Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

13/08/2008

Interview de HC Strache, leader du FPÖ

Voici la traduction que j'ai réalisée d'un Interview de HC Strache, leader du FPÖ, parue dans Profil, un organe de presse autrichien.

Im aktuellen PROFIL profil 33/08

"Si Haider entre en campagne, je m’en réjouis"

  • Le chef du FPÖ, Strache en conversation avec Profil.

 clip_image001.jpg

 

Le chef du FPÖ Heinz-Christian Strache à propos de ses vacances à l’étranger, la  “maladie homosexuelle“, le footballer Ümit Korkmaz et son job de rêve en politique.

profil: vous êtes le seul candidat de tête qui part maintenant pour un long moment en vacances. Ne renoncez-vous pas maintenant?

Strache: je suis le seul honnête. Je m’amuse du fait que les autres politiciens ne vont jamais en voyage, et quand ils le font c’est seulement en Autriche. Je rencontre souvent dans l’avion des collaborateurs politiques. J’ai rencontré Peter Wes­tenthaler dans un vol vers la Thailande. Il a raconté qu’il était pendant ce temps là en Autriche. Qui dit qu’il a beaucoup de travail et qu’il n’a pas besoin de vacances est un escroc. Je ne trompe pas les gens.

profil: le choix du lieu de vos vacances nous émerveille aussi. Vous êtes le représentant d’un parti autrichien et partez en voyage à l’étranger.

Strache: c’est une absurdité que de vouloir lier le patriotisme au choix d’un lieu de vacances. Cela se mesure à bien d’autres choses.

profil: Vous ne serez pas, comme attendu, opposé au cours de la campagne à Peter Westenthaler, mais probablement à Jörg Haider. Comment est-ce lorsque l’on doit affronter le mentor et le grand exemple qu’est pour vous Joerg Haider.

Strache: Haider n’a jamais été mon mentor. Et je ne combats pas contre les petits mais contre les grands partis complètement encroûtés: SPÖ et ÖVP. Je me réjouirais si Haider s’engageait dans la campagne et s’il assumait enfin, une fois lui-même, la défaite. Mais j’ai peur qu’il soit trop lâche pour cela et qu’il utilise Westenthaler comme paravent.

profil: Votre ancien dauphin à la tête du parti Karlheinz Klement a été exclu du parti et se présente en Carinthie avec sa propre liste FPÖ. Comment est-ce que les électeurs peuvent s’y reconnaître ?

Strache: C’est un non-sens et ce n’est pas légitime. Les autorités de vote doivent aussi décider que ce n'est pas légitime. Il y a seulement un FPÖ. Tout autre est une tromperie à bon marché de l’électeur, comme nous en connaissons de la part du BZÖ.

profil: Pourquoi avez-vous exclu Klement du FPÖ. Vous était-il si extrême?

Strache: il n’avait pas d’esprit d’équipe, il ne nous renforçait pas. Qui veut un mandat chez nous doit être performant.

profil: Klement a entre autre désigné l’homosexualité comme « culture de la mort ».  Approuvez-vous ces propos?

Strache: Je n’approuve pas cette représentation, ce ne sont pas mes mots. Mais nous écartons le mariage homosexuel. Nous n’avons pas besoin en Autriche de la promotion de relations basées seulement sur la sexualité. Je suis catholique et chrétien, aussi l’église parle-t-elle de la maladie homosexuelle. Je suis de l’avis du Saint-Père, que tous les politiciens catholiques partagent, de ne pas subventionner le couple homosexuel.

profil: Klement a aussi parlé de folie du genre.

Strache: Quand nous voyons que les femmes sont à peine représentées sur sa liste, ça doit être ses idées..La folie du genre se joue aujourd’hui. Lors des séparations, les femmes sont préférées.

profil: Financièrement, les hommes sont privilégiés lors des séparations.

Strache: C’est vrai, mais il y a de nombreux cas, où les hommes ne sont plus autorisés à voir leurs enfants. Là, les hommes sont lésés.

profil: Pourquoi le FPÖ est-il un parti dominé par les hommes?

Strache: Nous sommes un parti de la justice et de la liberté.

profil: Et ça ne correspond pas aux femmes?

Strache: Bien entendu que si. Nous augmentons aussi la participation des femmes, mais nous n’avons pas de pourcentages imposés. Les femmes ne sont peut-être pas si égoïstes que les hommes, qui sont plus orientés vers leurs carrières. La question, de savoir si quelqu’un représente la requête féminine, on ne peut pas le réduire au sexe. Moi, par exemple, en tant que politicien, je me sens également excellement représenté par une politicienne telle que Barbara Rosenkranz.

profil:... à propos de l’Islam.

Strache: Nous restons sur nos exigences. Dans notre pays européen chrétien l’Islam n’a pas de bien-fondé historique et culturel. Nous n’allons pas mener de combats anti-étrangers, mais nous voulons placer les intérêts des Autrichiens au centre. Les étrangers ne doivent pas recevoir de prestations sociales

profil: ce n’est pas praticable. Les immigrés payent aussi les cotisations sociales

Strache: c’est pourquoi il y a 22 organismes de sécurité sociale. Nous voulons les réduire à trois : un pour les Autrichiens, un pour les citoyens de l’Union européenne, un pour les autres.

profil: Différencier les citoyens européens des Autrichiens, c’est contraire aux principes fondamentaux de l’Union européenne

Strache: C’est ce que disent l’ÖVP et le SPÖ, mais ce n’est pas vrai.

profil: Ca se trouve dans tous les jugements de la Cour européenne.

 Strache: Qui dit que quelque chose n’est pas possible ne veut simplement pas. Nous voulons l’équité des prestations: les citoyens peuvent prétendre à toutes les prestations sociales  particulières. Les immigrés, par contre, ne doivent pas dés le premier jour recevoir des allocations familiales et une habitation sociale. Ils doivent cotiser dix ans avant de recevoir cela.

profil: Il y a aussi des Autrichiens, qui sont bénéficiaires net de l’Etat social.

 Strache: Mais dans ce cas, les générations précédentes ont payé, le père, le grand-père. Et on doit faire une différence entre les citoyens et les non citoyens.…

profil: C’est aussi valable chez certains Autrichiens.

Strache: Chez les Autrichiens, je ne peux pas me représenter, si c’est courrant ou pas. Chez les étrangers, c’est courrant.

...

profil: L’action du bus de Joerg Haider vous plait-elle? Non, je n’attends rien du fait d’envoyer un demandeur d’asile d’un Land vers un autre.: Si c’est un criminel , il doit être expulsé du pays.

profil: Le footballer Ümit Korkmaz a demandé dans une interview: Que fait Strache, quand le stade crie « Ü-Ü » ? Que faites-vous ?

Strache: Que dois-je faire? Quand quelqu’un joue bien au football, alors je m’en réjouis Et je me réjouis quand il est bien intégré. Il y a assez de gens qui viennent d’Europe de l’Est, comme des Serbes, qui sont excellemment intégrés. Mais les gens qui viennent des pays musulmans ne montrent pas souvent de volonté d’intégration.

profil: Vous appréciez les Serbes. Vous êtes allés souvent à Belgrade. Lors de l’arrestation de Radovan Karadzic, vous vous êtes visiblement tu. Pourquoi?

Strache: Je peux seulement condamner fermement cette arrestation. Visiblement, jusque là, Monsieur Karadzic pouvait se mouvoir librement et maintenant la Serbie a décidé de plier le genoux devant l’Union européenne et de le  livrer …

profil: Karadzic est rendu responsable de massacres et génocides. Doutez-vous de cela ?

Strache: Ie n’ai pas à pré-condamner quelqu’un. Il y a la présomption d’innocence.

profil: Sans quoi vous accordez moins de valeur à la présomption d’innocence.


Strache: Je n’ai pas examiné les reproches que l’on fait à Monsieur Karadzic. Mais je condamne tous les crimes contre l’humanité. Aussi longtemps qu’il n’y  a pas de jugements, on doit attendre pour savoir qui est responsable pour les crimes.

profil: Que pensez –vous du Tribunal Pénal international?

Strache: Cela a un sens de juger les crimes contre l’humanité, de manière internationale. C.a me consterne seulement que les Américains n’aient pas reconnu le TPI C’est un des plus grands crimes de l’administration Bush. Une super-puissance autoproclamée ne se trouve pas sous juridiction internationale. Il serait sage que l’Europe ne soit pas seulement orientée vers les USA et l’Otan, mais un peu plus vers la Russie.  L’union européenne doit accroître chaque contact.

profil: Votre ligne par rapport à l’Union européenne ne nous est pas claire. Si vous pouviez aujourd’hui décider,  quitteriez vous l’Union européenne?

Strache: La question ne se pose pas.

profil: Nous vous la posons.

Strache: Nous avons d’autres problèmes: l’Union européenne n’est pas sociale et est loin du citoyen. Je veux changer l’Europe et ne pas devenir une province de Bruxelles. La majorité du peuple serait pour une Europe sociale.

profil: Qu’est ce que c’est pour vous que la justice sociale?

Strache: Le grand problème, c’est l’augmentation des prix et l’inflation. L’Etat doit intervenir pour réguler les prix dans le domaine de l’énergie, des aliments de base et des médicaments. En outre, la TVA doit être divisée en deux. Et à moyen terme, nous devons renforcer les classes moyennes. Abaissement de tous les impôts. Les impôts les plus hauts doivent être limités à 45% et pas à 50%.

profil: De nos jours, il se trouvent réellement à 43%, si on inclut dans le calcul les 13 et 14ème mois.

Strache:je parle des douze mois. Noël et primes de vacances, je ne les inclus pas ici.

profil: la réduction de moitié de la TVA coûterait deux milliards d’Euros. Votre paquet global coûterait des  milliards. Comment voulez-vous financer cela?

Strache: Le ministère des finances a augmenter les impôts de huit milliards depuis l’an 2000, une réforme de l’administration peut rapporter 5 milliards et moins de bureaucratie peut raporter un milliard. Il y a des sommes énormes si l’on est un peut innovant et a un peu de courage. Mais le ministre des finances est l’inverse de cela. Il est exsangue. Notre concept coûte 6 milliards d’euros. Il y a également les allocations familiales qui doivent être versée jusque l’âge de six ans.

profil: Ce n’est pas possible

Strache: Combien d’enfants naissent par an?

profil: environs 80.000.

Strache Cela coûtera plus, mais seuls les Autrichiens doivent recevoir cela et pas les étrangers.



profil: Afin d’appliquer tout cela, vous devez gouverner. En février, vous avez dit que le SPÖ vous était sympathique. Est-ce encore valable.

Strache: Les différences de personnes n’interfèrent pas avec les qualités politiques. Depuis deux ans nous voyons que le ÖVP et SPÖ n’ont pas la volonté et la capacité de travailler ensemble. Maintenant, ils provoquent des élections qui coûtent des millions d’euros et malgré cela ne réfléchissent pas

...

profil: Voulez-vous gouverner en coalition, ou non?


Strache: Je veux faire chuter les rouge
s et les noirs et réaliser une coalition avec les Autrichiens.

profil: Les coalitions, on les fait avec les partis, pas avec le peuple.


Strache: Si. Je voudrais, ensemble avec les Autrichiens, briser la majorité des 2/3 du SPÖ et de l’ÖVP. ... Nous devons devenir si fort et les autres partis si faibles que cela provoque un changement de mentalité au sein des partis.

profil: Á quel pourcentage pensez-vous ?

Strache: nous démarrons à 11%. Peut-être y aura-t-il un miracle bleu et nous atteindrons 20%.

profil: Vous nous avez plusieurs fois communiqué vos plans Vous voulez devenir chancelier et maire de Vienne Quel job préférez-vous?


Strache: On fait son travail, là où on est en fonction.

profil: Vous êtes le chef, vous pouvez vous même décider où vous serez engagé.

Strache: Pour le moment, il y a des élections fédérales et nous nous concentrons là dessus. S’il y avait en ce moment une élection à Vienne, nous devrions réfléchir à la manière d’expulser le SPÖ du fauteuil de maire.



Interview: Eva Linsinger, Rosemarie Schwaiger

 

 

Les commentaires sont fermés.