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13/01/2023

""Marche arrière sur les taxes pour le carburant" - Après les frictions avec les alliés, l’exécutif revoit son décret."

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Italie. Revue de presse.

La presse italienne titre principalement sur la décision du gouvernement Meloni de proposer finalement une réduction des taxes sur les carburants en cas de hausse du prix de ceux-ci. Les commentaires mettent notamment en relief la « marche arrière » de la Présidente du Conseil à la suite des polémiques des derniers jours : « Essence, le décret a été modifié » - Meloni annonce des allégements possibles en cas de recettes supplémentaires venant de la TVA. Le gouvernement convoque les gérants des stations-service après l’annonce d’une grève (Corriere della Sera), « Marche arrière sur les taxes pour le carburant » - Après les frictions avec les alliés, l’exécutif revoit son décret (La Repubblica), « Essence, le gouvernement est en panne » - Le secteur de la distribution des carburants annonce sa première grève contre l’exécutif. Une rencontre se tiendra aujourd’hui au Palais Chigi. La Ligue et Berlusconi affichent leur mécontentement : « Giorgia a tort » » (La Stampa), « Meloni : des allègements seront possibles en cas de hausse des recettes de la TVA » (Sole 24 Ore). La visite à Kiev du ministre du commerce et de l’Industrie et du président du patronat italien Confindustria est aussi citée « Urso (Frères d'Italie) et Bonomi en Ukraine » - Le président du Patronat et le ministre du Made in Italy se rendent à Kiev pour le renforcement des liens économiques et pour la reconstruction (Sole 24 Ore), « « Voilà comment nous reconstruirons l’Ukraine » » - La mission du gouvernement et de Confindustria auprès de Zelensky. Le ministre Urso annonce : Trieste et Venise seront les ports de Kiev » » (Il Messaggero).

Les JT couvrent essentiellement les mesures du gouvernement contre la hausse des prix du carburant.

COULISSES, Corriere della Sera, M. Guerzoni « Les tensions avec la Ligue et Forza Italia « Meloni et Giorgetti agissent seuls » » : « Que ce soit sur la hausse des carburants, les nominations, les concessions balnéaires ou encore l’élection des membres « laïcs » du CSM, il n’y a pas un jour où un représentant de la majorité ne s’exprime en contradiction avec la ligne du Palais Chigi, ce qui alimente les turbulences dans le gouvernement. Si dans les murs de la Présidence du Conseil le mot d’ordre est « pas de marche arrière », les pressions de la Ligue et de Forza Italia sur l’urgence carburant ont réussi néanmoins à ouvrir une faille dans la forteresse Meloni. Le décret « transparence » sur le prix des carburants, adopté en Conseil des ministres et conçu au Palais Chigi, suscite des réactions. « Ce sont Meloni et Giorgetti (Ligue) qui ont tout décidé », rapporte à voix basse un représentant de l’exécutif. De la nomination des directeurs généraux des grandes entreprises d’Etat jusqu’à l’affaire des carburants, « c’est elle qui décide », répète-t-on à la Ligue et à Forza Italia. Parfois on cite aussi le ministre de l’Economie, G. Giorgetti. L’incident de parcours dans la communication sur les mesures concernant les carburants montre bien le niveau de confusion au sein de la majorité. Si Meloni au micro du JT de RaiUno a qualifié d’« affabulations » les rumeurs sur des relations tendues entre les partis de la majorité, il suffit d’écouter les différentes déclarations pour constater les premières failles dans la coalition.  A cela s’ajoute le silence de ceux qui, Salvini le premier, assistent aux difficultés de la Présidente du Conseil sans venir à son secours. Par ailleurs, il y a un autre front où la distance entre les alliés est importante : le mécanisme européen de stabilité (MES). Forza Italia est favorable à voter sa réforme « pour ne pas rester isolés en Europe ». Meloni s’y oppose depuis toujours. Ce qui a poussé le directeur général du MES, Pierre Gramegna, à se rendre à Rome pour une rencontre avec elle. Meloni estime qu’il s’agit d’un instrument « anomal » et demande à l’UE de « vérifier de possibles améliorations ». »

COMMENTAIRE, Corriere della Sera, M. Franco « Les discussions sur le gouvernement, le regard rivé sur les élections régionales » : « L’attention se concentre sur le gouvernement et sur la crainte de Meloni de sembler se contredire sur une mesure, le prix de l’essence, trop épineuse pour être sous-estimée. Les oppositions, de leur côté, semblent occupées essentiellement à rivaliser réciproquement tout en critiquant la coalition de droite. En réalité, les regards sont rivés sur les élections régionales en Lombardie et dans le Latium du 12 février, et sur le congrès du Parti démocrate. Les premières nous diront si et à quel point la popularité de Meloni aura été érodée par l’électorat de ses alliés. Il s’agit du premier véritable test après les élections du 25 septembre dernier. Surtout en Lombardie, une avance trop marquée de Fdi aux dépens de la Ligue et de FI risquerait de représenter un problème pour l’exécutif. Le leadership de Salvini serait remis en cause au sein de son parti et l’hémorragie d’élus de Forza Italia pourrait s’accentuer. Cela agrandirait les failles d’une majorité qui veut se montrer unie. Quant au Latium, une défaite de la gauche aurait de lourdes conséquences sur le congrès du PD. La façon dont le parti prépare cette échéance, au beau milieu du casse-tête sur les règles des primaires, met en exergue la confusion et les querelles internes. Il faudra voir si le résultat du congrès parviendra à chambouler les dynamiques en cours au sein de l’opposition. A ce stade, il n’y a pas de signes d’une remontée du PD, en raison d’un manque de clarté. Les craintes sur le résultat des élections régionales ne font qu’augmenter. »

ENTRETIEN Repubblica, de Giovanbattista Fazzolari (Frères d'Italie), Secrétaire d’Etat à la Présidence du Conseil « Nous respectons notre programme. Des diminutions [de taxes] auront lieu dès que possible" » : « Giorgia Meloni est dans une tempête politique pour avoir affirmé que la baisse des accises n’était pas dans le programme de FdI. En tant que rédacteur de ce programme qu’avez-vous à dire ? Le programme est clair : "stérilisation des recettes de l'État provenant des taxes sur l'énergie et les carburants et réduction automatique de la TVA et des droits d'accise". Cela signifie que nous nous sommes engagés à utiliser les revenus supplémentaires de TVA quand ils sont issus de la hausse des prix du carburant, et ce pour réduire les accises. Mais certains font semblant de ne pas le comprendre. Tout de même, les stations essence annoncent une grève : réussirez-vous à l’empêcher ? Je suis désolé que les distributeurs se soient sentis attaqués, l’objectif de la mesure est de les protéger. Ils dénoncent aussi "la vague de boue" dont ils ont été couverts, et dans la coalition même FI affirme que c’est une erreur d’avoir parlé de spéculation de leur part. Qu’en pensez-vous ? En réalité, il y a peu de phénomènes de spéculation observés. Pour quelques cas isolés c’est toute la filière qui a été mise en cause. Pas par le gouvernement, mais par une onde médiatique entraînée surtout par les forces d’opposition. Je répète, notre intention est de lutter contre les abus et les anomalies. Par exemple avec la mesure qui prévoit qu’on ne puisse pas appliquer un prix supérieur d’un certain pourcentage à la moyenne nationale pour les stations essence des autoroutes. Il faut rappeler que sur certains segments d’autoroute le distributeur opère en situation de monopole. Ne craignez-vous pas que cette affaire détériore vos rapports avec un bloc historique qui a contribué à faire élire le centre-droit ? Les distributeurs de carburant sont en grande partie des électeurs de la coalition du centre-droit. Mais la mesure sur le prix du carburant décidée par le gouvernement Draghi ne récompensait pas les distributeurs. Donc en y réfléchissant, l’abolition, maintenant, de cette mesure temporaire ne leur retire pas d’argent. La question des accises semble la première pierre d’achoppement du gouvernement. Nous assumons ce décret, mais nous savons que ceux qui cherchent des prétextes faciles pour nous attaquer peuvent l’utiliser. Nous avons décidé de ne pas dépenser dix milliards par an pour une réduction généralisée des accises, qui favorise avant tout les classes moyennes supérieures, comme l’a montré la Commission européenne. Au contraire, nous utilisons ces fonds pour aider les familles et les entreprises. Le cas est-il clos ? Ou y a-t-il une marge de manœuvre pour repenser le décret ? Hier il a été corrigé. Il n’y aura pas de réplique de la mesure du gouvernement Draghi. Mais dans le décret nous respectons notre programme : les accises seront réduites, à condition qu’il y ait une augmentation des prix du carburant qui dégage des revenus supplémentaires de TVA. Le décret reprend d’ailleurs une norme de 2007 qui prévoyait ce mécanisme, difficile à appliquer, que nous rendons effective. »

Guerre en Ukraine

ENTRETIEN de Adolfo Urso, ministre des entreprises et du Made in Italy, Il Messaggero,  « Trieste et Venise seront les nouveaux ports de l'Ukraine »: « Adolfo Urso, premier membre de la coalition de droite à se rendre à Kiev en septembre dernier et maintenant ministre des Entreprises et du Made in Italy vient de réaliser une "mission groupée"  à Kiev avec le président de la Confindustria Carlo Bonomi et le conseiller diplomatique de Georgia Meloni Francesco Talo. “Je suis satisfait car aujourd'hui j'ai maintenu la promesse que nous avons faite en septembre, celle que le changement de gouvernement ne modifierait pas le soutien à l'Ukraine.  Avec le président Bonomi nous avons inauguré un nouveau bureau de la Confindustria à Kiev, et la promesse d'ouverture d'un bureau de l’institut pour les affaires étrangères à Lviv est maintenue. Les secteurs italiens les plus présents dans la reconstruction de l'Ukraine seront la haute technologie, l'aérospatial, la sidérurgie. Nous interviendrons probablement aussi dans la logistique avant que les Ukrainiens ne puissent récupérer pleinement les corridors maritimes. Nous nous engageons à coopérer sur le corridor terrestre numéro 5 qui va de Kiev au nord-est de l'Italie. Ainsi Trieste et Venise seront-elles les ports de l'Ukraine, et Vérone sa base logistique. Nous avons aussi discuté des partenariats industriels dans les secteurs de pointe du Made in Italy, du mobilier à l'habillement en passant par l'agroalimentaire. Nous nous sommes aussi mis d'accord pour allouer des espaces d'exposition à l'Ukraine dans les salons commerciaux italiens. Les Ukrainiens, je dois dire, ont été frappé du fait qu'il existe un ministère du Made in Italy, et nous avons convenu que nous les aiderons à faire de même pour qu'ils puisent promouvoir leurs produits à l’échelle internationale. »

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Adolfo Urso et le président ukrainien Volodymyr Zelensky

ARTICLE, La Stampa, G. L. « Piantedosi (Indépendant) et Tajani (Forza Italia) se rendent à Ankara : « moins de départs et plus de rapatriements » » : « Les deux ministres se rendent en Turquie pour promouvoir une collaboration plus importante dans la gestion des migrants. D’abord le chef de la diplomatie, A. Tajani, ce vendredi. Ensuite ce sera le tour du ministre de l’Intérieur, M. Piantedosi, lundi prochain. ‘’Le gouvernement travaille pour résoudre la question migratoire’’ précise Tajani, ‘’ Un engagement fort est nécessaire de la part des pays de la région pour contrer le départ irrégulier des migrants et encourager davantage de rapatriements". Le voyage de Piantedosi s'inscrit dans le cadre de la stratégie gouvernementale de gestion des flux migratoires basée sur des accords avec les pays de départ mais aussi de transit. Entre-temps, la controverse sur le décret relatif à l'immigration, notamment sur le front des opérations de secours menées par les ONG, ne s'est pas apaisée. La présidente d'Azione, Mara Carfagna, accuse : "Ce décret n'est que de la fumée aux yeux de l'opinion publique, c’est de la propagande. Elle ne vise pas à s'attaquer au problème de l'immigration clandestine et à le résoudre, notamment parce que vous n'avez pas la force, la crédibilité et les bonnes alliances au niveau international pour le faire. Les chiffres le disent : plus de 3700 migrants sont déjà arrivés depuis le 1er janvier, soit dix fois plus qu'à la même période en 2022, mais il n'y en avait que 113 à bord des navires des ONG". Mais la députée de la Ligue Laura Ravetto rétorque vivement : " N'est-ce pas ma collègue Carfagna qui, en 2019, avait fait un amendement au décret « sécurité bis » dans lequel elle demandait que les ONG soient obligées d'identifier les personnes à bord ? " »

ARTICLE, La Stampa, G. Longo « L’Iran et les critiques à l’Italie » : « Lors de sa première rencontre avec la presse italienne, l’ambassadeur iranien à Rome, Mohammad Reza Sabouri, a exclu que les manifestants condamnés à mort aient reçu un procès sommaire et ajoute ‘’ La République d'Iran respecte les valeurs humaines mais nous n'acceptons pas que d'autres pays veuillent imposer leur culture. La liberté est l'une des valeurs de l'Islam’’. Ses mots apparaissent comme une réplique aux critiques avancées contre le régime iranien par le Président de la République Sergio Mattarella à l’occasion de la remise de sa lettre de créances, au Quirinal. L’ambassadeur est toutefois prudent ‘’ Téhéran ne se sent pas trahi par l'Italie, mais nous attendons et espérons voir une attitude plus constructive de la part des autorités italiennes, et elles sont là pour maintenir et renforcer nos relations bilatérales’’. Or, la résistance gardée par l'ambassadeur sur la répression des manifestations en Iran a indigné le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani, qui a stigmatisé : "Ce qui se passe en Iran est inacceptable. L'Italie continue de demander la fin immédiate de la répression et un moratoire immédiat sur la peine de mort. Les autorités continuent dans une action de répression aveugle, dans un recours arbitraire à la peine capitale, rendant de plus en plus difficile la reprise d'un dialogue constructif". Il ajoute ensuite : "La ligne rouge a été franchie avec l'exécution des condamnations à mort". Enfin, au sujet de la récente impulsion donnée par Téhéran à son programme nucléaire, il conclut : "Il n'y a pas de troc entre les droits et le dialogue sur la question nucléaire, ce sont deux choses différentes. Si la bombe atomique était en train d'être réalisée, ce ne serait pas négligeable, le monde entier est en train de dialoguer’’. »

ARTICLE, La Repubblica, de T. Ciriaco et G. Colombo, « PNRR [Plan européen de relance], des projets revus et davantage de moyens humains ; les négociations avec l’Europe commencent » : « Lors de la réunion dirigée par le ministre de l’Agriculture Francesco Lollobrigida, tous les ministres déploraient le même problème : le manque de moyens humains et des contrats à durée déterminée inadaptés. Ils demandent à Raffaele Fitto le dépassement de l’échéance fixée à 2026 par Mario Draghi. Ces carences posent un sérieux problème alors que le système requiert une accélération pour que, d’ici fin juin, 27 objectifs aient été remplis et que Bruxelles verse le quatrième chèque d’une valeur de 16 milliards. Fitto ne veut pas de surprises et insiste sur le respect des échéances, les ministres devront en particulier déposer leurs rapports sur l’avancée des projets d’ici la semaine prochaine, pas un jour de plus. L’essoufflement des ministères et la nécessité d’accélérer amène à une autre décision contrainte : la liste de tous les projets d’ici 2026 doit être revue. Il va falloir négocier cela avec Bruxelles. Le gouvernement italien propose de se concentrer sur les projets qui suscitent le plus d’adhésion. Matteo Salvini explique par exemple que personne n’est intéressé aux expérimentations pour développer l’hydrogène vert sur les routes alors que le ministre de la Culture estime que le projet pour Cinecittà est trop vaste et qu’il faut réduire le nombre de studios sur lequel on interviendra. L’objectif est que les négociations avec Bruxelles aboutissent d’ici fin février. Le gouvernement italien souhaiterait également davantage de temps pour dépenser les fonds et que l’échéancier fixé dans le cadre du PNRR soit moins contraignant. De plus, l’intention serait d’intervenir sur la direction italienne en charge du Plan. La majorité, et Fratelli d’Italia en particulier, souhaite évincer l’actuelle directrice du secrétariat technique, Chiara Goretti, et ce n’est pas une simple question de noms. En effet c’est la centralisation de cette tâche par la présidence du Conseil qui est jeu, ce qui implique que le service central opérant aujourd’hui au ministère de l’Economie soit de fait ‘’absorbé’’ par le Palais Chigi. Pour le moment, l’urgence est de renvoyer un signal immédiat sur la mise en œuvre des projets. C’est pourquoi début février au plus tard, il y aura un nouveau décret visant à accélérer les mécanismes qui bloquent encore l’avancée des investissements, une nouvelle opération de simplification avant de s’attaquer à ce qui compte le plus. »

ENTRETIEN, La Repubblica, de Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, « [Contre l’ingérence] de puissances étrangères, davantage de contrôles étaient nécessaires. Je supprimerai les pensions de retraite des députés condamnés »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

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