06/06/2025
"Meloni et le référendum : "Le non-vote est un droit"."


Italie. Revue de presse.
Les Unes du jour portent sur les relations entre D. Trump et E. Musk « Trump et Musk, disputes et menaces » (Corriere della sera), « Trump et Musk, c’est la guerre » (Repubblica), ainsi que sur les référendums de ce week-end en Italie « Référendum : Meloni freine. Schlein : « elle devrait avoir honte » » (Stampa), « Meloni et le référendum : « le non-vote est un droit » » (Messaggero).
La visite du Chancelier allemand à la Maison Blanche : Corriere della Sera « Le Chancelier passe le test américain. L’objectif principal était de mettre Trump au cœur de tous les sujets et le garder lié à l’Europe. C’était sa mission. Un test d’équilibre. Il a invité le président américain à exercer son pouvoir pour mettre fin à la « terrible » guerre. Comme il l'avait promis au début, Merz a peu parlé, s'est efforcé de rester assis de manière détendue, a beaucoup observé comment Trump utilisait le temps pour parler de l'Autopen de Biden et écarter Elon Musk. Un bon second rôle dans un spectacle qui était destiné à autre chose et qui aurait en effet fait les gros titres. Cela en dit long, peut-être, sur la place que Trump accorde aux relations avec l'Europe dans son agenda ».
La visite du secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth au siège de l’OTAN. Corriere della Sera : « Un accord a été trouvé sur l'objectif en matière de dépenses militaires : 5 % du produit intérieur brut. Les négociations sur le calendrier nécessaire pour y parvenir vont maintenant commencer. Il s'agit du premier résultat concret obtenu par l'administration Trump en matière de relations avec l'Europe. Cependant, de nombreux États, comme l'Italie, doivent également voir cela en considérant aussi des ressources budgétaires limitées. C'est pourquoi, une fois l'objectif de dépenses fixé à 5 %, on travaille désormais à l'élaboration d'un plan économique durable. Tout d'abord, les Américains ont accepté de répartir les investissements : environ 3,5 % pour les armes et 1,5 % pour les infrastructures à double usage civil et militaire, telles que les aéroports, les ports maritimes, les réseaux satellitaires, etc. De cette manière, les gouvernements pensent, ou espèrent, rendre plus acceptable pour l'opinion publique le transfert d'importantes ressources financières vers la défense. L'Italie, par exemple, devrait passer d'environ 32 milliards à plus de 100 milliards (à valeur du PIB plus ou moins constante). Est-ce possible ? Pour le ministre de la Défense, Guido Crosetto (Frères d'Italie), « 5 % est impossible pour nous à l'heure actuelle ; cela peut être une perspective si les dirigeants la fixent à long terme ; l'Italie peut atteindre 3,5 % et les 1,5 % restants, qui doivent être dissociés des investissements purs dans la défense, d'ici 2035 ». Voilà le problème à résoudre d'ici le sommet de La Haye ». Corriere della Sera : « La posture du gouvernement Meloni est la suivante : négocier sur le pourcentage du PIB et sur les délais pour atteindre les objectifs, en vue du sommet de l’Otan de fin juin. Le gouvernement italien n’utilisera pas les fonds du ReArm en raison des différentes positions au sein de la majorité, bien sûr, mais aussi pour ne pas avoir des retombées sur la dette, comme l’a rappelé récemment le ministre de l’Economie Giorgetti (Ligue). L’Italie devrait augmenter chaque année d’environ 3 voire 4 milliards ses dépenses militaires. Domani : « La répartition annoncée par Rutte correspond à ce qu'a déclaré Guido Crosetto lors de la réunion ministérielle de l'OTAN : le ministre de la Défense a fait référence à « 1,5 % supplémentaire à consacrer à des investissements non strictement militaires mais à double usage », dont l'utilisation ou les retombées peuvent être tant civiles que militaires ».
Propos de G. Meloni à la fête du quotidien La Verità : Repubblica : « Attaque, défense, contre-attaque. Une Giorgia Meloni en version boxeuse part à l’assaut des oppositions pour expliquer le choix de (non) vote aux référendums. Face à l’auditoire amical de La Verità, le quotidien de droite dirigé par Maurizio Belpietro qui la caresse de ses questions, la présidente du Conseil se moque du rendez-vous électoral. « Si j’ai dit que j’irais au bureau de vote et que je ne retirerais pas le bulletin de vote », commence-t-elle, « c’est parce que je pense qu’il est juste de donner un signal de respect pour les urnes et la consultation référendaire, mais je n’en partage pas, avec des nuances différentes, le contenu. Ne pas voter est une option, c’est mon droit », scande-t-elle. « Un droit de tous, des travailleurs et des non-travailleurs » ». Corriere della Sera : « Meloni a aussi expliqué que le résultat des prochaines élections régionales en automne n’aura aucun impact sur la tenue du gouvernement, elle a également démenti le récit des oppositions selon lesquelles l’Italie serait « isolée » en politique étrangère, ainsi qu’en Europe, soulignant ses excellentes relations avec Merz et Macron. L’Italie, assure-t-elle, n’est pas un « partenaire junior » de la France et de l’Allemagne. Sur l’Ukraine, Meloni a affirmé qu’elle soutiendra Trump dans ses efforts pour trouver une trêve entre Kiev et Moscou. Enfin sur les droits de douane, elle revendique le travail diplomatique de l’Italie ».
Débat sur la limite du troisième mandat. Il Messaggero : « Le coordinateur de Fratelli d’Italia, Giovanni Donzelli, assure qu’il y aura au sein de la majorité une « discussion laïque » sur la limite du troisième mandat. Même s’il est difficile que cela sera adopté avant la prochaine séquence d’élections régionales à partir de l’automne. L’hypothèse d’un décret de loi est écartée, le Quirinal ne pouvant pas autoriser un tel instrument en l’absence de la condition d’urgence. La seule issue serait celle d’un projet de loi. Or, pour cela il faudrait compter au moins deux mois, comme le prévoit le règlement parlementaire pour l’examen des textes en commission. Ce qui veut dire que s’il était adopté, le projet de loi ne viendrait pas en aide de Zaia dans sa nouvelle course pour la Vénétie. En revanche, cela aiderait Fedriga dans le Frioul et Marsilio dans les Abruzzes, puisque les élections, dans ces régions, se tiendront plus tard. Il y a enfin l’idée d’insérer le troisième mandat dans la prochaine loi électorale. Mais il y aurait l’inconnue des voix, puisque Forza Italia a déjà exprimé une position défavorable, en bloc avec les partis d’opposition. ». Sole 24 Ore : « La volte-face de Meloni sur les régions » « Après avoir contesté la loi de Campanie, puis celle de Trento sur le troisième mandat [régional], le parti de Meloni change d’idée. C’était un sujet de fracture avec Salvini, mais il semblerait que la présidente du Conseil ait fait marche arrière. Meloni souhaite « garantir la ‘stabilité’ du Gouvernement », alors que « la relation avec Salvini a été complexe, et pas seulement sur la question du troisième mandat. Elle pourrait davantage se complexifier à l’approche du sommet de l’OTAN fin juin, lors duquel l’augmentation des dépenses militaires et l’activation d’instruments financiers européens seront décidées. À l’automne, cinq régions iront voter et la droite craint de perdre des positions dans le Sud, surtout en Campanie où le Gouverneur avait allumé la mèche du troisième mandat en adoptant ad hoc une loi régionale. En réalité, il ne s’agit pas d’une volte-face, mais d’un élargissement de la réflexion à toutes les régions. Il n'y a pas d'obstacle idéologique à aborder la question si elle serait posée par les régions. Ce qui va suivre n’est pas clair étant donné que, suite au recours du Gouvernement, la Cour Constitutionnelle avait jugé que les mandats ne pouvaient dépasser la limite de deux consécutifs. L’intervention légale sera-t-elle assez rapide, avant les élections régionales en automne ? Entre temps, la déchirure avec la Lega semble réparée, comme le montrent les déclarations satisfaites de ce parti, et celles prudentes de Forza Italia ».
Les référendums. Corriere della Sera : « Climat tendu sur le référendum au sein du Parti démocrate, entre la majorité et le courant réformiste ». « Le PD [Parti démocrate, de centre gauche] se divise à grand bruit au sujet des différentes questions référendaires qui seront soumises aux Italiens ce week-end. L’ancien premier ministre et commissaire européen P. Gentiloni parle de règlement de comptes en famille, des députés européens, à l’ancien ministre du travail en passant par des conseillers régionaux. Le Jobs Act est particulièrement controversé, il serait un retour en arrière sur les droits des travailleurs pour certains, un instrument pour rétablir la compétitivité des entreprises, source de salaires justes et dignes pour d’autres. Le président des sénateurs PD F. Boccia tente une médiation encourageant à participer au référendum qui porte aussi sur l’obtention de la nationalité. Il ne donne pas pour acquis que le quorum sera atteint, mais estime que cela n'est pas nécessaire pour remporter une victoire significative : ‘si le nombre de votants dépasse celui de ceux qui ont soutenu le centre-droit, ce serait une forme de censure contre le gouvernement Meloni’. »
Le réarmement. Corriere della Sera : « Défense, non aux fonds du programme européen ReArm, des ‘solutions internes’ pour financer les nouvelles dépenses » : « L’Italie n’utilisera pas les fonds mis à disposition par Bruxelles à travers le plan ReArmEU : pour financer les nouvelles exigences en matière de défense ‘des solutions seront trouvées en interne’ indique une source proche du gouvernement qui précise ‘en attendant de faire de nouvelles considérations en septembre’. Cela ne signifie pas que l’exécutif se prépare à changer de ligne. Pour l’instant, ce sont sans aucun doute des raisons de politique intérieure qui prévalent, avec notamment le refus réitéré de la Ligue de créer un nouvel écart budgétaire pour financer ce secteur, mais aussi parce que la Présidente du Conseil n’entend pas prêter le flanc aux ‘faux-pacifistes’ de l’opposition. Le ministre Giorgetti (Ligue) ne veut par ailleurs pas compromettre la ‘position vertueuse’ de l’Italie conquise en Europe et sur les marchés. ‘Nous voulons éviter une loi de Finances des plus austères peu avant les élections’ explique l’exécutif. Pour le ministre de la Défense, l’important est de recevoir des garanties sur la disponibilité des fonds afin de respecter les engagements pris dans le cadre de l’OTAN. Lors du Sommet à la fin du mois, G. Meloni négociera sur le pourcentage de PIB et les délais. Le fait est qu'à Bruxelles, le sujet ne sera pas abordé avant six mois, notamment en raison des positions divergentes au sein de l'Union, à commencer par celles de Paris et de Berlin. Macron, qui doit gérer en France une situation budgétaire pour le moins difficile, fait pression pour une intervention économique européenne. Tandis que Merz, qui vient de lancer en Allemagne un vaste plan d'investissements internes pour la défense, prend son temps car il n'est pas favorable à cette solution. La Présidente du Conseil doit donc pour l'instant se débrouiller seule. »
Il Foglio, Antonio Costa, Président du Conseil Européen : « A. Costa considère la rencontre entre Meloni et le président français Emmanuel Macron comme « un pas en avant positif », car « nous devons tous travailler ensemble ». Le moment est délicat et Trump représente le défi immédiat pour l'UE. « Il est désormais clair que renforcer un pilier européen de l'OTAN, œuvrer pour la défense européenne et garantir l'autonomie stratégique est le meilleur moyen de préserver et de renforcer notre alliance transatlantique ». Mais « nous devons éviter d'introduire des difficultés dans cette vision commune de notre avenir », prévient M. Costa : « En créant des problèmes dans notre base économique ou dans celle des États-Unis, nous rendons difficile la mise en place d'une base économique solide pour soutenir cette transition ».
(Traduction : ambassade de France à Rome)
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