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12/05/2023

"Nous défendons "l’ethnie italienne" a déclaré hier le ministre Francesco Lollobrigida."

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Italie. Revue de presse.

La nomination des directeurs généraux de la garde des finances et de la police, après de longues discussions au sein de la majorité, fait les gros titres : « L’accord a été trouvé sur les nominations : Pisani nommé à la tête de la Police » (Corriere della Sera), « Le pacte des nominations » (La Repubblica), « Police et garde des finances, voici les nouveaux responsables » » (Il Messaggero). « Visite du Président Zelensky à Rome : hypothèse d’une rencontre avec le Pape » (Corriere della Sera, Repubblica). « Loyers trop chers pour les logements universitaires, des fonds ont été débloqués » (Messaggero). « Lyon ne veut plus la réalisation de la ligne ferroviaire Lyon-Turin » (Fatto Quotidiano).

Les JT couvrent la visite d’Etat du Président de la République à Oslo, avec son appel à ‘’mettre fin à l’agression russe’’ ainsi qu’à des politiques actives en faveur de la natalité en Italie, le déblocage de fonds sur les logements universitaires, la visite annoncée du Président V. Zelensky à Rome ce week-end.

ARTICLE, Corriere della Sera, S. Montefiori « L'Elysée dément qu’il y ait une crise avec l'Italie : “Macron et Meloni travaillent ensemble“ » : « "Il n'y a pas de crise diplomatique entre la France et l'Italie", affirme l'entourage du président. Après des jours où la politique intérieure se jouait à l'étranger, avec les déclarations hostiles côté français, les réactions offensées de l'Italie et les paroles d’apaisement de la Première ministre Meloni, qui faisait l’objet d'attaques, voici la version des proches du chef de l'État français. Les ministres ou les représentants peuvent bien exprimer leurs opinions, mais ce qui compte, c'est la relation entre Emmanuel Macron et Giorgia Meloni, qui reste marquée par le dialogue et la recherche, s'il en est, d'une compréhension toujours plus grande.  “La vérité est que nous avons besoin de bien travailler avec l'Italie et que nous avons beaucoup d'intérêts communs que nous devons traiter ensemble, ce que nous faisons déjà". On note depuis le palais parisien que Macron a fait le premier pas en rendant visite à Meloni lorsque le président était à Rome pour rencontrer le pape (le 23 octobre 2022).  "Il y a des différences de sensibilités politiques, mais le président est allé rencontrer Mme Meloni avant même qu'elle ne commence à exercer ses fonctions de Premier ministre. Il a choisi d'engager immédiatement le dialogue".  Une attitude qui n'a pas changé ces derniers jours, où beaucoup de personnes se sont exprimées, mais pas Macron. S'il n'y a pas eu de commentaires, c'est pour une bonne raison : “l'un et l'autre sont désireux de maintenir ce dialogue".  Les problèmes de fond demeurent, en particulier la question migratoire, mais il s'agit d’un terrain différent. Les conseillers du président souhaitent souligner les fondements positifs de la relation avec l'Italie, quoi qu'il arrive. Ensuite, il y a les mesures concrètes à prendre sur le terrain, dans un moment considéré comme une période d’urgence.  Deux arrêtés administratifs datés du 10 mai autorisent pour trois mois, à la demande de la police aux frontières, "le tournage, l'enregistrement et la transmission d'images" captées avec des drones dans les Alpes maritimes, à la frontière avec l'Italie. "Les difficultés du terrain" et la présence de nombreux chemins "permettant de contourner la lutte contre l'immigration clandestine" rendent "matériellement impossible la prévention des franchissements illégaux de la frontière (...) sans disposer d'une vision aérienne dynamique", lit-on dans les textes diffusés par l'Afp. “Depuis le début de l'année 2023, le flux en provenance d'Italie a quadruplé" et "9 000 personnes en situation irrégulière ont été interceptées" à la frontière entre la France et l'Italie. Hier, l'Assemblée des départements de France (Adf) a demandé l'aide du gouvernement pour faire face à une "situation explosive" dans les Alpes-Maritimes, où se concentrent plus d'un tiers des mineurs étrangers isolés arrivés depuis janvier, soit environ 2 000 sur un total de 5 000.  La France est également confrontée à une situation d'urgence migratoire à Mayotte, dans l'océan Indien, dans le territoire d'outre-mer qui accueille les immigrants clandestins en provenance des îles voisines des Comores, et en Guyane, en Amérique du Sud, à la frontière avec le Brésil et le Surinam. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a repris le projet de loi sur l'immigration qui avait été mis en sommeil et le présentera au mois de juillet.  Le contexte est le suivant : la France subit une immigration sous trois formes différentes, elle est un pays de première entrée, de transit et de destination. De première entrée en Guyane et à Mayotte. De transit pour les migrants qui tentent ensuite la traversée de la Manche à Calais ou se rendent en Allemagne. De destination pour la plupart de ceux qui arrivent d'Italie et d'Espagne. Le sentiment est qu'il faut se battre sur tous les fronts.  La collaboration avec l'Italie est donc essentielle. Pour en revenir à l'entourage du président, on souligne que Macron et Meloni se parleront bientôt. “En tout cas, le président et Mme Meloni se verront au G7 (à Hiroshima, 19-21 mai, ndlr). Nous entrerons alors aussi dans une phase où nous devrons nous préoccuper ensemble de notre destin européen". » 

ARTICLE, La Repubblica, A. Ginori « Il n’y a pas de crise entre Macron et Meloni » - Paris choisit la voie du dialogue : «  "Il n'y a pas de crise diplomatique entre la France et l'Italie. La vérité, c'est que nous avons besoin de bien travailler avec l'Italie et que nous avons beaucoup d'intérêts communs que nous devons traiter ensemble, et c'est ce que nous faisons." Dans l'entourage d'Emmanuel Macron, on tente de clore la polémique ouverte la semaine dernière par les déclarations du ministre Gérald Darmamin. L'incident doit être contextualisé dans le contexte d’une opposition entre partis politiques, comme le souligne une source proche du dirigeant français. “Il y a des différences de sensibilités politiques, mais le président est allé voir Meloni avant même qu'elle ne prenne ses fonctions. Il a tout de suite choisi de dialoguer", poursuit cette source, rappelant le voyage du chef de l'État à Rome en octobre dernier. Les deux dirigeants ont des parcours et des orientations opposés, mais il est vrai aussi, rappelle-t-on, qu'Emmanuel Macron a parié sur la normalisation au pouvoir de la nouvelle première ministre. S'il n'y a pas eu de commentaires de la part du président, ni de Meloni, c'est pour une bonne raison : “tous deux sont soucieux de maintenir ce dialogue", soulignent-on encore à Paris. Meloni a choisi de ne pas entrer dans la danse cette fois-ci. “Il n'y a pas de problème bilatéral avec la France", a déclaré la première ministre mercredi, après que quelques phrases du chef du parti d’Emmanuel Macron, Stéphane Sejourné, ont de nouveau entrainé un clash entre Rome et Paris. Et Emmanuel Macron était resté silencieux depuis le début de la polémique déclenchée par les déclarations de son ministre, qui a provoqué l'annulation de la visite du ministre Antonio Tajani à Paris. La première ministre [Meloni] n'a pas relancé sa demande d'"excuses" que le ministre des affaires étrangères [Tajani] avait réclamées, et elle a qualifié l'incident de "discussion liée à la politique intérieure" de la France. L'attitude de la première ministre a été appréciée dans l'entourage de Macron. La prudence des deux dirigeants au cours de cette dernière semaine n'est, en somme, pas une coïncidence. À Paris, on souligne que l'absence de commentaires directs de la part de Macron et l'absence d'escalade de la part de Meloni ont permis de préserver un fil direct malgré les nombreuses difficultés mais qui, avec le long face-à-face de Bruxelles en mars, a permis d’avancer sur différents dossiers, de la réforme du pacte de stabilité au soutien à l'Ukraine. Il y a quelques semaines, le conseiller diplomatique du Palais Chigi a rencontré le sherpa de Macron à l'Elysée. Et l'on préparait la visite de la première ministre à Paris en juin. Même sur l'immigration, le dossier le plus compliqué sur lequel ils doivent répondre à leurs opinions publiques respectives, Macron et Meloni ont travaillé ensemble pour aider Tunis. Les deux dirigeants se reverront bientôt. La semaine prochaine, lors de la réunion des chefs d'État et de gouvernement du Conseil de l'Europe à Reykjavik. Quelques jours plus tard, ils se retrouveront à l'occasion du G7 au Japon. “Nous allons entrer dans une phase où nous devrons préparer ensemble notre destin européen", dit-on solennellement dans l'entourage de Macron. Mais la bataille politique pourrait réserver d'autres surprises. "Il faut bien distinguer les projets et les rôles des diplomaties nationales, qui doivent faire leur travail, et les forces politiques européennes", commente Sandro Gozi. L'ancien sous-secrétaire aux affaires européennes du gouvernement Gentiloni est aujourd'hui député européen de Renew Europe, le groupe dirigé par Séjourné lui-même, à propos duquel il précise : "Il n'a pas parlé au nom du gouvernement français, mais au nom de Renew Europe. Gozi prévient toutefois : "Nous continuerons à nous battre pour faire gagner nos valeurs démocratiques et libérales, et montrer à tous les incohérences, les contradictions et la propagande stérile de mouvements comme Fratelli d'Italia et de leurs alliés européens". » 

ARTICLE, Repubblica, D. Longhin : « Ligne ferroviaire Lyon – Turin, le message de l’UE : ‘’ Nous sommes inquiets concernant le plan d’investissement français’’ » : « La France se veut rassurante sur la ligne ferroviaire Lyon-Turin, mais l'Italie ne lui fait pas confiance et Bruxelles a des doutes sur les plans de financement des travaux internationaux. Le ministre français des Transports, Clément Beaune, déclare qu’ "aucune décision n'a été prise" en ce qui concerne le tronçon français de la ligne ferroviaire Lyon-Turin et reporte la question au mois de juillet. En Italie, l'attention reste haute, au point que le vice-président du Conseil et ministre des transports, Matteo Salvini, affirme que " ces déclarations rassurantes sont positives, mais nous attendons Paris sur les actes". Salvini annonce qu'il sera bientôt dans le Val de Suse pour voir comment le chantier évolue du côté italien et comprendre quelle est la situation de l'autre côté des Alpes. Hier soir, depuis Vicenza, lors d'une réunion avec la direction de Trenitalia, il a renchéri : "Je ne veux me brouiller avec personne, mais nous investissons des milliards pour construire la LGV Lyon-Turin et y faire circuler des trains, et si les Français décident qu'ils veulent prendre quelques années de plus, cela ne va pas. La parole donnée doit être respectée et tenue". Depuis décembre 2021, la France doit décider quels travaux elle veut effectuer sur le réseau ferroviaire national et à quel moment. Un rapport du Coi (Conseil d'orientation des infrastructures), dont la mission est de proposer au gouvernement la meilleure allocation des ressources, estime qu'il serait mieux d’investir d’abord pour réparer la vieille ligne ferroviaire Dijon-Modane, pour un coût de 670 millions d'euros, et de reporter la nouvelle ligne vers Lyon en 2043, soit dix ans après la date prévue d’ouverture du tunnel transfrontalier du Mont-Cenis. La LGV a besoin d’un investissement de près de 7 milliards. Plusieurs appels ont été lancés pour inciter le gouvernement français à ne pas repousser la réalisation du projet, tandis que le mouvement italien No Tav relève la tête : " Avec la France qui envisage le report des travaux, la Tav va dans le mur", affirme-t-on au sein du mouvement - Nous avions raison ". L'objectif italien est d'éviter que les premiers trains qui sortiront du nouveau tunnel en 2033 ne se retrouvent sur l'ancienne ligne. L'exécutif d'Élisabeth Borne n'a pas encore fait de choix. De son côté, le président de la conférence intergouvernementale Italie-France, Paolo Foietta, s'inquiète. " Le tunnel qui traverse les Alpes est comme un beau pont, mais un pont qui aurait une seule rampe d'accès serait inutilisable ", a-t-il déclaré. "La France continue de repousser la décision sur les travaux et les calendriers. Or, elle est désormais nécessaire. Si la France a besoin de quelques années supplémentaires, disons jusqu'en 2036, on peut en discuter, mais pas de dix ans. L'important est de décider avant la fin de l'année. C’est Bruxelles qui le demande ". » 

PREMIER PLAN, Corriere della Sera, de M. Guerzoni, « La ligne Meloni-Mantovani l’emporte, la Présidente du Conseil a imposé une accélération [sur les nominations] » : « Après des jours entiers de tensions, d’arrêt des discussions, de reports, Giorgia Meloni est parvenue à boucler le dossier des nominations stratégiques en imposant sa ligne pour la direction de la RAI, de la Police d’Etat et de la Garde des finances. C’est bien Andrea De Gennaro qui prendra la tête de cette dernière. Au vu des nombreux rebondissements avant que la décision ne soit arrêtée, peut-être que la prudence est de mise mais, sauf retournement incroyable, le ministre de l’Economie devrait proposer lui-même De Gennaro lors du prochain Conseil des ministres. Guido Crosetto, le ministère de la Défense, donnera malgré lui sa bénédiction. Ainsi, la Présidente du Conseil aura réussi à s’assurer le plein contrôle des organes de l’Etat, grâce notamment à l’alliance avec Alfredo Mantovano, son secrétaire d’Etat. Dès le début, le duo avait décidé que Vittorio Pisani, très apprécié de Matteo Salvini et Matteo Pitantedosi, serait nommé chef de la Police. La Présidente du Conseil était guidée par la nécessité de marquer la rupture par rapport à la précédente mandature et d’identifier de nouveaux profils auxquels se fier. L’idée de fond est que, si le chef de la police est proche de la Ligue, celui de la Garde des finances ne peut être choisi que par Fratelli d’Italia. Pour la Présidence du Conseil le mot d’ordre était ‘’l’équilibre’’ mais les ministres Giorgetti et Crosetto ont contesté la méthode. Le choix du commandant de la GDF revient de droit au ministre de l’Economie et le ministre de la Défense doit ensuite donner son accord. Giorgetti n’était pas convaincu par le candidat choisi par le Palais Chigi, au point de freiner le processus en consultant la Présidence de la République. Après d’éprouvantes discussions, Giorgia Meloni avait pris quelques jours de réflexion avant de convoquer ses ministres et d’imposer une accélération. Au final, c’est bien Giorgetti qui, de retour du Sommet du G7 au Japon, proposera la nomination du nouveau commandant lors du prochain Conseil des Ministres ‘’selon l’accord politique déjà trouvé’’, souligne noir sur blanc le communiqué final. Meloni aurait préféré clore la question avant sur la direction des principaux corps de l’Etat mais a évité de trop forcer les choses et satisfaire la demande de Giorgetti : attendre son retour du Japon pour qu’il puisse être présent au Cdm décisif. »

COMMENTAIRE, La Repubblica, de S. Messina, « Le ministre beau-frère remet les pieds dans le plat » : « Il n’y a rien à faire, quoi qu’ils fassent ils en reviennent toujours au même point : l’italianité. Pour le parti de Giorgia Meloni, telle est la valeur absolue, l’identité sacrée de la Nation à défendre. Nous ne sommes pas racistes mais nous défendons ‘’l’ethnie italienne’’ a déclaré hier le ministre Francesco Lollobrigida qui, bien au-delà de la souveraineté alimentaire, est devenu le défenseur de ‘’notre identité culturelle’’. Lors des Etats généraux de la Natalité, méga-congrès catholique pour promouvoir les naissances, il a expliqué que davantage d’enfants devaient naître car c’est ainsi que l’on défend ‘’l’appartenance à laquelle nombre d’entre nous sommes attachés, moi le premier et avec fierté : la culture italienne, la souche linguistique, le mode de vie’’. En Italie, nous devons donc augmenter les naissances non pas parce que le pays vieillit, parce que l’économie en a besoin ou pour rendre soutenable le système social, mais pour donner des enfants à la Patrie. Ce n’est pas une bourde comme lorsqu’il avait de façon désinvolte parlé de ‘’remplacement ethnique’’ au sujet de l’immigration clandestine. Cette fois il a soigneusement choisi ses mots, évitant bien celui qui résume toutes ses périphrases : l’italianité. Car c’est Mussolini qui avait construit la culture et la propagande de la double-décennie autour de ce mot. Fabio Rampelli, autre parlementaire Fratelli d’Italia de renom, a d’ailleurs lancé il y a peu sa bataille sur le champ linguistique contre la contamination étrangère, proposant même des amendes de 100 000 euros aux complices lexicaux de la perfide Albion, afin de préserver la ‘’langue mère’’. L’italianité avant tout, donc. Idem pour le subterfuge trouvé par Sangiuliano per exclure les citoyens européens non-italiens de la direction des musées et sites culturels nationaux et substituer à ces Allemands, ces Français, ces anglo-canadiens… seulement des patriotes. Mais, non, Meloni et ses ministres n’ont sans aucun doute aucune nostalgie pour quelque régime que ce soit, ni même pour le fascisme. »

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Francesco Lollobrigida et Arianna Meloni

ARTICLE, Sole 24 Ore, L. Palmerini « Les universitaires qui font des sit-in dans les tentes représentent un test pour Schlein et pour le nouveau Parti démocrate » : « La protestation contre le coût des loyers pour les étudiants soulève deux points. Pour le gouvernement, nous avons assisté à une rupture entre la ministre de l’Université Bernini qui s’est démarquée des propos du ministre de l’Education Valditara, ce dernier ayant soulevé un tollé pour avoir montré du doigt les villes dirigées par le centre gauche. La titulaire du portefeuille à l’Université a voulu montrer vouloir collaborer avec les maires, sur le sillage de l’article 34 de la Constitution qui prévoit le droit aux études universitaires ‘’pour les étudiants capables et méritants’’ en anticipant un recensement d’immeubles non utilisés pour les mettre à disposition des étudiants. Cette approche différente souligne une posture différente entre alliés mais aussi un attachement à la charge publique au-delà du reflexe automatique de la droite de rejeter les responsabilités sur les exécutifs précédents. Côte opposition, s’il est vrai que le M5S de Giuseppe Conte s’est immédiatement mis du côté des jeunes, cela représente surtout un test pour Schlein et sa nouvelle direction du PD. Un parti qui jusque-là n’a pas su séduire les jeunes. Si ce défi n’est pas relevé et la cible atteinte, c’est le projet même de récupérer son électorat qui ferait défaut. Les jeunes font partie de ce segment de population qui s’est marginalisée toute seule de la politique active et qui ne vote pas. Ce qui a poussé les partis à proposer des solutions notamment sur les retraites au lieu de penser à l’emploi, aux politiques familiales et aux célibataires. C’est donc là un test pour le PD.  »

COMMENTAIRE, Il Foglio « La voie de sortie improbable sur le MES » - Le ministre Giorgetti (Ligue) demande des gages sur le Pacte de Stabilité en échange de la ratification du fonds de sauvetage européen : « Le Ministre de l’Economie Giancarlo Giorgetti a dit au Président de l’Eurogroupe Paschal Donohoe qu’il voulait conditionner la ratification du nouveau MES à certaines exemptions fiscales dans la réforme du Pacte de Stabilité. C’est un communiqué du ministère qui fait savoir que Giorgetti ‘’a redit qu’il était disposé au dialogue sur le Traité (du MES), à condition qu’il soit introduit dans un cadre de modifications déjà proposées par l’Italie notamment l’exclusion temporaire de certaines dépenses pour les investissements, dans le domaine numérique et pour la transition énergétique verte, y compris ceux du PNRR’’. Donahoe a répété ce qu’il avait déjà dit par le passé : sur la réforme du MES ‘’nous étions tous d’accord et voulons le rendre disponible à l’avenir pour tout gouvernement qui devrait y avoir recours’’. Dans la zone Euro, les rapports de confiance sont fondamentaux. La signature de l’Italie sur le traité engage également les gouvernements successifs. Le président de l’Eurogroupe a fait aussi un exercice de pédagogie face à la désinformation en Italie, en rappelant la finalité du nouveau MES ‘’la raison pour laquelle la ratification est importante est que l’instrument peut assurer un soutien rapide en cas de grave crise bancaire’’. Les cas des Etats-Unis et de la Suisse nous poussent à agir rapidement. Le timing est l’une des raisons pour laquelle Giorgetti se leurre en croyant pouvoir obtenir des concessions sur le Pacte de Stabilité dont les négociations pourraient se terminer dès 2024. L’autre raison : l’Allemagne et les pays frugaux considèrent la proposition de réforme du Pacte de Stabilité déjà trop souple pour pouvoir permettre d’autres concessions. Pour eux, qui ont suffisamment d’argent, le MES sert surtout pour les pays du Sud. Il n’y a donc pas de voie d’issue facile pour Giorgetti et Meloni. Ils peuvent juste vendre d’improbables promesses à leur majorité. »

COMMENTAIRE, Corriere della Sera, de P. Valentino, « L’Europe tente la révolution du vote à la majorité » : « Dans un paysage médiatique de plus en plus boulimique et hyperactif, quelque chose d’important pour l’Europe est récemment passé inaperçu. Les ministres des Affaires étrangères de neuf pays membres ont lancé une initiative pour réformer le système électoral de l’UE et abandonner l’unanimité pour un système basé sur la majorité qualifiée en matière de politique étrangère et de sécurité. L’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Finlande et la Slovénie ont signé une déclaration commune invoquant ‘’un processus décisionnel plus efficace et rapide, décisif pour préparer l’UE en vue de l’avenir et en faire un acteur géopolitique’’. Le jour de la fête de l’Europe, le chancelier Olaf Scholz a donné encore plus de poids à l’initiative dans son discours au Parlement européen, reprenant l’appel à dépasser le totem de l’unanimité en matière fiscale et de politique étrangère. ‘’Pour moi c’est une révolution et le vote à la majorité est la seule voie possible’’ a commenté Romano Prodi lors du débat en ligne promu par Emma Bonino et Benedetto Della Vedova de +Europa. L’ancien Président du Conseil a cité l’exemple de la Tunisie, un pays ‘’en proie au chaos’’ et pour lequel ‘’l’UE doit décider d’une ligne d’action commune’’. Mais rien n’est acquis. Malgré la forte cohésion mise en œuvre ces 15 derniers mois face à la guerre en Ukraine, un seul pays a souvent pu prendre en otage certaines décisions cruciales et nécessaires, comme c’est le cas de la Hongrie. Que les plus grands pays membres, sur initiative de l’Allemagne, rejoints par les pays fondateurs du Benelux, aient tout de suite adhéré est un très bon début, ‘’mais les résistances ne manquent pas’’ avertit +Europa, et 9 pays ne suffisent pas pour la majorité qualifiée. Toutefois, les grands pays européens se sont mobilisés sur un sujet depuis toujours explosif et la guerre en Ukraine a déjà amené l’UE a brisé un certain nombre de ses tabous. Depuis 1966 nous traînons le dogme de l’unanimité imposé de fait par le général De Gaulle puis codifié dans les traités. Mais les temps ont changé, il y a déjà beaucoup de domaines pour lesquels l’UE décide à la majorité. Pouvoir le faire également sur la politique étrangère, la défense et la fiscalité marquerait le franchissement définitif d’une zone d’ombre vers une véritable dimension géopolitique [de l’Union]. »

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ENTRETIEN, Il Foglio, de Marion Maréchal, vice-présidente de Reconquête : « La souverainiste française » : « Marion Maréchal, vice-présidente du parti de droite souverainiste fondé par Eric Zemmour, donne son avis sur la dernière querelle entre la France et l’Italie. ‘’Emmanuel Macron est en grosse difficulté avec un mécontentement très répandu parmi les Français qui ne concerne pas uniquement les retraites, mais toute sa politique. Il se voit ainsi obligé d’attaquer Giorgia Meloni car légitimer sa crédibilité ferait s’écrouler le narratif jusqu’à présent. C’est-à-dire l’incapacité de la droite de s’unir et de gouverner de manière stable, car le dynamisme italien en Europe et en Méditerranée est en train de mettre en évidence l’isolement progressif auquel elle a confiné la France sur le plan international’’. Toujours selon Marion Maréchal, Meloni ne serait pas la copie conforme de sa tante Marine Le Pen. ‘’Marine Le Pen et Meloni ont deux objectifs politiques différents. La première mise sur l’opposition entre le peuple et l’élite en attirant les déçus de la gauche plutôt que de coaliser les différents partis de droite. Personnellement je partage plutôt la ligne prise par Meloni de construire une coalition solide de forces conservatrices pouvant mettre en place un agenda qui soit une alternative à celle des gauches progressistes. Avec Reconquête, je travaille pour importer ce modèle aussi en France, où l’absence d’alliance entre partis de droite a laissé la place à Macron et à la gauche’’. »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

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