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21/01/2013

Italie : à un mois du scrutin, environ 30% d’électeurs indécis.

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« Une campagne électorale à l’instar d’un programme de téléréalité » (Ilvo Diamanti, La Repubblica de lundi) :

« A un mois du scrutin, voire un peu plus, nous nous retrouvons un peu comme si nous étions au lendemain, en train de parler des sondages en attendant de connaitre les projections et craignant que les chiffres se révèlent erronés, comme cela s’est déjà produit en 2006 (où les sondages prédisaient une victoire écrasante de l’Ulivo de Prodi alors que la compétition s’était terminée en un match presque nul). Nous nous retrouvons donc comme jadis devant les écrans en train de nous interroger sur la crédibilité des prévisions des sondages qui – depuis trop longtemps et avec trop d’avance – tablent sur la victoire du centre gauche et du PD de Bersani. Aujourd’hui comme en 2006, on craint (ou on espère, selon le cas) en une avancée de Berlusconi, comme l’attestent certains sondages qui parlent d’une marge de plus en plus réduite entre les deux coalitions. Or, les sondages donnent des résultats très discordants : à un niveau national le centre gauche est donné dans une fourchette de 33-40% ; le centre droit entre 24-34%. Tout devient alors possible. Une victoire écrasante du centre gauche ou l’avancée de Berlusconi. Il n’y a pas de programmes télévisés sans leur propre institut de sondage et leur expert de référence. Nous nous retrouvons ainsi en plein milieu d’un programme de téléréalité transmis sur toutes les chaines ou tous sont à la fois acteurs et spectateurs. Les programmes de débats et d’approfondissement politiques obtiennent des résultats très flatteurs, surtout lorsque c’est Berlusconi qui est invité, si possible en ‘territoire ennemi’ où il peut jouer le rôle du Cavaliere de Münchausen, qui arrive à ressusciter par miracle alors qu’il était donné pour mort. La politique comme marketing et comme spectacle auxquels il est difficile d’échapper. Y compris ses rivaux. Raison pour laquelle ils jouent eux-aussi un rôle, accompagnés par d’autres acteurs : les animateurs de télévisions, les journalistes, les experts de politique et des sondages (ces derniers jouant le rôle de garants et de juges). Or, personne ne gagne et personne ne perd de manière définitive car : 1/ le nombre des indécis reste encore très élevé ; 2/ le choix des électeurs (sondés) dépend de l’offre politique (il y a un mois seul le centre gauche était en piste, dopé par les primaires, alors que tout restait incertain : le rôle de Berlusconi, l’alliance PdL-Ligue, l’espace et le rôle joués par Monti) 3/ à un mois du scrutin on compte environ 30% d’électeurs indécis. Enfin, comme l’explique Nando Pagnoncelli [de l’institut de sondage IPSOS], les sondages deviennent de plus en plus des instruments de propagande et de prévision. Une évolution qui profite à Berlusconi qui, avant les autres, a introduit le modèle de politique-marketing. Le Cavaliere a réussi à relancer le bipolarisme personnel PdL-Berlusconi contre le PD-Bersani, écrasant Monti et sa coalition, Grillo et la Sinistra d’Ingroia. La politique en tant que marketing relève du berlusconisme : c’est une pièce désormais épuisée et vieille tout comme le protagoniste et les autres acteurs qui le suivent en jouant le rôle d’adversaires, tout comme les spectateurs-électeurs. Nous. Qui pouvons mettre fin, dans un mois, à ce programme de téléréalité qui dure depuis vingt ans. »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

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