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14/11/2023

"La droite et le garant [sont] contre la grève."

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Italie. Revue de presse. 

Le débat suscité par la grève générale organisée par syndicats CGIL et UIL contre la loi de finances, à la suite de l'avis rendu par l'autorité de régulation, est en Une : « L’autorité compétente s’oppose au caractère général de la grève » (Corriere della Sera), « Grève, le droit refusé » (La Repubblica), « Grève, l’autorité dit non » (Il Messaggero) « Le syndicat CGIL est hors-la-loi » (Giornale), « La droite et le garant [sont] contre la grève » (Domani). 

Les JT couvrent essentiellement la situation sur le terrain dans la bande de Gaza, le débat suscité par la grève générale organisée par syndicats CGIL et UIL contre la loi de finances, et le rapport de la Banque d’Italie sur la loi de finances. 

Sur X, le hashtag # ScioperoGenerale (Greve générale) domine suite à une polémique entre le ministre des transports M. Salvini et les syndicats sur le droit de grève.  

SONDAGES, La Repubblica, d’A. Noto, “Retraites, bonus écologique, pont sur le détroit de Messine, le gouvernement désapprouvé par les Italiens » : « La première vraie Loi de Finances du gouvernement Meloni suscite la déception par rapport aux promesses faites lors de la campagne électorale. La réforme des retraites cristallise tout particulièrement la déception. Le financement du pont sur le détroit de Messine entre la Sicile et la Péninsule n’est quant à lui pas perçu comme une dépense des plus urgentes, surtout face à la baisse des pensions de retraite, de la suppression du bonus écologique et de la hausse d’autres impôts. 56% des Italiens se disent dans l’ensemble ‘’déçus’’ de cette Loi de Finances et même au sein de l’électorat de centre-droit, une part non négligeable d’insatisfaits émerge : 21% des électeurs de Fratelli d’Italia, 34% des électeurs de la Ligue et 42% des électeurs de Forza Italia. Une sonnette d’alarme dont le gouvernement doit tenir compte même si pour l’instant les sondages ne mettent pas en avant une importante inflexion des intentions de vote pour les partis de la majorité. En effet l’opposition ne parvient pas à apparaitre crédible aux yeux des ‘’déçus’’ du centre-droit et des indécis, ou alors l’opinion publique justifie et donne plus de temps à Giorgia Meloni et son gouvernement, acceptant le message que l’action de l’exécutif doit être jugée sur 5 ans. Les Italiens désapprouvent en premier lieu la suppression des aides de l’état pour la rénovation énergétique (62%), la hausse de la flat tax à 15% seulement pour les professionnels indépendants et jusqu’à 85 000€ de revenus annuels (56%), le financement de la construction du pont sur le détroit de Messine (55%), la suppression des subventions pour les travaux de rénovation (53%) et la réforme des retraites (51%). A l’inverse, les Italiens approuvent l’exemption d’impôts en-dessous de 8500€ de revenus annuels (61%), la réduction de 23% de l’impôt sur les revenus inférieur à 28 000€ par an (60%), le mois supplémentaire de congé parental à 60% des revenus lors des six premières années de l’enfant (58%), les réductions fiscales à la charge de l’Etat pour les mères de deux enfants qui travaillent (53%), la prolongation de la réduction des charges salariales (45%) qui concernent 14 millions de travailleurs. Parmi les mesures les plus rejetées, on retrouve certaines mesures-phares du gouvernement comme la hausse de la flat tax, le Pont sur le détroit et la réforme des retraites, très loin des promesses faites il y a plus d’un an. La note globale attribuée par les Italiens à cette Loi de Finances est dans l’ensemble assez médiocre : 5/10. » 

COULISSES, Corriere della Sera, de M. Guerzoni, « Les alliés emboitent le pas à la Ligue et sur le dossier migratoire Giorgia Meloni fera face à Elly Schlein au Parlement » : « Matteo Salvini s’était lancé dans une véritable bataille personnelle contre ‘’les caprices de Maurizio Landini’’ à qui il a reproché de jouer avec la vie des Italiens pour ‘’organiser l’énième week-end de trois jours’’ [en référence aux grèves organisées le lundi ou le vendredi]. Après avoir laissé le chef de la Ligue vociférer seul durant deux jours, sans appui de la Présidence du Conseil ou d’autres alliés de gouvernement qui prenaient plutôt leurs distances, la majorité a pris le train en route suite à l’avis émis par la Commission de garantie sur les grèves. La Présidente du Conseil a demandé à ses proches de profiter du bras-de-fer avec les syndicats pour revendiquer la réduction des charges salariales et les ‘’résultats record’’ en matière d’immigration. Et peut-être, par la même occasion, reléguer au second plan le problème de la baisse des retraites pour les fonctionnaires. Suite à ce message de la Présidente du Conseil, le chef de groupe de Fratelli d’Italia, Tommaso Foti, a été le premier à se faire entendre, reprochant à Landini de ‘’bloquer la nation’’. Forza Italia a ensuite désigné le leader du premier syndicat italien comme le véritable ‘’secrétaire du Parti démocrate’’, soit l’opposition dont la leader de droite a besoin. Les dirigeants de Fratelli d’Italia savent combien la lutte contre les grèves est populaire. Salvini s’est indigné des critiques sur la Loi de Finances, rappelant que les ressources étaient limitées et que c’était ‘’déjà bien que le gouvernement les ait concentrées sur l’emploi, la famille et la santé’’. Meloni veut accélérer et approuver la Loi de Finances le plus tôt possible, elle répondra aux questions du Sénat le 23 novembre et de la Chambre le 13 décembre, où elle devra notamment répondre à la secrétaire du PD Elly Schlein. Giorgia Meloni se délecte déjà en vue de ce duel, convaincue d’avoir à nouveau les Italiens de son côté. C’est cette même confiance qui la pousse à soumettre au Parlement l’accord passé avec l’Albanie pour l’accueil de migrants secourus en mer par des navires italiens. Antonio Tajani présentera le 21 novembre les détails de l’accord et les résolutions devront ensuite être votées, selon le choix du gouvernement. En effet, Meloni a les chiffres de son côté et a tout intérêt à faire parler de cette entente qui, malgré la vague de polémique qu’elle a suscité à gauche, ne déplait pas à un leader socialiste du calibre d’Olaf Scholz. » 

ENTRETIEN, Corriere della Sera, de Maurizio Landini, secrétaire général du syndicat CGIL, « Le mécontentement augmente, ils s’en prennent aux droits des travailleurs pour détourner l’attention » : « Nous, les syndicats UIL et CGIL, confirmons la grève générale à partir du 17 novembre, et ce malgré l’avis de la Commission de garantie de limiter la grève des transports à 4 heures par jour, remettant ainsi en cause le droit des travailleurs à faire grève. Nous sommes respectueux de la loi mais nous maintenons notre position quant à la grève générale et voyons une dynamique politique derrière l’avis qui a été émis. En un an, ce gouvernement a détérioré la situation du pays et s’en prend au droit de grève pour tenter détourner l’attention du mécontentement croissant. Le gouvernement ne réalise aucune de ses promesses, de la réforme des retraites à la lutte contre la fraude fiscale, pendant que les salaires reculent et que les jeunes partent travailler à l’étranger. D’après l’Institut italien des statistiques, plus de 60% des familles ont du mal à boucler les fins de mois. Je pense donc que cette grève sera très suivie, y compris par ceux qui ont voté pour cette majorité. Nous protestons contre une Loi de Finances électoraliste, qui risque de mener l’Italie droit dans le mur, faite d’interventions non structurelles et de bonus alors que nous avons besoin d’investissements pour la santé, l’école, la politique industrielle en allant chercher l’argent de la fraude fiscale, des rentes et des profits. La réforme institutionnelle aussi est électoraliste, nous devons unir et non diviser, nous ne devons pas oublier le Parlement ni réduire le rôle du Président de la République à celui d’un simple notaire. Si Salvini tentait de nous empêcher de faire grève, nous ne nous laisserons pas faire. » 

PREMIER PLAN, Repubblica, F. Santelli : « ‘’La protection sociale est à risque ‘’ : La Cour des comptes critique la loi de finances » : « Lors des auditions au Parlement, ce sont toutes les limites de la loi de finances du gouvernement Meloni qui apparaissent. L'alarme de Bankitalia sur la dette qui ne baisse pas, considérée "un élément de vulnérabilité"; celle de la Cour des comptes sur le maintien de niveaux adéquats de protection sociale, avec "le danger est de ne pas pouvoir maintenir la qualité des services"; les critiques de la Confindustria sur "l'absence substantielle" de politiques de croissance. Il ne s’agit pas d’un rejet ; le choix d'affecter la plus grande partie des ressources - 15,8 milliards d'euros - au soutien des bas revenus, afin de prolonger la réduction de la charge fiscale encore pour une année n'est pas contesté. Mais tous soulignent la fragilité de la stratégie conçue par le gouvernement, qui apparaît exposée à des risques internes et externes, et son horizon court qui impliquera des choix structurels ‘encore plus difficiles’ l'année prochaine, lorsque la voie sera encore plus étroite. Tant Bankitalia que l'Istat ont évalué le bénéfice pour les familles des mesures fiscales contenues dans la loi de finances : pour la Banque centrale, il s'agit d'une moyenne de 600 euros par ménage et par an, pour l'Istat, qui utilise des bases de statistiques et des hypothèses différentes, il s'agirait de 1.100 euros. De l'oxygène pour les familles, suite à la longue vague du tsunami de l'inflation. Mais il s’agit aussi d’une hypothèque sur le prochain projet de loi de finances, car, dans un an, il faudra trouver 16 milliards de plus pour confirmer la mesure. Les techniciens s’inquiètent aussi pour la dynamique de la dette, qui ne diminue que de façon marginale. La Cour des comptes a souligné hier le ‘’ risque de ne pas pouvoir garantir la qualité des prestations sociales, ce qui risque d'annuler l'effet des avantages monétaires pour les groupes les plus faibles ‘’, ce qui est déjà le cas dans le domaine des soins de santé, qui sont de moins en moins accessibles. Les magistrats comptables notent également l'absence de mesures en faveur de la croissance, qui est aussi la grande objection des industriels à cette loi de finances. Bref, si le gouvernement Meloni a réussi à atteindre ses objectifs les plus urgents sans faire dérailler les comptes, son exercice d'équilibriste se confirme un éphémère, "exposé aux intempéries" (Cour des Comptes), à la croissance faible et plein d'incertitudes. Les mêmes que vivent les Italiens : 41,8 % d'entre eux - selon une enquête d'Euromedia Research - considèrent que leur situation sociale et économique est pire qu'il y a un an, et seulement 6 % qu'elle est meilleure. » 

ENTRETIEN, La Stampa, Luca Ciriani (Frères d’Italie), ministre pour les relations avec le Parlement, « J’invite Meloni et Schlein à changer l’Italie ensemble » : « Ce serait bien si Meloni et Schlein pouvaient changer l’Italie ensemble. D’une part nous avons une femme courageuse et déterminée, d’autre part… la chose n’est pas encore claire. J’espère que Schlein ne vas pas éviter la discussion. La possibilité que la réforme de l’élection directe du Président du Conseil puisse passer par le rendez-vous référendaire ne nous fait pas peur. Il n’y aurait rien de mal. Les Italiens doivent pouvoir décider et nous sommes persuadés qu’ils sont d’accord avec notre proposition. Nous avons écrit une réforme qui est le fruit d’une médiation. Nous avons accueilli les requêtes des autres partis, à savoir ne pas toucher les prérogatives du chef de l’Etat et ne pas étouffer le Parlement. C’est donc une réforme différente par rapport à celle que nous avions à l’esprit. Nous avons présenté un texte raisonnable. Le Parlement pourra y apporter des modifications. Certes, ce serait bien de pouvoir lier la durée de la mandature à la survie de l’exécutif. Quant à la prime de majorité, nous sommes d’accord sur le fait qu’elle ne doit pas être disproportionnée. Le seuil afin de l’obtenir pourrait être entre 30 et 40%. Concernant la discussion parlementaire de la loi de Finances, il n’est pas possible de la dénaturer : le monde nous regarde, les agences de notation et les investisseurs, nous devons donner des certitudes. La loi de finances demeurera donc telle quelle, il y aura juste de petites retouches. Concernant le mémorandum italo-albanais sur les migrants, c’est un instrument pratique : le but est de freiner les départs et lutter contre les passeurs. Le Parlement sera impliqué mais sans passer par une ratification, puisqu’il s’insère dans le cadre d’un traité préalable. Le ministre Tajani en réfèrera avec une communication aux Chambres. Par ailleurs, Meloni participera à une séance de questions parlementaires au Sénat et à la Chambre […] » 

ARTICLE, Foglio, S. Canettieri et G. Pompili « Meloni renonce à la Chine afin d’éviter d’ouvrir un autre front » : « Il faut donc sortir du mémorandum commercial avec la Chine à petits pas, sans secousses, sans incidents diplomatiques et avec la conscience qu’annuler sine die une visite en Chine est plus un signal de prudence que d’hostilité. Voici comment Meloni veut sortir du casse-tête du mémorandum chinois, le lourd fardeau laissé par l’ancien gouvernement M5S-Ligue. Avec la guerre en Ukraine, les Balkans en ébullition et le Proche Orient en flamme, Meloni n’a aucune envie d’ouvrir un nouveau front avec la Chine. Surtout à la veille de la présidence italienne du G7. On sait donc que l’accord Rome-Pékin, qui arrive à échéance le 23 décembre, ne sera pas reconduit. La Farnesina et le Palais Chigi sont en train d'évaluer avec le gouvernement la meilleure des modalités pour le faire. Par prudence, le voyage en Chine de Meloni a été reporté sine die. Par ailleurs, c’est pendant la visite en Chine du ministre Tajani que ‘’notre sortie du mémorandum a été concordée et communiquée’’ fait-on savoir. Le débat au parlement est, lui aussi, reporté quand tout sera terminé, soit après la date du 23 décembre. Le soutien de Washington au gouvernement italien passe aussi par le positionnement de Meloni à l’égard de Pékin. »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

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