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01/08/2022

"Matteo Salvini est remonté à bloc."

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Italie. Revue de presse.

Les stratégies d’alliance en vue des prochaines élections générales du 25 septembre font la une de la presse italienne. Le refus pour le moment de Carlo Calenda, dirigeant du parti centriste Azione, de rejoindre le PD dans une coalition occupe notamment les premières pages : « Calenda freine sur le pacte avec le PD » (Corriere della Sera), « Letta-Calenda, une alliance en danger » (Stampa) ; « Ca passe ou ça casse » : « Rencontre in extremis pour un centre gauche uni » (Repubblica). Le souhait probable de Matteo Salvini, dirigeant de la Ligue, de retrouver son ancien portefeuille de ministre de l’intérieur fait aussi la une après certaines déclarations ce week-end sur les chiffres des migrations. Dans le même temps, le meurtre d’un migrant nigérian  jeudi dernier à Civitanova dans les Marches, alors que les témoins n’auraient rien fait pour l’empêcher, fait aussi la une et occupe les pages intérieures des journaux, suscitant un débat sur le racisme en Italie.

Les JT couvrent essentiellement les stratégies d’alliance en vue des prochaines élections générales du 25 septembre. On reprend l’appel d’Enrico Letta à l’unité alors que Carlo Calenda, dirigeant du parti centriste Azione, refuserait toujours de rejoindre le parti démocrate au sein d’une coalition. Di Maio lance officiellement sa propre liste : "Impegni Civico". Sur la guerre en Ukraine, les JT rappellent qu’un premier navire contenant du blé a quitté Odessa et mentionnent l’attaque de missiles sur la ville de Mikolaiv, tandis que Zelensky alerte sur une offensive russe au Sud de l’Ukraine.

INTERVIEW, Corriere della Sera, de Carlo Calenda, dirigeant de Azione : "Avec cette coalition, on se moque de nous. J'ai demandé des choses précises, j'attends des réponses de Letta' », par Maria Teresa Meli : « "Nous sommes très déçus de la discussion avec le PD. Nous avons commencé un chemin avec Enrico Letta qui parlait de l'agenda de Draghi. Aujourd'hui, cet agenda a totalement disparu. Nous avons présenté un document précis sur la manière dont nous entendons gouverner le pays. Nous n'avons pas eu de réponse". Carlo Calenda n'aime pas être vu comme celui qui fait traîner les négociations avec les démocrates. Selon le leader de Azione, c'est le contraire, c'est Letta qui prend son temps : " Cela fait une semaine que je lui demande de me répondre et cela fait une semaine que des gens qui représentent le contraire de ce que nous devrions faire entrent dans la coalition ". "Letta au lieu de faire entrer Marco Bentivogli fait entrer Federico D'Incà qui n'a pas voté la confiance. Cette coalition devient inapplicable : on se moque de nous. On ne gagnera jamais comme ça. Avec +Europa, nous avons écrit une lettre que nous sommes sur le point de lui envoyer après lui avoir dit 70 fois verbalement quelles étaient nos conditions.  Malgré cela, nous ne fermons pas la porte au dialogue. Nous avons demandé à Letta deux choses précises, pas des discussions et des appels. Premièrement, pas un seul vote d’Azione et +Europa ne peut aller à Di Maio, Fratoianni et Bonelli. Puisque le Pd tient tant à les nommer, qu'il le fasse dans les scrutins proportionnels et sur la liste Democratici e progressisti. Nous ne nommerons pas Mariastella Gelmini et Mara Carfagna dans les scrutins uninominaux, justement pour trouver toutes les solutions qui unissent. Deuxièmement, il est bon d'avoir des programmes différents. Mais pas contradictoires. Nous demandons une réunion pour définir des "points programmatiques communs". La balle est dans le camp du PD et la responsabilité de ce qu'il décide de faire aussi. Le secrétaire démocrate doit nous donner une réponse rapidement ». 

ARTICLE, Corriere della Sera, « Le Pd est prêt pour le dernier duel. La crainte d’un jeu de poker menteur », par Marco Esposito : «  Si le leader d'Azione devait se retirer de l'alliance de centre-gauche, la route pour battre le centre-droit serait certainement plus difficile. Le secrétaire d'État Letta en est bien conscient et c'est pourquoi, si en public il prévient que "le troisième pôle est le meilleur moyen d'aider la droite, je voudrais que cela soit évité", lorsqu'il parle aux siens il est beaucoup plus sévère : "Ce serait le cadeau de la mi-août à Meloni". Ainsi, certains poussent à suivre l'exhortation de Damiano Tommasi, l'ancien footballeur et nouveau maire de Vérone, qui a expliqué que "pour battre le centre-droit, il faut jouer à la Zeman", à fond. La décision sera de toute façon prise aujourd'hui, après avoir examiné les conditions posées par Calenda. La bataille cruciale se jouera dans un petit nombre de circonscriptions à scrutin uninominal, dans lesquelles l'alliance de centre-gauche pourrait ne pas être compétitive sans la contribution des membres du parti de Calenda.  Il y a aussi ceux qui sont convaincus que "Calenda peut à lui seul soustraire plus de voix au centre-droit qu'il n'en apporte à la coalition".Letta travaille depuis des jours à une alliance aussi large que possible et explique maintenant : "J'affronte cette bataille politique avec l'esprit de ne pas mettre de veto et de trouver des solutions. Nous sommes prêts à discuter avec tout le monde, sans mettre de veto, et avec la générosité typique du plus grand parti de centre-gauche qui a l'ambition de devenir le premier parti d'Italie". L'objectif est rapidement expliqué : "Notre effort vise à gagner les élections et à donner au pays un gouvernement capable de poursuivre le discours mené jusqu'à présent par le gouvernement Draghi". “Nous discutons d'alliances mais le 10 août, l'exécutif national se réunira pour approuver le programme de la campagne électorale avec une liste ouverte Italia democratica e progressista et ensuite il y aura les candidatures. L'objectif est d'être de loin le premier parti parmi les jeunes électeurs, si tel est le cas, nous gagnerons les élections et gouvernerons le pays". 

ARTICLE, Corriere della Sera, « Salvini lance un appel aux abstentionnistes. Et craint qu’on lui barre la route du Viminal » de Marco Cremonesi : « Matteo Salvini est remonté à bloc, les impôts et les retraites seront au cœur de sa campagne électorale. Mais il y a aussi une forte inquiétude au sein de la Ligue que Fratelli n'ait pas l'intention de laisser le Viminal à Salvini. Il préfère éviter tout contact avec les journalistes pour réserver ses propos à la fête de la ligue di Cervia, qui est le point culminant de l'été pour son parti depuis des années. Comme annoncé, il ne met pas les pieds sur le sable chaud de Papeete, la plage disco qui rappelle à tous la fin du gouvernement Ligue-M5S. De plus, le propriétaire de l'établissement, l'eurodéputé leghiste Massimo Casanova, a déclaré au Foglio : "C'est moi qui lui ai dit de ne pas venir pour éviter les problèmes et les attaques". Ainsi, il se rend à Bellaria pour admirer les évolutions des Frecce Tricolori, qui ont toujours été un fétiche de la droite "classique". Un sondage circule, qui fait du bien au cœur des leghistes. Non seulement il donne au parti 17,1% des intentions de vote, mais parmi les premiers ministres souhaités, on retrouve Giorgia Meloni première à 47,8%, mais Salvini suit à 47,1%, ce qui fait rêver certains leghistes qui remettent en cause l'accord selon lequel c’est celui qui aura le plus de voix qui prendra la tête du gouvernement. A 56 jours des élections, tous les espoirs sont permis.» 

ANALYSE, Corriere della Sera, « Meloni pour Kiev, Salvini pour les 41 ans de cotisation. Dans les programmes, c’est la compétition entre les alliés », par Marco Cremonesi et Paola Di Caro : « Apparemment, le premier rendez-vous est plus facile, puisque la coalition est la même pour toutes les campagnes électorales, mais le travail des représentants des partis ne sera pas considéré comme acquis. Les représentants de FdI, de la igue, de FI, de Noi con l'Italia et de Coraggio Italia auront pour tâche de rédiger un programme synthétique d'une dizaine de points, qui rassemble ce qui unit et laisse de côté ce qui divise,. Avec deux contraintes inévitables toutefois, dictées par Giorgia Meloni : "Dans le programme commun, il doit y avoir une loyauté déclarée envers les alliances internationales, en particulier sur l'Ukraine, et les promesses impossibles à tenir ne doivent pas apparaître.“ Sur le premier point, l'objectif ne doit pas être impossible à atteindre. Forza Italia, avec ses leaders, de Tajani à Bernini, fait en effet savoir qu'ils seront ceux qui porteront haut le drapeau de l'atlantisme, de l'européanisme et aussi de la ligne dure envers la Russie. La Ligue se manifestera, dans les différents rendez-vous qui ponctueront le travail jusqu'à la livraison des programmes, la limite maximale étant le 14 août. Il est plus difficile de comprendre jusqu'où on peut aller - sans être trop général - sur les réformes, l'économie et la sécurité. Parce que les différences demeurent. FdI veut apparaître comme une force responsable et stabilisatrice, sans pour autant renoncer aux totems identitaires, comme le présidentialisme, mais aussi au travail indépendant et aux entreprises, envisagent une réforme majeure de la sécurité sociale qui maintiendrait le revenu de citoyenneté uniquement comme une subvention pour les personnes âgées et les familles avec enfants. En revanche, non au « quota 41 », réforme des retraites proposée par la Ligue, et certainement des mesures sévères sur l'immigration illégale, l'identité, la défense du made in Italy. Côté Ligue, on parle de "rétablissement des décrets de sécurité et la reprise complète de l'opération "Routes sûres"", tandis que sur le front de l'énergie, le mot d'ordre est "énergie nucléaire propre", ainsi que l'exploitation des gisements de gaz naturel existants et de nouveaux regazéifieurs. Enfin, l'autonomie différenciée des Régions est fondamentale. »

PREMIER PLAN, La Repubblica, S. Cappellini, « Au centre, entre Letta et Meloni : la stratégie de Calenda pour arracher des voix à la droite » : « Le leader démocrate veut polariser l’électorat avec un pacte entre progressistes mais le centriste Celenda veut désarticuler les pôles.  Enrico Letta et Carlo Calenda se rencontreront aujourd'hui. Un face-à-face, peut-être décisif, sur la négociation la plus importante du centre-gauche, celle qui doit unir dans une coalition le Parti démocrate et la gauche modérée dont Calenda est le leader. Plus la date limite pour parvenir à un accord approche, plus l'optimisme quant à une conclusion positive diminue. En effet, il reste des obstacles politiques majeurs et la possibilité concrète qu'ils se traduisent par deux stratégies différentes : la polarisation choisie par Letta (« Soit le Parti démocrate, soit Meloni ») contre la désarticulation des pôles tentée par Calenda. D'un côté, l'idée de Letta de faire barrage à la droite avec un pacte entre les forces progressistes, de l'autre Calenda qui garde une ouverture pour un accord, mais reste convaincu que le succès de Meloni pourrait être contré par une large affirmation d'un front centriste autonome. La proposition de Calenda est la suivante : le Parti démocrate désignerait dans sa liste ouverte tous les candidats de circonscription à scrutin uninominal qui créeraient de l'embarras pour Calenda. Ce dernier s'engagerait à faire de même : « J'ai déjà dit à Carfagna et Gelmini qu'en cas d'accord avec le Parti démocrate, elles ne seront pas désignées sur des scrutins uninominaux. » De cette façon, les listes seraient liées sur le bulletin de vote mais sans l'obligation de converger vers des candidats communs que Calenda considère comme compliquant la discussion pour les deux partis. Il est très difficile pour Letta de le suivre sur cette voie.  Le secrétaire démocrate devrait demander aux chefs des autres partis non seulement de renoncer à se présenter dans une circonscription, mais aussi de présenter leur propre liste. De plus, les doutes du côté démocrate sont également politiques : quelle crédibilité aurait une coalition qui commence par des vetos de ce type ? »

PREMIER PLAN, La Repubblica, M. Pucciarelli, « La chasse à la circonscription commence. Les candidats en lice pour une place sur la liste » : Le rêve de la plupart d'entre eux est de terminer aux premières places de la liste proportionnelle, celle établie par les secrétaires de parti. Sur ce plan, il n'y a pas de défi avec les adversaires des autres coalitions, c'est la performance finale et générale de sa propre formation qui compte. Cependant si les candidats finissent par se présenter dans la majorité, ils espèrent ne pas tomber dans la circonscription où leurs rivaux ont un avantage. L'Institut Cattaneo a estimé à 70% le nombre de circonscriptions où la coalition de centre-droit a un avantage, surtout avec le Parti démocrate et le Mouvement 5 Etoiles divisés : Varèse, Côme, Lecco, Pavie, Bergame, Belluno, Foggia, Brescia, Venise, Bénévent, Agrigente, Macerata, Savone, Frosinone, L'Aquila, Cuneo, Vibo Valentia et Pordenone, Trévise, Vicence, Sondrio, Crémone, Lodi, Latina, Monza, Brindisi, Campobasso, Vérone, Messine, Rieti. Au sein de la Ligue, Matteo Salvini a l'intention de faire revenir au Parlement ses fidèles, pour la plupart milanais ou au moins lombards : le vice-ministre Alessandro Morelli, le commissaire de l'ancienne Lega Nord Igor Iezzi, Fabrizio Cecchetti à la tête de la Ligue lombarde, le trésorier Giulio Centemero. L'actuel chef de groupe de Forza Italia à la Chambre des députés, Paolo Barelli, pourrait être destiné à Frosinone. Au Sénat, la candidature d'Antonio Tajani est dans la balance. Pour le Parti Démocrate, les différentes fédérations locales ont envoyé leurs vœux à la direction nationale. À Naples, les démocrates ont donné leur feu vert à une liste de 24 candidats, le nom fort pourrait être Dario Franceschini, récompensé pour son travail sur le site archéologique de Pompéi. Le secrétaire adjoint Peppe Provenzano est sur la liste du parti sicilien. Nicola Fratoianni, secrétaire de Sinistra Italiana (Alliance Gauche Verte), pourrait être candidat à Pise pour la coalition. Les anciens 5S Federico D'Incà et Davide Crippa seraient candidats en Vénétie et à Novara respectivement : des zones à risque de défaite pour le centre-gauche, mais néanmoins des opportunités pour les deux. Luigi Di Maio a démenti être candidat à Modène.é

PREMIER PLAN, La Repubblica, M. Pucciarelli, « Conte aux ex-membres du parti : « ne cassez pas nos jouets » » : « Qu’ils s’en aillent librement, en paix, pour chercher un nouveau poste. Mais qu’ils ne cassent pas nos jouets », écrit Giuseppe Conte sur les réseaux sociaux à propos de ceux qui ont quitté le Mouvement 5 Etoiles. Luigi di Maio présentera officiellement sa propre liste aujourd'hui, elle s'appellera « Impegno Civico ». La conviction du ministre est de pouvoir attirer l'électorat qui avait choisi le Mouvement 5 Etoiles en 2018, alors que des sondages annoncent que la moitié de ceux qui se reconnaissent encore dans le Mouvement 5 Etoiles étaient contre la chute du gouvernement. Pour la composition des listes il souhaite se concentrer sur des visages qui ne sont pas très connus du grand public mais qui le sont dans leurs territoires respectifs. En ce qui concerne les dossiers, L. Di Maio demandera aux autres partis de soutenir au maximum le gouvernement Draghi dans la bataille pour le plafonnement des prix du gaz en Europe. Sur le plan intérieur : les propositions seront axées sur les jeunes. Di Maio demande également la création d'une « commission d'enquête parlementaire chargée de vérifier les liens entre les dirigeants et les partis politiques italiens et les milieux politiques et financiers russes ». Quant au Mouvement 5 Etoiles, il a très vite retrouvé sa position anti-système. En outre, Conte et Grillo devront clarifier quelques aspects. Le premier est de savoir comment impliquer les membres inscrits dans la rédaction des listes, la seconde est de savoir s'il faut maintenir ou non certaines règles comme l’ancrage territorial du candidat, et enfin la question du symbole du parti. »

COMMENTAIRE, La Repubblica, E. Mauro, « Le sang de l'Europe et de la droite » : « A l'approche des élections, les sondages indiquent les intentions de vote, mais ne décèlent pas les inclinaisons et tendances de l'environnement social, la dérive culturelle et psychologique qui a lieu en Italie et en Europe. Cette dérive pèse sur les électeurs, peut-être plus que les actions de propagande menées par les différents partis. Les spécificités de la tragédie de Civitanova Marche, avec le meurtre d'Alika Ogorchukwu sur le trottoir devant les passants et leurs téléphones portables qui filment mais n'interviennent pas, ne nous permettent pas de faire une lecture généralisée sur l'Italie d'aujourd'hui. Mais il ne fait aucun doute que ce qui s'est passé constitue un signal d'alarme fort de l'irruption sur la scène italienne d'un phénomène ayant peu de précédents, et qui semblait appartenir à d'autres mondes : le citoyen qui redevient un individu, quittant les couvertures démocratiques de la coexistence civile dans laquelle il a grandi avec les autres et libérant ses instincts, faisant pour lui-même ce qu'il croit être la justice, selon son canon privé, le seul qui compte désormais. Le meurtrier est un homme blanc, le mort est un vendeur de rue noir, qui demandait quelques pièces aux personnes qu'il rencontrait dans la rue. Nous avons devant nous les deux stéréotypes, voire les prototypes du conflit social italien, annoncé, fomenté et amplifié par la politique de droite ces dernières années. Ces deux êtres en lutte sont l’exemple physique du schéma politique désincarné de la bataille contre l'immigration, « la peau et le sang », auxquels le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a explicitement fait référence en affirmant que les peuples européens peuvent se mélanger entre eux, mais pas avec des peuples différents, « parce que nous ne voulons pas devenir une race mélangée ». » 

(Traduction : ambassade de France à Rome)

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08/02/2019

"Paris rappelle l’Ambassadeur."

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Italie. Revue de presse.

Presse écrite/Journaux télévisés : Le rappel de l’Ambassadeur à Paris pour consultations occupe la Une de tous les quotidiens italiens et fait l’ouverture de l’intégralité des journaux télévisés : « France-Italie, la journée de la crise » (Corriere della Sera), « France-Italie : rupture totale. Le Quirinal : besoin de sens des responsabilités » (La Repubblica), « Colère de Macron : les limites ont été dépassées » (La Stampa), « Paris rappelle l’Ambassadeur » (Il Messaggero), « France, l’Alarme du Quirinal » (Il Mattino) « Maintenant, ça suffit » la France rappelle l’Ambassadeur. Mattarella préoccupé. (Il Sole 24 Ore), « Macron contre l’Italie mais il oublie ses insultes » (Il Fatto quotidiano).

Réseaux sociaux : Ils traitent principalement de la relation franco-italienne, d’Emmanuel Macron ainsi que du parti politique Fratelli d’Italia. Sur Twitter, les hashtags #ItaliaFrancia, #Macron, #Fratelli sont parmi les plus actifs en ce moment.

Articles de Presse

EN COULISSES, T. Ciriaco, La Repubblica, « Mattarella fait pression sur Conte : au gouvernement, on doit se montrer responsable » : « Pour Mattarella, la dérive doit être freinée et il compte le dire à Conte. Moavero Milanesi est sur la même ligne. L’urgence à résoudre est cette catastrophe diplomatique avec la France. Conte, dans les prochaines heures, Conte tentera une approche avec E. Macron ».

ARTICLE, M. Galluzzo, Corriere, « ‘’Démonstration de muscles qui sent l’objectif électoral’’, la stupeur de Conte » : « ‘’Etonné’’ mais ‘’pas irrité’’ dit Conte par le rappel de l’ambassadeur français à Paris. Si à la Farnesina et au niveau médiatique, la secousse est ressentie, le palais Chigi réagit différemment : l’équipe de Conte se montre calme une fois le coup encaissé et revient à son agenda normal, on vise même ‘’les provocations du Président français qui ne nous a jamais aimés, qui nous a toujours considérés comme une erreur historique ». On donne pour évident que, dans quelques jours, tout sera rentré dans l’ordre. Peut-être un excès d’optimisme, une mauvaise évaluation, mais l’idée est la suivante : ‘’ne pas être victimes de la soumission psychologique envers Paris »

ARTICLE, V. Nigro, Repubblica, « Paris rappelle l’Ambassadeur. Di Maio ‘’eux contre nous’’ » - « Paris, ‘’attaques inacceptables’’, l’Elysée ouvre la crise après la rencontre M5S-‘’gilets jaunes’’ » - « Di Maio : ‘’rencontre légitime’’Conte médiateur, le Quirinal ‘’défendons l’amitié avec la France’’» : « Le Quai d’Orsay est net : ‘‘Le diplomate reviendra à Rome quand des signaux clairs de calme seront donnés’’. L’ambassade à Rome n’a pas envie de commenter plus que le communiqué mais fait comprendre une chose : ‘’ L’ambassadeur reviendra quand il y aura eu une action claire pour reconstruire le rapport d’amitié entre les deux pays’’ ».

EN COULISSES, S. Montefiori, Corriere, « Ce ‘’ne lâchez pas prise’’ de Di Maio aux ‘’gilets jaunes’’ qui a déchaîné Paris » : « Une source diplomatique le dit : ‘’quand le vice-président du Conseil dit à qui détruit, agresse et brûle, ‘’ne cédez pas’’, que devons-nous penser ? C’est une incitation à l’insurrection dans un pays voisin et ami, élu démocratiquement. Les sources diplomatiques font noter que ‘’Christian Masset est un diplomate de très haut niveau, ancien secrétaire général du Quai d’Orsay, il connaît tout le monde et tout le monde le connaît. Sans lui, ce sera plus compliqué’’ et attendent ‘’un geste pour revenir à une relation normale’’».

ENTRETIEN de Luigi Di Maio, « Sur les ‘’gilets jaunes’’, je ne regrette pas. La Ligue ne regarde pas en arrière », S. Canettieri (Il Mattino) : « Notre rapport d’amitié avec le peuple français n’est pas en discussion. Le président Macron s’est lancé à plusieurs reprises contre le gouvernement italien, pour des raisons politiques en vue des élections européennes. Ma rencontre en tant que leader politique du M5S, avec les représentants des gilets jaunes et avec quelques candidats de la liste Ric, est tout à fait légitime. Et je revendique le droit au dialogue avec d’autres forces politiques qui représentent le peuple français. Je suis européen. Et être dans une Europe sans frontières, c'est aussi la liberté des relations politiques, pas seulement pour la circulation des biens et des personnes ».

ARTICLE, A. Ginori, Repubblica, « Du toast porté à Rome à la campagne anti-française » : « Il avait vu Conte à Rome en juin dernier. Macron n’imaginait pasune ‘’salvinisation’’ de l’Italie aussi rapide et que le sentiment anti-français puisse prendre aussi vite sans qu’il y ait des anti-corps. L’Elysée a compris que la présumée « digue » Conte est faite en carton. Le départ de Masset ne laisse pas l’ambassade vacante. Claire Raulin, numéro 2, mènera les affaires courantes. Mais en attendant les relations diplomatiques sont congelées. Une crise est commencée dont nul ne connaît la fin ».

EN COULISSES, A. La Mattina-I. Lombardo, Stampa, « Le président du Conseil désarmé et Salvini en profite : ‘’je ne suis pas avec les ‘’gilets’’ » : « Le long silence de Conte est symptomatique de son embarras dans la déchirure avec la France. Il ne commente pas immédiatement et laisse ainsi Salvini prendre l’espace disponible. Ce dernier se démarque du M5S pour se donner un profil plus institutionnel en politique étrangère. Mattarella est inquiet de cette logique de campagne électorale et du fait que Conte ne parvient pas à contenir ses deux vice-présidents. Contre le M5S, Salvini argumente sur la Tav qu’il veut faire tout en tapant sur Macron sur les migrants, Stx-Fincantieri et Libye : le M5S ‘’n’a pas compris qu’il aide Macron qui peut nous attaquer pour sa campagne électorale. Pour lui, il est bon d’assimiler Ligue et M5S’’ ». 

COMMENTAIRE, La Stampa, M. Sorgi, « Jamais aussi mal depuis 1940, renouer sera maintenant difficile » : « Après la convocation de l’ambassadrice Castaldo à Paris, les prémices étaient perceptibles. Et l’on peut dire que l’escalade qui a porté hier soir au rappel de l’ambassadeur Christian Masset et à l’ouverture de la crise diplomatique la plus grave entre la France et l’Italie depuis 1940 était en quelque sorte prévue, étant donné l’insistance de l’approche entre M5S et ‘’gilets jaunes’’. Il ne fait pas de doute que dans la réaction de Macron, il y a aussi un fort contenu de propagande électorale. La superficialité avec laquelle Di Maio et le M5S ont conduit leur ‘’campagne de France’’ a offert sur un plat d’argent au Président français l’occasion d’assimiler ses adversaires manifestants au M5S, qui a démontré ne pas avoir le sens des responsabilités du rôle institutionnel qu’il occupe. Salvini, dur envers Macron, mais disponible à ‘’s’asseoir autour d’une table’’ pour discuter du contentieux ouvert entre les deux pays sur terrorisme et immigration, se distingue de Di Maio. Le Quirinal a fait part de son inquiétude, l’habituelle déclaration de Conte est faite pour désamorcer la crise – ce que la Farnesina et Moavero tentent de faire depuis longtemps. Une toile de Pénélope destinée à subir d’autres accrocs à juger de la manière dont le M5S a accueilli hier la rupture avec Paris ».

ANALYSE, S. Stefanini, Stampa, « Une crise construite par le M5S » : « Autre succès international pour le gouvernement du changement. Succès douteux, changement évident. Paris a rappelé l’ambassadeur à Rome Christian Masset. Le rappel d’ambassadeurs ne se fait pas entre pays de l’UE ou de l’OTAN, ça ne s’était jamais produit entre la République italienne et la France. Les rapports ne sont pas toujours idylliques, impossible surtout entre voisins. Cela ne s’était jamais produit par choix et respect réciproque. Le respect côté italien, est venu à manquer ; Paris en a tiré les conséquences. Di Maio et Di Battista sont à la chasse à la poule aux œufs d’or électoraux, l’addition c’est l’Italie qui la paie. Christian Masset reviendra vite à Rome et recoudra patiemment la trame des rapports franco-italiens, trouvant sûrement beaucoup de sympathie dans la société civile italienne. Il fera son métier en professionnel. Mais les intérêts de l’Italie sur différents dossiers sont moins sûrs et son avenir à Bruxelles pour des postes clefs incertain ».

EDITORIAL, L. Carracciolo, Repubblica, « Désormais les Alpes sont plus hautes » : « C’est une crise sans précédent entre les deux nations.  Italie et France sont des voisins qui n’ont jamais cherché à se comprendre, présumant sans doute que ce n’était pas la peine et cultivant des platitudes rhétoriques comme celle des ‘’cousins’’, évoqués avec une vénéneuse élégance dans le communiqué du Quai d’Orsay annonçant le rappel de Christian Masset, où l’on parle de ‘’destin commun’’. La maxime de Machiavel continue de circuler (De Natura Gallorum) dans ce qu’il reste de notre classe dirigeante, selon laquelle les cousins transalpins quand ils ne peuvent te faire du bien, te le promettent, et quand ils ne peuvent pas t’en faire, t’en font difficilement ou ne le font pas. Chez les français, prévaut l’opinion qu’il n’est pas nécessaire avoir une opinion de l’Italie. Si ceci est un destin, il est urgent de le changer ».

COMMENTAIRE, Il Mattino, M. Gervasoni « La mauvaise décision de Macron le souverainiste » : « L’événement de trop était la rencontre de Di Maio avec les gilets jaunes. Politiquement, ce fut un geste peu concluant et dénué de sens, si les 5 étoiles avaient l'intention de mettre E. Macron en difficulté électorale, parce qu'une éventuelle liste de gilets jaunes aux européennes prendrait des votes de l'opposition. Une rencontre désagréable pour l'élite, bien sûr, mais l'insouciant Di Maio n'a pas serré la main des terroristes, mais des personnalités régulièrement invitées à débattre à la télévision française. Le geste du gouvernement français vise à mettre en difficulté le principal concurrent de Macron face aux européennes : Marine Le Pen, qui ne passe pas une journée sans se ranger du côté de Salvini, et risque maintenant de passer pour l'alliée de « l'ennemi » italien. Cet excès de réaction risque toutefois de créer des dommages permanents pour les deux pays, bien au-delà de la durée des gouvernements. Le Quirinal, avec ses déclarations inquiètes, l'a bien saisi. L'appel de l'ambassadeur jette également un éclairage sinistre sur la résilience de l'UE. Comment le président français peut-il encore parler de « souveraineté européenne » ? À notre avis, il s'agit d'un concept vide et dénué de sens. Mais si vous l'utilisez, vous ne pouvez pas réagir d'une manière aussi hâtive et radicale : d'une manière typiquement souveraine. Si l'intention de Macron était d'affaiblir le consensus du gouvernement, il est probable que son geste aura l'effet contraire. Bien qu'il soit probable que l'ambassadeur ne reviendra pas au Palais Farnèse avant les élections européennes ».

Article F. FUBINI, Corriere della Sera « Travaux et richesse, ces 10 milliards de Paris » : Cela ne ressort pas dans la rhétorique politique mais la France, pour l’Italie, ce n’est pas seulement ce grand voisin auquel nous lient deux millénaires d’histoire et de culture. En 2018, c’est la principale source de travail et de prospérité pour l’Italie hors des frontières. Plus que l’Allemagne, dans de nombreux sens, même plus que les Etats-Unis. La République ajoute chaque année une grosse part au PIB italien et c’est surtout vrai dans les échanges. Les deux républiques restent unies financièrement et commercialement comme des jumelles siamoises ».

ARTICLE, Il Sole 24 Ore, G. Santilli « LGV, la renonciation coûte 4 milliards » - « L'estimation dans un rapport secret joint à l'étude sur les coûts bénéfiques des travaux. Quatre postes de coûts : pénalités, réhabilitation des sites, fonds versés et interventions sur l'ancienne ligne. Rapports d'essai M5S-League : seul un compromis possible apparaît dans un référendum » : « Outre l'indemnisation de la France et la restitution à l'UE des fonds reçus, l'abandon de la construction du Turin-Lyon pourrait coûter à l'Italie entre 2,8 et 4 milliards d'euros si l'on considère, outre les aspects contractuels,  ainsi que les fonds nécessaires à la réhabilitation des sites et à la modernisation de la ligne historique, comme le montre le rapport encore secret qui accompagne l'analyse coûts-avantages adressée à Paris et Bruxelles. Ce deuxième document sera un élément clé de la discussion entre la Ligue et le M5S. Le seul compromis possible semble être un référendum ».

ARTICLE, Il Sole 24 Ore, G. Chiellino, « L’Italie sous le feu des projecteurs de l’UE » - « Bruxelles lance une alerte à la dette : elle risque d’être insoutenable » : « Risques de débordement de la dette publique « sur le système bancaire, sur le financement des entreprises et des familles et sur la zone euro ». La prévision d'une baisse du ratio de la dette au PIB à 130,7 % est « irréaliste ». Le projet de rapport de l'UE envoyé à Rome dénonce de nombreuses critiques. Dans le même temps, l'UE a officialisé ses estimations de la baisse de la croissance en 2019 : + 1,3% dans la zone euro, l'Italie dernier à + 0,2%. Des données qui exacerbent la nervosité des marchés : en baisse sur les bourses, Piazza Affari - 2,59%. L'objectif de croissance du gouvernement de 1% de croissance du gouvernement devra laisser la place à des chiffres plus légers ».

(Traduction : ambassade de France à Rome)

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04/08/2018

Ulli Mair estime que la politique du gouvernement italien porte ses fruits en matière de lutte contre l’immigration.

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Italie. Le porte-parole des Freiheitlichen au sein du Parlement du Tyrol du Sud / Haut-Adige Ulli Mair estime que la politique du gouvernement italien M5S-Ligue porte ses fruits en matière de lutte contre l’immigration et contraste avec la politique menée par le gouvernement précédent de centre-gauche.

22:49 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0)