvelle politique dans les secteurs du tourisme et de l’agriculture fera exploser la précarité des emplois dans ces secteurs, les retraites sont mal gérées alors que l’inflation est galopante… L’austérité à la Meloni ne contentera que les fraudeurs fiscaux et les corrompus. L’extension de la flat tax à 15% pour les revenus des travailleurs indépendants touchant jusqu’à 85 000€ va exacerber les inégalités avec les employés pour qui le système d’imposition est différent. Sur la Russie, tous nos efforts tendent à construire un vrai parcours diplomatique, mais définir la Russie comme un Etat terroriste éloigne les parties et n’aide pas à rétablir le dialogue. »

ARTICLE, La Repubblica, G. Vitale : « Le pacte contre Meloni : le PD et les 5 Etoiles ouvrent à une manifestation unitaire » La loi de finances finit par rapprocher les partis d’opposition : « Quelque chose est en train de bouger sur le front de l’opposition antigouvernementale. Il est possible de voir des signaux timides pouvant aller dans la même direction : le PD, le M5S et l’alliance Vert-Sinistra Italiana pourraient se retrouver côte à côte pour manifester contre une loi de finances qualifiée de « réactionnaire ». Mais sans la participation du Troisième Pôle de C. Calenda, qui fait savoir « cela ne m’intéresse absolument pas, j’aimerais plutôt connaitre leurs contre-propositions ». Sauf que Conte refuse toujours de devoir suivre les propositions du PD et estime que la protestation, qui implique plusieurs secteurs de la société civile, doit se faire sans bannières politiques et en cherchant une date pouvant convenir à tous. Or, Enrico Letta a convoqué une manifestation pour samedi 17 décembre. Le PD en parlera lors de la direction d’aujourd’hui. Tandis que les dirigeants de Verdi-Si, Frattoianni et Bonelli, font pression sur Conte pour qu’il accepte de s’unir à eux. Le salaire minimum pourrait représenter cette thématique partagée et prévue dans toutes les contre-mesures budgétaires des partis d’opposition. »

ARTICLE, Sole 24 Ore, « France, Italie, Pologne et Espagne : les grands rejettent la proposition européenne » : « L'Union européenne est divisée sur la proposition présentée mardi par la Commission concernant le plafonnement des prix du gaz : le niveau indiqué, 275 euros par mégawattheure sur le marché Ttf à Amsterdam, est jugé trop élevé par un groupe de pays, dont l'Italie. "Nous ne considérons pas la proposition de la Commission comme suffisante", a déclaré le ministre de l'Environnement Gilberto Pichetto Fratin dans une interview accordée à SkyTg24. "Cela risque de stimuler la spéculation au lieu de la freiner", a-t-il expliqué. "Il y a un engagement fort pour assurer une substitution du gaz russe pour le stockage pour l'automne et l'hiver prochains", a ajouté Pichetto Fratin, "une série d'actions ont été prises sur le front politique, y compris le plafond au niveau européen, le corridor dynamique, qui a actuellement une proposition technique de la Commission, mais qui n'atteint probablement pas l'objectif qui devrait au moins être d'intervenir fortement pour arrêter la spéculation". Adolfo Urso (Frères d'Italie), ministre des entreprises et du Made in Italy, déclare : "Six mois se sont écoulés avec une guerre au cœur de l'Europe basée sur la guerre énergétique russe contre l'Europe et après six mois, la montagne européenne accouche de cette souris". La position du gouvernement espagnol est similaire, et le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, a également émis des critiques, estimant que le niveau proposé est "très élevé". La France est également contre. Les ministres de l'énergie de l'Union européenne examineront aujourd'hui cette proposition, formulée après des mois d'affrontements sur les solutions permettant de freiner la flambée des prix de l'énergie, exacerbée par l'invasion russe en Ukraine. Une quinzaine de pays réclament un plafond robuste. Parmi eux, la Belgique, la Pologne, l'Italie et la Grèce ont menacé de bloquer l'approbation de nouvelles mesures énergétiques si le paquet ne contient pas un plan crédible contre les prix excessifs. De l'autre côté de la table, on trouve l'Allemagne, à la tête des pays sceptiques à l'égard du plafonnement des prix (Pays-Bas, Suède et Finlande), selon lesquels le mécanisme pousserait les fournisseurs à vendre ailleurs et saperait la volonté de réduire la consommation de gaz. Ces pays poussent plutôt à réaliser des économies d'énergie et à utiliser davantage les énergies renouvelables.

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Adolfo Urso

COMMENTAIRE, Sole 24 Ore, L. Palmerini « Des débuts en douceur avec l'UE, mais le gaz, les migrants et le MES suscitent des tensions » : « Selon l’avis quasi unanime de tous, le côté positif du projet de budget de Meloni est d'avoir suivi une discipline budgétaire conforme à ce que demande l'Europe. Et même dans son parti FdI, ils prétendent, comme un geste politique, avoir résisté aux sirènes de la " rupture " pour plaire aux électeurs. En réalité, du côté de Forza Italia - et au Mef - on explique qu'il s'agit d'un choix forcé, avec en tête l'exemple récent de ce qui s'est passé en Grande-Bretagne. En bref, plus que le jugement de la Commission, ils craignaient les effets sur le spread et les marchés. Si cela s'avère vrai, la question de l'évolution des relations entre la première ministre et l'UE reste ouverte. Même s'il n'y a pas de friction avec Bruxelles pour l'instant, et que le gouvernement s'attend à des compliments sur la loi budgétaire, il reste tellement de sujets en suspens qu'il n'est pas exclu que, plus tard, une saison de conflit s'ouvre. Peut-être au printemps, lorsque l'argent du paquet énergie sera épuisé et que de nouvelles ressources seront nécessaires. Y aura-t-il une marge de manœuvre pour convenir de nouveaux déficits avec la Commission ? Première question. La deuxième question, également liée à l'énergie, est l'impasse dans laquelle se trouve l'Europe pour trouver des solutions à la crise du gaz : la proposition de plafonnement des prix semble être une plaisanterie montée par des pays comme l'Allemagne et la Hollande, qui ne veulent pas du tout de plafonnement des prix. Si la situation n'est pas débloquée, cela pourrait devenir un front de tensions internes que le palais Chigi pourrait décharger sur Bruxelles. De même sur la question de l'immigration. Demain, les ministres de l'intérieur de l'UE se réuniront pour un Conseil extraordinaire où - semble-t-il - aucune décision ne sera prise étant donné que les États sont divisés tandis que la Méditerranée est "éclipsée" par l'urgence des réfugiés ukrainiens et l'augmentation (+159%) des arrivées sur la route des Balkans. Le PPE tend la main à l'Italie, mais pas l'Allemagne et jusqu'à présent pas même la France, deux pays qui ne respectent pas leurs engagements en matière de relocalisations. Là aussi, l'impasse de l'Europe deviendra-t-elle un argument pour gérer les difficultés internes ? Enfin, il y a le grand jeu du Pacte de stabilité. On ne sait pas encore ce que nous pourrons en tirer mais, en attendant, la sempiternelle affaire de la ratification du MES, ce fonds de sauvetage auquel la droite s'est fortement opposée, va bientôt arriver à son terme. Du moins à entendre les propos de M. Giorgetti, qui a déclaré lors du dernier sommet Ecofin qu'il n'attendait que la décision de la Cour constitutionnelle allemande pour l'inscrire à l'ordre du jour du Parlement italien. »

ARTICLE, La Repubblica, F. Tonacci « L’alerte lancée par l’Europe sur la possibilité que trois millions de réfugiés puissent arriver de l’Ukraine » : « La situation catastrophique dans laquelle se trouve actuellement l’Ukraine représente un problème aussi pour les pays voisins. La stratégie du noir de Poutine consiste d’une part à affaiblir le front interne de Zelensky et d’autre part à resserrer l’UE dans l’étau humanitaire, avec une nouvelle vague de réfugiés en cherche de lumière et de chaleur. A ce stade, cette vague n’a pas encore commencé. Toutefois, les conséquences du pire blackout de l’histoire moderne européenne sont imprévisibles. L’Italie a accueilli 173 456 réfugiés ukrainiens dont environ 5 000 mineurs non accompagnés. Ils ont été placés dans le réseau d’appartements et de maisons du système diffusé de l’accueil, puis il y en a 11 000 dans les centres d’accueil extraordinaire (CAS) et 2 000 dans les structures appartenant à l’ancien circuit du Sprar (système de protection pour les demandeurs d’asile). Le Ministre Piantedosi a exprimé à plusieurs reprises sa préoccupation pour la gestion du système d’accueil, laissant comprendre que face à une nouvelle vague, l’Italie pourrait ne pas être en mesure d’en accueillir davantage. Le problème retomberait sur les pays voisins, comme la Pologne et la République Tchèque, qui sont eux aussi au bord de la limite. Ils pourraient finir par protester à Bruxelles avec les autres pays de l’UE, mettant ainsi en danger tout compromis sur le contrôle des flux migratoires. Et c’est exactement ce que cherche Poutine »

ENTRETIEN, La Stampa, de Marco Campomenosi, Chef de groupe de la Ligue au Parlement Européen « Nous avons voté la résolution mais la définition employée est excessive » : « ‘’De notre côté, il y avait la volonté de maintenir l'unité qui caractérise la position européenne depuis le début de cette affaire. Ce n'est pas la première fois que nous soutenons une résolution contre la Russie, même si nous jugeons certains passages inappropriés. Nous aurions préféré que ces amendements, dont certains étaient également présentés par les socialistes et les Verts, qui visaient à atténuer la définition d'"État terroriste", soient approuvés. Une définition qui n'est pas vraiment exacte par rapport à la situation dans laquelle nous nous trouvons. Je pense qu'il y a une dose excessive de rhétorique et d'émotivité. Mais un « non » aurait pu être mal interprété. Nous voulons plutôt réitérer notre soutien à l'Ukraine, comme nous l'avons fait à chaque occasion depuis le début de l'invasion. En ce qui concerne les sanctions, nos critiques visent avant tout le travail de la Commission, qui s’est laissée prendre par une tendance à faire trop d’annonces et qui n’a pas évalué de manière appropriée les conséquences de certaines mesures et qui n’a pas offert des compensations proportionnées. ‘’ »

ARTICLE, Corriere della Sera, de L. Berberi, « ITA, l’hypothèse d’un investissement de Ferrovie dello Stato avec Lufthansa émerge » : « L’exécutif italien étudie la possibilité de céder ka majorité d’ITA Airways à la cordée formée par Lufthansa et les Chemins de fer de l’Etat (Ferrovie dello Stato - FS). Une des hypothèses seraient de vendre 51% d’ITA à Lufthansa et 29% à FS et de laisser les 20% restant au ministère italien de l’Economie. Mais ces équilibres seront affinés dans le cas où les négociations étaient engagées sur la base d’un premier accord. Les principaux concernés, Lufthansa, FS et le ministère, refusent tout commentaire pour le moment. Le ministère indique toutefois que les discussions sont incessantes avec les parties afin d’identifier la meilleure solution. Le gouvernement est favorable à cette présence d’une entreprise italienne au sein d’ITA, aux côtés de Lufthansa, sans exclure en retour dans la course de MSC. Le nom d’un autre allié potentiel commence à circuler, celui d’Atlantia qui gère déjà les aéroports romains. Pour FS, ce ne serait pas une première, en 2019 elles avaient fait naître la cordée avec Atlantia et Delta pour reprendre Alitalia, sans succès. Cela permettrait de mettre en place cette fameuse intermodalité train-avion en exploitant notamment le réseau TGV. La participation de Lufthansa est bien vue, notamment pour son projet de développer les lignes vers le sud du globe (Amérique latine et Afrique en particulier). L’objectif est de créer un partenariat industriel, peut un porte le pays d’origine de l’allié, a expliqué Adolfo Urso, ministre du Made in Italy. »

ARTICLE, Sole 24 Ore, « Urso et Le Maire lancent des groupes de travail sur les voitures, l'acier et l'énergie » : « L'automobile, l'acier et l'énergie ainsi que l'espace et la défense. Les bases sont en place pour construire une alliance avec la France à l'appui d'une politique industrielle européenne", a déclaré Adolfo Urso, ministre des entreprises et des produits italiens, après sa rencontre bilatérale avec le ministre français de l'économie, Bruno Le Maire. À Paris, avant de participer à la deuxième journée du Conseil ministériel de l'ESA, l'Agence spatiale européenne, les deux ministres ont abordé une série de sujets également liés au traité du Quirinal signé il y a un an. Parmi eux, la controverse sur la concurrence entre Maia, le projet lancé de façon surprenante par les Français dans le secteur des lanceurs spatiaux, et Vega-C, le micro-lanceur produit par la société italienne Avio. On en parlerait plus tard, la diplomatie imposait de ne pas aborder le sujet ici. En revanche, le processus de privatisation d'Ita, dans lequel AirFrance est en lice, est abordé, et il a été décidé de donner suite à une série de groupes de travail thématiques, déjà prévus par le traité du Quirinal. Parmi les priorités, il y a les politiques énergétiques pour une transition durable, qui prennent en compte le problème des coûts, et il y a la politique de l'acier, qui selon Urso devrait être abordée de manière plus affirmée sur le front du respect des règles et donc de la concurrence équitable des pays tiers. Il y a aussi, bien sûr, le délicat dossier automobile, sur lequel l'Italie et la France pourraient trouver des lignes convergentes pour soutenir l'industrie qui subira les coûts de l'arrêt du diesel et de l'essence à partir de 2035 et sur lequel Urso a soulevé la question des rapports de force au sein de Stellantis. L'impression, cependant, est que nous sommes au début d'une relation que le gouvernement Meloni veut préserver, en essayant de ne pas être dépassé par Paris sur une série de questions stratégiques et en gardant la diplomatie industrielle séparée de la diplomatie plus strictement politique qui vient d'avoir lieu sur l'affaire Ocean Viking. Les microprocesseurs et l'industrie de la mode ont également été abordés lors de la réunion, et un passage a ensuite été réservé pour le prochain trilogue, les 1er et 2 décembre, des associations industrielles d'Italie, de France et d'Allemagne (Confindustria, Medef et Bdi), auquel participeront également des représentants des gouvernements. Selon la délégation italienne, certains progrès, par rapport aux escarmouches du premier jour, ont également été réalisés sur les engagements que la France a mis sur la table lors de la réunion ministérielle de l'ESA en ce qui concerne les programmes qui intéressent le plus l'Italie. Dans ce cas également, nous devrons certainement attendre et voir si le temps des frictions sur l'économie spatiale est terminé. La déclaration de programme signée mardi, également avec l'Allemagne, prévoit un long parcours à conclure d'ici 2023. »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

23/11/2022

Slovénie : 11 maires SDS élus au premier tour des municipales.

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Slovénie. Lors du premier tour des élections municipales de ce 20 novembre 2022, 53 maires soutenus par le SDS – parmi lesquels 11 maires SDS – ont été élus. 9 autres maires soutenus par le SDS prendront part au deuxième tour. Le pays compte 212 municipalités.

Le SNS n'obtient pas de maire.

Coopération de députés européens patriotes par-delà les groupes.

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UE. Des députés européens du groupe ID, du groupe ECR et du Fidesz (Hongrie) ont signé une déclaration parlementaire de coopération par-delà les groupes sur les questions clés de la politique européenne. Ces élus appartiennent au FPÖ (Autriche), au Rassemblement national (France), à Vox (Espagne), au Fidesz (Hongrie), à la Ligue (Italie) et à l'alliance gouvernementale polonaise.

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Jorge Buxade (Vox), Mario Campomenosi (Ligue), Jean-Paul Garraud (Rassemblement national), Balasz Hidveghi (Fidesz), Patryk Jaki (Solidarna Polska), Ernô Schaller-Baros (Fidesz), Harald Vilimsky (FPÖ)

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Déi Konservativ organise son 6ème congrès à Pétange.

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Luxembourg.

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Roumanie : création de l’Institut conservateur Mihai Eminescu.

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L’AUR nous communique :

La fondation récente à Bucarest d’un institut conservateur est l’une des meilleures nouvelles de la fin d’année en Europe de l’Est. Elle a été annoncée lors de la conférence internationale intitulée « Cette Europe à laquelle nous croyons », qui s’est tenue dans la capitale roumaine les 12 et 13 novembre 2022.

L’Institut conservateur d’études politiques Mihai Eminescu, qui porte le nom du plus grand poète et de l’un des hommes de culture les plus brillants de l’histoire de la Roumanie, a été fondé par le parti Alliance pour l’Union des Roumains (AUR). L’AUR est la seule force patriotique-conservatrice au Parlement roumain, avec, au total, 39 sénateurs et députés.

Cet institut a été créé grâce à une loi roumaine qui permet aux partis parlementaires de fonder des instituts d’étude ayant le statut de fondation d’utilité publique. L’institut vise à étudier et à promouvoir les principes fondamentaux de la doctrine conservatrice et à former une nouvelle élite politique. L’activité de l’Institut sera basée sur les valeurs que le parti AUR a également adoptées : la famille, essence de la nation et base de toute société saine et viable ; la nation ; la foi chrétienne comme fondement de la civilisation européenne et la liberté, essentielle pour l’affirmation et le développement de l’homme.

L’Institut a entamé une vaste activité qui deviendra bientôt publique : des livres et des publications, le développement de contacts avec des organisations et institutions similaires dans le monde entier, avec des penseurs et des intellectuels conservateurs. À la tête de l’Institut se trouve le sénateur Claudiu Târziu, chef de file des élus de l’AUR au Sénat roumain, journaliste et figure représentative de la droite chrétienne et nationale.

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Mihai Eminescu

(http://lionelbaland.hautetfort.com/archive/2022/11/22/cla...)

"Giorgia Meloni a donc présenté sa loi de Finances, basée sur deux priorités : "La croissance et la justice sociale, avec une attention toute particulière pour les familles et les personnes aux revenus les plus bas.""

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Italie. Revue de presse.

La presse italienne titre toujours largement sur le projet de loi de finances et les commentaires et réactions qu’il suscite en Italie. Si le quotidien économique Il Sole 24 Ore met plutôt en avant en une les effets du projet de loi de finances sur les revenus, par la baisse des cotisations, ainsi que la réforme des retraites, d’autres quotidiens se concentrent sur les critiques adressées par l’opposition et les syndicats : « Sur le revenu de citoyenneté, c’est la guerre ouverte » (Repubblica) ; « Pour Meloni, « je ne suis pas là pour chercher le consensus » - « Ma priorité était de soutenir les familles et les classes moyennes ».  Mais l’Europe avertit aussi l’Italie sur sa dette » (Corriere della Sera). « Un budget sans vision » pour Bonomi, le patron de la Confindustria » (Stampa). Le quotidien romain Il Messaggero met en avant le message du président de la République Sergio Mattarella en référence au projet d’autonomie des régions : « Il faut les mêmes droits du nord au sud ».

Sur Twitter, le hashtag #Manovra2023, en référence à la Loi de Finances présentée par le gouvernement Meloni, est parmi les plus relayés, après plusieurs hashtags faisant référence à la coupe du monde au Qatar.

COULISSES, La Stampa, d’I. Lombardo et F. Olivo, « La colère de Berlusconi ; il mènera bataille au Parlement, ‘’personne n’a vu le texte’’ » : « ‘’Nous n’avons eu aucune ébauche du texte’’ déplore Silvio Berlusconi lundi soir, juste avant le Conseil des ministres durant lequel le projet de Loi de Finances a été approuvé. Antonio Tajani est manifestement embarrassé et Silvio Berlusconi se sent exclu de négociations qu’il a tenté, en vain, de suivre et auxquelles il avait beaucoup à apporter, estime-t-il. Il regrette notamment que Giorgia Meloni ne lui ait pas téléphoné, ‘’ni même lorsqu’elle s’est rendue au G20’’. L’amertume de Berlusconi envers son alliée refait donc surface. S’il la juge ‘’ingrate’’, cela n’est pas synonyme de vengeance : Forza Italia n’entravera pas le processus parlementaire de la Loi de Finances, assurent ses dirigeants. Mais le passage du texte à la Chambre servira tout de même à revenir sur quelques points clés : Berlusconi veut davantage de fonds pour la retraite minimum et pour l’insertion des jeunes sur le marché du travail. Sur la réduction du Superbonus de l’Etat, il devrait y avoir une véritable bataille : le passage de 110% à 90% est jugé trop abrupt par Forza Italia car il mettrait en difficulté les copropriétés et les entreprises du bâtiment. Les troupes berlusconiennes demanderont donc plusieurs amendements, ainsi qu’une solution au problème des cessions de créance. Giorgia Meloni redoute déjà tout cela. En conférence de presse, elle dit à plusieurs reprises espérer pouvoir compter sur la collaboration des forces politiques. Le temps à disposition est presque écoulé, un retard est très probable. Si tout va bien, le projet de Loi de Finances recevra l’approbation du Service des Comptes publics vendredi après quoi il pourra être soumis aux Chambres à partir de la semaine prochaine. Le destin de la Loi de Finances et les délais de son approbation sont donc entre les mains de la Ligue et de Forza Italia. Le budget provisoire est le cauchemar de Giorgia Meloni, que Fratelli d’Italia n’envisage même pas. Mais les deux chefs de groupes Forza Italia aux Chambres ont déjà diffusé un communiqué sur les modifications qui seront demandées. Au sein de la Ligue aussi, certains semblent prêts à mener la bataille. Matteo Salvini rencontrera aujourd’hui ses parlementaires. La Ligue a dû renoncer à une grande partie de ses promesses. ‘’Nous nous rattraperons l’année prochaine’’ affirme Salvini aux siens, mais certains tenteront tout de même d’arracher un quelconque résultat dès les prochaines semaines. »

PREMIER PLAN, La Repubblica, de T. Ciriaco, « ‘’Je ne cours pas après le consensus’’ dit Giorgia Meloni avant d’accuser et de faire des allusions contre des journalistes » : « La Présidente du Conseil a pris l’habitude de ne répondre qu’à très peu de questions en conférence de presse. Par manque de temps, se justifie-t-elle, ce qui ne l’empêche de se livrer elle-même à de longs préambules. Lorsque les journalistes présents hier le lui font remarquer, elle réagit en lançant une accusation générale ‘’On n’illustre pas la Loi de Finances en quelques minutes. Je vous ai connu moins courageux dans d’autres situations…’’. S’ensuit un échange plutôt vif avec la salle. L’association parlementaire de la presse a déploré les ‘’insinuations’’ de la Présidente du Conseil. Giorgia Meloni a donc présenté hier sa ‘’courageuse’’ loi de Finances, basée sur deux priorités : ‘’La croissance et la justice sociale, avec une attention toute particulière pour les familles et les personnes aux revenus les plus bas’’. ‘’Je ne me préoccupe pas du consensus, mais de ce qui me semble le plus juste à faire’’ revendique-t-elle. Assis à côté d’elle, Giancarlo Giorgetti, ministre de l’Economie, exalte la ‘’ligne de la responsabilité’’ et la ‘’prudence comme courage politique’’, se réjouissant d’avoir fait mentir ceux qui prévoyaient des dépenses excessives et des écarts budgétaires pour le premier budget de la coalition de droite. Il oublie qu’un peu plus loin est assis Matteo Salvini, l’un des chefs de file de ceux qui, en campagne électorale, réclamaient un creusement du Budget de l’Etat. Quant au revenu de citoyenneté, Giorgia Meloni reste déterminée à le supprimer pour 2024, car ‘’il est évident que cela ne fonctionne pas’’. Elle ne se dit pas intimidée par ceux qui appellent à descendre dans la rue, ‘’ils sont dans leur rôle’’ et ‘’les manifestations jouent un rôle important dans une démocratie’’. Pour le reste, elle demande la contribution de la minorité, ‘’j’espère que le processus parlementaire contribuera à améliorer le projet de Loi de Finances, notamment grâce à l’opposition’’. Sur la France, elle répond aux journalistes qu’elle n’a ‘’rien de nouveau à déclarer’’, car elle n’a ‘’pas encore eu le temps d’approfondir la proposition de la Commission européenne sur les migrants’’. Lorsqu’on lui demande si l’affaire des relations diplomatiques avec Paris lui a appris quelque chose, elle rétorque que non ‘’elle n’a rien appris, elle n’a fait que son travail en défendant les intérêts de la nation’’ s’irritant à nouveau des questions des journalistes. Sur l’affaire Regeni enfin, elle affirme que le président égyptien s’est montré disponible lors de la COP27, ‘’ce que nous vérifions dans les faits’’. »

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Giorgia Meloni

ENTRETIEN, Corriere della Sera, de Maurizio Leo, vice-ministre de l’Economie, par E. Marro, « ‘’ Maintenant c’est la paix fiscale, 19 millions d’avis d’imposition sont concernés ‘’ » : « ‘’ L’impôt sur les superprofits des entreprises du secteur de l’énergie engendrera 3 milliards de recettes. Nous les encaisserons en modifiant la base imposable 2022 de l’impôt qui avait été introduit par le gouvernement précédent et en faisant passer le taux d’imposition de 25 % à 35 %. La paix fiscale n’engendrera pas de recettes en 2023, son objectif est celui de rééquilibrer le rapport des contribuables avec le fisc. Il ne s’agit pas d’une amnistie fiscale. Nous voulons donner la possibilité de payer les dettes avec le fisc en 5 ans, avec un taux de sanction de 3%. Les crédits de l’Agence du fisc vis-à-vis des contribuables sont de 1.132 milliard d’euros, dont seulement une moindre partie est exigible. 19 millions d’Italiens ont des dettes en cours. Le gouvernement ne baisse pas la garde dans la lutte contre l’évasion fiscale, la preuve en est l’introduction de la norme contre les activités qui utilisent à répétition le mécanisme d’ouvrir et fermer pour ne pas payer d’impôts. Sur l’augmentation de la limite aux paiements en liquide à 5 000 euros : il n’y a aucun lien entre le plafonnement du paiement en espèces et l’évasion fiscale. L’augmentation du seuil à 85 000 euros de bénéfices pour les TVA est en ligne avec l’Union européenne, qui prévoit un seuil jusqu’à 100 000 euros. Nous avons introduit une baisse des impôts de 2% pour les salariés dont le revenu ne dépasse pas 35.000 euros. ‘’»

COMMENTAIRE, Corriere della Sera, de Francesca Basso, « Pour l’Europe, l’Italie est vulnérable, il faut faire attention à la dette » : « La Commission européenne s’inquiète du rapport élevé entre dette et PIB pour l’Italie. Cela n’a pas de lien avec le projet de budget qui vient d’être présenté mais cette évaluation s’est faite sur la base des indicateurs actuels de l’économie, et elle est présentée dans le document sur le rapport sur les équilibres macro-économiques qui porte sur l’ensemble des Etats de l’UE. Paolo Gentiloni a souligné qu’il est « très difficile de suivre une première impression, nous devons voir le budget, les textes et les examiner. Car je pense que c’est un devoir de traitement égal entre les pays ». Dans le chapitre sur l’Italie, on pointe le risque de spread sur les intérêts des dettes souveraines, qui se sont écartés considérablement de la moyenne de la zone euro. Cela augmente le risque de financement, et la soutenabilité fiscale à moyen terme. Pour la Commission, l’Italie est particulièrement vulnérable aux variations des conditions de financement. Pour la Commission, il faudra examiner la situation dans 17 pays européens qui présentent des risques ».

ARTICLE, Sole 24 Ore, « L'Europe propose un plafonnement du prix du gaz : 275 euros » par Beda Romano.

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ARTICLE, La Repubblica, « Kosovo-Serbie, la médiation de l'Italie 'Une conférence sur les Balkans à Rome’ » par Stefano Giantin : « Depuis quelques temps, nous assistons à l’une des plus graves crises balkaniques de ces dernières années, cette "guerre des plaques d'immatriculation" qui enflamme depuis des mois la frontière entre la Serbie et le Kosovo. Le Premier ministre du Kosovo, Albin Kurti, a annoncé qu'il avait "accepté la demande" de l'ambassadeur américain Jeffrey Hovenier "de reporter de 48 heures l'imposition d'amendes" aux Serbes du nord qui conduisent encore des voitures munies de plaques d'immatriculation émises par la Serbie à laquelle ils restent fidèles. Des plaques portant les initiales de villes faisant désormais partie du Kosovo indépendant, comme Mitrovica, qui, pour la minorité serbe, sont bien plus qu'une simple plaque de métal. Beaucoup rejettent ceux qui portent les initiales détestées "Rks", synonymes de l'indépendance de Pristina. Et l'extrémisme de Kurti, qui a réaffirmé début novembre qu'ils devraient les accepter de bonne grâce ou à force d'amendes d'ici la mi-2023, a entraîné la précipitation de la crise ces dernières semaines, avec des manifestations serbes, des démissions massives de policiers, de douaniers, de juges et de fonctionnaires d'origine serbe qui s'étaient entre-temps intégrés aux institutions du Kosovo. Et des craintes d'affrontements armés. La dernière tentative pour désamorcer la mèche a eu lieu lundi lors d'une réunion d'urgence à Bruxelles entre M. Kurti et le président serbe Vucic. Le résultat, encore un flop. C'est Kurti, cette fois, qui a rejeté le compromis de l'UE, reportant les amendes en échange de l'arrêt de l'émission de nouvelles plaques d'immatriculation serbes.  En attendant, "nous sommes prêts à un compromis", ont répété hier les dirigeants de Belgrade, où le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani et le ministre de la Défense Guido Crosetto ont également atterri hier, au terme d'une tournée des mini-Balkans qui a touché les épicentres de la crise, la capitale serbe et Pristina. Une visite qui signale comment l'Italie veut "être un protagoniste dans les Balkans", en se proposant comme gardien de la paix même entre la Serbie et le Kosovo, a suggéré Tajani. Le ministre a évoqué l'idée d'une grande conférence à Rome entre les Balkans et l'Italie. L'espoir est que, avant le sommet de Rome, les choses ne s'écroulent pas à nouveau. »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

22/11/2022

Premier budget Meloni, de la prudence et de nombreux reports.

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Italie. Revue de presse.

La presse italienne titre largement sur l’adoption de la loi de finances en conseil des ministres, dont une grande partie des mesures est consacrée à compenser la hausse des prix de l’énergie, mais qui prévoit aussi des réformes programmatiques de la coalition de droite, comme l’avancement de l’âge de départ à la retraite, la réduction de 12 à 8 mois du revenu de citoyenneté pour les personnes jugées aptes à la reprise du travail, des amnisties fiscales et des allégements fiscaux pour les entreprises : « Revenu et factures, voici les mesures » - Des exonérations d’impôts pour les entreprises qui embauchent des jeunes de moins de 35 ans, baisse de la TVA pour les couches et des cartes prépayées pour les faibles revenus. Lollobrigida déplore le manque de ressources, Conte annonce des manifestations contre ce budget (Corriere della Sera), « Une loi de finances à minima » - La politique budgétaire de Meloni est marquée par le compromis. Le Patronat demande plus d’ambition en réponse aux « promesses électorales », Conte qualifie la réforme du revenu de citoyenneté d’ « inhumaine » (La Repubblica), « Revenu et retraites, une loi budgétaire toute petite » - Plusieurs compromis sur la loi de finances, la réduction des charges fiscales concernera surtout les employés (La Stampa), « Budget 2023, voici les mesures » (Sole 24 Ore), « Le revenu de citoyenneté ne sera versé que pendant huit mois » (Il Messaggero).

Sur Twitter, les hashtag #manovra (budget) et #Maroni dominent suite, respectivement, à l’annonce des principales mesures de la Loi de finances 2023 par le gouvernement Meloni et à la disparition d’une figure politique de la Ligue et ancien ministre, Roberto Maroni.

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Roberto Maroni, ex-vice-Premier ministre, ex-ministre et ex-dirigeant de la Ligue du Nord est mort.

PREMIER PLAN, Sole 24 Ore, « Voici le budget de Meloni. Sur les prix de l’énergie, jusqu'à 35% d’aides supplémentaires et +45% d'aides aux entreprises » : « La recherche de couverture des dépenses pour les mesures en  matière de prix de l'énergie s'est avérée plus compliquée que prévu et finit par tourner même à un grand classique comme l'augmentation des taxes sur les cigarettes et le tabac. Le conseil des ministres prévu à 18 heures a donc glissé dans la soirée, les calculs pour réconcilier chiffres, normes et tableaux vont se poursuivre ces prochains jours, en vue d'un texte destiné à arriver à la Chambre des députés au plus tôt vendredi. Ce projet de budget confirme la sortie progressive du revenu de citoyenneté (pour les 660 000 "employables", l'arrêt interviendra après août, écartant l'hypothèse plus sévère de juin) et une intervention plus décisive à partir du 1er janvier avec la fin du revenu et l'arrivée d'un nouvel instrument. La décision ouvre la voie à une défiscalisation, plafonnée à 6 000 euros, pour l'embauche stable de femmes et de jeunes de moins de 36 ans, de personnes de plus de 50 ans et de bénéficiaires du revenu de citoyenneté. La mesure répond aux exigences de Forza Italia, qui se réjouit également de l'augmentation des pensions minimales, mais voit l'idée d'une TVA zéro sur le pain et le lait remplacée par une réduction de 10 à 5 % de la taxe sur les produits pour bébés et l'hygiène féminine ; l'impôt forfaitaire progressif, qui s'appliquera à hauteur de 15 % aux augmentations de revenus enregistrées par les indépendants dont le revenu imposable ne dépasse pas 40 000 euros par an (avec une franchise pour les augmentations allant jusqu'à 5 %), est de Fratelli d'Italia, et va de pair avec l'augmentation de 65 000 à 85 000 euros de l'impôt forfaitaire pour les indépendants chère à la Ligue. Pour les salariés, il existe également un taux réduit pour les primes de productivité, fixé à 10% pour les montants jusqu'à 3 000 euros et 20% pour la tranche 3000-5000 euros. Le budget consacre plus de 21 milliards à la reconduction des mesures contre la hausse des prix de l'énergie pour les familles et entreprises pour les trois premiers mois de 2023. Les remises sur l'essence et le diesel seront réduites à partir du 1er décembre de 40 %, passant de 25 à 15 centimes par litre, et donc de 30,5 à 18,33 centimes compte tenu de la TVA. Le retour partiel des accises arrêtées en 2022 sert à financer 200 millions d'aides pour les zones inondées des Marches et de nouvelles aides de fin d'année pour les collectivités locales et les entreprises locales de transport public. Mais la version allégée du rabais sera reconduite pour les trois premiers mois de 2023, ce qui permet de trouver de la place dans le budget pour une nouvelle série d'aides pour les factures des hôpitaux et des collectivités locales et pour les surcoûts des transports publics : la loi de finances allouera plus de 3 milliards d'euros à ces postes : 1,9 milliard d'euros à la santé, 760 millions d'euros aux collectivités locales (150 en décembre) et 350 millions d'euros aux transports. Les maires devraient également recevoir de nouveaux fonds de 500 millions pour soutenir les familles les plus démunies. Mais pour une remise qui diminue, une autre augmente. Les entreprises voient augmenter les deux crédits d'impôt, qui avaient déjà été prolongés dans la version du décret Aiuti-ter puis confirmés par le quater. L'augmentation de 30 à 35 % du crédit d'impôt pour les bars, les restaurants et les petites entreprises avait déjà été décidée ces derniers jours, mais les primes fiscales pour les entreprises d'électricité et de gaz à "haute consommation" (compteurs de 16,5 kW) augmenteront de 5 %, atteignant ainsi 45 %. »

COMMENTAIRE, Sole 24 Ore, de Lina Palmerini, « Premier budget Meloni, de la prudence et de nombreux reports » : « On s’achemine vers 2023 avec prudence et en prévoyant de nombreux reports. C'est un peu le sens du budget, du moins dans le texte soumis au Conseil des ministres. En fait, ce n'était pas facile hier soir, précisément parce que de nombreux problèmes n’étaient pas résolus. Tant de mesures ont été lancées puis laissées en suspens, de la réduction à zéro de la TVA sur le pain et le lait à l'arrêt immédiat du revenu de citoyenneté ou de l'augmentation de l'essence. La difficulté pour Meloni n'était pas seulement de savoir comment concilier les demandes de son parti et des leaders de la coalition - Salvini et Berlusconi - mais comment accompagner politiquement la première loi de finances de la droite. En bref, le plus difficile est maintenant de communiquer aux électeurs sur un budhet qui fait avancer les messages les plus identifiables économiquement, qui doit reporter une véritable flat tax ou une véritable réforme des retraites, qui même sur le revenu de citoyenneté doit se faire par étapes. Un baptême décevant qui rime avec prudence, la même prudence qui a été critiquée à d'autres occasions. C'est Salvini lui-même, il y a quelques mois, qui demandait à Draghi un nouvel accroissement des dépenses jusqu'à 50 milliards alors qu'aujourd'hui il doit s'adapter au peu de ressources disponibles et ne plus prétendre que c'est possible. Aujourd'hui, c'est impossible. Et les entraves imposées par les contraintes financières font un peu mal à tout le monde, d'autant que - cette fois encore et comme les années précédentes - le gouvernement s'est mis d'accord avec l'Europe en s'engageant à la discipline budgétaire. En ligne avec Draghi, même si Meloni est au gouvernement. C'est la transition politique qu'une droite souverainiste devra traduire dans son monde. Meloni l'a déjà fait en expliquant que si le budget est réduit, c'est le résultat d'un choix convenu avec Bruxelles et en se tournant vers Francfort. Et c'est aussi le résultat d'un contexte qui est tout sauf lisse entre la crise énergétique, l'inflation et les craintes de récession. Ce n'est pas la première fois que la rigueur budgétaire et la tenue des comptes entrent dans le récit politique - étant donné la dette élevée de l'Italie - mais jusqu'à présent, l'explication des gouvernements de centre-gauche se trouvait précisément dans la matrice pro-européenne de ces partis aujourd'hui battus par la droite. Ils ont également été battus pour avoir décliné la relation avec l'UE parce que cette prudence allait à l'encontre des besoins des catégories de revenus les plus pauvres. »

PREMIER PLAN, La Repubblica, de T. Ciriaco et G. Foschini, « Face au risque de protestation et aux doutes de la ministre, Giorgia Meloni freine sur la baisse du revenu [de citoyenneté] » : « Giorgia Meloni veut réduire drastiquement le revenu de citoyenneté à partir de juin 2023. Hier après-midi la présidente du Conseil et les deux vice-présidents, Matteo Salvini et Antonio Tajani, ainsi que les ministres de l’Economie, Giacarlo Giorgetti, et du Travail, Marina Elvira Calderone, étaient réunis au Palais Chigi pour en discuter. ‘’L’impact d’une telle mesure serait dévastateur’’ prévient la ministre du Travail. Le revenu de citoyenneté est un symbole de la lutte contre la pauvreté. C’est la cohésion sociale du pays qui est en jeu. Calderone souligne les risques de sa suppression : ‘’l’année 2023 pourrait être marquée par la récession, il sera compliqué de demander aux chômeurs de trouver un emploi dans ce contexte’’ et les premiers à en subir les effets seront des familles entières qui vivent justement grâce au revenu. Au sein de l’exécutif, c’est le bras de fer. Giancarlo Giorgetti est pour la ‘’prudence et la gradualité’’, ‘’nous devons éviter tout passage trop brusque et prendre du temps pour sortir du revenu de citoyenneté’’ affirme le ministre de l’Economie. Il y aura donc une période de transition, des aides pour la formation, les plus de soixante et les parents ne verront pas leur revenu baisser. Giorgia Meloni accepte quelques conseils : les femmes enceintes ne seront pas concernées non plus par la baisse. Un compromis est trouvé pour 2023 : huit mois de revenu maximum (au lieu de six), mais il ne s’agit que de diluer l’effet de sa mesure. En 2024, le revenu sera complètement supprimé. Vient ensuite le Conseil des ministres et Silvio Berlusconi est furieux. Il demande des aides pour les jeunes travailleurs, il n’obtient pas la suppression de la TVA sur les biens de première nécessité mais décroche la hausse des minimums retraite. Mais le revenu de citoyenneté reste le sujet qui peut diviser la majorité. Giorgia Meloni décide de poursuivre malgré tout sur cette voie, acceptant le risque d’affrontement politique. Elle prévoit une baisse drastique de sa popularité au Sud mais espère la voir accroître au Nord et parmi les secteurs productifs. Dès aujourd’hui les oppositions et les syndicats se rallieront, le pire scénario pour le gouvernement. Le leader des 5 Etoiles s’indigne dans la soirée, ‘’ils sont inhumains, nous sommes prêts à tout pour contrer ce plan fou, nous descendrons dans la rue et n’abandonnerons pas’’. De plus, la pauvreté et la crise économique planent sur la sécurité nationale. Plusieurs rapports des services de renseignements mettent en avant la corrélation entre cette situation et l’augmentation du risque de terrorisme interne. Des groupes subversifs misent sur le désespoir économique d’une part de la population et les vagues de haine qui déferlent en particulier sur les réseaux sociaux. Des enquêtes montrent, notamment à Naples ou à Bari, comment des groupuscules nazis ou des suprématistes blancs infiltrent des groupes anti-vaccins, gilets oranges, ou ‘’non aux factures’’. La suppression du revenu de citoyenneté pourrait rallumer le feu qui couve sous les cendres. » 

ENTRETIEN, Corriere della Sera, de Francesco Lollobrigida (Frères d'Italie), ministre de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire « Il y a une vision et nous donnons des signaux mais la pénurie des ressources a conditionné nos choix » : « ‘’Il y a une grande cohésion sur un projet de loi de finances adopté avec une rapidité record. Notre gouvernement, qui a prêté serment il y a juste un mois, vient d’adopter un budget pour donner de l’espace à des stratégies définitives sans renoncer à des points de repères et à changer de cap sur certaines questions importantes. Nous avons établi un raisonnement basé sur la croissance économique. Pour le revenu de citoyenneté, nous créons les conditions pour transformer un mécanisme qui n’a pas donné de résultats. Il n’est pas possible de continuer dans l’assistanat à des personnes qui refusent une offre d’emploi. Sur cette loi de finances plane une pénurie de ressources dues aux politiques de ces dernières années, poussées aussi par des événements tels la pandémie et la crise énergétique. En raison d’une couverture financière réduite, concernant les mesures programmées, certaines ont été prises et d’autres ont été reportées. Sur l’énergie nous avançons de manière horizontale : d’une part en limitant la hausse des prix et d’autre part en évitant les criticités pouvant provoquer la fermeture d’entreprises industrielles. Puis, il y l’allègement fiscal à hauteur d’1% pour les revenus jusqu’à 20 000€ favorisera plus d’embauches et nous interviendrons aussi en faveur de la natalité. Le climat au sein de la majorité est bon, il n’y a pas eu de frictions ou de phrases déplacées. Il y a la conscience du fait que nous nous retrouvons dans une situation qui est l’héritage de 11 années de gouvernements techniques ou pseudo-techniques qui n’ont pas donné de stratégie à l’Italie.’’ »

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Francesco Lollobrigida

ENTRETIEN, La Stampa, de Giovanbattista Fazzolari (Frères d'Italie), Secrétaire d’Etat à la mise en œuvre du programme et conseiller de Giorgia Meloni « Des choix difficiles sur le revenu de citoyenneté et l’essence, nous sommes conscients que le consensus peut être mis en danger » : « ‘’Q. Sur le revenu de citoyenneté, s’agit-il d’un tournant ou d’un petit pas en avant ? Nous n’avons pas cette préoccupation de rechercher à tout prix le consensus. Réformer cette mesure signifie éliminer un mécanisme qui fonctionne mal, qui ne sert pas à trouver un emploi et qui favorise beaucoup d’abus. Q. Pourtant, cette mesure, malgré ses défauts, a représenté une bouée de sauvetage pour beaucoup de personnes. Le revenu de citoyenneté nous coûte environ 8-9 milliards par an : sommes-nous vraiment sûrs qu’avec tout cet argent il n’est pas possible de faire de choses bien plus utiles pour les personnes en difficulté ? Q. 20 milliards pour l’énergie ne sont pas beaucoup… Nous ne sommes pas des vertueux par nature mais il est certain que mettre les marchés en alerte aurait eu un coût majeur. Si nous avions mis 100 milliards pour satisfaire tous, les choses auraient été différentes. Q. Sur plusieurs fronts, vous avez adopté un budget très « draghien », où se trouve cette rupture ? Il y a une continuité avec les politiques d’intérêt national et il y a une rupture de la part d’un gouvernement politique qui a sa vision. Il y a des lignes budgétaires obligées, comme celles sur l’énergie, puis sur le reste il y a une rupture : le revenu de citoyenneté, l’impôt forfaitaire, le plafonnement du paiement en espèces, l’amnistie fiscale. Q. Mais le prix de l’essence et du diesel peut remonter et dépasser la barre des 2 euros par litre… Il s’agit de choix difficiles. Cette mesure nous coûtait un milliard tous les mois. Par ailleurs, cette remise ne faisait pas de distinction entre ceux qui en ont besoin et ce qui n’en ont pas. Nous sommes conscients que cela risque de pénaliser ceux qui habitent loin du lieu de travail. Il est vrai aussi qu’en cas de choc sur le marché du pétrole, ces aides n’auraient pas pu faire grand-chose. Q. Pourtant la Ligue avait dit « l’essence ne dépassera jamais les 2 euros par litre », est-ce un affront à son égard ? Il n’y a pas de frictions avec les alliés ; et puis il faut se poser la question des coûts très élevés. Q. Forza Italia demandait des retraites d’au moins mille euros. Sans arriver à ces chiffres, nous augmentons les retraites les plus basses. Q. Comment expliquez-vous toutes ces marches-arrière en moins d’un mois de gouvernement ? Je n’en vois pas. Sur les rassemblements festifs musicaux, que le Parlement puisse effectuer des modifications n’est pas un drame pour moi. Pour le plafonnement du paiement en liquides, nous aurions préféré le faire par décret mais le Président de la République a expliqué qu’il n’y avait pas les conditions d’urgence et donc nous l’avons inséré dans le budget. Q. Avec la France, la crise a-t-elle été surmontée ? Il n’y a eu aucun problème de notre part. La réaction de la France a été déséquilibrée et Paris ne s’en sort pas très bien de cette affaire. Q. Etait-il nécessaire de soulever cette polémique à la veille d’affronter des dossiers très complexes en Europe ? Par le passé, on nous donnait des petites tapes sur le dos, on octroyait des légions d’honneur à certaines personnalités politiques pour que ces dernières ferment un œil, mais aujourd’hui c’est différent. Q. L’isolement est un danger. Avec Meloni, l’Italie joue à nouveau un rôle international, comme cela a été vu au G20. Q. Avant, ce n’était pas le cas ? Avant, celui qui dirigeait l’Italie faisait ce que l’on décidait à Bruxelles ou à Paris et les interlocuteurs des autres pays n’avaient donc pas intérêt à nous parler.’’ »

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Giovanbattista Fazzolari

ARTICLE, Sole 24 Ore, M. Ludovico « Migrants, le décret sur les flux sera prêt d’ici la fin de l’année » - L’Intérieur, le ministère du Travail et la Farnesina travaillent à une mesure attendue par plusieurs entreprises en pénurie de main-d’œuvre : « Pour le titulaire de l’Intérieur, il s’agit de le revers de la médaille de la politique migratoire, caractérisée par les entrées régulières, les canaux humanitaires qu’il faut développer au mieux et des flux réglés afin de faire coïncider la migration économique avec les exigences du marché du travail. La mesure sera adoptée par un décret du Président du Conseil, ce qui signifie que sur le plan politique ce sera Giorgia Meloni et le secrétaire d’Etat Alfredo Mantovano qui diront le dernier mot, avec une synthèse sur de possibles points de vue différents de la coalition. Le point le plus délicat concernera le nombre exact des entrées de migrants. L’année passée, Draghi avait adopté un décret pour 70 000 personnes, mais cela après un long bras-de-fer avec Salvini, qui s’opposait systématiquement à l’ancienne ministre Lamorgese. Aujourd’hui, la situation a changé et jusque-là, Salvini n’a pas fait d’objections aux déclarations de Piantedosi. Auprès des entreprises, les attentes sont pour un chiffre bien supérieur par rapport à celui de l’année passée. »

COULISSES, La Repubblica, de C. Tito, « ‘’Le ton redescend sur les ONG’’, le virage du gouvernement après l’avertissement de l’Eglise » : « La publication d’un communiqué officiel du Vatican ou de la Conférence épiscopale italienne, un avertissement du monde catholique au gouvernement Meloni, voilà ce que craint la Présidence du Conseil et une partie de la majorité. C’est en partie ce qui a poussé l’exécutif à calmer le jeu après la polémique autour des migrants. Tout a commencé il y a dix jours lorsque la crise diplomatique avec la France sur l’Ocean Viking se déchainait. C’est Silvio Berlusconi qui, le premier, a contacté ses ministres pour les mettre en garde sur de telles positions qui ‘’risqueraient de nous mettre le pape à dos’’, échanges personnels avec des représentants de l’Eglise à l’appui. Certains ‘’messagers’’ du Saint-Siège se sont ensuite adressés directement au gouvernement et notamment au ministre Antonio Tajani. De manière informelle, cette information est parvenue jusqu’à Bruxelles. Dès lors, il ne s’agissait pas seulement de rétablir les contacts avec Paris. Les relations avec l’Elysée restent fondamentales, comme a tenté de le faire comprendre le Président de la République italienne lui-même, Sergio Mattarella. Se présenter devant les instances européennes en mauvais termes avec la France et une évidente incompréhension avec l’Allemagne, n’aurait pas été de très bon augure pour la suite. De plus, Berlin est loin d’être restée neutre dans cette affaire. Et là encore, l’Eglise a joué un rôle. Les financements allemands des ONG proviennent en bonne partie de l’Eglise protestante or l’Eglise catholique est bien décidée à ne pas perdre trop de terrain dans ce pays. Il s’agissait de ne pas créer un contentieux avec le Saint-Siège dès le début de la législature, ce qui aurait compromis l’ambition de la droite qui se veut l’expression du monde catholique. Après plusieurs déclarations du pape et des évêques, Giorgia Meloni, coincée entre le Vatican et Paris, a finalement fait marche-arrière en cherchant à relativiser le problème. Le ton a changé. Consciente, après coup, que la crise n’aurait rien apporté à l’Italie. Ces déclarations des dirigeants ecclésiastiques ont fait émerger un lien entre l’urgence migratoire et la guerre en Ukraine. On a alors fait remarquer qu’on ne pouvait pas, d’une part, faire de l’Eglise le point de référence pour la paix et, de l’autre, refuser d’entendre ses exhortations à accueillir les migrants. D’autant plus que, note Forza Italia, cela permet à la Présidente du Conseil de concilier la fidélité totale à la ligne atlantiste et une importante sensibilité pacifiste qui persiste en Italie, et en particulier du côté de l’Eglise. »

ARTICLE, Corriere della Sera, F. Basso « Migrants, le plan européen axé sur vingt points. Voici les règles pour les navires de sauvetage » : « La Commissaire européenne pour les affaires intérieures Y. Johansson a présenté hier le plan d’action pour les arrivées des migrants depuis la Méditerranée en vue du sommet extraordinaire de vendredi convoqué à la suite des tensions entre Paris et Rome et qui aura à l’ordre du jour également les autres routes d’arrivées irrégulières. Le renforcement de la coopération entre les pays de provenance, les pays de transit et les organisations internationales, une approche davantage coordonnée à la recherche et au secours et le renforcement du mécanisme volontaire de solidarité pour la relocalisation des migrants : voici les thématiques prévues dans un plan de 20 points pour affronter les défis immédiats et les sauvetages. Le ministre de l'Intérieur, Matteo Piantedosi, s'est dit "satisfait du contenu" du plan, car il place la gestion des flux migratoires au centre de la discussion "dans la perspective déjà souhaitée par le gouvernement italien" : il s'agit d'"une bonne ébauche de travail commun". Pour M. Piantedosi, la référence à une mise en œuvre du mécanisme de solidarité adopté en juin dernier est "très significative", étant donné que "jusqu'à présent, il a donné à l'Italie des résultats absolument insuffisants". La Commissaire Johansson reconnait elle aussi ‘’les relocalisations sont en cours mais le nombre de personnes relocalisées avec ce système est encore trop bas’’. Pour Piantedosi, l’appel à ‘’une plus grande coordination des activités de recherches et de sauvetage dans les zones Sar est tout aussi important’’ car ‘’cela inclut, comme l’Italie le demande depuis longtemps, un rôle également pour les Etats du pavillon’’ Le plan appelle à une plus grande coordination et à un meilleur partage des informations entre les États membres et, au point 17, il reconnaît la "nécessité d'un cadre et de lignes directrices spécifiques pour les navires". Frontex procédera à une évaluation ciblée de la situation en Méditerranée centrale afin d'identifier les besoins de soutien renforcé par le biais d'opérations conjointes. "Mais il ne s'agit pas d'une nouvelle mission navale", a précisé la commissaire européenne. Le Plan est de fait un ‘’appel à accélérer’’ même si cela fait déjà deux ans que les Etats membres en parlent sans trouver d’entente. »

ARTICLE, La Repubblica, de M. Marini, « Rome contre Paris, le défi continue sur les lanceurs spatiaux » : « La compétition entre l’Italie et la France est en orbite. La réunion trisannuelle de l’Agence spatiale européenne commence aujourd’hui à Paris. La délégation italienne est dirigée par Adolfo Urso, ministre du Made in Italy. L’industrie italienne est plutôt inquiète en vue de cette ministérielle, en particulier sur la question des fusées spatiales. Le Directeur Général de l’ESA demandera un effort sans précédent à hauteur de 18,7 milliards d’euros. Cela comprend des missions scientifiques ‘’obligatoires’’ et des programmes, comme sur les lanceurs, assurant à l’Europe un accès indépendant à l’Espace. L’Italie et la France collaborent depuis plus de dix ans à travers les deux principales entreprises du secteur : la française Ariane Group et l’italienne Avio, afin de produire un moteur commun aux deux nouveaux lanceurs, Ariana 6 et Vega C. Ce sont les deux seuls États européens disposant des technologies nécessaires, avec une solide prédominance française. Mais une fuite en avant de la France a mis à mal ce mariage. Le 26 novembre 2021 Mario Draghi et Emmanuel Macron signaient à Rome le Traité du Quirinal qui réaffirmait entre autres l’alliance dans le domaine spatial. Dix jours plus tard, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire annonçait un projet de micro lanceur réutilisable, Maia, 100% made in France. Cette initiative a été perçue par l’Italie comme un affront, au point d’envisager éventuellement de retirer la vente exclusive des lanceurs Vega à Arianespace. D’abord parce que Maia pourrait concurrencer Vega, même si le PDG d’Ariane group explique qu’ils appartiennent à deux catégories différentes. De plus, Vega C est opérationnel et le 25 novembre il partira pour un premier lancement commercial. Les ministres européens se pencheront en revanche sur le cas d’Ariane 6 qui a pris du retard et dont, selon les entreprises, le surcoût sera trop important et ‘’hors marché’’. Asas-Confindustria met en garde et demande à ce que les fonds investis par l’Italie dans l’ESA n’aillent pas aux entreprises françaises. Le gouvernement Draghi avait confié 1,3 milliards à l’ESA pour l‘observation de la Terre, domaine dans lequel l’Italie veut consolider son leadership. La France consacre plus de 10 milliards au secteur spatial, reste à savoir combien ira à l’ESA mais Paris entend rester le premier contributeur et continuer et maintenir son poids sur les différents dossiers en fonction des intérêts. Il y a un an les Etats-Unis avaient doublé la France sur la commande des sous-marins australiens, provoquant la colère de Macron. Il s’était ensuite réconcilié avec Joe Biden et tous deux avaient évoqués plusieurs dossiers stratégiques, dont celui de l’Espace. On se demande qui sera le premier européen à se rendre sur la lune à bord d’un engin américain. »

ENCADRE, Corriere della Sera, S. Montefiori « Le ministre Nordio (Frères d'Italie) se rend à Paris. C’est la première visite après les tensions » : « Le Garde-Sceaux Carlo Nordio a rencontré hier son homologue français Eric Dupond-Moretti. Il s'agit ainsi de la première visite d'un ministre italien en France après les tensions entre les deux pays au sujet des migrants et du navire Ocean Viking. Lors de la rencontre à Place Vendôme, dans une atmosphère cordiale, Nordio et Dupond-Moretti ont convenu de mettre en œuvre le volet justice du Traité du Quirinal, avec la création d'un forum permanent de dialogue entre les deux ministères. Les deux ministres de la Justice se retrouveront au début de l'année 2023 à Milan. Parmi les autres sujets abordés figurent la réunion ministérielle du G7 prévue la semaine prochaine à Berlin, la lutte contre l'impunité des criminels de guerre en Ukraine et la question de la Cour unique des brevets, dont la troisième chambre devrait être installée à Milan, à l’instar de celle de Paris et de Munich. Ce matin, le ministre Nordio rendra hommage aux martyrs de la Résistance française au monument du Mont Valérien. »

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Carlo Nordio

(Traduction : ambassade de France)

Claudiu Târziu : "Plaidoyer pour la défense de la normalité."

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Roumanie. Discours tenu par le co-président de l'AUR Claudiu Târziu lors de la conférence internationale qui s’est déroulée  les 12 et 13 novembre 2022 à Bucarest en Roumanie sur le thème « Cette Europe en laquelle nous croyons » :

https://www.breizh-info.com/2022/11/22/210944/claudiu-tar...

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Claudiu Târziu

21/11/2022

Frères d'Italie donné à 30,4 %, la Ligue à 7,6 % et Italexit à 1,9 %.

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Italie. Frères d'Italie donné à 30,4 %, la Ligue à 7,6 % et Italexit à 1,9 %.

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Frères d'Italie : patriotes

M5S : antisystème

Parti démocrate :  centre-gauche

Azione-Italia Viva : troisième pôle (centriste)

Ligue : patriotes

Forza Italia : conservateurs

L'UDC veut envoyer l'armée aux frontières.

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Suisse. Le pays étant confronté à une vague massive de réfugiés, l'UDC veut envoyer l'armée aux frontières.

Les négociations entre le Serbie et le Kososvo ont échoué.

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Serbie et Kosovo. Les  négociations entre le président serbe Aleksandar Vucic et le Premier ministre kosovar Albin Kurti à Bruxelles pour régler la querelle, sur les plaques d’immatriculation, qui envenime les relations entre les deux pays, ont échoué.

"Le bûcher des promesses, Meloni demande des sacrifices à la Ligue et à Forza Italia."

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Italie. Revue de presse.

La presse italienne titre largement sur la finalisation de la loi de finances en vue du conseil des ministres aujourd’hui et notamment sur le débat relatif à certaines mesures qu’elle contiendra. La question de la réforme du revenu de citoyenneté, que Fdi voudrait adopter, fait l’objet de commentaires en raison de l’appel à la prudence de la ministre du Travail : « Meloni lance un appel [aux alliés] : les faux pas sur la loi de finances  ne seront pas tolérés» - La proposition d’une prime pour les mariages à l’église proposée par la Ligue suscite les polémiques (Corriere della Sera), « La marche arrière sur la loi de finances » - L’exécutif devrait proposer un budget à hauteur de 32 milliards d’euros malgré les tensions au sein de la majorité pour le peu de marge de manœuvre. Frictions entre Meloni et la ministre Calderone sur le revenu de citoyenneté (La Repubblica), « Réforme des retraites avec le « quota 103 » mais le revenu de citoyenneté alimente les frictions » (La Stampa), « Une augmentation des revenus les plus bas sera possible grâce à la réduction des charges » - Le Conseil des ministres d’aujourd’hui devrait donner le feu vert à la loi de finances (Il Messaggero). 

COULISSES, La Repubblica, de T. Ciriaco, « Le bûcher des promesses, Meloni demande des sacrifices à la Ligue et à Forza Italia » : « ‘’Je ne vais pas sacrifier ma crédibilité pour mettre en œuvre maintenant des mesures que nous pourrons faire passer sans difficulté dans six mois. Chaque avancée doit être réfléchie en amont et va de pair avec l’équilibre des comptes’’. Après avoir passé son dimanche au Palais Chigi à travailler sur la Loi de Finances, Giorgia Meloni convoquera aujourd’hui ses alliés. Elle leur demandera de renoncer à plusieurs promesses brandies lors de la campagne électorale. Cette Loi de Finances ne pourra que s’inscrire sous le signe de la transition et la Présidente du Conseil s’en tiendra de façon très rigoureuse aux limites budgétaires dont elle a hérité du précédent gouvernement. Giorgia Meloni fera preuve de prudence dans les comptes et concentrera presque tous ses efforts sur les difficultés liées à la hausse des prix de l’énergie, en totale adhésion avec la règle d’or de l’équilibre budgétaire à chaque poste de dépense. Pour ses alliés, elle manque de courage mais elle est soutenue par son ministre de l’Economie Giancarlo Giorgetti. La vérité est qu’il n’y pas de ressources. Forcer les choses mettrait l’Europe dans la position de tirer les cordons du Plan de Relance. ‘’Notre priorité sont les factures et les familles les plus vulnérables’’. Nous avons cinq ans pour mettre en œuvre le reste de notre programme’’ explique Giorgia Meloni. La nouvelle de la réduction de la TVA sur certains biens de première nécessité est un incident politique et de communication qui alimente les tensions. Matteo Salvini ne voudrait pas y renoncer, malgré les résistances de Fratelli d’Italia. C’est un des éléments d’embarras qui érode la Ligue, contrainte à expliquer l’échec des revendications sur les retraites. Il y a aussi l’agitation de Silvio Berlusconi qui souhaiterait se concentrer ‘’sur le système fiscal plutôt que sur les rave-party’’. Tout cela risque de s’exprimer au Parlement et la Présidente du Conseil est consciente qu’elle devra sûrement faire face à des embuscades parlementaires lors de la présentation de la Loi de Finances. Elle se méfie en particulier des ‘’faucons’’ proches de Silvio Berlusconi qui seront durs sur les impôts bien sûr, mais aussi sur le superbonus et sur le revenu de citoyenneté. Giorgia Meloni est déterminée à ne pas changer d’approche et brandit les derniers sondages qui placent Fratelli d’Italia à 30%. Mais elle craint aussi que, dans les prochains mois, la récession ne frappe l’Italie de plein fouet et sait qu’une politique budgétaire rigoureuse est le seul moyen de limiter les assauts de la spéculation financière et de pouvoir prétendre au soutien de l’Europe, la seule protection qui vaille dans ces cas-là. C’est la ligne sur laquelle elle a eu l’occasion de s’accorder avec Giancarlo Giorgetti lorsqu’ils se sont rendus ensemble au G20 et que le ministre a ensuite présenté à la directrice du FMI. Car l’Italie est toujours sous observation du fait de sa dette et sait que la marge d’action dépend de la rigueur des choix. Le revenu de citoyenneté est le seul point sur lequel Giorgia Meloni envisage une réelle confrontation, prête à affronter une opposition qui partira de certains pans de sa propre majorité, du centre-gauche à la rue et aux syndicats. Elle sait qu’elle perdra en consensus au Sud. Ce sera une bataille dure, le premier défi social pour son gouvernement. »

PREMIER PLAN, Corriere della Sera, de F. Savelli, « Comptes, chiffres et derniers assauts ; l’étroit parcours pour la Loi de Finances » : « La revalorisation des retraites, la réduction des taxes sur l’essence à partir du 1er janvier, la réduction progressive du revenu de citoyenneté après 18 mois, la suppression de la TVA sur les biens alimentaires de première nécessité, autant de questions ouvertes et qui font l’objet de sensibilités différentes au sein du gouvernement. Les discussions se poursuivent et les frictions ne manquent pas mais le pré-conseil est enfin prévu pour ce matin. Dernier passage pour finaliser la loi de Finances avant présentation en Conseil des ministres en fin d’après-midi. Des sources proches du gouvernement affirment qu’il n’y aura aucun délai. Il pourrait toutefois y avoir des surprises, même si le vice-président du Conseil Matteo Salvini affirme qu’il y a ‘’un accord sur tout’’ tout en confessant qu’il a fallu revoir certaines ambitions à la baisse. La totalité du surplus de 21 milliards est consacrée à alléger les effets de la hausse des coûts de l’énergie. Mais le Trésor public cherche la formule afin de réduire progressivement la remise de 30 centimes sur l’essence. En cas de besoin, une autre piste serait d’abaisser encore l’indexation des retraites sur l’inflation. La hausse des prix, qui atteint 11,8% en octobre, est trop forte et risque de faire exploser les dépenses. Même raisonnement sur le revenu de citoyenneté, si c’est la ligne souple du léghiste Claudio Durigon, secrétaire d’Etat au Travail, l’économie pourrait ne pas dépasser le milliard d’euros. Il envisage en effet une baisse progressive du revenu après 18 mois alors que Giorgia Meloni aurait souhaité une coupe beaucoup plus nette. Il semble toutefois qu’elle soit désormais favorable à une phase de transition. La suppression symbolique de la TVA sur le lait et le pain coûterait 470 millions d’euros aux caisses de l’Etat mais qui aiderait les familles les plus pauvres qui ont une alimentation moins variée. »

ENTRETIEN, Foglio, de Guido Crosetto, ministre de la Défense et cofondateur de Fratelli d’Italia « Pour la Défense, l’objectif est le 2 % » : « ‘’Poutine est désormais indifférent à toute sorte de pression externe et c’est là sa ligne personnelle. Il est allé trop loin pour reconnaitre son erreur. Par conséquent, il profitera de l’hiver pour continuer les bombardements sur les villes et mettre à l’épreuve l’opinion publique européenne en déclenchant un exode de masse. Avec le même cynisme, Poutine pourrait utiliser l’autre couloir qu’il contrôle au Sud. Ce n’est pas un hasard si, malgré les difficultés sur le terrain, Moscou n’ait pas rappelé la brigade Wagner déployée en Afrique du Nord. Pour Poutine c’est un front stratégique pour plusieurs raisons, dont celle du contrôle des flux migratoires. Concernant le décret pour l’envoi d’arme à Kiev, notre soutien loyal et convaincu aux choix de nos alliés et à l’Ukraine continuera. Je vais proposer à l’UE de ne pas inclure les dépenses pour les investissements dans le secteur de la Défense du calcul du déficit. J’en ai déjà parlé au Commissaire Gentiloni et à certain de mes collègues. J’adresserai une lettre à ces derniers pour que chacun puisse dire ce qu’il en pense et pourquoi. Par ailleurs, l’objectif des 2% est ce qui a été concordé avec nos alliés américains dans le cadre de l’Otan. Concernant la Chine, l’ouverture faite par Xi, qui a invité Meloni à Pékin, est un fait positif. Toutefois, concernant la Voie de la soie, le mémorandum ne sera pas reconduit en 2024.  Je n'ai jamais eu aucun problème à dénoncer une certaine attitude objectivement prédatrice de certaines grandes entreprises françaises à notre égard. Notamment parce qu'il n'y a pas de relation réciproque : je me souviens, pour n'en citer qu'un, de tous les pièges posés à l'acquisition de Stx, qui était en fait une société en faillite, par notre Fincantieri. Et puis, de manière générale, je crois que certains secteurs doivent être protégés de l'ingérence étrangère, même de celle des pays amis. Le secteur du crédit, le secteur des assurances : comment peut-on penser qu'il est normal que l'épargne des Italiens finisse sous le contrôle de consortiums étrangers qui préfèrent ensuite peut-être accorder des prêts aux entreprises de leur pays d'origine ? Sans parler de ce que font les Français dans le secteur aérospatial, trahissant un engagement pris avec le gouvernement Draghi et le ministre Vittorio Colao, qui concernait une collaboration loyale entre Ariane et Avio pour les lanceurs. Mais nous devons absolument nous entendre avec la France en Europe. Il n'y a pas d'hésitation à ce sujet. La France est sans doute le pays avec lequel nous collaborons mieux que d'autres sur les grands dossiers. Mais nous devons mener cette coopération privilégiée avec le plus grand respect et poursuivre nos intérêts stratégiques même lorsqu'ils ne coïncident pas parfaitement avec les leurs. L’affaire Ocean Viking ? Il était nécessaire de poser clairement la question d'une réforme structurelle des politiques d'accueil au niveau européen. Cela a donc conduit à une tension franchement inattendue avec la France, avec laquelle, cependant, il me semble que nous pouvons et devons nous réconcilier rapidement. Mais le problème demeure, il faut le dire. Pour l'avenir, nous devons développer une politique sérieuse d'investissement et de coopération avec l'Afrique, si nous ne voulons pas être dépassés par les événements dans les prochaines décennies. Et entre-temps, l'objectif doit être une gestion coordonnée de l'immigration, qui n'incombe pas seulement aux pays du sud : c’est là une nécessité ressentie non seulement par Chypre, mais aussi par Malte et la Grèce, qui ont signé avec nous un document commun. »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

Article d'Álvaro Peñas sur la conférence de Bucarest.

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Roumanie, Europe et Israël. Article sur la conférence de Bucarest :

https://www.breizh-info.com/2022/11/21/210880/conference-...

B 1.jpeg(http://lionelbaland.hautetfort.com/archive/2022/11/12/con...)

20/11/2022

Les Démocrates suédois opposés à l'entrée de la Roumanie dans l'espace Schengen.

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Suède et Roumanie. Le gouvernement minoritaire de centre-droit soutient la candidature de la Roumanie à l'adhésion à l’espace Schengen. Les Démocrates suédois, qui apportent leur soutien extérieur à ce gouvernement, y sont cependant opposés.

L'actuel gouvernement suédois a jusqu'à présent été favorable à la candidature de la Roumanie à l'adhésion à Schengen. Le précédent, dirigé par les sociaux-démocrates, était contre.

Les démocrates suédois motivent principalement leur opposition à la candidature de la Roumanie à l'adhésion à l’espace Schengen en notant « la corruption généralisée et l'absence de progrès contre le crime organisé » en Roumanie. Ils soulignent également leur inquiétude quant au fait, qu'en cas d'adhésion de la Roumanie à l’espace Schengen, la frontière extérieure de celui-ci sera avec l'Ukraine.

19/11/2022

Le FPÖ donné à 25 %.

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Autriche. Un sondage Market/Paul Lazarsfeld Gesellschaft donne les sociaux-démocrates du SPÖ à 27 %, les patriotes du FPÖ à 25 %, les sociaux-chrétiens/conservateurs de l’ÖVP à 22 %, les libéraux de NEOS à 12 %, les écologistes à 10 % et les anti-vaccin du MFG à 1 %.

Francfort : la société de logement ABG réduit la température dans ses 54 000 appartements.

Allemagne. La société de logement, appartenant à la ville de Francfort, ABG réduit la température de chauffage dans ses 54 000 appartements, de 22- 23 degrés à 20 degrés pendant la journée et à 18 degrés la nuit.

18/11/2022

"Nous devons fermer les portes de fort Europe, par amour de qui habite derrière les murs."

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Belgique.

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Tom Van Grieken, président du Vlaams Belang : "Nous devons fermer les portes de fort Europe, non par haine de qui se trouve devant les portes, mais par amour de qui habite derrière les murs."

Dennis Hohloch de l'AfD élu au sein de l'organe de contrôle de la RBB.

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Allemagne. Brandebourg et Berlin. Le Parlement du Brandebourg a élu Dennis Hohloch de l'AfD au sein de l'organe de contrôle de la RBB, la radio-télévision publique du Brandebourg et de Berlin, qui fait partie de l'ARD, groupement public de neuf radiodiffuseurs régionaux allemands.

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"Du Covid à Macron, l’action de la Présidence de la République au cours du premier mois du gouvernement Meloni."

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Italie. Revue de presse.

La presse italienne titre largement sur les nouvelles mesures économiques du gouvernement Meloni en vue de l’adoption de la loi de finances : « Loi de finances, négociations sur 30 milliards » - Energie, fiscalité et retraites, le problème des recettes. Meloni convoque les chefs de groupe. Le plafonnement à 5000 euros pour le paiement en liquide ne figure plus dans le décret sur les aides (Corriere della Sera), « Un régionalisme souverainiste » - Le projet de réforme de Calderoli sur l’autonomie régionale suscite la colère des présidents des régions du Sud, qui déplorent une « réforme à la carte ». Le Quirinal prévient le gouvernement sur le plafonnement pour les paiements en argent liquide (La Repubblica), « Plafonnement pour les paiements en argent liquide : le Quirinal s’oppose » (la Stampa), « Loi de finances : 1,8 milliards seront destinés au secteur sanitaire » (Sole 24 Ore), « Le plafonnement pour les paiements en liquide a été reporté » - La limite à hauteur de 5 000 € figurera uniquement dans la loi de finances et pas dans le décret » (Il Messaggero). Le meurtre de trois personnes hier à Rome est aussi cité en Une « Rome, le cauchemar d’un tueur en série » (La Stampa, Il Messaggero).

ARTICLE, Corriere della Sera, E. Marro « Meloni impose la ligne du réalisme : les dépenses identitaires seront couvertes » : « L’impair sur les paiements en liquide a été oublié rapidement par le gouvernement en évoquant un problème technique. L’affaire a été minimisée par G. Meloni à son retour du G20. Elle a convoqué pour aujourd’hui une réunion avec les chefs de groupe de la majorité pour resserrer les rangs et concentrant les efforts sur la loi de finances à hauteur de 30 voire 35 milliards et qui sera évaluée lors du Conseil des ministres de lundi. Ce sera une loi à travers laquelle, outre le nouveau plafond pour les paiements en liquide à 5 000€ (que l’exécutif a dû éliminer du décret sur les aides économiques à la suite des indications du Quirinal) d’autres mesures identitaires de la coalition de droite seront lancées. Mais seulement une partie, car les ressources sont limitées, si l’on considère que les 2/3 de la loi de finances seront absorbés par les mesures contre la hausse des prix de l’énergie. Il y aura ainsi le moratoire fiscal, mais certainement pas la « Flat tax » progressive souhaitée par Fratelli d’Italia et qui sera sans doute reportée à l’année prochaine. Il sera possible de partir à la retraite plus tôt, comme demandé par la Ligue, mais avec une limite d’âge (62 ans) en vue d’une réforme qui sera adoptée en un deuxième temps. La baisse des charges salariales de deux points – comme déjà prévue par le gouvernement Draghi en 2022 – sera sans doute reconduite mais il est difficile qu’elle aille au-delà de la fin de l’année car elle coûterait trop cher. Pour Meloni et son ministre de l’Economie Giorgetti, l’important est de donner les bons signaux à ses électeurs. Déjà sur la baisse des impôts qui, même si inférieure aux attentes, tout comme le tarif unique (« cedolare secca ») pour les contrats de location des locaux commerciaux. Des signaux qui seront lancés aussi sur le plan international, c’est-à-dire à la Commission et les marchés, en gardant un profil « prudent et réaliste » pour la loi de finances. Des 21 milliards repérés en augmentant le déficit, le reste des mesures devra avoir des couvertures réelles, c’est-à-dire une réduction des dépenses ou une augmentation des recettes. Le pari se jouera entièrement sur le match des extra-profits, qui seront revus afin de récupérer une bonne partie des 10 milliards prévus. La réforme du revenu de citoyenneté s’avère, elle, plus difficile. Même en revoyant les paramètres pour y accéder, les économies qui en découlent seront vraiment exiguës. La coalition de droite, malgré sa campagne électorale, s’est rendue compte aussi que priver des centaines de milliers de familles du revenu de citoyenneté serait un pari risqué. Les réformes seront faites plus tard, l’horizon étant toute la mandature, grâce aussi au succès de la mission au G20 de Bali. »    

COULISSES, La Repubblica, d’E. Lauria, « Du Covid à Macron, l’action de la Présidence de la République au cours du premier mois du gouvernement Meloni » : «Bien qu’il n’y ait aucune consigne formelle ou censure de la part du Quirinal, la force de persuasion morale de la Présidence italienne, exprimée de manière indirecte, a contraint le gouvernement de Giorgia Meloni à au moins quatre réajustements de parcours en un mois. La dernière intervention de la Présidence de la République porte sur un thème cher à la droite, celui du plafonnement pour les paiements en liquide, qui devait être relevé dans le prochain décret d’aides. Le Quirinal avait en effet poliment fait remarquer que, d’un point de vue constitutionnel, il aurait été plus opportun d’intégrer la mesure à la loi de Finances plutôt qu’à travers un décret. Le gouvernement a accueilli le ‘’conseil’’ sans sourciller. En matière de Santé, dans un discours du 28 octobre dernier, le Président de la République italienne a tenu à rappeler que la pandémie n’était pas derrière nous, qu’il restait nécessaire de faire preuve de ‘’responsabilité et de précaution’’, insistant sur la valeur de la science et l’important du système de santé publique. Tout cela alors que dans son discours de politique générale, Giorgia Meloni n’avait même pas parlé de campagne vaccinale et à peine de Covid. Suite aux propos de Mattarella, le gouvernement a renoncé à l’abolition du port du masque obligatoire dans les hôpitaux et la suppression des sanctions contre les personnes refusant la vaccination. Ensuite, il y a eu la très contestée norme anti-rave party, critiquée au sein de la majorité par Forza Italia et qui a déchaîné l’opposition. Peu de gens savent que la version finalement approuvée en Conseil des ministres est auparavant passée entre les mains sévères du Quirinal qui n’a pas hésité à couper dans le texte. Enfin, l’intervention la plus significative et à l’impact médiatique majeur : l’appel entre Sergio Mattarella et Emmanuel Macron suite à l’incident politico-diplomatique sur les migrants. L’escalade des tensions autour de l’affaire de l’Ocean Viking a induit un risque d’isolement de l’Italie sur la scène européenne et poussé le Quirinal à communiquer sur la conversation entre les deux chefs d’Etat. Dans un langage institutionnel, il s’agissait d’une exhortation à poursuivre ensemble, au sein d’une Union Européenne dans laquelle ‘’cela n’a pas de sens’’ que l’Italie et la France soient divisées, en particulier sur des thèmes aussi délicats. Après cette conversation, un autre appel du Quirinal a été destiné à la Présidence du Conseil qui avait qualifié ‘’d’agressive, incompréhensible et injustifiée’’ le comportement du gouvernement français. Le ton du gouvernement et de la majorité est finalement retombé après cela. La crise avec l’allié français n’est pas résolue mais la voie du dialogue s’est rouverte. »

PREMIER PLAN, La Repubblica, de G. Casadio, « La Ligue accélère sur la question de l’autonomie [des régions] et le Sud s’insurge : ‘’c’est anticonstitutionnel’’ » : « Le risque est que la nouvelle Italie tracée par la Ligue soit complètement morcelée et que les régions qui sont déjà riches seront dotées des meilleures services alors que celles qui ont plus de retard ne le rattraperont pas. Le ‘’fédéralisme à la carte’’ que le ministre des Affaires régionales, Roberto Calderoli, a présenté hier aux présidents de régions a été bloqué par les représentants du Sud. Les réactions les plus enflammées sont celles des présidents de régions et membres du PD et plus soft de la part de Forza Italia. Pour le parti ‘’nationaliste’’ de Giorgia Meloni c’est plus difficile à digérer : Fratelli d’Italia n’engage pas sa responsabilité sur ce projet. Une réunion de la majorité est prévue aujourd’hui à 13h sur le sujet, à laquelle participera la Présidente du Conseil. Cette ‘’autonomie différenciée’’ est une des mesures-phares de la Ligue, elle contient ce qui reste de l’ADN sécessionniste des origines du parti. Roberto Calderoli se définit lui-même comme un ‘’bulldozer’’ prêt au tout pour le tout pour mener à bien cette décentralisation des compétences vers les régions, de l’école (qui pourra avoir ces propres règles pour la sélection des enseignants et leurs rétributions), aux grands réseaux de transports, l’énergie et la coordination des finances publiques. 23 domaines sont potentiellement concernés au total et qui pourraient être gérés directement par les Régions. Cette possibilité est d’ailleurs prévue par la Constitution, ce que ne manque pas de souligner Calderoli dans son projet de loi. La Vénétie, la Lombardie, le Frioul Vénétie Julienne ont déjà signifié leur intention de récupérer tous ces domaines de compétence. Il y a cinq ans, la Lombardie et la Vénétie avaient demandé le fédéralisme à travers un référendum. L’Emilie-Romagne aussi, du reste. Stefano Bonaccini, le président de la région et membre du Parti démocrate explique que la proposition de Calderoli, en l’état, ‘’ne convient pas’’. Il définit au moins trois conditions de base : que des ‘’niveaux essentiels de prestation’’ communs à toutes les régions soient définis, que le débat soit mené à l’intérieur d’une loi-cadre, que le Parlement soit impliqué. Pour lui, le domaine fiscal doit être exclu des discussions, de même qu’il n’est pas possible d’avoir ‘’20 écoles différentes’’ au sein du pays. Il exclut également des inégalités de prestations sanitaires en fonction de là où les citoyens vivent, ou des ‘’réseaux de chemin de fer à grande vitesse en Lombardie contre des carrioles tirées par des chevaux en Calabre en fonction des moyens des différentes régions’’. Les niveaux essentiels de prestations font référence au fait que tous les citoyens italiens ont droit à des services de qualité égale. Un autre démocrate trouve intéressant que la Toscane puisse être autonome en matière de gestion du patrimoine et de géothermie. C’est la Campanie qui a la position la plus dure quant au projet alors que l’ancien ministre de la Santé Roberto Speranza s’inquiète d’un ‘’projet qui déchire l’Italie’’ et jugerait ‘’très grave’’ un ‘’système de santé géré exclusivement à l’échelle régionale’’. »

COMMENTAIRE, Corriere della Sera, M. Franco « L’équilibre difficile entre des visions différentes » : « Le fait que Giorgia Meloni soit présentée comme la "garante" de la cohésion nationale et de l'équilibre entre le nord et le sud du pays montre bien à quel point certaines mesures de son gouvernement sont susceptibles de diviser. La première question est celle fortement défendue par la Ligue, concernant l'autonomie différenciée demandée par certaines régions comme la Lombardie, la Vénétie, le Frioul-Vénétie-Julie et l'Émilie-Romagne : un front " nordiste " qui effraie le reste de l'Italie en raison des inégalités redoutées en matière d'éducation, de santé et de fiscalité. Mais pour la Ligue de Matteo Salvini, c'est une question prioritaire. Notamment après avoir été dépassée par Fdi dans ses fiefs du Nord. Il faut donc ressortir la vieille bannière identitaire. L’enjeu pour Salvini est de garder la tête du parti et il est donc disposé à aller de l’avant à tout prix. Toutefois, quand FdI rappelle la nécessité d’un fédéralisme ‘’basé sur un cadre général de cohésion’’, elle souligne implicitement des réserves. La crainte est que la Ligue puisse approuver la réforme d’ici un an – afin de se présenter aux élections européennes de 2024 avec la possibilité de s’accréditer à nouveau auprès de son électorat – sans offrir toutes les garanties demandées par les régions du Sud. Le binôme de l'autonomie régionale et du présidentialisme, que Meloni a théorisé comme un processus parallèle à poursuivre, serait le prélude à une réforme de la Constitution qui serait pour le moins controversée. Mais à ce stade, la majorité tente de faire un clin d'œil à son électorat avec des mesures identitaires sans trop effrayer les marchés financiers. C’est là un exercice qui n’est pas facile. Les difficultés viennent des divisions et des différences culturelles à l’intérieur de la coalition même. Cela vaut aussi pour la politique étrangère. On assiste à une sorte d’agenda séparé de chaque allié, qui cherche au fur et à mesure à se concilier avec celui des autres. L’imbroglio sur le plafonnement du paiement en espèces est un exemple emblématique. »

ARTICLE, Corriere della Sera, P. Valentino « Migrants, une semaine pour faire adopter le plan européen » - Le ministre Piantedosi cherche le soutien de Berlin et proposera à Bruxelles des canaux d’entrée réguliers et des corridors humanitaires : « Sur la question migratoire, l'Italie n'a pas l'intention de faire cavalier seul et est déterminée à agir en coopération avec ses partenaires, dans le cadre de l'Union européenne. Même si le chef de l’Intérieur Matteo Piantedosi nie qu’il a dû rassurer ses partenaires, c'est le message substantiel qu'il a porté au nom du gouvernement à la réunion des ministres de l'Intérieur du G7, sous présidence allemande. Si elle ne figurait pas à l’ordre du jour de la réunion, la question migratoire a néanmoins été au centre des colloques bilatéraux du ministre italien, notamment avec son homologue allemande Nancy Faeser et la commissaire européenne aux affaires intérieures, Ylva Johansson. Piantedosi a exprimé sa satisfaction après ces deux rencontres, en soulignant ‘’une forte convergence’’. L’Allemagne confirme vouloir respecter le mécanisme de relocalisation des migrants du 22 juin dernier. Au G7, le ministre français Darmanin était absent, retenu à Paris officiellement en raison d’un engagement parlementaire. Selon des sources diplomatiques, il s’agirait d’un signal polémique. Toutefois, le ministre italien a assuré qu’il y aura rapidement d’autres occasions pour se parler. ‘’Avec la France nous n’avons pas eu de points de divergence et nous ne les avons jamais créés. Je suis sûr que nous aurons l’occasion de clarifier la situation dès que possible’’ a tenu à souligner Piantedosi. La Commission fait savoir vouloir travailler rapidement à l’élaboration d’un plan sur les migrants, en réponse aussi aux tensions entre la France et l’Italie. Elle sera examinée lors d’un conseil des affaires intérieures extraordinaire, prévu pour le 25 novembre. L’Italie proposera la création de canaux d'entrée réguliers, en renforçant " certaines de nos grandes expériences qui existent depuis longtemps en Europe, comme les corridors humanitaires ". Dans le même temps, elle "rendra les mécanismes de rapatriement plus efficaces et renforcera la lutte contre l'immigration clandestine". » 

ENTRETIEN, La Nazione, de Guido Crosetto, ministre de la Défense et cofondateur de Fratelli d’Italia « L’Italie, la guerre et les migrants » : « L’attaque russe contre l’Ukraine a changé de stratégie : maintenant, elle se concentre contre les populations civiles et vise à provoquer des exodes de masse à hauteur de millions de personnes qui devront décider si mourir de froid ou quitter leurs maisons. Détruire les infrastructures ukrainiennes et plonger les villes dans le noir signifie chercher à exporter la guerre en Europe, en nous envoyant des milliers de réfugiés pour nous punir d’avoir aidé Kiev. Q. Vous devriez rassurer les oppositions et parler devant le Parlement. Le gouvernement devra s’expliquer nécessairement devant le Parlement à l’occasion de la prorogation de l’autorisation pour l’envoi d’armes dont la date limite est la fin de l’année et il faut la reconduire pour 2023. C’est le gouvernement qui décidera de la ligne à suivre pour un éventuel sixième envoi d’armes, pas moi tout seul. Q. Vous avez dit que les tensions avec la France ont été surmontées. Vous ne simplifiez pas trop les choses ? La question migratoire n’est pas prête d’être résolue rapidement. On en reparlera encore pendant longtemps. Meloni a soulevé la question : elle veut des règles claires. Les migrants ne peuvent pas être un problème exclusivement italien. Ce sera en revanche un problème qui augmentera de manière exponentielle dans les dix prochaines années, quand nous aurons non pas des milliers de réfugiés qui fuiront en un an mais 70 000 chaque jour. Si nous ne faisons rien, ce sera un désastre. L’Afrique a été pillée pendant des siècles par les pays européens. Maintenant ce sont la Russie et la Chine qui le font. »

ENTRETIEN, La Stampa, d’Antonio Tajani, ministre des Affaires étrangères et coordinateur national de Forza Italia, « Les règles concernant les réfugiées sont dépassées, l’UE doit donner 100 milliards à l’Afrique » : « [Question : Monsieur le ministre, était-il nécessaire de faire éclater un incident diplomatique avec un allié stratégique tel que la France dans un moment aussi délicat ?] L’Italie n’a provoqué aucun incident diplomatique, ni avec l’Allemagne avant, ni avec la France ensuite. Nous avons soulevé un problème de respect des règles. L’immigration ne peut être résolue qu’à l’échelle européenne. Il y a deux fronts : les Balkans et l’Afrique du Nord. [Question : Le Président Mattarella et vous-même êtes au travail pour éteindre la polémique alimentée aussi par certains membres de la majorité ?] Chacun de nous joue son rôle, tout est dans la normale, et la question avec la France est close. […] Le Traité de Dublin est dépassé, il faut rapidement trouver de nouvelles règles pour conjuguer accueil et défense des frontières européennes. J’ai soulevé cette question stratégique auprès de mes collègues à Bruxelles. Alors que nous cherchons une solution au problème des 90 000 migrants arrivés en Italie, nous ne devons pas perdre de vue la question plus générale de la stabilité des Balkans et de l’Afrique. L’Europe doit créer un fonds d’au moins 100 milliards accompagné d’une stratégie. L’Italie a un rôle décisif à jouer pour renforcer notre présence en Afrique du Nord, dans les Balkans et en Amérique du Sud. L’Italie n’est pas isolée en Europe, comme le montrent nos rencontres à Bruxelles et aussi à Bali. Concernant la guerre en Ukraine, tout est entre les mains de la Russie, si elle décide d’enclencher la désescalade des tensions alors il sera possible d’inviter l’Ukraine à s’asseoir autour d’une table. Nous voulons tous la paix, mais il n’y a pas de paix sans justice. Telle est la ligne de l’Italie. Nous sommes encore loin de la paix, les Russes jettent de l’huile sur le feu. Quant aux rumeurs d’une visite de Silvio Berlusconi à Moscou, elles sont fausses. Avec Angela Merkel, ils auraient fait de bons médiateurs, mais ce n’est plus d’actualité. Pour ma part, j’œuvre pour que l’Italie soit davantage présente à Bruxelles, c’est là que l’on traite de questions décisives. Les autres pays le faisaient depuis longtemps, maintenant c’est à nous. Je suis un fédéraliste, je suis pour les Etats-Unis d’Europe. Ce gouvernement est bien parti, concentré sur les ménages et les entreprises, et Meloni ne décide pas tout toute seule. La semaine prochaine, en Serbie et au Kosovo nous voulons signifier par une présence physique le rôle pacificateur que peut jouer l’Italie. La stabilité est fondamentale. »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

17/11/2022

Un protocole d’accord sur le refoulement des migrants illégaux loin des frontières extérieures de l’UE a été signé par les dirigeants de la Serbie, de la Hongrie et de l’Autriche.

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Hongrie, Autriche, Serbie, UE. Un protocole d’accord sur le refoulement des migrants illégaux loin des frontières extérieures de l’UE a été signé par les dirigeants de la Serbie, de la Hongrie et de l’Autriche :

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