15/10/2008
Veillée de prière à Vienne

22:18 | Lien permanent | Commentaires (0)
Aujourd’hui en Autriche

Une précision sur l’accident : celui-ci a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi, à 1H18 du matin. Joerg Haider revenait d’une soirée au cours de laquelle il avait consommé de l’alcool. Celle-ci a eu lieu à la discothèque « Le Cabaret » située près du Wörthersee (un lac) à Velden. Une soirée sur le thème « Moulin Rouge Variété » y avait lieu à l’occasion de la sortie d’un nouvel organe de presse « Blitzlicht Revue ». Il est apparu à la soirée avec son attaché de presse Stefan Petzner (devenu, suite au décès de Joerg Haider, le chef du BZÖ)

Après minuit, il a quitté la discothèque et a roulé vers la propriété de la vallée de l’ours où le week-end, une fête devait être organisée pour les 90 ans de sa mère.
Un DVD contenant des chansons de Joerg Haider va paraître en Carinthie. Il est intitulé : « Carinthie, le pays des chants ». Le DVD sera disponible à partir du 25 octobre 2008 au prix de 19,5 euros.

Le chef de file du FPÖ, Hans-Christian Strache va planifier une rencontre avec le successeur de Joerg Haider à la tête du BZÖ Stefan Petzner. Il attend la fin de la période des obsèques pour planifier la réunion.
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14/10/2008
Dernières nouvelles d'Autriche.
Le match de football entre le SK Austria Kärnten et le SK Rapid qui devait avoir lieu samedi à Klagenfurt a été annulé.
Une délégation importante de membres du parti gouvernemental italien de la Ligue du Nord se rendra samedi à l’enterrement. La délégation sera conduite par le Député européen Mario Borghezio. Le député italien remettra aux autorités de Carinthie un livre contenant les condoléances des partisans de la Lega Nord.
Ce mercredi à 18h30, une cérémonie funéraire en hommage à Joerg Haider a lieu à la Cathédrale Saint-Stéphane à Vienne. Le Prêtre Toni Faber dirigera la cérémonie. Le nouveau chef du BZÖ, Stefan Petzner, sera présent.
Jeudi, le corps de Joerg Haider sera exposé dans la salle de la maison du Land de Carinthie à Klagenfurt.
Samedi, le cortège funèbre partira de la Neuer Platz et se rendra à la Cathédrale de Klagenfurt. Le corps sera incinéré. L’urne contenant les cendres sera déposée dans la chapelle familiale située sur la propriété de Joerg Haider, dans la vallée des ours. Le Chancelier fédéral Alfred Gusenbauer et le Vice-Chancelier Wilhelm Molterer seront présents. Mais aussi le Président de la région du Frioul-Vénétie Julienne Renzo Tondo. Il va porter les couleurs de sa région : « Je veux ainsi témoigner de la souffrance de toute notre région pour la mort de Joerg Haider », explique-t-il.
Le bourgmestre conservateur (ÖVP) de Klagenfurt veut donner le nom de Joerg Haider à un parc de la ville.
Une réunion de deuil est prévue la semaine après l’enterrement au parlement du Land. Le 23 octobre aura lieu l’élection du nouveau gouverneur de Carinthie.
19:39 | Lien permanent | Commentaires (0)
Cérémonie

19:09 | Lien permanent | Commentaires (0)
Une marée de bougies.

18:37 | Lien permanent | Commentaires (0)
13/10/2008
Enterrement de Joerg Haider
Joerg Haider sera enterré samedi dans sa propriété de « La vallée des ours » en Carinthie. Avant son enterrement, son corps sera exposé au minimum un jour à Klagenfurt.
21:25 | Lien permanent | Commentaires (0)
Le BZÖ a un nouveau président

Il a 27 ans et s’appelle Stefan Petzner. Il va poursuivre l’œuvre de Joerg Haider.
Son objectif est d’éviter une coalition sociale-démocrate – conservatrice. Pourtant, suite à la crise financière et au décès de Joerg Haider, les conservateurs de l’ÖVP ne veulent plus d’une coalition avec les deux partis nationalistes. Ils veulent reconduire la coalition avec les sociaux-démocrates.
Stefan Petzner est un intime de Joerg Haider. Il est né dans une famille d’agriculteurs adeptes du FPÖ (Á l’époque, le parti de Joerg Haider).
21:17 | Lien permanent | Commentaires (0)
12/10/2008
La droite autrichienne perd son icône.
Voici un article, que j'ai traduit, qui se trouve sur le site Internet de la télévision publique allemande ARD.
Accident mortel de Joerg Haider
.
De Andrea Mülberger, ARD-Studio de la radio à Vienne.
Il y a peu, ils fêtaient encore leur victoire. Maintenant règne le deuil. Suite à la mort de Joerg Haider, le droite autrichienne a perdu son icône. Beaucoup de gens pleurent, particulièrement dans le Land de Carinthie.
Les travaux sont encore en cours à l'endroit où l'accident a eu lieu. Les ouvriers montent à nouveau le panneau de circulation que Joerg Haider a endommagé lorsque son véhicule de fonction a quitté la route après une manoeuvre de dépassement. De nombreux habitants de la Carinthie se sont rassemblés là afin de se convaincre que la nouvelle de la mort de leur gouverneur est vraie. Ils déposent des fleurs et allument des bougies.
"Il était un peu un héros pour nous" dit une femme. En Carinthie, la consternation est particulièrement grande. Plus que dans le reste de l'Autriche, le populiste de droite avait toujours une large influence politique et était particulièrement apprécié – même chez les étrangers. “Il n'était pas raciste, il était le meilleur politicien que j'ai connu – mondialement" explique un Indien, qui vit depuis plus de vingt ans en Autriche. L'homme pense que Jörg Haider était son ami. Il rejette l'image de racisme: "Ce n'est pas vrai, les médias l'on présenté tel qu'il n'est pas. Je le connais personnellement et connais aussi beaucoup de sa carrière. Il a toujours aidé honnêtement les étrangers et les travailleurs immigrés. Il a dit que seuls les délinquants ne doivent pas être ici.
Dans le centre de Klagenfurt, au siège du gouverneur de Carinthie, des personnes de toutes les classes d'âges écrivent jusque tard dans la nuit dans un livre de condoléances. Un peu plus loin, dans le stade de Klagenfurt se réunissent les membres du parti de Jörg Haider, Bündnis Zukunft Österreich (BZÖ), pour une célébration de deuil. Le chef du parti encourage les personnes présentes, à rester unies en ces heures amères, et à poursuivre la vision politique du défunt.
Pour beaucoup de nationalistes, Joerg Haider était une sorte de père politique. Aussi pour l'ancien chef du BZÖ Peter Westenthaler, qui a du céder, suite à des ennuis judiciaires, son poste à Joerg Haider, "Je perds personnellement la personne de ma vie Jörg Haider. Je suis entré , grâce à lui, en politique il y a exactement vingt ans. Et aujourd'hui, je dois déplorer son décès."
…
La disparition de Joerg Haider laisse un grand trou dans le monde nationaliste autrichien. C'est en grande partie à Joerg Haider que la droite extrême est, depuis les années 80, à nouveau forte en Autriche.
…
L'ancien chancellier conservateur Wolfgang Schüssel, qui a en l'an 2000, de par sa coalition avec le FPÖ de Joerg Haider, a provoqué des sanctions de l'union européenne qui ont duré des semaines, apprécie le travail du défunt ainsi: "Il a voulu beaucoup de choses positives, dont une partie n'ont pas abouti, mais il a aussi rendu possible des réformes dans le Land de Carinthie et en Autriche, qui sinon n'auraient pas été possibles."
22:18 | Lien permanent | Commentaires (0)
Joerg Haider: l'accident de voiture.
Le dirigeant du Parquet de Klagenfurt a déclaré que Joerg Haider n’avait aucune chance de survie. Plusieurs blessures graves ont été constatées. Ces blessures conduisent à la mort immédiate. Il doit être mort sur place.
Les photos de l’accident :http://www.spiegel.de/fotostrecke/fotostrecke-36045.html#backToArticle=583641
Joerg Haider roulait seul dans sa voiture à 142km/h. La vitesse autorisée à cet endroit est de 70km/h. Il a dépassé une autre voiture et ensuite sa voiture, une VW Phaeton agée de trois mois, a quitté la route.
Il se rendait à une réunion familiale dans sa propriété "La vallée des ours" où une fête était organisée à l'occasion des 90 ans de sa mère.
19:15 | Lien permanent | Commentaires (0)
11/10/2008
Réactions suite aux décès de Joerg Haider.
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EN AUTRICHE
Heinz Fischer, président de l'Autriche : Evoquant une "tragédie humaine", le président Heinz Fischer a salué la mémoire d'"un homme politique de grand talent", qui a su "susciter l'enthousiasme mais aussi de fermes critiques". (Déclaration, samedi 11 octobre)
Werner Faymann, nouveau dirigeant social-démocrate : a pour sa part évoqué un "homme politique d'exception" dont la disparition le touchait "profondément". (Déclaration, samedi 11 octobre)
Wilhelm Molterer, vice-chancelier conservateur (ÖVP) sortant : s'est dit "profondément choqué" par la mort du dirigeant, soulignant son "profond respect" pour son courage politique. (Déclaration, samedi 11 octobre)
Wolfgang Schüssel, ancien chancelier ÖVP : salue "un homme politique extrêmement doué", qui vivait son métier "dans sa chair et dans son âme", "savait écouter et se sentait lié aux gens". (Déclaration, samedi 11 octobre)
Heinz-Christian Strache, nouvel homme fort de l'extrême-droite autrichienne : "Malgré le fait que nos chemins se soient séparés il y a quelques années, Haider a été une des figures les plus marquantes de la Seconde république" autrichienne, a-t-il souligné en regrettant "la perte d'un homme politique de premier plan". (Déclaration, samedi 11 octobre)
Eva Glawischnig, nouvelle dirigeante des Verts (écologistes) en Autriche : a fait part de son "affliction" après la "mort tragique d'une des figures les plus marquantes et controversées de la politique autrichienne des ces dernières décennies". (Déclaration, samedi 11 octobre)
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Joerg Haider: présenter ses condoléances.


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Joerg Haider est décédé.

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08/10/2008
Rencontre Haider et Strache

Voici une traduction que j’ai réalisée d’une partie d’un article de Krone.at
Rencontre des rivaux.
Haider et Strache attirent l’ÖVP.
Á présent, les deux dont on a dit qu’ils ne peuvent pas boire un verre ensemble, se sont rencontrés. Et lors de la conversation entre les chefs de parti du FPÖ et du BZÖ, Heinz-Christian Strache et Jörg Haider, on est même arrivé à une convergence entre les deux partis! Ainsi il se sont mis d’accord pour une collaboration au « niveau des experts » sur les questions économiques, rapporte Strache ce mercredi. On veut aussi inviter d’autres partis. Strache n’exclu pas une participation gouvernementale avec les oranges (BZÖ). Cela dépend toutefois du comportement de l’ÖVP, comment les négociations à propos de la coalition se développent. La rencontre entre Haider et Pröll (ÖVP): "très constructive" et "conversation intéressante" pour la rencontre entre Pröll & Strache. Á propos de la rencontre des deux rivaux: Strache dit: "L’atmosphère était correcte et ça s’est passé d’une manière ordonnée.
…
Le site diepresse.com précise que les deux partis nationalistes vont mieux travailler ensemble au parlement. Joerg Haider a qualifié la rencontre de réunion des vainqueurs.
21:52 | Lien permanent | Commentaires (0)
06/10/2008
LA CARINTHIE AMÉNAGE UN ASILE

un article que j'ai traduit du Bild.de
Haider veut déplacer les demandeurs d’asile dans une prairie de montagne.
Le populiste de droite Jörg Haider (58) fait encore de l’esclandre en Autriche. Le gouverneur de Carinthie veut aménager dans une prairie située à 1200 mètres d’altitude un asile spécial pouvant accueillir jusque 50 demandeurs d’asile, criminels présumés ou malades! Afin qu’ils ne puissent plus recommencer déclare-t-il au journal « Autriche ».
Et le commissaire aux réfugiés du Land de Carinthie, Gernot Steiner, dit: « loin de l’animation et des centres urbains, nous pouvons, et la police aussi, mieux observer les gens qui leur rendent visite. C’est particulièrement important dans le cas de trafiquants de drogues. Pour les demandeurs d’asile, une surveillance de 24h par des psychologues, des thérapeutes et des travailleurs sociaux est planifiée.
20:31 | Lien permanent | Commentaires (0)
05/10/2008
Nouvelles d'Autriche
Ce jeudi 2 octobre, le président autrichien a reçu les leaders nationalistes. Le matin Heinz-Christian Strache et à midi Joerg Haider.
Les sociaux-démocrates et les sociaux-chrétiens vont tenter de négocier une reconduction de la coalition actuelle. S’ils échouent, la coalition devrait être une alliance entre les conservateurs et les nationalistes.
De son côté, Joerg Haider n’a pas écarté la possibilité d’une coalition regroupant les conservateurs, les écologistes et son propre parti, le BZÖ.
00:20 | Lien permanent | Commentaires (0)
02/10/2008
La copine d'un des deux vainqueurs.
Et oui, elle a 24 ans. C'est la copine de HC Strache, le chef de file du FPÖ.
HC Strache et sa copine.
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Dernières nouvelles politiques.
En Autriche, les nationalistes ont fait la fête après la victoire de dimanche. Le FPÖ en bleu et le BZÖ en orange.
Les photos de la fête chez les « oranges » :
http://diepresse.com/home/politik/neuwahlen/418075/index.do
Les photos de la fête chez les « bleus » :
http://diepresse.com/home/politik/neuwahlen/418081/index.do
L’abaissement de l’âge minimum pour être électeur a largement bénéficié aux nationalistes.
Le Forum libéral, ancienne scission du FPÖ constitué des vrais libéraux, a obtenu 2,03 %. Heide Schmidt fondatrice du Forum libéral et ancienne adversaire de Haider au sein du FPÖ quitte la politique.
Joerg Haider ne veut pas être parlementaire. Il va rester gouverneur du Land de Carinthie à Klagenfurt (sauf s’il peut devenir chancelier d’Autriche). En même temps, il va être le chef du groupe parlementaire au Parlement national à Vienne. Il n’y a pas d’incompatibilité entre l’exercice de ces deux fonctions, ni d’obligation d’être député pour être chef de groupe parlementaire. Par contre, il y a une interdiction d’être gouverneur de Carinthie et député national.
Les résultats définitifs sont attendus dans les prochains jours. Le dépouillement des votes par correspondance est à moitié réalisé.
Résultat provisoire des élections en Autriche:
autres élections:
En Bavière, suite à la raclée que la CSU a subie, le dirigeant du parti et le ministre-président du Land quittent leurs fonctions.
Au Brandebourg, lors des élections locales, les ultranationalistes se présentant sous différentes étiquettes ont obtenu une trentaine de sièges dans les conseils de circonscription et ont des élus dans les conseils municipaux de deux grandes villes : Potsdam et Cottbus. (Ndlr : nous précisons, à l’intention de nos adversaires, que bien entendu nous n’avons rien en commun avec ces partis et ces candidats.)
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01/10/2008
L’Autriche après les élections.
Voici la traduction que j'ai réalisée d'un article (un interview) paru sur le site Internet du journal allemand sueddeutsche Zeitung.
La victoire pour le mythe Haider.
Comment est-ce que ça se passe en Autriche après la poussée nationaliste?
Le politologue et expert d’Haider, Anton Pelinka à propos de l’avenir de l’Autriche, du succès des droites et du paradoxe des élections.
Interview: W. Jaschensky
Anton Pelinka est professeur de science politique et d’étude du nationalisme à la Central European University à Budapest. De 2004 à 2006 il était le doyen de la faculté des sciences politiques et de sociologie de l’université d’Innsbruck. Pelinka réalise des recherches, entre autre, sur le thème du nationalisme et est auteur d’un livre sur Joerg Haider.
sueddeutsche.de: L’Autriche a lors des élections législatives glissé à droite. Presque 30% des électeurs ont choisi un parti nationaliste. Comment expliquer vous cela ?
Anton Pelinka: En Autriche règne un sentiment de peur de l’avenir que beaucoup perçoivent. …
sueddeutsche.de: La protestation contre la grande coalition a finalement profité aux nationalistes.
Pelinka: Juste. Il y avait d’autres possibilités pour les électeurs, mais elles n’ont pas fonctionné. Les écologistes stagnent et les libéraux ne seront pas représentés au parlement. Les nationalistes ont ramassé le vote de rejet. Cela en dit long sur la perception de la société autrichienne.
sueddeutsche.de: Est-ce que les Autrichiens sont plus nationalistes ou rejetent plus les étrangers, que les citoyens d’autres Etats européens.
Pelinka: Je suis prudent avec les généralisations. Mais il n’y a pas d’autres cas comparables en Europe.
sueddeutsche.de: Le parti de Jörg Haider, le Bündnis Zukunft Österreich atteint en tant que parti sans structure et presque sans programme 11% des voix. Est-ce que Haider est le seul responsable de ce succès ?
Pelinka: Je dirais fondamentalement: le mythe Haider. Le BZÖ est avant tout un phénomène de Carinthie. En dehors de la Carinthie et d’une partie du Steiermark, le BZÖ est un Petit parti. En Carinthie, Haider a sa forteresse et depuis la Carinthie, il peut influencer fortement la politique fédérale.
sueddeutsche.de: Est-ce que le parti va exister pour longtemps ou va-t-on vers une réunification du FPÖ et du BZÖ?
Pelinka: C’est une question fortement débattue. … Cela peut se faire sur le modèle de la CDU/CSU. Le FPÖ laisse au BZÖ la Carinthie. Et le FPÖ s’occupe des autres Länder.
sueddeutsche.de: Est-ce que c’est envisageable sous Strache et Haider ?
Pelinka: C’est aujourd’hui difficile à dire. La brouille entre les deux est un fait. Leurs volontés de pouvoir aussi.
sueddeutsche.de: …Qui vote pour le FPÖ?
Pelinka: Avant tout des hommes. Le FPÖ est le seul parti en Autriche qui obtient plus de votes des hommes que des femmes. Sinon, les électeurs du FPÖ sont en moyenne des gens qui ont fait peu d’étude. Le FPÖ est certainement un parti plus prolétaire que le parti social-démocrate. Ce n’est pas un phénomène qui existe seulement en Autriche. En France, le Front national est devenu très fortement un parti d’ouvrier, avant tout au détriment du Parti communiste. En Autriche, on observe la même évolution au détriment du parti social-démocrate. De plus, les électeurs du FPÖ sont en moyenne relativement jeunes. Les gens qui terminent leurs études et on peur de l’avenir. Ceux pour qui l’immigration est aussi un thème avec lequel on peut les mobiliser. Ils cristallisent leurs peurs.
sueddeutsche.de: … Comment peut-on affaiblir les nationalistes. Comme l’a fait l’ancien Chancelier Schlüssel , en les amenant au pouvoir ?...
Pelinka: Il n’y a certainement pas de recettes, mais on peut lancer une offensive politique qui va confronter les nationalistes directement avec des thèmes. Par exemple : l’Europe. Ici, l’ ÖVP et le SPÖ ne doivent pas éviter ces thèmes. En faisant cela ils laissent le champ libre aux nationalistes. Un autre thème est l’immigration. Ils doivent mener une politique d’immigration raisonnable à la place d’une immigration chaotique et anarchique
sueddeutsche.de: Le SPÖ perd massivement des voix, mais est en meilleure position que l’ÖVP. Les sociaux-démocrates ne vont-ils pas se sentir vainqueur ?
Pelinka: J’espère vraiment qu’ils ne vont pas faire cela. C’était déjà en 2006 le début des disputes. Les sociaux-démocrates sont dépendants de l’ ÖVP. C’est le paradoxe du vote. Le parti qui a perdu les élections, c’est le parti social-chrétien (conservateur) qui est au centre. Sans l’ÖVP, il n’y a pas de coalitions possibles. Ou ils décident d’aller dans la grande coalition, ou ils font comme Schüssel après les élections de 1999 et s’allient aux nationalistes. Le chef de l’ÖVP-Chef Wilhelm Molterer à fermement dit qu’il n’y aurait pas de coalition avec le FPÖ. L’ÖVP pourrait aller dans une coalition avec le FPÖ si Molterer part. (Ndlr : Molterer est parti).
sueddeutsche.de: Molterer devrait aussi s’en aller en cas de grande coalition.
Pelinka: Sans doutes. Mais pas à cause du SPÖ, mais parce qu’il est un président endommagé de parti, qu’il n’est plus possible de sauver.
sueddeutsche.de: Sinon, les électeurs vont se demander, avant tout, pourquoi l’ÖVP a appelé à de nouvelles élections.
Pelinka: Exactement.
sueddeutsche.de: Que doit faire la grande coalition pour ne pas rester en plan comme l’autre fois?
Pelinka: Elle a besoin de nouveaux visages aussi avec de nouvelles fonctions. Les ministères ne doivent pas toujours rester la propriété d’un même parti… Ce serait un signal montrant qu’on veut changer les choses. La deuxième serait un programme de gouvernement dont l’objectif ne serait pas seulement d’éviter le succès des autres partis.
sueddeutsche.de: Qui sera le nouveau chancelier fédéral d’Autriche?
Pelinka: Faymann – ou quelqu’un d’autre. Pas Molterer.
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Autriche : premières gesticulations post-életorales.
En Autriche, un changement de dirigeant a eu lieu au sein du parti conservateur / social-chrétien. Ce qui semble démontrer que les deux partis du régime, qui sont les grands perdants du scrutin, veulent poursuivre une coalition qui s'est embourbée, puis a été rejetée par les électeurs.
Ils ont organisé un scrutin électoral qui coute de l'argent au contribuable pour poursuivre la coalition.
Il s'agit du processus normal. C'est seulement s'ils n'arrivent pas à se mettre d'accord qu'ils vont tenter d'autres alliances.
Voici une dépêche de Reuters sur le sujet.
Vers une nouvelle "grande
.
coalition" en Autriche ?
VIENNE (Reuters) - Le leader social-démocrate autrichien Werner Faymann, qui devrait être chargé de former le prochain gouvernement de Vienne, a dit mardi vouloir s'entendre avec le nouveau chef du Parti populaire (ÖVP, conservateur) Josef Pröll.
Un accord entre les deux hommes conduirait à une nouvelle "grande coalition" entre le SPÖ et l'ÖVP, comparable à celle qui a éclaté en juillet dernier après 18 mois au pouvoir, provoquant les législatives anticipées de dimanche, marquées par une forte poussée de l'extrême droite.
"J'ai toujours dit que je pouvais travailler avec Pröll et maintenant il s'agit de le prouver", a dit à la radio autrichienne Faymann, dont les relations avec le prédécesseur de Pröll, Wilhelm Molterer, étaient exécrables.
Pröll, ministre de l'Agriculture du cabinet sortant, a pris lundi la direction du Parti populaire, grand perdant des élections législatives où il a réalisé son pire score depuis la guerre.
Agé de 40 ans, il avait dirigé le groupe de travail chargé de réformer le programme du parti après les élections de 2006.
Il avait heurté les convictions de la frange la plus conservatrice de l'ÖVP en prônant une politique d'ouverture sur les unions homosexuelles, une idée finalement entérinée par son parti.
Le Parti populaire a perdu près de neuf points dimanche par rapport aux élections de 2006, passant de 34,3% à 25,6% des voix.
A l'extrême droite, le Parti de la liberté (FPÖ) de Heinz-Christian Strache a gagné sept points (de 11% à 18%) et l'Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ) de Jörg Haider a bondi de 4,1% à 11%.
Au total, ces deux formations obtiennent près d'un tiers des suffrages, pratiquement autant que les sociaux-démocrates arrivés en tête du scrutin avec 29,7% des voix.
Pour Haider, une nouvelle "grande coalition" entre SPÖ et VPÖ serait le pire des scénarios pour l'Autriche.
"N'importe quelle combinaison, même sans nous, serait préférable à une coalition entre les sociaux-démocrates et les conservateurs", a-t-il dit mardi lors d'une conférence de presse.
Pour Strache, son rival à l'extrême droite, la nomination de Pröll à la tête du Parti populaire semble pourtant bien annoncer la constitution d'une nouvelle "grande coalition".
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29/09/2008
Autriche : les nationalistes en position de force.
par Lionel Baland
.
Les résultats des élections en Autriche mettent les deux partis du régime dans une posture inconfortable.
Soit ils gouvernent ensemble, alors que les électeurs viennent de les sanctionner. Ils apparaissent comme ayant dépensé beaucoup d’argent pour organiser des élections qui n’ont servi à rien et ils bafouent la volonté des électeurs en poursuivant une coalition qui vient d’être rejetée par l’électeur.
Soit les sociaux-démocrates gouvernent avec les nationalistes. Ce qu’ils rejettent pour le moment. Mais ils peuvent changer d’avis.
Soit les conservateurs et les nationalistes s’allient. La question qui se pose alors est de savoir si le chancelier sera conservateur ou nationaliste. En effet, les deux partis nationalistes obtiennent ensemble plus de voix que les conservateurs.
Les meilleures solutions pour les patriotes sont :
soit une coalition entre les sociaux-démocrates et les nationalistes, ce qui mettrait en mauvaise posture les partis de gauche en Europe et briserait les derniers tabous en matière d’alliance avec les nationalistes.
soit une reconduction de la majorité actuelle sociale-démocrate conservatrice, ce qui ouvrirait la porte à une poussée encore plus spectaculaire des partis nationalistes. De plus, les élections en Carinthie ayant lieu l’année prochaine, cela favoriserait l’obtention d’une majorité absolue pour les deux partis nationalistes dans ce Land gouverné par Jörg Haider.
soit une coalition conservatrice nationaliste avec un chancelier nationaliste.
Une moins bonne solution serait une coalition conservatrice nationaliste avec un chancellier conservateur, puisque cette formule a déja existé dans le passé.
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28/09/2008
Les nationalistes maîtres du jeu?
Le leader d'extrême-droite Heinz-Christian Strache est le grand vainqueur des élections législatives anticipées qui se sont déroulées ce dimanche. Avec autour de 18% et 35 sièges, son parti le FPÖ enregistre une progression spectaculaire par rapport à 2006. Ce jeune dirigeant politique - il a 39 ans - réalise ainsi un coup de maître en s'imposant sur la scène nationale pour son premier essai.
Son grand rival, un vieux loup de la politique autrichienne, Jörg Haider, obtient lui aussi un excellent résultat. Son parti, le BZÖ, triple son score de 2006, et il disposera de 23 sièges. Haider estime au vu des résultats que son parti est devenu "respectable". Et il a fait acte de candidature pour participer au futur gouvernement.
Ce ne sera en tout état de cause pas avec le parti social-démocrate, le SPÖ, de Werner Faymann. Arrivé en tête avec près de 30% des suffrages, soit 56 sièges, Faymann va être chargé par le président de former un nouveau gouvernement. Et il a dès ce soir exclu tout accord avec l'extrême-droite. Il a d'ailleurs d'emblée proposé au parti populaire ÖVP de Wilhelm Molterer de reconduire une grande coalition. Mais Molterer, dont le parti subit une chute de 9 points par rapport à 2006, soit 50 sièges, s'est bien gardé de lui répondre. Il veut réfléchir.
Les Verts d'Alexander van der Bellen stabilisent leur score. 10,0% et 19 sièges. Ils aimeraient participer au prochain gouvernement. Mais il faudrait pour cela que se constitue une coalition à trois. C'est bien là l'un des éléments du casse-tête politique autrichien. Avec cette progression impressionnante de l'extrême-droite, le scénario le plus vraisemblable semble une reconduction de la coalition entre sociaux-démocrates et conservateurs du parti populaire.
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3 élections, 3 déroutes pour les partis du système.
par Lionel Baland
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Ce dimanche 28 septembre ont eu lieu trois élections : les législatives en Autriche ; les élections au parlement de Bavière et les municipales au Brandebourg.
En Autriche, les deux partis nationalistes obtiennent près de 30 % des voix, au détriment des deux partis du régime.
En Bavière, la CSU qui gouvernait la région depuis 1962 avec une majorité absolue perd sa majorité absolue. Le grand vainqueur est le mouvement des « électeurs libres », constitué de citoyens rejetant les partis politiques.
Au Brandebourg, la région située autour de Berlin, mais dont Berlin ne fait pas partie, les élections municipales servaient de test et de préparation aux élections du parlement du Land qui auront lieu l’année prochaine. Le parti Die Linke, héritier du parti communiste d’Allemagne de l’Est est le grand vainqueur. Il est à noter que la DVU (1,5%) ne progresse pas. Il s’agit d’un parti nationaliste extrémiste qui appartient à un richissime éditeur munichois. Le NPD, un parti ultranationaliste et ultra-extrémiste, adepte des solutions musclées passe de 0,5 à 2%. Le NPD et la DVU ont l’habitude de travailler ensemble. (Il est bien entendu que nous n’avons rien en commun avec ces deux partis).
Le lien entre ces trois élections est le rejet des partis du régime. En Autriche, ce sont les patriotes qui empochent la mise, en Bavière « les électeurs libres » et au Brandebourg les postcommunistes.
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Elections en Bavière: cuisante défaite pour la CSU, alliée d'Angela Merkel
BERLIN (AFP) - La CSU, alliée de la CDU de la chancelière conservatrice allemande Angela Merkel, a perdu dimanche aux élections régionales en Bavière la majorité absolue qu'elle détenait depuis 46 ans, selon des sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote pour les télévisions
L'Union chrétienne-sociale (CSU), alliée bavaroise de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de Mme Merkel, recueillerait 43% des suffrages, contre 60,7% en 2003, selon ces sondages.
Elle obtiendrait 87 sièges au parlement régional de ce riche Etat, contre 124 en 2003, et devra se trouver un partenaire de coalition pour continuer à gouverner.
Celui-ci pourrait être le Parti libéral FDP, qui reviendrait au parlement de Bavière après 14 ans d'absence, avec environ 8% des suffrages, soit 17 sièges, et/ou les "sans étiquette" qui obtiendraient 10% des voix (20 sièges).
"C'est le meilleur résultat que notre parti ait jamais obtenu en Bavière", s'est félicité Guido Westerwelle, président du FDP.
En revanche, le parti social-démocrate (SPD), adversaire traditionnel des conservateurs mais leur partenaire dans le gouvernement de coalition au niveau fédéral, n'a pas profité du recul de la CSU, recueillant 19% des voix contre 19,1% en 2003.
"C'est un jour noir pour la CSU", a admis la secrétaire générale du parti, Christine Haderthauer. "Nous avons clairement raté notre cible".
"C'est un jour noir pour la CSU et une bonne journée pour la Bavière", a estimé de son côté la responsable des Verts Margarete Bause, dont la formation serait passé de 7,7% à 9% des suffrages (15 à 18 sièges).
Les représentants de l'opposition ont affirmé qu'il était désormais possible de former une majorité contre la CSU qui, selon Mme Bause, n'a plus de mandat pour gouverner.
La participation électorale se serait élevée à 57%, selon les projections, comparable à celle de 2003.
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Autriche : premiers résultats (AFP)
Voici une dépêche AFP à propos des premiers résultats
Les Autrichiens ont sévèrement sanctionné la coalition gauche-droite, au terme de 20 mois de paralysie gouvernementale, au profit des partis d'extrême droite lors des législatives anticipées dimanche, selon les estimations des médias à la clôture du scrutin.
Les deux grands partis autrichiens, le social-démocrate SPÖ et le conservateur ÖVP, devraient, selon ces estimations publiées à 15h00 GMT, enregistrer leur plus mauvais score historique.
Mais, paradoxalement, l'arithmétique et la logique politique devraient conduire à une reconduction du gouvernement de grande coalition des deux perdants.
Quoique toujours en tête, les sociaux-démocrates perdent plus de 6 points de pourcentage avec un résultat autour de 29% par rapport à leur score de 2006. Pour les conservateurs, la chute est encore plus lourde, à 25,1% contre 34,3% il y a deux ans.
Le parti d'extrême droite FPÖ fait un bond de plus de 7 points autour de 18% et le parti populiste BZÖ de Jörg Haider est crédité de 11,7% à 11,9%, triplant presque son score de 2006 (4,1%).
Quant aux Verts, encore de justesse troisième formation politique en 2006, ils sont relégués au 5e rang avec autour de 10% des voix (11,5% auparavant).
Ainsi, si l'on additionne les voix de l'extrême droite FPÖ et du parti populiste BZÖ, l'extrême droite dépasserait son score historique de 1999 lorsque le parti de Jörg Haider avait atteint 26,9% des voix.
Si ces estimations de l'institut ARGES pour l'agence de presse APA et de l'institut SORA pour la télévision publique ORF se confirment, les Autrichiens ont sanctionné les partis de la coalition gouvernementale gauche-droite qui a échoué après 20 mois de querelles, au profit de l'extrême droite.
Le Parti social-démocrate SPÖ, fondé en 1885, et les démocrates-chrétiens du Parti du peuple (ÖVP) enregistreraient ainsi leur plus mauvais score historique. Et cela non seulement depuis l'après-Deuxième Guerre mondiale, mais même depuis la naissance de la République, issue en 1918 de l'Empire austro-hongrois après la défaite de la Première Guerre mondiale.
L'impasse gouvernementale sur tous les grands dossiers a surtout profité au FPÖ du bouillant Heinz-Christian Strache qui redevient ainsi la troisième force politique du pays, position déjà occupée dans les années 1990 et au début des années 2000. Mais, son ancien mentor, Jörg Haider, peut lui aussi se considérer comme l'un des vainqueurs du scrutin.
La gauche s'était dotée d'un nouveau dirigeant en juin, Werner Faymann, 48 ans, en remplacement du chancelier Alfred Gusenbauer, qui n'avait plus la confiance des militants.
Affichant un perpétuel sourire, Werner Faymann a caracolé en tête des cotes de popularité des chanceliers potentiels, battant son rival conservateur, le vice-chancelier Wilhelm Molterer, 53 ans, peu charismatique.
Dans une campagne électorale axée surtout sur la lutte contre la vie chère, en s'alliant tantôt avec l'extrême droite, tantôt avec les Verts, Werner Faymann avait in extremis fait adopter pêle-mêle lors de la dernière séance du Parlement le 24 septembre la réduction de moitié du taux de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les médicaments, l'abolition des droits d'inscription universitaires, une substantielle augmentation des retraites et des allocations d'entraide.
En cette journée ensoleillée, le taux de participation parmi les 6,3 millions d'électeurs a atteint un peu plus de 70% contre 78,5% lors du précédent scrutin.
Les résultats définitifs ne seront toutefois connus que le 6 octobre après dépouillement des votes par correspondance, une formule choisie cette année par plus de 580.000 électeurs (9,27%).
Pour la première fois, 183.000 jeunes de 16 et 17 ans, soit 3% de l'électorat, ont pu participer au scrutin et le mandat des députés sera de cinq ans, contre quatre auparavant.
18:49 | Lien permanent | Commentaires (0)
25/09/2008
Autriche : les nationalistes sont de retour.

par Lionel Baland
Article publié dans Synthèse nationale 10.
Les élections législatives en Autriche ont lieu ce 28 septembre 2008. Aux cours des dernières années, l’Autriche a connu une percée spectaculaire des formations nationalistes. En 1999, ayant obtenu 27 % des suffrages, le FPÖ entre dans le gouvernement autrichien. Le FPÖ connaît ensuite un effondrement électoral et une scission : le leader charismatique du parti, Jörg Haider, le quittant pour fonder le BZÖ.
Les électeurs autrichiens sont en présence de deux partis nationalistes aux programmes proches : le FPÖ et le BZÖ. Ces deux partis peuvent-ils survivre ou un des deux partis tuera-t-il l’autre?
Le FPÖ
En 1945, Vienne et l’Autriche sont, à l’instar de Berlin et de l’Allemagne, partagées en zones d’occupation. En 1955, l’occupation de l’Autriche se termine. Les Soviétiques ont accepté la neutralisation du pays et se retirent. Les Alliés occidentaux font de même. C’est à cette époque que le FPÖ est fondé en tant que parti libéral. En 1983, le FPÖ entre dans une coalition avec les sociaux-démocrates (SPÖ).
En 1986, lors de la convention nationale du FPÖ à Innsbruck, Jörg Haider prend le contrôle du parti. Docteur en droit de l’université de Vienne, il représente la tendance nationaliste du FPÖ. En 1989, Jörg Haider devient gouverneur du Land de Carinthie en s’alliant aux conservateurs (ÖVP). Il démissionne de son poste en 1991, suite à des propos controversés sur la politique de l’emploi.
En 1994, la tendance libérale du FPÖ, conduite par Heide Schmidt, quitte le parti. En 1999, Jörg Haider est réélu gouverneur du Land de Carinthie et amène sont parti, qui a obtenu 27% des suffrages au niveau national, au gouvernement national dans une coalition avec les conservateur de l’ÖVP.
Lors des élections de 2002, le FPÖ, ayant mal résisté à l’exercice du Pouvoir, tombe à 10% des voix. Malgré cela, le FPÖ reste au sein du gouvernement, avec les conservateurs. En septembre 2003, Jörg Haider obtient plus de 40% des voix pour le FPÖ lors du scrutin pour le parlement de Carinthie. Il est à nouveau gouverneur du Land dans une coalition avec les sociaux-démocrates (SPÖ).
Le BZÖ
En Avril 2005, des dissensions éclatent entre les dirigeants du FPÖ (toujours au pouvoir). Jörg Haider, partisan de la poursuite de l’exercice du pouvoir, fonde le BZÖ (Mouvement pour l’Avenir de l’Autriche). Les adeptes d’un retour dans l’opposition restant au FPÖ. En octobre 2006, le BZÖ obtient 4,2% des suffrages lors des élections au parlement national. Un gouvernement social-démocrate–conservateur voit le jour : les nationalistes se retrouvent dans l’opposition.
Le FPÖ poursuit sa route sans Haider.
Après le départ de Jörg Haider, Heinz-Christian Strache, l’homme fort du FPÖ de Vienne, est élu président du parti en avril 2005. Lors des élections législatives de 2006, le FPÖ remonte la pente et obtient 11,2% des suffrages nationaux, malgré la concurrence du BZÖ.
Heinz-Christian Strache a 39 ans. Il a fait des études de technicien dentaire, est séparé de son épouse et a deux enfants. Sa ligne politique est liée à la dénonciation du « trop plein d’étranger » et de l’islamisme. Ces thèmes centraux sont : la politique d’immigration, le thème social, la sécurité, les demandes d’asile abusives et la prostitution forcée.
Il a également lancé une campagne intitulée « Liberté pour le Tyrol du Sud ». Il exige un élargissement de l’autonomie pour ce territoire germanophone d’Italie et s’est rapproché du parti "die Freiheitlichen" qui représente les intérêts des germanophones de cette région.
Joerg Haider est de retour
Joerg Haider, gouverneur de Carinthie, ne participait plus à la vie politique nationale depuis plusieurs années. Au début du mois d’août de cette année, Jörg Haider ressurgit sur la scène politique nationale autrichienne. Il dirige le BZÖ lors des prochaines élections législatives.
Bénéficiant des succès engrangés en tant que gouverneur du Land de Carinthie, il a pour objectif d’appliquer à l’ensemble de l’Autriche les méthodes qui ont été les siennes dans la gestion du Land de Carinthie. Son programme : stop à l’augmentation des prix, lutte contre l’immigration, euro scepticisme, rejet de la corruption.
Le système électoral voulant que pour être représenté au Parlement, un parti doit obtenir 4% des voix (ou des mandats directs), la question qui se pose est celle de savoir si le BZÖ passera cette barre des 4%.
Au-delà des élections législatives, se profilent pour 2009 les élections dans le Land de Carinthie. Le BZÖ y est crédité, dans les sondages, de 42% des voix et le FPÖ de 5% des voix. Cela signifie que dans cette partie d’Autriche dirigée par Joerg Haider, un électeur sur deux est prêt à voter nationaliste.
Les deux partis peuvent-ils survivre ensemble?
Les faits nous ont montré que deux partis politiques qui roulent sur la même bande de l’autoroute politique ne peuvent survivre sur le long terme. Un des deux disparaît.
Dans le cas de l’Autriche, une particularité pourrait nous laisser penser que, cependant, les deux partis pourraient exister l’un à côté de l’autre et obtenir tous les deux de bons résultats. Cette particularité vient du fait que le BZÖ est très puissant en Carinthie, dont son membre le plus célèbre, Jörg Haider, est gouverneur ; et quasi inexistant en terme de résultats politiques dans les autres Länder d’Autriche.
Nous pourrions donc assister à un scénario qui verrait le BZÖ représenter le nationalisme en Carinthie et le FPÖ représenter le nationalisme dans le reste de l’Autriche. C’est ce qui se passe en Allemagne, avec les partis de la droite chrétienne. La CSU (Union Sociale Chrétienne : ultraconservatrice, qui roule à droite toute) gouverne la Bavière avec une majorité absolue depuis soixante ans et a fait de cette région, qui au sortir de la Seconde guerre mondiale était la plus pauvre d’Allemagne, un bastion de l’ordre, de la sécurité, de la richesse et du plein emploi. La CDU (Union démocrate chrétienne, de centre droit) représente l’Union dans les autres Länder. Lorsque l’Union participe à un gouvernement, les deux partis obtiennent des ministres nationaux. Il s’agit donc de deux partis différents, totalement indépendants qui gouvernent ensemble.
Si le FPÖ et le BZÖ arrivaient à un tel compromis, cela permettrait aux deux ténors que sont Heinz-Christian Strache et Jörg Haider de coexister au niveau national tout en empêchant les interférences au niveau local. Chacun gardant le contrôle de ses bastions.
En attendant, les deux partis se tirent dessus à boulet rouge. Tous les coups sont permis.
Les enjeux
Le BZÖ passera-t-il la barre des 4% ? Verrons nous à l’issue du scrutin une coalition conservatrice - nationale ÖVP-FPÖ-BZÖ ou une coalition social-démocrate - nationale SPÖ-FPÖ-BZÖ ? Ou l’ancienne coalition entre les sociaux démocrates et les conservateurs SPÖ-ÖVP sera-t-elle reconduite, ouvrant la porte à un succès encore plus grand pour les partis nationalistes? Outre les 3 possibilités citées ici, l’arithmétique électorale permettra-t-elle une autre coalition, par exemple entre les sociaux-démocrates et les écologistes? Le prochain chancelier d’Autriche sera-t-il nationaliste ? Rendez-vous ce 28 septembre 2008, pour les premiers résultats.
Sièges pour chaque parti : (total des sièges au parlement: 183).
| Partis | 2008 | 2006 | 2002 | 1999 | 1995 |
| SPÖ (social-démocrate) |
| 68 | 69 | 65 | 71 |
| ÖVP (conservateur) |
| 66 | 79 | 52 | 52 |
| Grüne (écologiste) |
| 21 | 17 | 14 | 9 |
| FPÖ (nationaliste - HC Strache depuis 2005) |
| 21 | 18 | 52 | 41 |
| BZÖ (nationaliste – Joerg Haider) |
| 7 | 0 | 0 | 0 |
La réaction en chaîne.
Ces élections anticipées sont la conséquence directe du « non » irlandais au référendum sur le Traité de Lisbonne. En effet, le chancelier social-démocrate d’Autriche, voyant dans les sondages l’Union européenne totalement discréditée auprès de la population autrichienne, a profité du « non » irlandais pour réclamer l’approbation de tout nouveau traité européen par référendum. Suite à cette déclaration, les conservateurs ont fait tomber le gouvernement.
Il est vrai qu’en Autriche, les sociaux-démocrates sont loin d’être allergiques au nationalisme. Ils n’ont pas hésité à gouverner en Carinthie avec Joerg Haider et le Parti social-démocrate n’a abandonné l’idée d’une annexion de l’Autriche à l’Allemagne qu’en 1950 (1).
Pour plus d’informations :
Mon site : http://lionelbaland.hautetfort.com/
Le site du FPÖ (en allemand) : http://www.fpoe.at/
Le site du BZÖ (en allemand) : http://www.bzoe.at/
(1) HUBERT Laurence, Jörg Haider, le successeur ?, Éditions Luc Pire, Bruxelles, 2000, p.41.
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