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07/06/2022

"La primauté au sein du centre droit est en jeu."

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Italie. Revue de presse.

La presse italienne titre largement sur la crise alimentaire due au blocage des exportations de blé ukrainien, ainsi que sur la convocation à la Farnesina de l’ambassadeur russe en Italie à la suite de ses déclarations sur la « propagande antirusse » des médias italiens et les critiques à la classe politique : « Tension entre Rome et Moscou » - L’ambassadeur Razov a été convoqué à la Farnesina. La stratégie de Draghi pour arrêter les accusations contre l’Italie. Lavrov menace de frapper « les centres du pouvoir » à Kiev (Corriere della Sera), « Russie-Turquie, le pacte sur le blé » - Moscou négocie avec Kiev et Ankara pour faire sortir les navires du port d’Odessa. L’espace aérien européen a été interdit à Lavrov, qui déclare sur un ton menaçant : « c’est inacceptable, nous réagirons » (La Stampa). L’adoption de la directive européenne sur le salaire minimum est aussi largement citée « Salaire minimum pour tous » - la directive européenne, non contraignante, fixe les critères pour des rétributions justes et liées à l’inflation (La Repubblica), « Salaires, les charges sur l’emploi sont à 60% » - L’UE adopte une directive sur le salaire minimum, Bonomi (Confindustria) lance un appel afin de sauver les contrats existants (Sole 24 Ore), « Bientôt un assouplissement des charges fiscales sur le travail » - Le ministre Orlando lance un appel pour revoir les salaires et demande la médiation de Draghi dans le bras-de-fer entre les partenaires sociaux ; l’UE ouvre au salaire minimum mais sans obligation (Il Messaggero).

PREMIER PLAN, La Repubblica, de P. Mastrolilli, « ‘’Une première entente sur le blé d’Odessa’’ mais le plan turc ne convainc pas Kiev » : « Les Etats-Unis accusent la Russie d’avoir volé le blé de l’Ukraine dans les territoires occupés et demandent aux pays africains de ne pas l’acheter. Les Ukrainiens dénoncent le vol de 500 000 tonnes de blé pour une valeur de 100 millions de dollars. Au même moment, des médias annoncent un accord de principe entre Moscou et la Turquie pour débloquer les exportations depuis le port d’Odessa. Toutefois, Kiev ne confirme pas cet accord et l’ONU appelle à la prudence. Des discussions sont en cours entre Antonio Guterres, Charles Michel et ses représentants sur l’urgence humanitaire et le commerce. D’après un quotidien russe, l’accord prévoit le déminage des ports ukrainiens par la Turquie puis l’évacuation de 20 millions de tonnes de blé escortés par la marine turque. L’opération serait coordonnée depuis Istanbul, le tout sous la supervision de l’ONU. Le ministre russe des Affaires étrangères S. Lavrov doit se rendre en Turquie pour discuter des détails. Il y a deux principaux obstacles à un tel plan : d’abord la demande de Moscou d’un allègement des sanctions à son encontre, ‘’une extorsion inacceptable exploitant une crise humanitaire’’ selon des sources diplomatiques, et la crainte de l’Ukraine que Moscou ne profite notamment du déminage des ports pour les attaquer. L’alternative envisagée par l’ONU et l’UE serait le transport du blé par voie terrestre, jusqu’en Lituanie en passant par la Biélorussie. Là aussi, Minsk demande des contreparties commerciales alors qu’elle est complice de Poutine. Concernant les vols de denrées alimentaires, le problème est que les pays africains affamés sont disposés à accepter la version de Moscou accusant l’Occident d’avoir créé la crise, comme le montre la visite du Président sénégalais et de l’Union africaine, Macky Sall, à Poutine. Une raison de plus pour libérer le blé au plus vite. »

ARTICLE, Corriere della Sera, M. Galluzzo « Le signal de Draghi et de Di Maio au diplomate devenu politicien » : « L’ambassadeur russe Sergey Razov, s’est défendu. Il a même relancé, par le biais d’un communiqué de presse et avec un ton moins dur, l’accusation de propagande contre les médias italiens jugés « hostiles ». Le scénario reste le même, malgré l’avertissement de la Farnesina et la convocation dans les bureaux du secrétaire général Ettore Sequi. Pourtant, quelque chose a décidemment changé après cette convocation concertée pendant le week-end entre Mario Draghi et le ministre Di Maio : le diplomate russe ne pourra plus se permettre les mêmes pratiques de communication des dernières semaines. A moins qu’il ne veuille mettre en danger son maintien en Italie. Car l’intention du Palais Chigi et de la Farnesina était de faire savoir qu’il existe une sorte de ligne rouge que le diplomate ne devra pas franchir. Le message passé par Sequi était que ‘’la métamorphose d’un diplomate en représentant politique n’est prévue dans aucun pays européen’’. Le gouvernement italien est prêt à d’autres actions si de nouvelles déclarations irrecevables devaient arriver. Au cours de l’entrevue, il a été demandé à l'ambassadeur de rendre compte de plusieurs déclarations jugées graves, inappropriées et nécessitant une clarification. Des mots, trop légers, assaisonnés même d'une pointe d'ironie, comme ceux prononcés le jour de la fête de la République, alors qu’il s’était piqué de ne pas avoir été invité aux cérémonies par le chef de l'État, Sergio Mattarella. Ou encore les déclarations contre les médias et les journalistes italiens accusés de faire de la désinformation contre le gouvernement russe, et enfin contre les hommes politiques italiens, dont la "moralité" a été mise en doute. Selon certains analystes, Razov serait en train de jouer un rôle : celui d’apparaitre plus royaliste que le roi. »

ARTICLE, Il Foglio, S. Canettieri « L’affaire Razov » : « A la Farnesina il a été possible de constater l’embarras du diplomate au moment où on lui a demandé de motiver les accusations lancées ces derniers jours. L’ambassadeur russe a donné ainsi l’impression d’interpréter un rôle écrit par d’autres, directement depuis le Kremlin, dans le cadre d’une stratégie décidée et planifiée loin de Rome. Razov devient de plus en plus un objet mystérieux pour le gouvernement italien. Il ne représente plus cet exemple de diplomate attentif à l’équilibre des relations internationales, explique-t-on dans les couloirs du ministère. Au Palais Chigi, on est de plus en plus convaincus que Razov est le faucon italien de V. Poutine. Le diplomate russe est devenu un problème également pour la majorité gouvernementale. Car Razov représente le lien entre Salvini et le Kremlin. Le dirigeant de la Ligue a rencontré à plusieurs reprises l’ambassadeur russe entre les mois de mars et de mai, construisant une relation personnelle qui met maintenant dans l’embarras la majorité gouvernementale, notamment la partie de la Ligue dirigée par l’atlantiste G. Giorgetti. Le voyage de Salvini au Kremlin a été abandonné, mais a créé une polémique au sein du parti. La convocation de l’ambassadeur russe marque en tout cas un refroidissement des relations entre les deux pays. L’affaire devient de plus en plus encombrante pour le gouvernement, qui compte un ami de Razov dans la majorité : Matteo Salvini. »

ARTICLE, La Stampa F. Olivo « Les tourments de Salvini » : « Si dimanche Fratelli d’Italia devait gagner dans les grandes villes du Nord (Vérone, Alessandria, Come, Lodi), une tempête parfaite pourrait éclater pour le dirigeant léguiste. L’année passée, à Milan, le parti de Giorgia Meloni avait enregistré un écart de seulement 4 400 voix face à celles de la Ligue. Aujourd’hui, les temps semblent mûrs. Si au Sud la victoire de la Ligue semble déjà compromise, une éventuelle défaite dans le Nord de l’Italie pourrait ouvrir un débat sur le leadership de ce parti. Un débat aux conséquences imprévisibles, car c’est le projet même de la « Ligue nationale » de Salvini qui serait remis en cause. C’est donc la primauté au sein du centre droit qui est en jeu. Et il s’agit d’un test important, avec 9 millions d’électeurs attendus aux urnes. » 

ANALYSE, La Stampa, F. Geremicca « La droite risque l’implosion » : « C’est sans doute le centre droit qui risque le plus dans ce rendez-vous électoral concernant les villes comme Vérone, Padoue, Gênes, Parme, Viterbe, Frosinone, Tarente, Messine ou Palerme. Les différences qui ont marqué les relations de la « triade » Forza Italia, Ligue et Fratelli d’Italia ont produit des ruptures et parfois des candidatures en solitaire dans des villes importantes (Parme, Vérone, Messine et Catanzaro). Maintenant, on appréhende des défaites inattendues. Il serait alors bon de faire une analyse de ce qui ne va pas. Depuis les défaites lors les élections régionales d’Emilie-Romagne et de Toscane, Berlusconi, Salvini et Meloni n’ont pratiquement plus gagné dans les grandes villes (Rome, Milan, Naples, Turin). Quant aux référendums sur la justice, les sondages doutent que le quorum soit atteint. Il s’agirait alors d’un énième revers pour le dirigeant léguiste, qui a tout misé sur ce scrutin. L’alarme dans la maison de la Ligue sonne depuis quelques semaines, non seulement en raison des différentes annonces sur la guerre et sur le voyage à Moscou, mais aussi des sondages créditant le parti d’un score décevant même par rapport aux élections de 2018. Salvini est prévenu. » 

(Traduction : ambassade de France à Rome)

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