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08/08/2024

"Ma deuxième année comme présidente du Conseil."

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Italie. Revue de presse.

Les craintes relatives à une attaque imminente de l’Iran contre Israël  font les unes de l’ensemble des médias. Les quotidiens titrent : « Les drones et les avions de chasse iraniens sont prêts à attaquer » (Corriere della Sera), « Israël, Poutine invite khamenei à la retenue » (Stampa)« Poutine invite l'Iran à éviter des cibles civiles » (Giornale), « Sinouar a été nommé à la tête du Hamas, l'Iran déplace ses avions » (Avvenire), Les nouvelles mesures qui seront adoptées en Conseil des Ministres  sont aussi citées : « Automobile, voici les nouvelles aides à l'achat  » (Messaggero), « Le système de contrôle des revenus sera éliminé » (Sole 24 Ore), « Nominations à la RAI, les oppositions font barrage » (Repubblica) .

INTERVIEW, Chi, de Giorgia Meloni, “Ma deuxième année comme présidente du Conseil » par G. Cerasoli [EXTRAITS]  : « Mon voyage en Chine était un moment nécessaire, pour diverses raisons. Pour ouvrir une nouvelle phase dans nos relations bilatérales, avec l’objectif prioritaire de les rééquilibrer. Entre l’Italie et la Chine, on compte environ 67 milliards d’échanges, mais les importations de produits chinois dépassent largement nos exportations dans ce grand pays asiatique. Sans compter les investissements : les entreprises chinoises investissent en Italie un tiers de ce que les entreprises italiennes investissent en Chine, signe que la stratégie poursuivie jusqu’à présent par les précédents gouvernements n’était pas la meilleure. Nous avons signé une série d’accords qui ont comme principal objectif d’ouvrir le marché chinois aux entreprises italiennes et favoriser les investissements chinois en Italie. En outre, la Chine est un interlocuteur indispensable sur beaucoup de défis globaux : la paix en Ukraine et au Moyen-Orient, l’impact de l’IA surtout sur le marché du travail, le changement climatique, le rôle de l’Afrique. Des sujets sur lesquels j’ai échangé avec le président chinois XI Jinping de façon franche et loyale. Le fait que je sois arrivée en Chine avec ma fille a fait beaucoup parler. Je n’ai pas compris pourquoi, franchement. Entre tous les voyages et les engagements internationaux, j’aurais dû laisser ma fille à la maison pour certains. Je pense à l’inverse que chaque mère sait ce qui est le mieux pour ses enfants, mais c’est aussi un défi culturel qui concerne toutes les femmes. Je pense que si moi, présidente du Conseil, j’arrive à démontrer que ma fonction est compatible avec le fait d’être mère, alors il n’y aura plus d’excuse pour ceux qui prennent prétexte du fait d’être mère pour empêcher des femmes de les faire progresser dans leur carrière professionnelle. Concernant mon bilan personnel, je pense que je n’aurais pas pu faire plus. Tant et si bien que je pense qu’il faudra que je m’impose quelques jours de congé, plus qu’à l’accoutumée. Au niveau politique, mon bilan est que nous sommes en train de résoudre de nombreux problèmes, mais beaucoup d’autres doivent encore être réglés. Je suis satisfaite des résultats obtenus pour le moment, et cela me conduit à vouloir poursuivre avec plus de détermination encore. J’ai promis que je laisserai l’Italie dans une meilleure situation de comment je l’avais trouvée en arrivant, et jusqu’à présent j’ai atteint cet objectif. L’Italie aujourd’hui est plus stable, plus centrale et plus respectée dans le monde. Sa croissance est supérieure à celle des autres pays européens, nous avons atteint un taux d’emploi historique et son inflation plus basse que celle des autres pays du G7. Les arrivées de migrants irréguliers ont baissé de 60% par rapport à l’an dernier et nous avons lancé des réformes attendues depuis des décennies. Sur le premierato, sur la justice, sur l’autonomie régionale, sur la fiscalité qui est attendue depuis cinq ans. Des réformes contre lesquelles les forces politiques qui veulent maintenir le status quo, pour préserver leurs privilèges, mettent en place une opposition féroce. Quand nous avons gagné les élections européennes, j’avais dit que cette victoire était plus importante pour moi que celle d’il y a deux ans qui m’a conduit à Chigi. Je le confirme. Obtenir ce niveau d’approbation [de la part des citoyens] après près de deux ans de gouvernement dans un contexte impossible, en faisant des choix difficiles, veut dire que les Italiens comprennent la situation bien mieux qu’une certaine classe politique. Il y aura d’autres réformes à mener, à commencer par les procédures administratives, ce qui est essentiel pour permettre aux entreprises de travailler et produire mieux et donner aux citoyens des services plus efficaces. Concernant ma fille, quand nous nous sommes séparés avec Andrea Giambruno, cela a été difficile pour elle évidemment. Heureusement, Andrea et moi avons toujours maintenu une bonne relation. Quand nous pouvons passer du temps ensemble avec Ginevra, nous le faisons. Je pense qu’il est important de faire comprendre aux enfants qu’une séparation ne doivent pas forcément déchainer un conflit entre parents et que les enfants ne doivent pas être contraints de choisir entre leur père et leur mère. Ce n’est pas toujours facile, mais si c’est possible c’est utile de le faire. On voit comment notre fille est heureuse quand elle ne doit pas diviser son temps entre l’un et l’autre, et bien que notre séparation soit définitive, nous passerons du temps heureux ensemble comme le font d’autres familles avec des parents séparés. J’ai toujours été une personne spontanée, d’accès direct, simple. Savoir que chaque geste puisse devenir une nouvelle potentielle pour la presse ne me rend pas sereine. Donc à présent je sors peu. Quand j’ai du temps libre, je préfère le passer à la maison, c’est pourquoi j’ai mis mes économies dans une nouvelle maison. J’ai souvent pensé que cette Giorgia et la présidente du Conseil étaient deux personnes incompatibles. Mais je suis sereine, concentrée, déterminée. Je comprends très bien la responsabilité que ma fonction comporte, et je ne décevrai pas ceux qui ont cru en moi. Quand je vois les réactions décomposées de ceux qui ont pillé ce pays, quand je vois qu’ils sont si furieux, si méchants, alors je me dis que je poursuis le bon chemin. Cela n’a pas de prix quand certaines personnes me disent « finalement je suis fier d’être italien ». La fierté est la révolution principale dont l’Italie a besoin. Sur les prétendues tensions avec mes alliés, c’est une invention d’une partie de la presse. Si vous saviez le nombre de fois où j’ai lu des choses que je suis censée avoir dites dans les journaux et qui sont totalement inventées. J’ai arrêté de lire les quotidiens à cause de ça, car j’ai compris que beaucoup de ces articles étaient écrits non pas pour raconter des faits, mais pour en conditionner le déroulement. Avec Matteo Salvini et Antonio Tajani, on en plaisante. Après bien sûr il peut y avoir des différences dans les sensibilités politiques, et c’est normal et même utile. Mais il n’y a jamais eu de différence insurmontable entre nous. On peut voir l’unité ne serait-ce que par la rapidité avec laquelle nos décisions sont prises. En deux ans nous avons pris plus de décisions que les gouvernements de ces dix dernières années. La gauche utilise n’importe quel prétexte pour s’en prendre à moi. Je serais responsable de tout : tragédie de Bologne, Cutro, féminicides. Ça devient ridicule et ce qu’ils ne comprennent pas c’est que même des personnes de gauche et de bon sens le voient. Je pense que la gauche n’a pas dépassé le choc de voir que c’est la droite qui a porté pour la première fois une femme à la présidence du Conseil. Il y a une différence fondamentale entre la pensée conservatrice et libérale et celle de gauche : nous pensons que le mérite passe avant tout, tandis que pour eux ce sont les catégories qui comptent. Pour eux, la place des femmes devait venir d’une sorte de concession de la classe au pouvoir essentiellement masculine ou une obligation imposée à travers des quotas de genre. Mais si ce sont des quotas qui font de toi un chef, tu n’as pas de leadership. Voilà pourquoi c’est à droite et pas à gauche qu’on a davantage vu des femmes occuper des fonctions importantes. Concernant les Etats-Unis, je ne connais pas Kamala Harris. Tout le monde sait que je préside les conservateurs européens, et que parmi les partis extra-européens qui adhèrent aux conservateurs, il y a aussi les Républicains américains. Donc ma préférence est connue. Cela ne m’a toutefois pas empêché de bien travailler avec l’administration démocrate de Biden. Car entre des grands pays alliés, les relations ne changent pas avec le changement de gouvernements. Ce sont les Américains qui choisiront, et je suis certaine que quelle que soit l’issue, nous continuerons à bien travailler avec les Etats-Unis. Avec Mattarella, nos relations sont constantes et constructives et je trouve que le fait d’interpréter chacune de ses paroles comme s’il faisait de l’opposition, est à la fois faux et irrespectueux à l’égard de son rôle. Il a tenu des propos sages, comme toujours, sur la liberté de la presse. La liberté de la presse est une valeur indispensable. C’est pourquoi j’ai combattu pendant des années la façon dont la gauche s’est servie de la presse, de l’information, de la culture, en mettant à l’index tous ceux qui n’étaient pas vus comme appartenant à la gauche. Je travaille pour une information qui soit pluraliste, donc quand on m’accuse de faire de la Rai une « telemeloni », cela fait sourire. Ceux qui connaissent la RAI savent quelle est la réalité. Les Italiens sont beaucoup moins ingénus. Je comprends la nervosité du PD qui a peur de perdre prise sur la RAI, mais on ne peut pas les aider, car j’ai promis une Italie dans laquelle tout le monde à les mêmes droits, même s’ils ne sont pas à gauche ». 

ARTICLE, Repubblica, G. Vitale, « L’opposition unie défie Meloni, « Stop aux nominations à la Rai » : « Le Pd aux côtés du M5S, d’Avs, d’Iv et d’Azione. Tous ces partis lancent un appel à la majorité : « avant de choisir les nouveaux responsables à la Rai, réformons la gouvernance ». Aux dissensions internes à la majorité, « incapable de se trouver un nouveau Conseil d’administration », et au risque de perdre la présidence de la Rai le 10 aout après le départ de Marinella Soldi, se sont ajoutées les oppositions, « unies comme jamais pour saboter en commission de Vigilance les cadres d’un service public qui devrait être assujetti à Fratelli d’Italia ». Les oppositions, réunies d’Azione et d’Iv à l’Avs, ce qui n’était jamais arrivé dans la lutte contre l’accaparement de la télévision par Meloni, « sont déterminées à poursuivre la tâche » qui les avait amenées à s’offrir le journal télévisé et les chaines, sans être persuadées d’y arriver. Pour pouvoir nommer le nouveau président de la Rai, dont la candidate Simona Agnes, proche du berlusconiste Gianni Letta, la ratification en commission de vigilance devra s’obtenir par un vote favorable des deux tiers, soit 28 voix sur 42. La droite peut compter sur 25 voix, auxquelles il manquerait donc trois autres. Si Mariastella Gelmini d’Azione et Dafne Musolino d’Iv en profitent pour abandonner les leurs et passer aux berlusconistes, il ne leur manquerait donc qu’une voix pour atteindre la majorité. L’alliance de gouvernement doit donc compter sur les frondeurs, c’est pourquoi l’appel commun des oppositions à « toutes les forces politiques » pour qu’avant les nominations s’ouvre « une réforme organique de la gouvernance de la Rai », conformément aux règlements européens sur les médias, « a fait sonner l’alerte rouge » au Palais Chigi. Le texte commun, coordonné par le député démocrate Stefano Graziano, appelle au « sens des responsabilités des forces politiques et des institutions » pour « éviter une énième compromission et permettre au service public de souffler ». L’objectif est aussi de « protéger l’indépendance des médias et des journalistes, en prohibant toute forme d’ingérence de la part du politique ou de l’économie dans les décisions éditoriales ».  Il prévoit également, même si les nominations des cadres de la Rai restaient stables, « de procéder début 2025 à une révision littéralement imposée par les normes communautaires ». Dans le même temps, la présidente du Conseil est mise en difficulté de la part de la Rai elle-même, en ébullition. « Depuis des semaines nous assistons à un insupportable marché aux bestiaux concernant les postes de cadres et de direction. On discute dans les salons alors que les fondations de la maison s’écroulent », a déclaré le syndicat Usigrai. Salvini n’a lui pas l’intention de déposer les armes sans avoir obtenu un directeur général et la responsabilité du « DayTime » ou des « Approfondissements ». Toutes les occasions seront bonnes jusqu’au 10 septembre pour voter pour les quatre conseillers Rai, ne manquant plus qu’une date ou une majorité. Le 23, les salariés (non-journalistes) seront en grève, et fin octobre le recours auprès du Tribunal administratif régional pour l’annulation de la procédure de nomination de la direction sera examiné. « Pendant ce temps, l’administrateur délégué Roberto Sergio se retrouvera pour quelques jours chef d’entreprise, président de la RAI et directeur de la radio, ce qui n’était jamais arrivé ».

ARTICLE, Il Foglio, de C. Cerasa, « Meloni aussi a intérêt à ce que Kamala Harris remporte les élections présidentielles » : « Parmi les merveilleux ragots d'été qui animent depuis quelques jours les palais endormis de la politique, il en en a un délicieux qui concerne une conviction profonde mûrie par la présidente du Conseil, Giorgia Meloni. Une conviction qui ne peut être attribuée, ni même avouée, comme on dit, mais qui explique bien le dilemme international où se trouve la cheffe du gouvernement italien : que faire de Donald Trump ? Voici la pensée inavouable de la cheffe du gouvernement : une défaite de Trump en Amérique serait une bonne nouvelle pour l'Italie, et aussi pour Meloni, parce cela n'obligerait pas le gouvernement italien à se plier au salvinisme, parce qu'elle n'obligerait pas le gouvernement italien à justifier les choix faits au prix de sacrifices ces dernières années, parce qu'elle n'obligerait pas le parti dirigé par Giorgia Meloni à revenir au pas de l'oie, et parce qu'elle ne donnerait pas aux visages les plus marquants de la droite italienne l'excuse de se laisser entraîner par l'appel de la forêt du populisme, du souverainisme et du nationalisme, que Meloni a réussi à contenir avec un certain effort. Son gouvernement pourra ainsi rester pro-atlantiste, pro-Europe et pro-Ukraine. »

ARTICLE, La Stampa, F. Capurso, « La Ligue de Vannacci » : “ Les léghistes de la vieille garde ne se sont jamais fiés à Roberto Vannacci. Il incarne des idées trop éloignées de l’esprit originel, celui d’un parti qui se veut un « syndicat des territoires ». Cette peur, ils l’avaient partagée avec Matteo Salvini, qui l’avait écartée. Mais désormais, alors que l’association « Le monde à l’envers » (titre du premier livre de l’ex-général) se transforme d’après la Repubblica en un mouvement politique, le leader aussi doit être pris de doutes. Invité à clore l’université d’été de la Ligue, où Vannacci était absent, Salvini affiche son optimisme : « Je crois qu’il jouera un rôle important pour le futur de la Ligue. Nous avons la même idée du futur, de la protection de l’environnement ». Par ailleurs, fonder un parti est une affaire complexe. Interrogé par la Stampa, Vannacci répond : « Savez-vous comment mange un éléphant ? Un morceau à la fois ». Il ne nie pas et confirme son ambition d’être quelque chose de plus qu’un « parlementaire européen indépendant ». S’il ne sait pas comment se passera la tentative de création de son mouvement « Le monde à l’envers » et soutient qu’il s’agit de quelque chose d’externe, il précise que « ce sont des camarades. […] Je suis leur inspiration, leur messie ». Mais le projet n’est pas encore abouti et il souligne aujourd’hui : « Je suis indépendant de la Ligue, j’ai dit que je pourrais prendre la carte du parti ». Salvini semble prendre cette posture avec philosophie et déclare que « personne n’exige que Vannacci devienne léghiste ».   La peur d’avoir favorisé en leur sein un concurrent à droite demeure parmi les fidèles du leader. Mais celui-ci a d’autres priorités en tête. Les élections régionales en Ligurie, où Giovanni Toti est « otage de la magistrature » et celles en Emilie-Romagne. Le futur de Luca Zaia qui, après la Vénétie, « peut tout faire, même devenir maire de Venise » et les Jeux Olympiques d’hiver de Milan-Cortina, dont la cérémonie d’ouverture sera « différente de la cérémonie dégoûtante de Paris ». Et le code de la route, les voitures électriques, le procès Opens arms, dans lequel il est inculpé, les routes, les aéroports, les chantiers… Vannacci prend encore une place peu encombrante dans cette liste. »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

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