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18/12/2023

Giorgia Meloni : "Devenir tête de liste aux européennes pour viser 30%."

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Italie. Revue de presse. 

Le meeting annuel de Fratelli d’Italia, « Atreju », et les déclarations de Giorgia Meloni à cette occasion au sujet de la dirigeante du Parti Démocrate, fait la Une de la plupart des quotidiens : « Frictions entre Meloni et Schlein » (Corriere della Sera) « Meloni attaque Schlein » (Repubblica), « Meloni-Schlein : haute tension » (Stampa), « Meloni-Schlein : la guerre est déclarée » (Il Messaggero), « Schlein, Conte, Saviano et Ferragni : Meloni en a après tout le monde » (Giornale). La finalisation de la loi de finances (« L’étau se resserre sur les départs en retraite anticipée », Sole 24 Ore) et le Proche Orient « Les Etats-Unis et l’UE font pression sur Netanyahou pour une trêve », (Corriere), « La mort de trois otages éloigne Biden de Netanyahou » (Stampa) font aussi la Une. 

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Giorgia Meloni à l'Atreju

Sur X, lehashtag #Ferragni domine suite aux accusations de Giorgia Meloni contre l’influenceuse Chiara Ferragni, qui font polémique. 

ARTICLE, Corriere della Sera, M. Guerzoni « Meloni contre tout le monde, ‘’je ne suis pas seule” “Schlein n’a pas de courage” » : « La foule clame “ Giorgia, Giorgia”, ce samedi lors du meeting annuel de Fratelli, “Atreju”. Meloni affirme qu’elle n’est “pas seule” et donne encore quelques coups à la gauche, puis appelle à la bataille des élections européennes. “Ce ne seront pas les méchancetés et les attaques mesquines qui me feront abandonner. Je suis beaucoup plus résistante que mes adversaires ne le pensent et nous verrons qui arrivera à la fin”. La première ministre jure qu'elle ne laissera le Palais Chigi que lorsque les électeurs le voudront : “Je ne suis pas le genre de personne qui se cloue à son fauteuil et qui doit appeler le serrurier... seuls les Italiens peuvent dire que ça suffit. Tant que j’aurai le soutien des Italiens, il sera impossible de se débarrasser de moi”. Des attaques non seulement contre l’opposition mais aussi contre Chiara Ferragni (célèbre influenceuse, visée dans une affaire récente sur un partenariat caritatif avec Balocco qui a donné lieu à une amende, ndlr) : “ les influenceurs ne doivent pas être ceux qui font de l’argent par la promotion de panettone très chers en faisant croire qu’ils feront des œuvres de charité". Elle s’en prend à Schlein qui a déserté l’évènement malgré l’invitation. Elle remercie Salvini et Tajani pour “les 14 mois de travail et d’amitié” et souffle un “merci” à Berlusconi là-haut. Sur l’immigration elle se dit prête à payer le prix en termes de popularité pour donner un jour “une réponse vraie, structurelle et définitive”. Mais elle ne parle pas du Mes à ratifier ni des négociations difficiles du Pacte de stabilité. Pour elle c’est la fin d’une année “très dure” et une nouvelle année s’ouvre avec des défis imposants. La fête de Fratelli s’est terminée avec le chant de l’hymne national, tandis que Meloni, les larmes aux yeux, portait le pull bleu ciel des bénévoles. » 

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COULISSES, La Repubblica, T. Ciriaco « Devenir tête de liste aux européennes pour viser 30% » : « Tête de liste sur le terrain comme aux élections européennes : Giorgia Meloni a déjà laissé entendre à ses fidèles qu'elle se présenterait.  Peut-être à contrecœur, (“ vous voulez aussi me forcer à faire cela...”) mais elle le fera. Meloni tête de liste aux européennes, c’est la version qui circule au sein de la majorité, et la confidence aurait même été partagée avec Emmanuel Macron mercredi soir, en marge du Conseil européen lors du verre à l’hôtel Amigo. La présidente du Conseil a levé la réserve parce qu'elle ne pense pas qu'il existe des alternatives pour défendre son gouvernement et sa popularité personnelle. Parce qu'elle est certaine que celle-ci ne diminuera pas dans les six prochains mois. Elle considérera comme un succès l'atteinte du seuil de 26 %, qui est le pourcentage des dernières élections législatives. Mais elle a en tête un chiffre, 30 %. Elle estime que c’est à la portée de Fratelli d’Italia et elle est convaincue qu'une fois cette barre atteinte, personne ne pourra plus l'arrêter. Qu’elle soit déjà sur le terrain, nous l’avons compris hier lors de la fête de son parti, Atreju. Elle choisit des mots enflammés contre ses adversaires, un registre marqué à droite qui se condense autour d’une narration, moi et les Italiens d’un côté tous les autres contre (la gauche, les syndicats, les partis, les journaux, les influenceurs). Cependant, presque rien sur l'Ukraine, qui n’est plus un thème à exploiter en campagne électorale. Aucune attaque non plus contre l'Europe de Macron, Scholz ou Ursula von der Leyen avec qui elle devra construire une alliance pour la prochaine Commission. Tous ces indices convergent vers la même conclusion, la candidature est désormais décidée. Matteo Salvini et Antonio Tajani l'ont également compris, et ils auront du mal à éviter de se présenter à leur tour. Meloni change de cap et met l’accent sur les préoccupations souverainistes en réduisant le choix à une alternative : nous, ou Elly Schlein. Elle est convaincue qu'un duel avec la dirigeante du Parti démocratique la favorise. Se présenter aux élections européennes, pour la présidente du Conseil, signifie également préparer Fratelli d’Italia à ce nouveau défi. Il ne reste plus qu’à attendre l’annonce. » 

PREMIER PLAN, Repubblica, L. De Cicco : « Le soutien de Prodi renforce la dirigeante du Pd mais le M5S est plus froid sur son rôle de fédératrice » : « Dans l'entourage d'Elly Schlein, on est convaincu que les propos de Romano Prodi sur la jeune leader comme possible " fédératrice " de la gauche sont l'an zéro de son mandat. C'est-à-dire qu'il y aura un avant et un après. Un avant, fait d'indiscrétions, de fuites de noms d’éventuels remplaçants (de Gentiloni à Landini) par ceux qui n’ont que peu de sympathie pour la secrétaire du Pd et pour arriver à la conclusion politique qu’‘ Elly n’y arrive pas’. Au contraire, aujourd’hui, la déclaration de Prodi affirmant que Schlein pourrait "très bien" jouer le rôle de fédératrice de la gauche, perturbe pour l'instant ce schéma. Au sein du Pd, personne n'a envie de contredire le Professeur. Jusqu'aux élections européennes, la leader aura donc cette couverture politique. Et après ? Ensuite, il faudra tenir compte du résultat des élections et surtout, de la possibilité réelle de pouvoir fédérer les partis d’opposition. Car Giuseppe Conte n'a aucune envie d'être un partenaire mineur du Pd. Ce n'est pas un hasard si le M5S n'a fait aucune déclaration hier au sujet des propos de Prodi en soutien à Schlein, alors que ce dernier suscite de l’affection même dans une partie de l’univers M5S. Il faut aussi envisager les réactions des autres partis à fédérer. Carlo Calenda a immédiatement évité de s’exprimer : "Je ne suis pas de gauche, cela ne me concerne pas". Matteo Renzi attaque Meloni depuis des mois, mais ne se sent pas non plus concerné. Les alliés quasi certains du Pd restent eux aussi vagues quant à l'appui de Prodi à Schlein. Nicola Fratoianni, leader de Sinistra italiana, est le plus condescendant : "Elly est très bien, mais plus que de parler de noms, il faut comprendre comment former une opposition sérieuse au Parlement et dans les territoires". Schlein s'en accommode pour l'instant : le "bouclier " de Prodi lui sert surtout à se protéger au sein du PD. » 

SONDAGES, Corriere de samedi, N. Pagnoncelli «  Fratelli d’Italia dépasse à nouveau la barre des 29%, la Ligue et FI en baisse ; le PD remonte » : « Nous arrivons à la fin de l’année avec cette situation : la « reine des réformes », soit l’élection directe du Président du Conseil, ne réchauffe pas  vraiment le cœur des Italiens, l’accord sur les migrants avec l’Albanie est à ce stade suspendu par la Haute Cour albanaise et la loi de finances, toujours selon nos sondages, laisse en général un sentiment d’insatisfaction. C’est la raison de la poursuite de la baisse de popularité du gouvernement : 50% des sondés qualifie négativement l’action du gouvernement tandis que seuls 39% s’en disent satisfaits. S’agissant de la côte de popularité de Giorgia Meloni, elle acccuse -2 points en un mois mais -10% en un an. Concernant les partis, Fratelli d’Italia est crédité de 29,3% des intentions de vote (+0,8 points en un mois), la Ligue de 8% (-1,2 points) et Forza Italia de 6,8% (-1 points). Concernant les partis d’opposition, le PD est à 19% (+1 point), le M5S à 17,2% (+0,2), l’alliance Verts-gauche à 4% (+0,5), Azione à 3,2% (+0,1) et Italia Viva à 3,5% (stable). En termes absolus, la coalition de droite est à 45,1%, reculant en un mois de -1,5 points, alors que les partis de centre gauche remontent à 25,4% (+1,3 points). » 

ARTICLE, Repubblica, C. Tito : « Réforme des traités, fin de l’unanimité dans l’UE. Le plan de Scholz et Macron pour affaiblir les souverainistes » : « Affaiblir juridiquement les souverainistes. Et en particulier le Hongrois Viktor Orban. Qui représente aujourd'hui une bombe toujours prête à exploser au cœur de l'UE et sur le chemin de l'intégration européenne. C’est le pacte entre le Français Macron et l'Allemand Scholz, qui a pris forme les jours peu avant le dernier Conseil européen. En prédisant que la Hongrie - comme cela s'est effectivement produit – se serait déchaînée sur l'Ukraine et contre l'élargissement de l'Union, les deux leaders pensent que la réforme des traités européens, en particulier en ce qui concerne la règle de l'unanimité, doit désormais être réalisée d’ici trois ans. En faisant de la prochaine législature une sorte de "législature constituante". La gouvernance européenne doit devenir plus agile et plus efficace. Il en va de l'avenir de l'UE, en particulier dans le cas d'un élargissement du nombre de membres. Il est, en effet, difficile de se mettre d'accord sur des choix à 27, imaginons à 30 ou à 35. Pour rejoindre cet objectif, la France et l'Allemagne s'appuient sur un vote déjà effectué par le Parlement européen. En effet, le 22 novembre, lors de la session plénière à Strasbourg, une résolution a été adoptée demandant la modification des traités. Elle prévoit l'introduction du vote à majorité qualifiée sur presque tous les sujets, un droit d'initiative législative à part entière du Parlement et un changement des critères de composition de la Commission, qui ne pourra plus être composée d'un commissaire par pays membre. S'engager dans cette réforme n'est cependant pas simple. En vertu de l’article 48 du traité sur l'Union européenne, le vote du Parlement permet de soumettre des propositions au Conseil européen et de les notifier aux parlements nationaux. Il appartiendrait alors au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement - vraisemblablement en mars - de décider d'examiner les propositions et de convoquer, le cas échéant, une Convention composée de représentants des parlements nationaux, des chefs d'État ou de gouvernement des États membres, du Parlement et de la Commission. Il reviendrait ensuite à une conférence intergouvernementale (formée par les gouvernements des États membres) d'approuver définitivement les propositions. Un processus long, qui a par exemple, déjà eu lieu au début des années 2000, avec la Convention présidée par le français Giscard d'Estaing. Le pacte Macron-Scholz prévoit que la première étape soit franchie lors du sommet en mars. Le calendrier prévoit toutefois que tout soit conclu d'ici 2028. Avant l’entrée des nouveaux membres et avant les élections européennes suivantes. L'objectif reste de doter l'UE d'instruments de décision efficaces et éviter que l'édifice européen ne s'écroule sous les coups des souverainistes et empêcher Orban de paralyser l'Union. Le temps presse, pour une telle "révolution", il faut de l'engagement et de la détermination. Et probablement aussi du leadership. C'est peut-être aussi pour cette raison que le nom de Mario Draghi a commencé à circuler. » 

ARTICLE, Il Messaggero, G. Rosana « Pacte de Stabilité, les négociations demeurent difficiles, Rome demande la réduction des intérêts de la dette pour les investissements » : « Ce mercredi, les ministres des finances des 27 se réuniront en format Ecofin en visioconférence avec l’objectif de sceller l’entente sur les nouvelles règles européennes pour les comptes publics avant la fin de l’année. Un accord est encore possible même si les probabilités sont faibles. A cela s’ajoutent les déclarations du ministre Giorgetti (Ligue) ‘’je ne sais pas si je conclurai un accord en visio-conférence qui engage l’Italie pour les prochaines années’’. La position qui semble se cristalliser dans les milieux gouvernementaux est de reporter les négociations de quelques mois, ce qui mettrait d’accord Rome et Paris. Il est vrai aussi que si une entente n’est pas trouvée, on risque de renvoyer la question après les élections européennes. ‘’Nous ne sommes pas pressés’’ a rappelé A. Tajani lors du meeting de Fratelli d’Italia. Après de timides pas en avant lors de l’Ecofin du 8 décembre, parmi les points suspendus figure la ‘’remise’’ transitoire de l’augmentation des intérêts de la dette pour les investissements stratégiques. Elle devrait baisser à 0,5% pendant la période 2025-2027 par la définition des ajustements budgétaires structurels, comme demandé par les pays sous procédure pour endettement excessif. Cela est trop pour les pays frugaux et trop peu pour les pays méditerranéens. Le ministre des Affaires étrangères Tajani n’a pas caché que les négociations concernaient également ‘’les taux d’intérêts sur la dette’’. Ce sont des mots prononcés au lendemain des déclarations de la présidente de la BCE, Christine Lagarde, qui a exclu un plan pour réduire les taux d’intérêt dans le court terme. »   

(Traduction : ambassade de France à Rome)

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