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15/03/2023

"La droite dit non à la reconnaissance de la filiation homoparentale."

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Italie. Revue de presse.

Le drone américain abattu en Mer Noire, et notamment les accusations de Washington à l’encontre de Moscou, fait les gros titres : « Etats-Unis-Russie, la tension est forte » (Corriere della Sera), « Des avions de chasse russes abattent un drone américain » (La Repubblica). « Règlement européen pour la reconnaissance de la filiation homoparentale, l’Italie discrimine les enfants des couples gay » (La Stampa), « La droite dit non à la reconnaissance de la filiation homoparentale » (Repubblica) « Le Sénat rejette le règlement européen sur les couples gay » (Il Giornale). « Rénovation énergétique des logements, feu vert du Parlement Européen » (Sole 24 Ore), « Maisons vertes et facture salée » (Il Giornale). « L’UE divisée sur la nouvelle hausse des taux de la BCE » (Il Messaggero).

Les JT couvrent essentiellement le drone américain abattu en Mer Noire, les flux migratoires, avec notamment l’appel du Président de la République S. Mattarella sur une action conjointe européenne, le feu vert du Parlement européen au plan pour la rénovation énergétique des logements et les intempéries prévues dans les prochains jours.

PREMIER PLAN, La Repubblica, «La droite vote contre les droits des enfants de couples homosexuels : rejet du règlement européen » par Lorenzo De Cicco : «  Les familles homoparentales ont l'impression d'être prises en tenaille. Avant-hier, le Viminale a ordonné à la municipalité de Milan de ne plus enregistrer les enfants des couples de même sexe. Vingt-quatre heures plus tard, la majorité a rejeté au Sénat le certificat européen de filiation. Ce n'était qu'un projet, présenté le 7 décembre par les commissaires Vera Jourová et Helena Dalli, qui prévoit que la filiation établie dans un Etat membre est reconnue dans tout autre Etat membre, sans procédure particulière, qu'il s'agisse d'enfants de couples homogènes ou hétérosexuels, d'enfants adoptés ou d'enfants nés d'une gestation pour autrui (GPA) lorsqu'elle est autorisée. Il ne s'agit pas, comme le voudrait la droite, d'une "compensation de l'achat pour la vente d'enfants" (copyright du léghiste Claudio Borghi), car le projet sur ce point est très clair : "Si la proposition était adoptée, chaque État continuerait d'appliquer les anciennes règles nationales à ses propres citoyens". Simplement, les couples qui s'installent dans un autre pays de l'UE verraient les droits de l'enfant déjà acquis dans le pays d'origine reconnus plus facilement", explique l'avocat Alexander Schuster, l'un des plus grands experts en la matière en Italie. En substance, "l'enfant d'un couple homosexuel régularisé en Allemagne, si les parents déménagent en Italie pour travailler, aurait les mêmes droits allemands, tant que l'État italien n'invoque pas une violation de ses valeurs fondamentales". En revanche, pour deux parents italiens, rien ne changerait. C'est ce qu'a tenté d'expliquer hier au Sénat la présidente du groupe PD, Simona Malpezzi : "Le règlement de l'UE n'a pas cherché à saper les systèmes et les lois italiens, mais a simplement mis en avant le droit prioritaire des mineurs". Des protections importantes telles que l'héritage ou le droit des parents à agir en tant que représentants légaux, pour des raisons de scolarité ou de santé. Mais la droite voulait encore donner un signal. Avec 11 voix sur 18, elle a fait adopter par la commission des politiques européennes du Sénat une résolution contre le règlement, présentée par le rapporteur de FdI, l'ancien ministre Giulio Terzi. Les oppositions, pour une fois unies, n'ont pas réussi à bloquer l'opération, qui place l'Italie à la tête de "l'axe d'Orban et de la Pologne", ont souligné les 5 étoiles. L'opération, comme le souligne la vice-présidente du Parlement européen, la démocrate Pina Picierno, arrive très en avance : "Il n'y avait pas d'urgence, étant donné que la proposition vient d'être présentée à la commission des lois du parlement et qu'il faudra probablement un an pour l'approuver définitivement. Sauf à transformer la position du gouvernement italien en un manifeste politique pour les réactionnaires". Le message à Bruxelles serait le suivant : pour Rome, le texte doit être renversé, car il a besoin de l'unanimité au Conseil européen pour passer. La question des droits, à droite, est brûlante. Hier, à Viareggio, les édiles melonistes s'en sont pris à une directrice d'école, "coupable" d'avoir suspendu l'atelier de la fête des pères. Maintenant, ils vont aussi s'en prendre à la fête des mères", dénonce FdI. Tandis qu'à gauche, les maires ont les mains liées sur les transcriptions. Pour Beppe Sala, maire de Milan, l'arrêt imposé par le Viminale est "un recul politique et social", qui joue sur le côté du vide législatif que les communes ont dû combler, en l'absence d'une loi nationale, également demandée hier par le maire de Rome, Roberto Gualtieri. C'est justement en l'absence de loi que tout est laissé aux tribunaux, avec des réponses variables. Hier, dans les Pouilles, deux juges ont reconnu la transcription des actes de naissance d'enfants nés de deux couples hétérosexuels par gestation pour autrui en Ukraine. Les municipalités avaient rejeté la demande. »

COMMENTAIRE, La Repubblica, de F. Bei, « Un bond en arrière » : « Avec le vote contre le certificat européen de filiation, qui s’ajoute à la circulaire contre les maires qui enregistraient les actes de naissance pour les familles LGBT+, l’Italie s’éloigne un peu plus du cœur démocratique de l’Europe. La droite montre qu’elle est incapable de sortir de ses carcans idéologiques et se place aux antipodes du sentiment qui prévaut même chez ses propres électeurs. Pourtant, à l’opposition, quelque chose interpelle, y compris sur la question migratoire. Elly Schlein, la nouvelle secrétaire du Parti démocrate a bien saisi l’importance d’un déplacement à Cutro suite au naufrage qui aurait pu être évité et s’est immédiatement emparée de ce thème. Mais si la critique de la majorité est très claire, les propositions concrètes pour agir le sont moins. On ne saisit pas bien ce que ce nouveau PD, qui aspire à remplacer la droite, aurait fait à la place de Meloni pour faire face à ces dizaines de milliers d’arrivées illégales de migrants. L’accord qui unit le PD et plusieurs partis du centre-gauche au Parlement concerne avant tout l’accueil des migrants économiques se trouvant déjà en Italie, et non le problème de l’immigration en amont. Le Président Sergio Mattarella a souligné hier en visite au Kenya qu’il s’agit d’un ‘’phénomène historique et croissant’’. Or on a l’impression que, sur la question, le PD a du mal à trouver sa voie et à sortir de la simple critique. L’opinion est encore très divisée et souvent négative quant à l’héritage laissé et à la politique des trois présidents du Conseil démocrates ayant dû faire face à la première grande vague migratoire en provenance d’Afrique, Enrico Letta, Matteo Renzi et Paolo Gentiloni. Des tentatives et des réponses pluriformes, y compris des erreurs, mais aussi des avancées, comme en Libye où l’on a pu accéder enfin aux camps de migrants, mais aussi la création de la Garde côtière libyenne devenu le symbole de nombreux maux. Il faut aussi rappeler ce que faisait le reste de l’Europe à la même époque : rien. La vague migratoire a fait grandir la droite en Allemagne et dans toute l’Europe, amenant jusqu’au Brexit. Le Pd doit cependant retrouver la voie d’une gauche de gouvernement et doit mener une véritable réflexion sur cette période afin d’esquisser à nouveau des réponses législatives et politiques à la hauteur de la situation, autrement elle laisse un boulevard ouvert à la droite. »

ARTICLE, La Stampa, L. Monticelli : « Les syndicats attaquent : ‘’La réforme de la fiscalité favorise uniquement les riches’’ » : « La réforme de la fiscalité crée une rupture entre le gouvernement et les syndicats. Les organisations CGIL, Cisl et Uil critiquent les mesures du gouvernement car '' elles favorisent les hauts revenus'' et surtout protestent sur la méthode adoptée '' ils n'ont pas écouté nos propositions ''. Le gouvernement pensait briser l'union des syndicats mais l'ébauche de réforme a eu l'effet inverse et a uni les organisations syndicales. '' Le parcours de la réforme sera long, vous aurez tout le temps nécessaire pour discuter avec le Parlement '' annonce sèchement le secrétaire d’État Aflredo Mantovano (Indépendant, autrefois Alliance Nationale). '' C'est un problème de méthode et sur le mérite, la rencontre ne s'est pas bien passée '' affirme la vice-secrétaire générale de la CGIL, Fracassi. '' Nous ne sommes d'accord ni sur la réduction des trois taux d'imposition Irpef, car cela favorise les revenus les plus hauts, ni sur la flat tax qui ne respecte pas le principe de progressivité des impôts prévu par la Constitution’’. Le leader de la Cisl, Luigi Sbarra, est aussi très déçu : '' Les retraites, la sécurité sur les lieux de travail, le revenu de citoyenneté, les aides pour le renouvellement des logements, sont des sujets sur lesquels le gouvernement avance tout seul, sans confrontation. '' Les syndicats voudraient placer la lutte contre l'évasion fiscale au cœur de la réforme et ne veulent pas entendre parler de dépénalisation des actes illicites. Le gouvernement se défend des accusations et présentera demain la réforme de la fiscalité au Conseil des ministres. Il n'est pas exclu que des modifications y soient apportées en ligne avec les priorités des syndicats. Depuis le Palais Chigi, on assure que ''la propension au dialogue et à la discussion est totale''. Aujourd’hui le gouvernement rencontre les représentants des entreprises, qui ont déjà affirmé être favorables à la réforme. »

PROPOS, Il Foglio, de Carlo Nordio (Frères d’Italie), ministre de la Justice, « Pour une approche transversale en gardant le principe de la présomption d’innocence » : « L'avis de Constitution à faire paraître concernant une personnalité importante occupe souvent la première page des journaux. Le verdict d'acquittement, sauf dans de rares cas, se trouve souvent en dernière page avec un petit paragraphe. C'est une question qui relève de la déontologie et de la sensibilité des journalistes, mais qui ne peut évidemment pas être réglementée. En revanche, ce sur quoi on peut intervenir, c'est la rapidité du procès : plus le procès est long, plus le délai entre l'impact médiatique du début de l'enquête et la fin est long. Et l'on peut aussi agir sur un autre front : la diffusion d'informations confidentielles au cours de l'enquête. J'ai l'intention de proposer un projet visant à compléter le code de procédure pénale, qui stipule que les actes ne sont plus secrets lorsque le destinataire en prend connaissance, mais qu’ils doivent rester secrets au moins jusqu'à la sentence finale ou le début de l'audience publique. Mon idée est que le secret des actes doit aussi être considéré dans l'intérêt de l'honneur de la personne visée par une enquête. Sans exception, je peux dire que la ligne est la suivante : lorsque deux personnes parlent d'une troisième, l'interception n'est pas autorisée. Il n'est pas du tout nécessaire de le transcrire. Concernant l’évaluation du travail d’un magistrat, c’est une chose qui n’a jamais été faite jusque-là. Nous ne voulons certainement pas arriver au niveau du modèle anglo-saxon, mais nous voulons promouvoir le principe selon lequel le CSM devrait réaliser une statistique sur le nombre d’enquêtes menées à terme et sur leur durée. Une justice qui se veut sérieuse doit se doter d’instruments utiles afin de ne pas avoir peur d’être jugée par les autres ou par soi-même. »

ENTRETIEN, Corriere della Sera, de Francesco Lollobrigida (Frères d’Italie), ministre de l’Agriculture et de la souveraineté alimentaire, « Nous devons gérer un véritable changement d’époque ; sur les arrivées de migrants, nous ne pouvons pas accueillir tout le monde » : « Je ne suis pas proche de Claudio Anastasio [DG d’une entreprise publique nommé par Giorgia Meloni et au cœur d’une polémique pour avoir cité un discours de Mussolini dans un e-mail envoyé à ses employés, ce qui a provoqué sa démission, ndlr], c’est faux, mais je me suis informé sur lui suite à cette affaire et il semble qu’il avait un profil compétent. Mais s’il a fait les mauvais choix, il était nécessaire qu’il démissionne. Ses propos n’étaient pas normaux. Nous avons délocalisé et confié à des pays plus pauvres et instables nos besoins primaires (alimentation, énergie notamment), nous n’avons pas agi unis en Europe. Nous en payons le prix. En pro-Européens, nous affirmions depuis longtemps qu’il fallait changer cela et maintenant tout le monde le dit. Il faut reconstruire les filières dans ces domaines stratégiques de manière à ne pas subir la situation externe mais à l’influencer. Il faut aussi aider les pays plus pauvres à produire pour améliorer leur croissance afin qu’ils n’exportent pas seulement des masses de personnes désespérées et qu’ils se fassent exploiter politiquement et économiquement par des pays comme la Russie et la Chine. Nous agissons très concrètement pour cela, les visites de la Présidente du Conseil dans le Nord de l’Afrique, en Inde, au Moyen-Orient, servent précisément à rétablir des relations perdues avec le temps. Concernant la question migratoire, nous continuerons à faire tout notre possible pour sauver des vies et à accueillir à travers l’asile politique ceux qui fuient la guerre. Mais ils ne représentent que 8 à 10% des personnes qui arrivent en Italie. Nous comprenons les motivations des autres, mais nous ne pouvons pas tous les accueillir. Il faut une action forte pour contenir ces flux et nous devons dans le même temps passer des accords avec les pays de provenance pour que, là-bas, dans leurs pays, les migrants soient formés aux travaux les plus demandés pour les entreprises et autres secteurs de production italiens. Nous agissons contre l’exploitation des travailleurs, souvent des migrants, et voulons l’intégration de tous les citoyens. Si nous voulons les accueillir dans de bonnes conditions, nous ne pouvons pas tous les accueillir, or beaucoup finissent entre les mains de la criminalité. Ce n’est pas un hasard s’il y a 8,5% d’étrangers sur notre territoire mais qu’ils représentent plus de 31% de la population carcérale. Il faut les aider dans leurs pays et transformer les économies locales. C’est le sens du grand plan Mattei que nous élaborons et c’est ce pour quoi toute l’Europe doit s’engager.  [Sur le vote du Sénat contre l’enregistrement des enfants de couples homosexuels et le risque de casser le dialogue avec l’opposition], dans mon camp politique, nous sommes presque toujours unis. Nous travaillons avec l’opposition, ici et en Europe. Sur d’autres sujets, il y a évidemment des différences et des sensibilités qui divergent. Si le principe de liberté nous unit tous, il y en a qui pensent plus à celle des parents, et d’autres à celle des enfants. Mais ensuite il y a l’opinion publique : c’est celle qui, par son vote, oriente nos choix ».

ARTICLE, Corriere della Sera, F. Basso, « L’appel de Mattarella : « Il faut une action de l’UE » ». Le coup de pouce de Bruxelles sur les rapatriements et les frontières » : « Collaboration entre les États membres et avec les pays d’origine et de transits pour les rapatriements, ainsi que gestion intégrée des frontières extérieures : ce sont les deux premières priorités que la Commission souhaite réaliser, comme elle l’a indiqué à travers une recommandation et une communication présentée hier. La commissaire aux affaires internes Ylva Johansson a reconnu le travail de la garde côtière italienne : « vos bateaux ont sauvé 1 300 personnes ». Elle a également ajouté « il est clair que ce n’est pas seulement la responsabilité de l’Italie et qu’il y a besoin d’une réponse européenne à cette crise ». Ces mots ont fait écho à ceux prononcés au même moment par Mattarella en visite au Kenya : « la dimension historique et croissante du phénomène migratoire ne peut être affrontée par un seul pays, mais seulement par une action européenne lucide, systématique et bien organisée ». Il a ensuite souligné : « nous cherchons déjà un rapport de collaboration avec les pays d’origine des flux ». Pour la Commission Européenne, la réponse à la crise migratoire repose sur l’amélioration des conditions de vie dans les pays d’origine. Pour le vice-président de la Commission Européenne, Margarítis Schinás, cela permettrait « d’éviter que les personnes confient leurs vies aux trafiquants ». Concernant le rôle du groupe Wagner qui préoccupe le gouvernement italien, il déclare que « c’est quelque chose d’accessoire. La cause de la migration, c’est que les personnes fuient les guerres et les persécutions ». Pour lui, tant qu’un nouveau pacte pour la migration et l’asile ne sera pas adopté, il n’y aura pas d’instruments adaptés pour gérer le phénomène migratoire dans l’UE. Dans sa communication, la Commission a présenté un cadre stratégique pour la gestion européenne intégrée des frontières dans les cinq prochaines années, qui implique Frontex et les pays membres de l’UE. » 

ENTRETIEN, Il Giornale, de Mattero Perego (Forza Italia), Secrétaire d’Etat à la Défense « Il faut renforcer les navires de l’Otan pour le contrôle de la Méditerranée » : « L’immigration est un phénomène de notre époque, exacerbé par de multiples facteurs allant de la croissance démographique aux changements climatiques, en passant par le terrorisme dans des pays souvent en conflit avec des gouvernements affaiblis ou inexistants. L’Europe ne peut rester immobile et le problème ne peut pas être exclusivement italien. Il faut une approche européenne avec des interventions de nature économique et en termes d’aides aux pays africains les plus en difficulté. Il faut aussi un contrôle plus étendu en Méditerranée. Cela aussi par le biais d’un renforcement de la surveillance maritime, comme nous l’avons fait, avec la possibilité de confier la coordination à la Marine Militaire Italienne. Il y a déjà des navires de l’Alliance Atlantique dans la Méditerranée avec plusieurs tâches opérationnelles : augmenter leurs dispositifs à bord, allant de drones à des systèmes satellitaires, sans nécessairement en augmenter le nombre de navires, permettrait de renforcer l’efficacité dans le repérage de navires en détresse ou douteux. Si les informations étaient aussi partagées, il serait plus facile de comprendre la situation des mers et d’envoyer le cas échéant des secours dans de courts délais, en cas d’événements de recherche et de secours SAR. Les départs des flux depuis la Tunisie ont augmenté de dix fois depuis le début de l’année. C’est un pays qui traverse une crise économique et politique que les passeurs exploitent en l’utilisant comme zone de passage pour la Méditerranée. Il est nécessaire que l’UE et l’ONU interviennent directement sur les départs de ces navires avec deux objectifs : éradiquer les groupes criminels internationaux impliqués dans ces trafics et éviter d’autres drames d’innocents en mer. »

ENTRETIEN, Corriere della Sera, de Gilberto Pichetto Fratin (Forza Italia), ministre de l’Environnement et de la Sécurité énergétique « Des normes trop rigides auxquelles l’Italie est opposée, et qui doivent maintenant être revues » » : « Après le premier « oui » pour la rénovation énergétique des logements au Parlement Européen, le ministre Gilberto Pichetto Fratin promet de mener une bataille pour modifier la directive. Si le gouvernement ne met pas en doute l’objectif de 2050, Pichetto Fratin interroge « combien d’argent faudrait-il pour intervenir d’ici 2030 sur près de 15 millions de logements ? On parlerait de chiffres astronomiques que ni l’État, ni les familles italiennes ne peuvent se permettre ». L’Italie, qui avait pourtant émis un avis favorable sur la question à l’occasion du Conseil des ministres de l’Energie en octobre, n’accepte pas la directive de la Commission. Le ministre considère comme « inacceptable » les contraintes qu’elle impose, et « encore moins acceptable la position adoptée par le Parlement Européen, qui la rigidifie encore plus de par les contraintes individuelles sur les propriétés ». Il dit également : « L’Italie aurait du mal à ratifier une directive de ce genre. Mais je suis un Européen convaincu, et je suis confiant sur le fait que nous trouverons un accord ». Fratin ne conteste pas le chiffre qui indique que 40% des émissions viennent des fabricants, mais considère qu’il faut prendre en compte « la particularité italienne de considérer la maison comme un refuge sûr pour les familles ». Lorsqu’on lui demande si la transition énergétique passe nécessairement par les maisons vertes, il répond : « aucune action unique ne sera capable de résoudre toute seule la transition énergétique » « C’est un parcours, qui a pour objectif 2050, que l’Italie a l’intention de suivre et de respecter ». Afin d’arriver à cet objectif, il déclare : « pour les maisons vertes comme pour le secteur automobile, je suis convaincue que la voie privilégiée est celle de l’électrique. Mais je suis tout autant convaincu que la technologie des prochaines années nous offrira un ensemble de parcours alternatifs comme le biocarburant. Sans oublier le nucléaire de quatrième génération ». 

ARTICLE, La Repubblica « Meloni répond sur le Mécanisme Européen de stabilité, une concession est possible » : « Aujourd’hui à 15h, Giorgia Meloni se rendra à la Chambre des Députés pour répondre à sa première séance de questions parlementaires depuis qu’elle a été nommée Présidente du Conseil. Parmi les questions qui lui seront posées, figure celle du député Luigi Marattin (Azione-Italia Viva) sur le MES. Marattin demandera « si et quand elle présentera au Conseil des Ministres le projet de loi de ratification de la réforme du traité sur le MES’’, en rappelant d’ailleurs que ‘’l’Italie est la seule à ne pas l’avoir ratifié’’. Selon des sources de la majorité, Meloni serait prête à lancer des signaux d’ouverture à l’UE. Une concession limitée toutefois à la condition que l’Italie n’ait pas recours à ces fonds, comme elle l’a rappelé à plusieurs reprises. Mais elle pourrait choisir la voie d’une ratification où elle s’exposerait moins directement, par le biais d’une motion parlementaire. C’est là une position politique assez gênante, au vu de l’opposition bien connue et intransigeante de Meloni à l’égard du MES. »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

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