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16/01/2024

"Le Pen et le discret message à la Présidente du Conseil italienne." et "Le Fidesz souhaitait rejoindre l'Ecr."

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Italie. Revue de presse.

La diffusion par le Hamas d’une vidéo montrant trois otages israéliens fait les gros titres de plusieurs quotidiens : « Gaza, l’arme des otages » (Corriere della SeraLa Repubblica) « Les vidéos macabres sur les otages » (Avvenire)« La dernière horreur du Hamas » (Il Giornale). Les sujets économiques sont également cités « L’Allemagne en récession et avec une industrie mise à mal » (Sole 24 Ore), « Le sommet de Davos qualifie d’« injuste » la réforme fiscale de Meloni [selon un rapport présenté au sommet]» (La Stampa)« MES, l’Italie en quête d’un accord avec l’UE ; Giorgetti (Ligue) cherche 20 milliards à Davos » (Domani), « Mer Rouge, la crise impacte les ports italiens » (Messaggero). 

COMMENTAIRE, La Repubblica, de S. Folli, « Le ‘’premierato’’ [système politique conférant davantage de poids au Président du Conseil] à l’essai en Sardaigne » : « Le psychodrame en cours en Sardaigne peut aussi être lu comme la ligne de partage entre le vieux centre-droit tel que l’a façonné Silvio Berlusconi des années durant, et le nouveau centre-droit ‘’mélonien’’. En apparence semblables, ils présentent des différences notoires et destinées à se creuser. Le fondateur de Forza Italia respectait somme toute le principe de la coalition : réunir des partis qui voulaient s’allier, laissant à chacun sa part du pouvoir, tant qu’ils ne remettaient pas en cause son leadership. A sa façon, il avait inventé un système génial qui plaçait Forza Italia au centre du paysage politique italien, tout en tissant une relation spéciale avec ses partenaires. Cela a donné lieu à des années de gouvernements compliqués, avec quelques succès relatifs mêlés à des crises récurrentes. Ces dernières années, on peut dire que le ‘’berlusconisme’’ s’était essoufflé, au point qu’on a cherché à jeter les bases d’un nouveau mouvement centré sur la figure du leader, avec des alliés ainsi devenus des rivaux ou des concurrents. Giorgia Meloni prend la relève après le déclin de Berlusconi. Après une rapide ascension et un passage au second plan de Matteo Salvini, Giorgia Meloni remportait les élections il y a un peu plus d’un an en montrant tout de suite qu’elle ne voulait pas répéter les erreurs de l’époque Berlusconi. Son idée de coalition n’est pas celle du centre-droit d’origine, elle ne se laissera acculer par ses partenaires : ‘’je ne suis pas vulnérable au chantage’’ a-t-elle répété de façon presque excessive. Un message davantage adressé au turbulant Salvini qu’au docile Tajani. Meloni entend dépasser les limites de la coalition classique en renforçant les pouvoirs du Président du Conseil et en limitant ceux de ses partenaires. Elle compte pour cela sur une loi électorale qui doit introduire ce système du ‘’premierato’’, définissant une figure de leader qui n’a pas beaucoup de temps à perdre avec les partis minoritaires. A ce stade, le projet de loi doit encore être examiné par le Parlement et présenterait une telle quantité de points problématiques qu’il ne serait pas acceptable pour la majorité elle-même. Mais Giorgia Meloni ne veut pas y renoncer, forte des sondages témoignant de la faveur des Italiens. En attendant le passage au Parlement, on observe déjà sur le terrain une Présidente du Conseil tentant d’imposer sa volonté aux alliés qui protestent, sans crainte de trop tirer sur la corde. C’est ce qui se joue [à l’approche des élections régionales] en Sardaigne, véritable laboratoire de ce système. Nous assistons en avant-première au fonctionnement de l’Italie quand le rôle de la coalition aura été redimensionné, ce qui devra probablement passer par l’introduction d’une nouvelle loi électorale. » 

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ARTICLE, La Repubblica, d’A. Ginori, « Le Pen et le discret message à la Présidente du Conseil italienne, des tentatives de dialogue en vue des européennes, ‘’désormais c’est elle qui nous adresse des signaux’’ » : « Il y a des tentatives de dialogue entre Marine Le Pen et Giorgia Meloni. La communication n’a pas encore été établie mais la leader française prend connaissance avec satisfaction des récents propos de Meloni qui, lors de sa conférence de presse de début d’année, a voulu souligner ‘’l’évolution intéressante’’ du Rassemblement national. ‘’Par le passé, elle était bien plus réticente à émettre des signaux d’ouverture’’ ironisent des proches de Le Pen. ‘’Nous voulons aussi travailler avec Giorgia Meloni’’ a affirmé hier lors de son rendez-vous rituel de début d’année le jeune président du parti Jordan Bardella. Marine Le Pen avait quant à elle déclaré un jour à Repubblica ne ‘’pas être le sosie de Meloni’’. Son entourage souligne qu’il n’y a encore aucun accord concret. Le Pen et Meloni se connaissent bien et n’ont pourtant pas eu de contacts directs depuis l’arrivée au pouvoir de la Présidente du Conseil italienne qui a cherché à grand peine de nouer des liens avec Emmanuel Macron. Mais la perspective de la campagne des européennes ouvre de nouveaux horizons. Le Pen a besoin de ‘’s’institutionnaliser’’ et Meloni représente un appui politique précieux. Bardella a participé il y a quelques mois au rassemblement léghiste des souverainistes à Florence mais hier c’est Meloni qu’il a mis en avant (‘’elle a géré une situation financière délicate’’) tout en soulignant que Salvini a une ‘’réponse plus dure’’ face à l’immigration. Depuis Paris, les contacts avec Fratelli d’Italia ne sont plus exclus, sur fond d’éternelles tractations pour rapprocher les deux groupes souverainistes au Parlement européen. ‘’Impossible de dire s’il y aura fusion ou non avant les résultats du 9 juin’’ souligne Bardella. Un rapprochement du RN et de Fratelli d’Italia pourrait mettre en difficulté le parti rival Reconquête, alors que Marion Maréchal, mariée à un député européen Fratelli d’Italia, sera tête de liste aux européennes. Marine Le Pen ne serait du reste pas mécontente de rompre le lien fragile entre Meloni et Macron, qui ont, non sans peine, normalisé leurs relations et parviennent à travailler ensemble sur certains dossiers. Macron mise sur le fait que Meloni puisse rejoindre la ‘’majorité Ursula’’ pour une réélection de l’actuelle présidente de la Commission européenne ou, qui sait, celle d’un candidat comme Mario Draghi. Pour Meloni aussi il sera difficile d’ignorer un résultat spectaculaire de Le Pen, si les sondages se confirmaient. » 

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Marine Le Pen et Jordan Bardella

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ENTRETIEN, Corriere della Sera, de J. Bóka, Ministre des Affaires européennes de Hongrie : « Kiev ne gagnera pas sur le terrain, l’Europe doit modifier sa stratégie. Sur le refus d'Orban sur les aides à l’Ukraine, nous ne l’utilisons pas à des fins internes », par F. Fubini,: « Q : La Hongrie présente une nouvelle proposition sur le financement de l'Ukraine. Comment cela fonctionnerait ? R : "Notre position est que l'UE ne doit pas financer l'Ukraine. L'UE devrait financer sa propre stratégie pour l'Ukraine. Et cela pourrait également inclure une assistance financière ou d’un autre genre à l'Ukraine ". "Orbán estime que la stratégie initiale, fondée sur l'hypothèse d'une victoire de l'Ukraine sur le terrain et d'un changement politique en Russie, ne fonctionne pas. Nous devons donc nous adapter. Entre-temps, la situation en Ukraine évolue rapidement." "La proposition de la Commission prévoit un financement pour une période de quatre ans, alors qu'il est impossible de prévoir l'évolution et les besoins de l'Ukraine quatre ans à l'avance. Par conséquent, une planification plus prudente pourrait concerner des périodes financières plus courtes et revoir les politiques à la fin de chaque période. Nous pensons également qu'il faudrait créer un fonds spécial avec la participation des Etats européens et des "acteurs financiers internationaux". "Notre Premier ministre a déclaré à plusieurs reprises que la Hongrie n'était pas opposée au soutien de l'Ukraine et que le gouvernement hongrois envisagerait de participer à ce fonds." Q : Orbán donne l'impression qu'il oppose son veto à l'aide européenne à l'Ukraine afin de forcer la Commission et les autres gouvernements à donner leur feu vert aux fonds bloqués en Hongrie en raison de la violation de l'État de droitR : "Ce n'est pas le cas. Nous considérons qu’il s'agit de questions totalement distinctes et nous pensons que nous sommes tout à fait en mesure de recevoir des fonds européens, de quelque nature qu'ils soient." "Il est dans l'intérêt stratégique de la Hongrie d'avoir une entité stable entre l'UE et la Russie, entre la Hongrie et la Russie, et que cette entité soit ancrée autant que possible dans les structures européennes. D'autre part, il n'y a pas de solution militaire à ce conflit, il n'y a qu'une solution politique. Et cela nécessite un dialogue entre les parties, qui à son tour nécessite un cessez-le-feu immédiat comme base pour une solution durable". Q : Êtes-vous en discussion pour unir le parti d'Orbán, le Fidesz, avec l'Ecr (Conservateurs et réformistes européens) de Giorgia Meloni ? R : "Oui, le Premier ministre a déclaré publiquement que le Fidesz souhaitait rejoindre l'Ecr. Cela élargirait nos possibilités sur la scène politique européenne et nous pourrions contribuer à présenter une alternative conservatrice. Bien sûr, l'option de l'adhésion est discutée à différents niveaux politiques". Q : Même avec des représentants italiens ? R : "Oui". »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

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