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17/08/2023

"Europe, Tajani met en garde la Ligue et FdI : "Jamais d'accord avec l'Afd, ça me dégoûte.""

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Italie. Revue de presse. 

La flambée des prix de l’essence ainsi que l’opposition des compagnies aériennes à la mesure gouvernementale contre le renchérissement du prix des vols font les gros titres : « L’essence sans freins » et « La révolte des compagnies aériennes » (Stampa), « La bataille des prix » (Corriere della Sera), « Renchérissement du prix de l’essence pour les vacances. Conflit avec les compagnies sur le prix des vols » (Il Messaggero), « Prix de l’essence, nouvelles augmentations » (Il Sole 24 Ore). Le dépassement du seuil des 200 000 signatures par la pétition des partis d’opposition sur le salaire minimum fait aussi la Une. Enfin, l’augmentation du nombre de migrants arrivés en Italie en 2023 par rapport à 2022 est également citée en Une. 

Les JT couvrent essentiellement la hausse du coût de l’essencel’arrivée d’une nouvelle vague de chaleur en Italie et la décision de l’Inde de ne pas inviter l’Ukraine à la prochaine réunion du G20. 

PREMIER PLAN, Corriere della Sera, « Carburants : seize augmentations pour l'essence. Inflation importante pour l’alimentation et les billets d’avion » par Fausta Chiesa et Valeria Sforzini : « De l'essence en libre-service à 2,7 euros le litre : le prix pratiqué à la station-service Villoresi Ovest, sur l'autoroute A8 Varese-Milan, est peut-être un cas limite, mais il risque de devenir l'emblème de la hausse des prix de cet été. Hier, Fitch ratings a notamment amélioré de 0,1 point de pourcentage l'estimation du PIB potentiel à moyen terme de l'Italie, compte tenu de l'amélioration de la tendance en matière d'investissement. Notre pays a été le seul, avec la France, à voir ses projections augmenter, face aux estimations négatives des huit autres économies analysées dans les "Perspectives économiques mondiales". Comment expliquer la hausse de l’essence ? Le fait qu'à partir du 1er janvier 2023, la réduction d'accises qui valait 30 centimes par litre n'a pas été refinancée. La fédération des gestionnaires de station-service a déclaré que « rien n'a pu contrer les augmentations dues à la hausse des produits sur les marchés internationaux", "le moment est venu pour le gouvernement d'examiner sérieusement l'hypothèse de mettre la main sur la fiscalité des carburants, même si ce n'est que temporairement". Dans les supermarchés, "après la hausse d'octobre-novembre 2022, les prix se sont stabilisés à des niveaux élevés", explique Daniele Erasmi, président de Confesercenti Fiesa, la Fédération italienne des spécialistes de l'alimentation. Le ralentissement de l'inflation n'a pas conduit à une réduction des coûts égale à l'augmentation du début de l'année". Les produits de première nécessité sont ceux qui subissent les plus fortes hausses de prix. Avec une production réduite de moitié en Espagne, le prix de l'huile d'olive extra vierge a augmenté de 20 à 25 %", ajoute M. Erasmi. - Les pâtes ont continué à augmenter de 20 % depuis l'automne dernier, tandis que les couches et le lait pour bébés restent à plus 18 % malgré la réduction de la TVA sur les produits pour bébés". Les vols sont un autre sujet brûlant : si l'augmentation moyenne en août est de 40 à 50 %, parmi les vols intérieurs à destination des îles, neuf sur dix dépassent désormais la limite fixée par le gouvernement qui était de +200% maximum.  L’association des compagnies aériennes Airlines for Europe, est intervenue en réaction à cette mesure. Dans une lettre adressée à la Commission européenne, elle s'est déclarée "préoccupée", expliquant que cette mesure ne "garantit pas la liberté tarifaire des compagnies". » 

PREMIER PLAN, Corriere della Sera, « Urso (Frères d'Italie) : des hausses excessives ? Nous envoyons la garde des finances. Nous n'acceptons pas le chantage des lobbies et des multinationales » par Enrico Marro : « Le décret sur le plafonnement du prix des billets d’avion, selon Urso, "est pleinement conforme aux directives européennes sur la protection des consommateurs". Et ce n'est pas tout. Le ministre observe que la critique vient en particulier de Ryanair, "la compagnie sanctionnée onze fois ces dernières années par l'Autorité antitrust précisément en raison de phénomènes de distorsion du marché". Urso est convaincu que les effets du plafonnement de l'algorithme se feront bientôt sentir (le décret a été publié au Journal officiel le 10 août), ce qui "évitera la répétition d'augmentations de prix totalement anormales comme celles qui se sont produites après les inondations en Émilie-Romagne ou le déraillement du train de marchandises à Florence", événements qui avaient interrompu le trafic ferroviaire et coïncidé avec une flambée des prix des billets d'avion. Concernant l’alimentation, qui enregistre encore des augmentations de plus de 10 % alors que l'inflation est tombée à 5,9 %, le gouvernement souhaite conclure en septembre le pacte anti-inflation avec l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement, afin de déclencher à partir du 1er octobre la liste des produits à prix réduits. Il faudra toutefois l'accord des industries manufacturières. “Ce sont les mêmes, précise M. Urso, qui ont signé le pacte en France. Je m'attends donc à ce qu'ils fassent de même en Italie". En attendant, l'action de contrôle se poursuit, ajoute le ministre, et d'autres mesures pourraient arriver avec la manœuvre budgétaire, "parce que ce gouvernement n'accepte pas le chantage des lobbies ou des multinationales : le Far West, c'est fini". Les alertes des citoyens sur le site web du ministère jouent également un rôle important, selon M. Urso. “Ils nous ont envoyé la photo du distributeur vendant de l'essence à 2,7 euros le litre et nous avons envoyé la Guardia di Finanza. Cela prouve que le panneau indiquant le prix moyen des carburants que les stations-service doivent afficher depuis le 1er août fonctionne". Mais comment expliquer alors l'augmentation continue des prix à la pompe ? "Les prix ont moins augmenté qu'à la source. Et si l'on retire les accises, on constate que le prix industriel du carburant en Italie est inférieur à celui de la France, de l'Allemagne et de l'Espagne".

ARTICLE, La Repubblica, « Europe, Tajani met en garde la Ligue et FdI : "Jamais d'accord avec l'Afd, ça me dégoûte" par Matteo Pucciarelli : « Le vice-premier ministre Antonio Tajani donne de nouveaux signes d'impatience à l'opinion publique. Invité à la Versiliana de Marina di Pietrasanta, le secrétaire de Forza Italia continue non seulement à critiquer la taxe sur les suprofits, mais ajoute quelques réflexions sur la politique internationale qui sonnent comme un avertissement clair à ses compagnons de route de la droite. "La seule façon possible d'avoir une alternance en Europe est de trouver un accord entre les populaires, les conservateurs et les libéraux. Moi, dit le ministre des affaires étrangères, grâce à ces votes, j'ai déjà battu les socialistes et Salvini n'a pas voté pour moi parce qu'il a dit que nous étions égaux. Je n'en veux pas à Matteo, mais je tiens à réaffirmer que, pour ma part, il n'y a pas d'hésitation à l'égard des socialistes. Personne en Europe ne passera jamais un accord avec Le Pen et Alternative für Deutschland, parce que dire qu'il faut mettre un enfant handicapé dans une classe d'enfants handicapés pour ne pas nuire aux enfants normaux, c'est une honte et pour moi, c'est dégoûtant". Ce "truc me rend malade", dit-il, en référence à la proposition ahurissante lancée en Allemagne par Björn Höcke, est un jugement sans appel visant les alliés internationaux de la Ligue, qui ont certainement les mêmes racines politico-idéologiques que Fratelli d'Italia. Meloni elle-même, parlant de Marine Le Pen dans son interview, avait précisé qu'il n'y avait pas de veto de sa part en vue d'un éventuel changement d'équilibre dans l'UE après les élections européennes de 2024. Et Tajani, qui est vice-président (c'est-à-dire vice-président du Parti populaire européen) du parti au pouvoir à Bruxelles, lance ainsi une nouvelle pique au couple souverainiste. »

COMMENTAIRE, La Repubblica, « Le prix de la paralysie » par Walter Galbiati : « Il est difficile pour un gouvernement qui compte dans ses rangs des négationnistes du climat et un premier ministre qui ne mentionne jamais explicitement le sujet du changement en cours, mais se contente de parler d'une "réalité climatique imprévisible", de mettre en place la politique nécessaire pour contrer les changements dont nous sommes tous témoins. Une étude publiée l'année dernière par l'université de Dartmouth a révélé qu'au cours des vingt dernières années, les vagues de chaleur, causées par le changement climatique provoqué par l'homme, ont coûté à l'économie mondiale un montant estimé à 16 000 milliards de dollars. Une étude de l'Organisation internationale du travail (OIT), l'agence des Nations unies pour les travailleurs, a montré que d'ici 2030, l'équivalent de plus de deux pour cent des heures de travail dans le monde seront perdues chaque année, soit parce qu'il fait trop chaud pour travailler, soit parce que les travailleurs sont contraints de travailler à un rythme plus lent. La Harvard Business Review a calculé que le préjudice mondial s'élèverait à 4 000 milliards de dollars supplémentaires. D'autre part, il n'est pas nécessaire de faire une étude pour se rendre compte qu'en Italie, les régions les plus touchées par la baisse de productivité due à la chaleur seront les régions du sud de l'Italie, où s'il est vrai que l'habitude de travailler à des températures plus élevées est plus grande, il est également vrai que les journées meurtrières sont en train de devenir la norme. Il n'existe actuellement aucune politique au niveau national pour traiter ces questions. Il existe seulement la possibilité de recourir au fonds de licenciement, lorsque les températures dépassent 35 degrés, mais il s'agit d'un outil de restriction peu utilisé car les demandes doivent émaner d'employeurs qui travaillent principalement dans des secteurs tels que l'agriculture et la construction, dont les périodes les plus chargées coïncident avec les mois les plus chauds de l'année. La ministre du travail, Marina Calderone, n'a rien fait à ce sujet, si ce n'est de supposer que les heures des licenciements pour cause de canicule seraient considérées comme n'entrant pas dans le calcul des semaines de la période mobile de deux ans. C'est-à-dire comme des heures supplémentaires par rapport à celles qui sont normalement prévues. La Banque d'Italie a lancé un appel pressant à l'action en calculant, dans une étude, l'impact de la chaleur sur l'économie italienne. Si l'augmentation de la température devait rester similaire à l'actuelle (environ +1,5 degré), le PIB italien ralentirait de 2,8 à 9,5 % d'ici 2100. La chaleur pénalise principalement le secteur agricole (plus présent dans le Sud), mais a également des effets négatifs sur l'industrie et les services. »

ARTICLE, La Repubblica, A. Fraschilla, « Matteo Salvini finance les infrastructures du nord en retirant 2,5 milliards aux fonds destinés au sud » : « Le ministère des Infrastructures dirigé par Matteo Salvini est à la recherche de fonds pour garantir certains travaux prévus par le Pnrr, notamment dans le domaine ferroviaire. C’est ainsi, dans la plus grande discrétion, que le feu vert a été donné pour un remaniement des allocations d'un montant de 2,5 milliards d'euros : des ressources soustraites pour des travaux dans le Centre et le Sud afin de soutenir immédiatement certaines interventions majeures dans le Piémont, en Lombardie et en Vénétie. "C'est un mauvais choix de retirer de l'argent à ceux qui ont des retards historiques en matière d'infrastructures, afin de soutenir une seule partie du pays", a déclaré le député Marco Simiani (PD), qui a soulevé l'affaire et déposé une question parlementaire pour comprendre les raisons qui sous-tendent la décision du ministère de transférer de l'argent vers le Nord, alors que Matteo Salvini est occupé par la campagne médiatique pour le pont sur le détroit de Messine. Les 2,5 milliards d’euros seront immédiatement affectés à d'autres travaux : 1,1 milliard d'euros, soit près de la moitié du montant des fonds déplacés, sera consacré à la ligne à grande vitesse Vérone-Padoue et à la traversée de Vicenza. Le ministère des Infrastructures et des Transports a répondu dans une note : "Aucun des travaux prévus dans le Pnrr ne sera annulé. Tout au plus, ils seront financés avec d'autres fonds pour respecter les accords avec l'Europe et assurer la réalisation de l'infrastructure". Il est rappelé que c'est précisément le ministère’’ qui a assuré l'utilisation des fonds européens et s'est même dit prêt à en gérer d'autres, par exemple pour renforcer le plan de réaménagement des habitations et des banlieues". Un objectif important du nord au sud, après des décennies d'investissements médiocres". »

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Matteo Salvini

ARTICLE, La Stampa, S. Riformato, « Le ministère de l’Intérieur envisage un nouveau décret pour faciliter les expulsions. Rapatriements pour les migrants faisant l’objet d’une procédure judiciaire » : « L’intervention annoncée par Giorgia Meloni et le ministre de l’Intérieur Matteo Piantedosi (Indépendant) d’ici septembre ressemblera sensiblement aux décrets sécurité précédents : une partie sera dédiée à la gestion des flux migratoires et l’autre concernera de nouvelles dispositions pour la protection et le renforcement des forces de police. Sur le front de l’immigration, l’objectif réaffirmé reste le même : « des expulsions plus rapides » synthétise le sous-secrétaire à l’Intérieur Nicola Molteni (Ligue). A Pozzallo, en Sicile, les travaux pour le premier centre de détention administrative des migrants en attente des mesures d’expulsion ont commencé, comme annoncé par le commissaire à l’urgence immigration Valerio Valenti. Les fonctionnaires du ministère de l’Intérieur étudient avec le ministère de la Justice une ‘’simplification procédurale’’ pour éloigner du pays les sujets dangereux. Aujourd’hui, les migrants en attente de procès ne peuvent pas être expulsés. Mais les expulsions subissent les mêmes difficultés qu’à l’accoutumée : peu d’accords avec les pays d’origine et des obstacles pratiques dans l’organisation. Le ministre de l’Intérieur Piantedosi se réjouit malgré cela d’avoir obtenu « au cours de la dernière année une augmentation des expulsions de 30 % ». En nombre absolu, cela signifie qu’entre janvier et juillet 2022, 2000 migrants en situation irrégulière ont été rapatriés contre 2500 sur la même période cette année. L’augmentation de 30 % signifie 500 personnes en plus. Un chiffre qui s’efface devant celui des 12 000 migrants débarqués sur les côtes italiennes durant le mois d’août, plus de 100 000 depuis le début de l’année 2023, soit plus du double par rapport à l’année dernière (+ 107%). Un facteur évident est l’instabilité en Tunisie, qui est devenu, devant la Libye, le premier pays de départ des migrants vers l’Italie. Le gouvernement nie cependant que l’accord signé en juillet avec le président tunisien Kaïs Saied tarde à produire ses effets. »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

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