28/02/2025
"Le gouvernement se met d’accord pour un "maxibonus" pour les familles."
Italie. Revue de presse.
Les Unes du jour sont consacrées à l’introduction par Donald Trump de droits de douane plus élevés pour les biens européens ("droits de douane, l'effondrement mondial" Repubblica, "droits de douane, Trump épargne Londres et isole l'UE" Stampa, "Trump, les premiers doutes de la Ligue" Giornale), à l'Ukraine ("les troupes en Ukraine. D. Trump freine K. Starmer : d'abord je veux la paix" Messaggero), l’OTAN et les dépenses italiennes pour la défense ("Défense, le plan de Meloni" Corriere della Sera), les aides de l’Etat sur les factures d’énergie ("aides pour les familles" Messaggero, "Des aides sur 3 mois, 200 euros par famille" Stampa).
Les JT couvrent essentiellement, outre les sujets traités par les quotidiens, la visite de Zelensky à la Maison Blanche prévue pour aujourd’hui et la signature de l’accord sur les terres rares, l’état de santé du Pape François et les faits divers.
Repubblica : ‘’Réductions sur les factures d’énergie : deux échelons pour les revenus jusqu’à 25000 euros’’. ‘’Le gouvernement se met d’accord pour un ‘maxibonus’ pour les familles. C’est la formule que Giorgia Meloni choisit pour les aides contre la hausse du coût de l’énergie : ‘nous élargirons les critères de revenus pour les bénéficiaires jusqu’à 25 000 euros’ (alors que le seuil est actuellement fixé à 9 530 euros de revenu annuel), annonce la Présidente du Conseil quand les membres du gouvernement ayant participé à la réunion au Palais Chigi s’interrogent sur les équilibres budgétaires du décret pour une valeur de 2,85 milliards qui sera examiné ce matin en conseil des ministres’’. ‘’Les aides se concentreront sur trois mois, et les familles aux revenus les plus bas bénéficieront de 200 euros d’aide supplémentaires avec la nouvelle formule.’’ Messaggero : ‘’Huit millions de familles pourront recevoir jusqu’à 200€ d’aides sur trois mois. Le décret coûtera près de 3 milliards d’euros et le seuil de revenus pour l’éligibilité a été relevé à 25000 euros. Les ressources seront réparties de façon à peu près égale entre les familles et les entreprises. Le nouveau rôle de l’‘Acheteur unique’ sera également étudié, dans le but de stabiliser les prix. Le gouvernement souhaite travailler à un modèle standardisé pour toutes les sociétés énergétiques afin d’assurer davantage de transparence sur les prix. Concernant les aides, la Présidence du Conseil se dit satisfaite d’une ‘garantie d’un soutien concret dans un moment difficile’.’’
Repubblica : "Grève des juges : record de participation pour dire ‘non à une réforme punitive’. ‘’Partout dans le pays, les tribunaux et les procureurs se sont opposés à la réforme du gouvernement pour séparation des carrières. Le Président de l’Association nationale de la magistrature C. Parodi observe : ‘Cette mesure pénalise les citoyens, pas nous [les juges], car nous ne sommes pas une caste’. Des nombreux écrivains et acteurs se joignent à la cause des magistrats." Messaggero : "Sur la réforme de la justice, le gouvernement ouvert à apporter des retouches’’. ‘’A la suite de l’appel à la grève, la participation est élevée’’. ‘’Après une réunion de la majorité à la Présidence du Conseil, Giorgia Meloni se dit prête à négocier avec les juges : ‘Écoutons-les’. La Présidente du Conseil tente une médiation pour éviter une nouvelle confrontation entre pouvoir politique et pouvoir judiciaire, mais ses deux adjoints, M. Salvini et A. Tajani maintiennent une ligne intransigeante. Le texte sur la séparation des carrières reste plus que verrouillé à ce stade’’. ‘’Un futur décret pourrait notamment intervenir pour la parité femmes-hommes parmi les juges.’’
Droits de douane. - Repubblica : "La Présidente du Conseil freine Matteo Salvini ‘la négociation doit être menée au niveau de l’UE’. ‘Devons-nous nous suicider avec Macron ?’ provoque le chef de la Ligue qui plaide pour une négociation bilatérale entre les États-Unis et l’Italie sur les très redoutés droits de douane, menace agitée voire déjà officiellement annoncée par Donald Trump’’. ‘’Mais la ligne du gouvernement n’est pas celle-là, au contraire : ‘les droits relèvent de la compétence de l’UE’ réplique l’autre vice-Président du Conseil, Antonio Tajani, à la sortie du Sénat. ‘Le commissaire Sefcovic s’en occupe déjà’, insiste le secrétaire de Forza Italia. Le ministre des Entreprises, Adolfo Urso, dit aussi que ‘l’Italie s’inquiète d’une possible escalade’. Giorgia Meloni fait quant à elle comprendre qu’elle n’a pas l’intention de rompre avec le reste de l’Europe. Elle bénéficie de l’appréciation personnelle de Donald Trump, mais elle est consciente qu’en rompant avec l’UE, elle risque de compromettre les efforts italiens sur d’autres dossiers complexes : du décompte des dépenses militaires dans le pacte de stabilité (là aussi en lien avec une autre exigence du nouveau président des Etats-Unis) à la réforme du Pacte asile et immigration jusqu’à la directive européenne sur les rapatriements, autant de mesures essentielles pour éviter que le plan du gouvernement concernant les migrants ne soit enterré". ‘’ ‘A notre place, Macron l’aurait fait, mais nous nous sommes responsables’ observe-t-elle tout de même.’’ - Il Giornale : « Irritation du gouvernement italien face à « l'imprévisibilité de Trump ». Palazzo Chigi reste silencieux mais digère mal les derniers choix du président américain : augmentation de 25 % des droits de douane sur l’ensemble des exportations européennes, volonté d’appliquer des taux variables aux États membres de l’UE pour les diviser, et attaques répétées contre Fratelli d’Italia par Andrea Stroppa, émissaire italien de Musk. G. Meloni aurait ironisé auprès de ses proches : « On a un nouveau grand personnage ». Le Quirinal observe avec préoccupation le « pont Meloni » entre l’Europe et les États-Unis, qui menace de s’effondrer. Au sein de la majorité se multiplient les appels à reconsidérer le rapport avec Washington, même la Ligue – à l’exception de Salvini – commence à exprimer son « inquiétude » face aux prises de position de Trump, mais aussi de son propre leader. Un malaise grandit au sein du parti : Montanari, son chef de groupe à la Chambre des députés, critique en privé : « C’est lui qui dicte notre ligne en politique étrangère, mais 90 % du parti ne la partage pas. Quand Trump nous nuira, ce sera nous, ses soutiens, qui paierons le prix. Plutôt que de nous rapprocher du PPE et du futur chancelier allemand, qui aurait dû être notre interlocuteur naturel, Salvini s’est aligné sur les fascistes. »
Corriere della Sera : ‘’L’Italie est prête à augmenter ses dépenses pour l’OTAN.’’. ‘’L’Italie serait prête à porter ses dépenses pour la défense dans le cadre de l’OTAN à 2,5% de son PIB. Le ministère de l’Economie serait déjà en train de faire les comptes. Une triangulation qui implique le Palais Chigi, Bruxelles et le commandement central de l’OTAN a lancé les calculs. Alors que Keir Starmer annonce à la Maison Blanche une conséquente augmentation des dépenses militaires britanniques, il y a en Italie une certaine prise de conscience et peut-être même davantage, quant aux requêtes de Washington. L’Italie est prête à prendre sa part mais attend le feu vert du Conseil européen sur le décompte de ces dépenses en dehors du Pacte de Stabilité. Cela serait un revirement important y compris pour la crédibilité de Giorgia Meloni. Les Etats-Unis auraient par ailleurs envoyé au Palais Chigi, et par le biais du commandement de l’OTAN à Bruxelles à tous les alliés européens, une communication sur la future position de l’OTAN vis-à-vis de la Russie, qui différerait de la position actuelle. Washington a par ailleurs reporté sur Londres la responsabilité de protéger l’Ukraine à travers le transfert de direction du format Ramstein. Giorgia Meloni se rend à Londres dimanche, consciente que désormais c’est à Downing Street qu’il faudra s’adresser à ce sujet.’’
Messaggero : ‘’Donald Trump reçoit Keir Starmer : ‘des forces pour le maintien de la paix en Ukraine ? Il faut d’abord un accord’ ‘’. ‘’Le Premier ministre britannique a lui aussi adopté ce que les Américains ont surnommé le ‘style Macron’ : amical, souriant, généreux en compliments et flatteries. Keir Starmer a ainsi obtenu hier de renouer les liens entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis. L’accueil de Donald Trump a été amical mais il n’entre pas dans les détails sur une éventuelle force de maintien de la paix en Ukraine comme proposé par K. Starmer. Il assure toutefois son soutien aux britanniques si les troupes se trouvaient en difficulté. Et ce malgré la position nette de Moscou réaffirmée hier, qui ne tolérerait aucune présence de troupes occidentales. Trump a par ailleurs affirmé pour la première fois qu’il ‘ferait de son mieux pour que certaines terres reviennent à l’Ukraine’. Il assure vouloir défendre et observer l’article 5 du traité de l’OTAN. K. Starmer, tout comme E. Macron avant lui, a toutefois interrompu Trump pour le corriger sur le fait que les Européens ne récupéreront pas l’aide financière allouée à l’Ukraine qui a été ‘offerte’.’’
La Stampa, Adolfo Urso (Frères d’Italie), ministre des Entreprises et du Made in Italy : « À Paris, lors du sommet d’hier sur la sidérurgie, j’ai soulevé la question de la pénalisation de notre acier, de plus en plus écologique, sur les marchés internationaux : si l’énergie coûte trop cher, le fer sera exporté hors UE. Nous sommes préoccupés par le risque d’une guerre commerciale avec les États-Unis, dont l’objectif est de diviser l’UE. La cohésion sous l’égide de la Commission européenne est la seule réponse possible. Je ne commente pas la proposition de Salvini de négocier bilatéralement avec Washington, ni les attaques de Stroppa contre le décret Espace. Nous pouvons acheter davantage de gaz liquéfié aux États-Unis, comme le demande Trump, mais notre priorité reste l’autonomie stratégique européenne. L’épicentre de la crise industrielle européenne est l’automobile, mais grâce à l’Italie, nous discutons actuellement de la révision des « amendes absurdes » pour les constructeurs de véhicules à combustion et du principe de neutralité technologique. Le nucléaire du futur n’est pas une chimère : avec notre patrimoine technologique et nos brevets, il sera Made in Italy. »
(Traduction : ambassade de France à Rome)
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