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18/02/2022

"Mario Draghi contraint les partis de sa majorité à se prononcer sur leur fidélité au gouvernement : soit ils restent, soit ils sortent."

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Italie. Revue de presse. 

La presse italienne titre largement sur les tensions au sein du gouvernement autour du vote des réformes nécessaires dans le cadre du PNRR, après que le texte adopté en conseil des ministres ait été mis en minorité à 4 reprises lors du vote des amendements sur le décret dit « Milleproroghe » (mille prorogations) à la Chambre des députés. Cette situation a suscité un recadrage par Mario Draghi, ce dernier rappelant sa majorité au devoir d’unité : « Draghi prévient les partis de majorité » - Le Président du Conseil demande de la cohérence aux partis soutenant son gouvernement (Corriere della Sera), « Gouvernement, la colère de Draghi » - L’Exécutif a été battu 4 fois en commission sur les textes portant sur Ilva, le plafond pour les paiements en liquide, l’école et les tests sur les animaux (La Repubblica), « La colère de Draghi : il est impossible d’aller de l’avant si on fonctionne ainsi » (La Stampa), « Draghi dit stop aux partis » (Il Messaggero). 

COULISSES, Corriere della Sera, de Monica Guerzoni, « L’irritation du Président du Conseil ; le Palais Chigi opte pour la ligne dure » : « Mario Draghi contraint les partis de sa majorité à se prononcer sur leur fidélité au gouvernement : soit ils restent, soit ils sortent. Car, à la longue, toutes les tensions entre forces politiques risquent d’aboutir à des élections anticipées et les milliards du plan de relance risquent de partir en fumée. Cet ultimatum fait notamment suite à l’action de sabotage du gouvernement à la Chambre mercredi soir dernier. A quatre reprises les forces de la majorité se sont déchirées, votant contre des mesures gouvernementales. Face à l’ambiguïté et à l’incohérence des partis, la Présidence du Conseil, en accord avec la Présidence de la République, a choisi d’opter pour la ligne dure. Draghi a ainsi quitté plus tôt que prévu le sommet à Bruxelles pour aller ‘’passer un savon’’ à son exécutif, réunissant les ministres Giorgetti, Orlando, Gelmini, Speranza, Patuanelli et Bonetti. Il se serait montré très ferme, coupant court aux justifications des différents chefs de groupes parlementaires et rappelant que ni lui ni Mattarella n’avaient formé ce gouvernement pour perdre leur temps. Le message est que ce n’est pas son genre de jeter l’éponge ; s’il s’est engagé devant les Italiens, il veut toutefois poursuivre sa mission à ses conditions et ne permettra pas aux partis de gâcher une année de travail. Il qualifie d’injustifiables ces contradictions internes au gouvernement, de la réforme de la magistrature à la question des concessions balnéaires, d’autant plus ‘’avec une crise internationale à nos portes’’. Il réfute également l’idée selon laquelle l’exécutif ne dialoguerait pas assez avec le Parlement. Au nom du Parti démocrate, Orlando affirme que le PD reviendra sur ses positions et soutiendra pleinement le gouvernement sur la question d’ILVA. Giorgetti souligne pour sa part que, soit les chefs de groupes ont perdu le contrôle des parlementaires, soit tous ces incidents à la Chambre sont voulus et dans ce cas le problème est encore plus grave. Pour le ministre léghiste ‘’il faut éviter que tout cela ne dégénère sinon il vaudra mieux mettre fin à ce gouvernement tout de suite’’. Aujourd’hui c’est le décret sur les factures d’énergie qui sera examiné ; les partis sont prévenus. »

PREMIER PLAN, Corriere della sera, d’A. Arachi, « Fin de vie, après le rejet de la cour constitutionnelle, la loi poursuit (pour l’instant) son chemin. Le vote pour la bloquer n’est pas passé » : « Hier, la Chambre s’est remise au travail pour élaborer un nouveau texte pour une législation sur la fin de vie. La Ligue et Forza Italia ont présenté un amendement ‘’suppressif ’’ pour entériner les travaux en cours, mais la Chambre s’y est largement opposée. ‘’C’est un premier pas positif. Nous espérons que ce nouveau texte équilibré et qui correspondra aux principes indiqués par la Cour constitutionnelle puisse avancer sans trop d’obstacles’’, commente Debora Serracchiani, chef des groupes parlementaires du PD à la Chambre.  La voie parlementaire – la proposition de référendum ayant été rejetée – reste la seule voie pour une loi sur l’euthanasie. Les défenseurs des deux référendums rejetés – l’un sur l’euthanasie, l’autre sur la légalisation du cannabis – assurent qu’ils poursuivront leur bataille malgré la défaite et ont assuré qu’ils poursuivront leur activité de désobéissance civile.»

ARTICLE, Sole 24 Ore, G. Pelosi « Draghi se rendra chez Poutine pour une médiation sur Kiev » : « L'Italie pourrait être en mesure de réaliser le "miracle diplomatique" que ni le président français Emmanuel Macron ni le chancelier allemand Olaf Scholz n'ont réussi à accomplir jusqu'à présent, à savoir amener le président russe V. Poutine et le président ukrainien V. Zelensky à s'asseoir à la même table pour une discussion en tête-à-tête. C'est pourquoi le Président du Conseil italien Mario Draghi se rendra dans les prochains jours à Moscou à l'invitation du président russe, comme l'a confirmé hier Draghi lui-même immédiatement après un sommet européen informel sur l'Ukraine et comme l'avait également annoncé le ministre des Affaires étrangères Luigi Di Maio qui a rencontré hier à Moscou le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. L'Italie fait tout son possible pour soutenir une solution diplomatique, même si le vent de guerre est loin d'être retombé, comme en témoigne l'attaque d'hier contre une école maternelle dans le Donbass. Lors de la conférence de presse avec son collègue russe Lavrov, le chef du ministère des Affaires étrangères a exprimé le souhait que les tensions diminuent "le plus rapidement possible" afin de pouvoir reprendre le dialogue entre l'UE et la Russie au sein du Conseil OTAN-Russie et les relations bilatérales entre Rome et Moscou, qui "doivent être remises en marche". C'est précisément le Conseil OTAN-Russie, "pleinement opérationnel et respecté par toutes les parties", a ajouté M. Di Maio, qui peut être l'un des "forums fondamentaux pour surmonter la crise". »

PREMIER PLAN, Corriere della Sera, de Marco Galluzzo, « Draghi se rendra bientôt en Russie ; la tentative de médiation pour un face à face entre Poutine et Zelensky » : « Kiev et Moscou semblent s’accorder au moins sur un point : l’Italie peut jouer un rôle de médiation efficace entre leurs deux positions. Une intervention de Mario Draghi pourrait faciliter un rapprochement entre les deux parties et même favoriser une rencontre entre les deux chefs d’Etat. ‘’L’Italie fait son possible pour que cette rencontre advienne’’ affirme Draghi. D’après des sources diplomatiques italiennes, le Kremlin aurait lui-même sollicité une intervention italienne alors que Zelensky aurait demandé de l’aide à l’Italie – ainsi qu’à d’autres leaders européens - afin d’organiser un face à face avec Poutine. Quoiqu’il en soit, Draghi se rendra à Moscou dans les prochains jours afin de rencontrer le président russe après s’être entretenu sur le sujet avec le président ukrainien par téléphone. Le ministère des Affaires étrangères russe Sergei Lavrov a quant à lui reçu son homologue italien, Luigi Di Maio, hier à Moscou, et a loué la traditionnelle capacité de dialogue de l’Italie, évoquant même une prise de position opposée à d’éventuelles sanctions, ce qui ‘’suffirait à tout bloquer’’ a souligné Lavrov. Pour le Président du Conseil italien, ‘’ la situation est à peu près la même qu’il y a quelques jours, les épisodes qui semblaient préfigurer une désescalade ne sont pas pris au sérieux pour le moment’’, il faut donc ‘’se tenir prêt à toute éventualité’’. Il prône une stratégie basée d’une part sur ‘’la réaffirmation de notre unité’’, qu’il juge être un point clef de la stratégie occidentale face à la Russie, et sur l’éventuelle réaction que l’Occident pourrait mettre en place, or dans ce cas Draghi exclue que l’Italie conserve sa position de médiatrice et se dit déterminé à ‘’maintenir une stratégie de dissuasion ferme et à ne montrer aucune faiblesse’’. Il tient par ailleurs à rappeler clairement à la Russie que [l’Occident] ne peut renoncer aux principes fondateurs de l’OTAN et, en parallèle de cela, il appelle à un ‘’dialogue le plus ouvert possible’’. C’est bien ce qu’il s’apprête à faire en se rendant à Moscou. Si l’Italie parvenait à faire ce que ni le président français ni le chancelier allemand n’ont réussi à faire, ce serait un succès d’une énorme portée. »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

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