04/04/2025
"Giorgia Meloni choisit de s'adresser à l'opinion publique dans le programme qui marque le sommet de l'audience."


Italie. Revue de presse.
Les Unes du jour sont à nouveau consacrées aux droits de douane américains : "Droits de douane, premier effet : les bourses au plus bas" (Corriere della Sera), "Les droits de douane ravagent les bourses" (Repubblica), "Les droits de douane font partir en fumée 2500 milliards" (Stampa, Sole 24 Ore), "Droits de douane, Wall Street s'effondre" (Messaggero), "Trump, faux départ" (Giornale).
Messaggero : ‘’Giorgia Meloni choisit de s'adresser à l'opinion publique dans une interview au Tg1 de 20 heures, l'édition du programme qui marque le sommet de l'audience. Le mot d'ordre est de rassurer, à une heure où l'inquiétude a déstabilisé et fait exploser les niveaux d'alerte. « Je pense que le choix des États-Unis est un mauvais choix qui ne favorise ni l'économie européenne ni l'économie américaine – déclare la Première ministre, le visage tendu par les heures difficiles –, mais je pense aussi que nous ne devons pas alimenter l'alarmisme que je ressens en ce moment ». « Les droits de douane de Trump sont un coup dur », attaque la secrétaire démocrate Elly Schlein et « il est incroyable que le gouvernement soit resté sans rien faire. On savait depuis des mois que ce jour arriverait, mais Giorgia Meloni a utilisé le conditionnel jusqu'à hier pour ne pas heurter son ami Donald et laisser l'Italie impréparée face à ce désastre ». La nécessité de négocier au niveau européen, seule voie praticable, se heurte aux attaques de la Ligue, qui continue de faire pression sur les négociations bilatérales. Matteo Salvini a réuni le groupe économique de la Ligue, réaffirmant que ‘si les États-Unis ont décidé de protéger leurs entreprises, il est nécessaire que l'Italie continue à défendre avec détermination son intérêt national, notamment à la lumière des trop nombreuses limites de l'Europe’. » Repubblica « Surtout, Meloni s’adresse à Bruxelles pour envoyer des messages à Washington, en précisant que ce serait une erreur pour le gouvernement italien si l'UE ‘répondait aux droits de douane par d'autres droits de douane, car l'impact pourrait être plus important sur notre économie’. Pour Meloni, il faut donc engager une ‘discussion franche [avec les États-Unis], pour supprimer les droits de douane, pas pour les multiplier’. La Première ministre a présenté à l'UE un ensemble de propositions, dont certaines ont déjà été annoncées dans l'après-midi au Sénat par le ministre de l'Entreprise et du Made in Italy Adolfo Urso (Frères d’Italie), sous le signe de la ‘déréglementation’. Quatre demandes : démanteler ‘les règles idéologiques du Green Deal sur l'automobile’. Une simplification réglementaire pour les entreprises, ‘parce que nous sommes étouffés par les règles’. Et plus spécifiquement sur l'énergie. La demande la plus forte pour Meloni, la ‘nécessaire révision du pacte de stabilité’. Une intervention qui ne plaît pas à plusieurs États de l'UE, la Première ministre le sait bien, au point d'admettre : ‘Il est possible que ces mesures ne soient pas parfaitement compatibles avec les partenaires, mais nous avons le devoir de les prendre’.’’ Corriere della Sera : « Le gouvernement italien continue de miser sur la possibilité réelle d'une discussion entre l'Union européenne et Donald Trump. D'autant plus que le président américain et la Première ministre pourraient bientôt se retrouver face à face : la rencontre, aux États-Unis, devrait également précéder la visite de Vance en Italie prévue du 18 au 20 avril. (…) En réalité, la réaction de la France, comme celle de Berlin, est placée sous le signe d'un niveau de danger économique jamais atteint. La Première ministre n'est pas sur la même longueur d'onde. ‘Que l'opposition fasse son travail, mais jusqu'à présent, aucune proposition n'a été faite’ et Meloni ajoute que le gouvernement va réaliser une étude, secteur par secteur, pour évaluer l'impact des décisions du gouvernement américain, afin de trouver ‘les meilleures solutions’. Stampa : ‘’L’opération ‘anti-panique de Giorgia Meloni’. Plus que Donald Trump, Giorgia Meloni cherche comment ne pas contrarier les industriels et représentant des secteurs économiques qui ont en bonne partie contribuer à la victoire électorale de la droite. Une rencontre a été annoncée pour la semaine prochaine. La Stratégie de Palais Chigi consistera d’une part à rassurer les milieux économiques et d’autre part à chercher au niveau européen une alternative aux représailles contre les Etats-Unis. Le gouvernement italien mise par ailleurs sur une diversification de l’export, se tournant notamment vers l’Inde, les pays arabes et voulant s’appuyer sur l’accord du MERCOSUR’’. ‘’La Ligue tente quant à elle une fuite en avant en appelant à se désolidariser de l’Europe et à négocier directement avec les Etats-Unis. L’ancien Président du Conseil Giuseppe Conte qui avait ouvert la voie au projet de ‘Nouvelle route de la Soie observe que ‘’un accord avec la Chine aurait été très utile aujourd’hui’’.
Repubblica : ‘’La guerre des droits de douane pourrait devenir celle des taux d'intérêt. La pression sur la BCE pour qu'elle accélère la baisse des taux d'intérêt a déjà commencé. L'Italie n’est pas la seule à pousser dans cette direction, la France aussi. L'idée est de dévaluer l'euro pour compenser en partie les droits de douane imposés par les États-Unis et faciliter les exportations. Il faut concilier les positions encore divergentes entre les 27. Si Rome et Varsovie invitent à la prudence (l'Italie demande également d'exclure les motocycles, les boissons alcoolisées, les cosmétiques et les bijoux des futurs biens ‘taxés’), la France va de l'avant. Macron a même demandé aux entreprises transalpines de suspendre leurs investissements aux États-Unis. L'Allemagne se positionne sur une ligne intermédiaire. Les droits de douane sont fondamentalement mauvais - a déclaré le chancelier sortant, Olaf Scholz - et nous devons répondre de manière unie, forte et appropriée’, mais ‘nous sommes prêts à discuter et à éviter une guerre commerciale’.’’ Corriere della Sera : ‘’Habituellement attentif à utiliser des tons conciliants envers Donald Trump, le président français Emmanuel Macron n'a pas su hier trouver les mots justes pour exprimer sa déception. Peu avant de rencontrer au palais de l'Élysée les représentants des secteurs économiques les plus touchés, Macron s'est adressé aux Français en qualifiant les nouvelles taxes américaines de ‘choc pour le commerce international’, résultat d'une ‘décision brutale et infondée’. Et il a lancé un appel à ceux qui s'apprêtent à s'engager aux États-Unis ou qui l'ont déjà fait ces dernières semaines.’’ Messaggero : ‘’Depuis Paris, Emmanuel Macron confirme sa ligne : inutile de se faire trop d'illusions, plus tôt l'Europe se résignera à un Trump qui finit par faire ce qu'il menace, mieux ce sera pour tous.’’. Sole 24 Ore : ‘’Emmanuel Macron a immédiatement appelé à l’action en appelant à la suspension des investissements. Le Président français souhaite une réponse forte et unie de la part de l’UE. La France est relativement exposée puisque les exportations vers les Etats-Unis représentent 1,5% de son PIB contre 3% pour l’Italie et 4% pour l’Allemagne’’. ‘’Le Président de la Confindustria Emmanuele Orsini appelle à ne ‘pas paniquer’ mais il faut réagir de façon unie’.’’
Stampa : ‘’OTAN, le diktat des 5%. Marco Rubio fait pression sur les alliés de l’OTAN pour augmenter les dépenses militaires. Les 2% de PIB jugés indispensables par les Etats-Unis restent encore un mirage pour l’Italie, de même que les 3,5% sur lesquels mise Ursula von der Leyen avec le plan de réarmement européen. Mais, hier, M. Rubio a demandé de porter les dépenses à 5% ce qui pour de nombreux pays impliquerait une véritable révolution et pour l’Italie de multiplier par 3 ses dépenses actuelles. ‘Nous sommes prêts à atteindre rapidement les 2% demandés mais il serait un peu difficile de faire face à la fois à la hausse des droits de douane et atteindre le 5%’ a fait remarquer Antonio Tajani. Lors de la rencontre d’hier un possible retrait de Donald Trump de l’OTAN planait sur les discussions informelles. En tous cas, le doute persiste sur la présence des Etats-Unis en Europe sachant que M. Rubio a laissé entendre un possible désengagement à l’avenir. L’OTAN pourrait jouer un rôle de soutien à la fameuse coalition des ‘volontaires’ menée par la France et le Royaume-Uni, notamment sur le renseignement et la surveillance. Ce serait un point positif puisque cela impliquerait les Etats-Unis.’’
Corriere della Sera, Antonio Tajani (Forza Italia), ministre des Affaires étrangères et du commerce extérieur, et vice-Président du Conseil : « Il faut éviter des rétorsions en chaîne. Nous devons négocier pour diminuer de moitié les droits de douane. Le commissaire européen au commerce M. Sefkovic est la personne la plus adaptée pour le faire. Aujourd’hui, il s’entretiendra avec la délégation américaine et portera nos propositions et réponses. Lundi, il y aura une réunion des ministres européens du Commerce extérieur. Il ne faut pas paniquer, les droits de douane américains sont une erreur mais le gouvernement travaille depuis plusieurs mois sur ce dossier. Je pense qu’un compromis est nécessaire pour tout le monde. L’Italie travaille par ailleurs à un plan pour ouvrir de nouveaux marchés. Je me rendrai la semaine prochaine en Inde et au Japon. Je n’exclue pas non plus d’ouvrir de nouvelles productions aux Etats-Unis pour plus de réciprocité et de meilleures conditions, ce qui implique de fermer des sites [en Italie] ou de délocaliser. Nous misons sur une politique industrielle pour la croissance. Nous devons éviter une spirale infernale, la BCE ne devra pas augmenter les taux elle aussi si jamais la Fed le faisait. Lors du Conseil de l’OTAN, j’ai cité l’article du Traité qui favorise la coopération économique entre alliés. J’ai souligné que l’Italie restait engagée pour atteindre les 2% de PIB de dépenses pour la défense mais qu’atteindre les 5% désormais demandés par les Etats-Unis serait difficile s’il faut faire face à la hausse des tarifs douaniers. »
Corriere della Sera, Luca Zaia, président de la région Vénétie (Ligue) : « Nous ne lâchons rien sur l’autonomie différenciée des régions et le fédéralisme, salvateur pour l’Italie. Pour nous, le refus de la guerre est fondamental, la Ligue est une force de paix. Il me semble que sur la fin d’un conflit, Donald Trump offre bien plus de garanties que J. Biden. Le drame est qu’il n’existe plus de diplomatie européenne. Le réarmement ne peut pas être la stratégie de l'Europe. Ce serait un retour en arrière de plusieurs décennies. Concernant les droits de douane, la confrontation ne paie jamais. Les droits de douane sont une catastrophe qui s’ajoute au Covid et à la guerre en Ukraine. Il faut négocier avec les Américains pour trouver une solution. L’Italie peut jouer les médiateurs stratégiques avec Washington. En vue du Congrès du parti, je suis optimiste. Nous nous sommes consolidés et désormais nous ne pouvons que progresser. »
(Traduction : ambassade de France à Rome)
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