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21/03/2024

"Giorgia Meloni et Matteo Salvini affichent la paix, s’étreignant face aux caméras."

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Italie. Revue de presse. 

Plusieurs sujets se partagent la Une ce matin : l'intervention de Giorgia Meloni hier à la Chambre pour présenter les principales positions de l’Italie en vue du Conseil Européen : « Russie, frictions à la Chambre » (Corriere della sera), « Frictions entre Meloni et Schlein à la Chambre » (Repubblica) ; la commission d’enquête demandée par des membres de la majorité sur des soupçons d'infiltration mafieuse dans la municipalité de Bari « Bari, un coup de main [de la majorité] » (Repubblica), « Bari, le maire Decaro en larmes demande à ce qu’on lui retire son escorte policière » (Corriere), « L’affaire de Bari fait maintenant peur à la gauche » (Giornale) ; et enfin la décision de l’université de Turin de suspendre les appels d’offre pour des collaborations avec les universités et entreprises israéliennes « Turin, une université sans paix  » (Repubblica), « Entre les universités et Israël, la tension monte » (Corriere della Sera). 

Les JT couvrent essentiellement l'intervention de Giorgia Meloni hier à la Chambre pour présenter les principales positions de l’Italie en vue du Conseil Européenl’enquête sur une possible infiltration mafieuse dans la municipalité de Bari, la mission au Proche-Orient du Secrétaire d’Etat américain A. Blinken et les manifestations de soutien aux parents des victimes de la mafia organisée par l’association Libera. 

Sur X les hashtags #Decaro (en référence au maire de Bari dans les Pouilles, Antonio Decaro) et #Bari domine suite à la création d’une commission pour vérifier les ingérences mafieuses dans l’administration de la ville, sur initiative du Ministère de l’Intérieur. 

COULISSES, Corriere della Sera, de M. Guerzoni, « Une réconciliation brève et affichée avant de nouvelles tensions et le froid avec Tajani (Forza Italia) » : « Interrogé par des journalistes juste avant les questions au gouvernement au Parlement, Antonio Tajani répète que ‘’la politique étrangère est définie par le Président du Conseil et le ministre des Affaires étrangères’’ et lorsque l’un d’eux souligne ‘’mais vous êtes de la même famille politique’’, le ministre répond ‘’Non ! Nous sommes dans la même coalition’’. Le même jour, Giorgia Meloni et Matteo Salvini affichent la paix, s’étreignant face aux caméras. On peut se demander combien de temps durera cette réconciliation affichée alors que mardi au Sénat Salvini avait déserté la séance de communications de la Présidente du Conseil en vue du Conseil européen. Il ne s’agit donc que d’une attitude de façade malgré que les membres de Fratelli d’Italia répètent en cœur à la presse et aux électeurs que ‘’les relations sont tout à fait sereines’’ entre les deux leaders. Certains disent même que s’il y a de la distance, c’est plutôt entre Salvini et Tajani. Du reste, lors des élections régionales en Sardaigne et dans les Abruzzes, Forza Italia a largement dépassé la Ligue et pourrait faire de même lors des élections européennes, dans lesquelles Salvini joue gros. En attendant, la Ligue a bloqué le projet de loi sur la cybersécurité que la Présidence du Conseil voulait pourtant faire passer au plus vite. Tout cela est lié au bras de fer entre la Ligue et Fratelli d’Italia sur leurs réformes phare respectives, l’autonomie différenciée des régions et la réforme de la loi électorale pour conférer davantage de pouvoir au Président du Conseil (‘’premierato’’). Le coup de frein de la Ligue sur le projet de loi cybersécurité présenté par Alfredo Mantovano (Indépendant, autrefois Alliance nationale) a évidemment agacé le secrétaire d’Etat à la Présidence du Conseil lui-même, ainsi que Tajani et Meloni qui entend faire de la protection des données personnelles et du web contre les attaques extérieures l’une de ses priorités du G7. Pourtant, Meloni a demandé à ses proches de dédramatiser, sachant bien que les tensions et les rivalités avec Salvini se poursuivront jusqu’aux élections de juin et qu’exaspérer les positions de chacun n’amènera pas de voix supplémentaires. La Présidente du Conseil italienne est entrée dans la modalité campagne électorale et poursuivra sur sa lancée jusqu’en juin, sans accorder trop d’importance aux coups portés par Salvini : ‘’Giorgia Meloni est en position de force alors que Salvini n’a en réalité pas d’autre choix que de rester accrocher au gouvernement’’ observe un membre du gouvernement italien. » 

COULISSES, Repubblica, G. Foschini « A Bari, le coup d’éclat en pleine campagne électorale planifié par le ministère de l'Intérieur qui court-circuite le Parquet et la préfecture » : « Dans la soirée du mardi 19 mars, certains des enquêteurs ayant participé au démantèlement du clan mafieux ‘’Parisi’’, ont reçu un message du maire de Bari annonçant la création d’une commission pour la dissolution de la mairie, pour cause d’infiltration mafieuse. Personne n'avait prévenu la police. Personne n'avait prévenu le Parquet. La nouvelle est tombée de cette façon, suite à une publication sur les réseaux sociaux. Le ministre de l'Intérieur, Matteo Piantedosi (Indépendant), a créé la commission d’enquête à l’issue de procédures pour le moins inhabituelles et forcées, et peut-être même d'abus. Il semble avoir été motivés par un seul objectif : la volonté politique de perturber la campagne électorale à Bari. C'est l'enquête menée par le district anti-mafia de Bari qui a alerté le ministère de l'Intérieur. Mais, ces dernières semaines, il n'y a eu aucun échange direct sur le sujet entre le préfet et le procureur. Il ne semble pas non plus que l'avis des magistrats et des forces de police ait été sollicité. Et surtout, le Comité d'ordre et de sécurité n'a pas été convoqué, comme il est normalement d’usage. Deux conseillères municipales de la mairie de Bari ont été arrêtées pour achat de voix en lien avec la mafia. Toutes deux avaient été élues sur la liste du centre-droit et avaient ensuite rejoint les partis de la majorité. A ce stade, il ressort qu'elles n'ont joué aucun rôle dans les processus décisionnels : leur vote n'a jamais contribué à une décision plutôt qu'à une autre au sein du Conseil municipal. Alors pourquoi, face à deux conseillères de l'opposition, qui n'avaient aucune influence sur la politique locale, a-t-on décidé de mettre en place une commission ? 24 heures après les arrestations, les députés de la majorité se sont précipités chez Piantedosi, pour demander au ministre de lancer la machine bureaucratique et la création de la commission d’enquête. Le préfet de Bari, Francesco Russo, est convoqué à Rome le 8 mars. Les experts du Ministère de l'Intérieur établissent une feuille de route tandis que les forces de police - d'après les informations des journalistes - sans l'autorisation du parquet, commencent à transmettre des documents. Francesco Paolo Sisto et Marcello Gemmato, deux membres du gouvernement originaires de Bari, sont les plus actifs. Ils évoquent déjà la candidature aux prochaines élections d'une ‘’personnalité garante’’, par exemple l'ancienne préfète Antonella Bellomo. Mais le président de Région, Michele Emiliano, est plus rapide : d'un coup de baguette magique, il vient de la nommer chef des inspecteurs sanitaires régionaux, suscitant la vive colère de la droite. Aujourd'hui, le nom qui circule est celui du magistrat Stefano Dambruoso, un procureur antiterroriste originaire de Bari, qui demande toutefois des garanties pour accepter. Une commission déjà installée serait peut-être un bon début. » 

ARTICLE, Sole 24 Ore, B. Fiammari, « Mattarella souhaite une position commune de l’UE sur Gaza ; Meloni s’oppose à une opération terrestre à Rafah » : « ‘’Sur la crise au Proche-Orient, il faut une prise de position ‘’commune’’ et il faut l’adopter maintenant, pendant ce Conseil Européen’’. C’est l’indication donné à l’issue du déjeuner habituel au Quirinal entre Sergio Mattarella, le Président de la République italienne, et une importante délégation du gouvernement dirigé par Giorgia Meloni. L’inquiétude demeure, notamment en raison de l’annonce par Israël d’une opération terrestre à Rafah et qui sera au cœur de la rencontre d’aujourd’hui entre les 27 et le Secrétaire Général de l’ONU Antonio Guterres. Au Parlement, la Présidente du Conseil a été explicite ‘’même dans l’intérêt d’Israël, il faut répéter notre opposition à une action militaire terrestre à Rafah qui pourrait avoir des conséquences catastrophiques’’. L’activité diplomatique pour éviter l’escalade se poursuivra aussi dans les prochains jours. Après le déplacement au Caire en présence de von der Leyen, Meloni se rendra mercredi à Beyrouth. A cette occasion elle rendra visite au militaires italiens de la mission Finul, dans le sud du pays, près de la frontière avec Israël dans une zone contrôlée par le Hezbollah. Aujourd’hui, Meloni se rendra à Bruxelles avec le ministre de l’agriculture Lollobrigida. La nouvelle PAC sera au centre des discussions et l’hypothèse sur laquelle est en train de travailler la Commission ‘’reprend une bonne partie des propositions italiennes’’ assure la présidente du Conseil. » 

ARTICLE, Stampa, de G. Longo, « Université-Israël, l’alerte du gouvernement sur ‘’l'antisémitisme omniprésent’’ » : « ‘’Préoccupant’’, c’est ainsi que la présidente du Conseil Giorgia Meloni définit la ‘’vague d’antisémitisme omniprésente, y compris dans notre opinion publique. Je la considère préoccupante en particulier quand elle gagne nos institutions’’. Intervenant à la Chambre des Députés en vue du Conseil européen, la Présidente du Conseil a réaffirmé ses positions suite à ce qui s'est passé à Turin : ‘’Je considère que la décision de l'université de Turin de ne pas participer à un appel à la recherche avec Israël est grave et préoccupante’’. L’alerte lancée par le gouvernement enflamme le débat politique. La ministre de l'éducation, Anna Maria Bernini, commente : ‘’Je ne suis pas d'accord avec cette décision, car je reste convaincue que la diplomatie scientifique est une arme de paix. C'est pourquoi je pense que les universités doivent toujours être fidèles à elles-mêmes. En tout cas, j'ai le plus grand respect, et c'est la base de tout mon mandat, pour l'autonomie des universités’’. Sur l’indépendance, la cheffe adjointe du groupe Fratelli d’Italia à la Chambre des députés, Augusta Montaruli, ne partage pas la même idée : ‘’L'autonomie des universités doit être défendue, c'est pourquoi nous sommes préoccupés par la décision de l’université de Turin vis-à-vis d’Israël. Il ne nous échappe pas qu'il existe à Turin un problème d'ordre public lié à l'activité des opposants à l'intérieur et à l'extérieur de l’université ». Gianna Gancia, députée européenne de la Ligue, dénonce ‘’la dérive antisémite en cours en Italie en général, et dans les universités en particulier’’. Giuseppe Conte, chef de file du M5S, a lui aussi déclaré être ‘’profondément convaincu que les universités et la recherche scientifique ne peuvent pas se mêler des politiques gouvernementales. Il en a été de même lors de l'invasion de la Russie, ce que nous avons fermement condamné’’. Simona Malpezzi, sénatrice du PD, est partagée : elle met en garde contre la censure parce que ‘’c'est vrai, c'est une décision, discutable, qui peut plaire ou déplaire, mais elle a été prise par une université dans le cadre de son autonomie. Attention à ne pas censurer des choix faits démocratiquement’’. Des déclarations qui ne plaisent pas au chef de groupe d'Italia Viva au Sénat, Enrico Borghi, qui parle de « manipulation du PD avec une attitude manichéenne qui n'aide en rien à la solution, mais qui veut exploiter un drame à des fins hypocrites ». L’épisode de Turin est un « fait grave » selon Mariastella Gelmini, sénatrice et porte-parole d’Azione : « Les universités doivent rester des lieux de pluralisme, ouverts au dialogue et à l’échange. La coopération culturelle et scientifique a toujours caractérisé les relations bilatérales entre l'Italie et Israël, des relations qui ne doivent pas être boycottées, mais consolidées et cultivées avec plus d'engagement et de détermination ». La présidente des communautés juives Noemi Di Segni ajoute : ‘’C’est une escalade préoccupante dans les universités, avec des expressions de haines à l’égard des Israéliens et envers les juifs qui la semaine dernière ont atteint des niveaux très inquiétants’’».

(Traduction : ambassade de France à Rome)

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