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14/09/2021

"Le Nord qui sépare les deux Ligues."

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Italie. Revue de presse.

La presse retient toujours en une l’adoption jeudi prochain en conseil des ministres du décret permettant l’extension du pass sanitaire et la présentation de la réforme de la fiscalité : « Fiscalité, voici la réforme de Draghi » - Le Président du Conseil souhaite l’adopter dès jeudi pour une réduction du coût du travail pour la classe moyenne. Pass sanitaire, Giorgetti (Ligue) prend ses distances avec Salvini (La Stampa), « Salvini isolé » - Giorgetti favorable à l’obligation de pass sanitaire pour tous les travailleurs. Sondages, Sala pourrait se reconfirmer à Milan dès le premier tour, Fratelli d’Italia entrevoit de prendre le leadership à droite (La Repubblica), « Le Pass sanitaire pour tous les travailleurs. Un quart des fonctionnaires n’est pas vacciné » - Le ministre Giorgetti s’exprime pour une ultérieure extension du certificat sanitaire. Environ 300 000 fonctionnaires ne sont pas immunisés (Il Messaggero).

ARTICLE, Sole 24 Ore, de B. Fiammeri, « Green Pass, Giorgetti (Ligue) pousse en faveur de l’extension aux entreprises » : « Le déroulé reste inchangé : une nouvelle extension du pass sanitaire concernant le secteur public et les structures où le pass est déjà demandé aux clients sera confirmée mercredi ou jeudi suite à une réunion gouvernementale, ratifiée par les régions, puis inscrite noire sur blanc le jour même en Conseil des ministres. Mais l’hypothèse plus drastique d’une extension immédiate à tous les travailleurs semble de plus en plus probable. Une hypothèse confirmée hier par le ministre du développement économique et chef de la délégation de la Ligue au gouvernement, Giancarlo Giorgetti. ‘’C’est une hypothèse en cours de discussion. Les entreprises doivent pouvoir assurer la sécurité de ceux qui travaillent. Je pense donc que nous allons vers une extension sans que personne ne soit discriminé’’ a-t-il déclaré en invoquant le ‘’pragmatisme’’ face à la situation, afin d’éviter des mesures ‘’bien plus douloureuses’’. Pour lui, l’obligation vaccinale ne peut d’ailleurs pas être écartée tant que 90% de la population ne sera pas vaccinée. Et ce au risque de déplaire à certains, ‘’cela fait partie du jeu’’ et de la responsabilité de ceux qui gouvernent, juge le ministre. Le hasard a voulu qu’au même moment, son parti, la Ligue, accueillait au Sénat le ‘’Premier Congrès mondial sur les thérapies précoces pour la Covid-19’’ faisant notamment la propagande de l’hydroxychloroquine et de l’ivermectine. C’est ainsi l’énième confirmation d’une fracture au sein de la Ligue, bien que minimisée par Salvini et démentie par Giorgetti. Dans les faits, la Ligue a pour le moment laissé entendre qu’elle ne présentera pas d’amendements au premier décret sur le green pass, qui sera examiné aujourd’hui au Sénat, après l’obstructionnisme dont le parti avait fait preuve lors du passage au Parlement. Cela n’exclue toutefois pas le recours à la motion de confiance. Une procédure différente pourrait être envisagée pour accélérer l’entrée en vigueur du décret qui doit être validé cette semaine bien qu’il reste peu probable que son application puisse être immédiate. En effet, deux à quatre semaines devraient être laissées aux travailleurs pour laisser à ceux qui le voudraient la possibilité de se faire vacciner. »

ARTICLE, Corriere della Sera, M. Cremonesi « Covid, l’affaire de la conférence au Sénat. La Ligue critiquée, Salvini assure : je n’y suis pour rien » : « À la veille du scrutin au Sénat sur le pass sanitaire, la Ligue ne cesse de surprendre. La sénatrice Roberta Ferrero a organisé une conférence au Palais Madama expliquant pourquoi ‘’la Covid est une maladie tout à fait soignable’’ avec une ‘’ bonne approche thérapeutique’’. C’est du moins ce qu’affirme l’association ‘’Ippocrateorg, dont l’ « approche » se fonde sur l’utilisation de médicaments controversés tels l’hydroxychloroquine et l’Ivermectine. Le paradoxe : plusieurs participants ont dû rapidement effectuer un test à l’infirmerie du Sénat car dépourvus de pass sanitaire. Après les polémiques soulevées par la chef de groupe du PD, Simona Malpezzi, la Ligue a fait savoir que Salvini n’avait ‘’rien à voir’’ avec la conférence et qu’il s’agissait d’une ‘’initiative personnelle d’une seule parlementaire’’. Mais le séisme le plus important a été remarqué au sein même de la Ligue. La nouvelle a suscité la colère de plusieurs léguistes, persuadés que les dernières initiatives au sujet du virus ne font que se retordre contre le parti, et ce notamment dans la perspective des élections municipales d’octobre. On déplore que ce soit ‘’la ligne de Claudio Borghi’’ qui s’impose. G. Giorgetti, de son côté, s’exprime sur le pass sanitaire, rappelant qu’il s’agit ‘’d’un choix très délicat’’ mais que ‘’faire partie du gouvernement implique s’assumer la responsabilité et prendre des décisions même si certains ne sont pas contents’’ ».

ENTRETIEN, La Stampa, de Giovanni Toti, président de la Région Ligurie, « Il faut une extension du pass sanitaire ou nous risquons d’avoir d’autres confinements » : « ‘’La situation actuelle est limitée et liée à la campagne de vaccination. Il est clair que pour la sécurité du pays et pour son économie, il est fondamental d’élargir l’obligation du pass sanitaire à toutes ces catégories de personnes travaillant dans le public. Salvini ? Il est poussé à s’opposer à cette extension car talonné par Meloni. Toutefois, les présidents des régions dirigées par la Ligue sont contre sa ligne. C’est un problème que Salvini doit résoudre à l’intérieur de son parti. J’ai l’impression que les présidents des régions sont tous favorables à l’idée de cette extension. Nous sommes en pleine reprise économique et nous ne pouvons pas prendre le risque de tout refermer’’ »   

COMMENTAIRE, La Repubblica, de F. Bei « Le Nord qui sépare les deux Ligues » : « Dans l’état de suspension apparent de la politique, provoquée par la naissance du gouvernement Draghi, les processus sous-jacents sont destinés, tôt au tard, à ressurgir. En effet, Salvini apparait de plus en plus en difficulté, pas vraiment à cause de ses adversaires mais plutôt par les ténors de son parti, qui remettent en discussion son leadership. Tous les jours, les deux visages de la Ligue font surface. D’un côté nous avons un leader isolé et de l’autre les personnalités politiques qui administrent des territoires peuplés de millions de personnes, c’est-à-dire la partie la plus productive du pays. Cela s’est surtout vu à l’occasion du meeting de Cerbobbio. Le ministre Giorgetti se déplaçait à son aise, comme une mariée, sa présence demandée à chaque table, serrant la main à une file d’entrepreneurs. En revanche, Salvini était isolé, assis à table avec le souverainiste Wilders, c’est-à-dire celui qui souhaiterait brûler le Next generation UE, l’euro et toutes les institutions communautaires. Comment est-il possible que le secrétaire du parti qui était jadis celui du Nord, soit maintenant accueilli froidement par « sa » Padanie et que les présidents de région Zaia, Fedriga et Fontana aient eu le courage de s’exprimer différemment ? La vérité est que Salvini a sous-estimé de manière dramatique le facteur politique le plus important de ces dernières décennies : le virus de la Covid. Il n’a pas compris qu’un parti de droite tel que la Ligue aurait dû tout d’abord donner des réponses crédibles à deux questions : la sécurité et l’économie. Massimo Fedriga, qui incarne parfaitement cette deuxième Ligue et qui semble irrésistiblement monter en visibilité, l’a dit hier clairement ‘’de nouveaux confinements seraient insoutenables pour l’Italie. Le pass sanitaire est un instrument pour que tout reste ouvert’’. L’erreur stratégique de Salvini est d’avoir laissé la bannière de la sécurité, celle contre la pandémie, à ses adversaires, se laissant écraser à droite par le rhétorique antisystème pour talonner Fratelli d’ Italia de Meloni. Certes, il est difficile de faire tomber un chef qui a fait passer la Ligue de 4 à 35% des voix. Toutefois, les prochaines élections municipales pourraient représenter un vrai tournant »

PREMIER PLAN, La Repubblica d’A. Gallione, « Milan, Sala vers le bis dès le premier tour. Fratelli d’Italia à trois points de la Ligue » : « Le sort de Milan semble déjà certain. Le sondage réalisé par Youtrend laisse présager une deuxième victoire dès le premier tour avec 51,4% des voix favorables. Les sondages mettent également en lumière l’écart entre le maire sortant et son principal adversaire, le léghiste Luca Bernardo, qui ne dépasserait pas les 37,2%. À Milan, la dernière à avoir remporté une victoire dès le premier tour, fut Letizia Moratti en 2006. Mais c’était un ‘autre Milan’, qui portait encore l’héritage des vingt ans du centre-droit et où le ‘troisième pôle’ représenté par le M5S n’existait pas encore. À partir de Giuliano Pisapia la tendance s’est inversée, mais le Milan bastion du centre-gauche allait systématiquement au deuxième tour. Pour le directeur de Youtrend, le scénario d’une victoire dès le premier tour est tout à fait envisageable d’une part parce que son premier mandat est perçu positivement et de l’autre car son principal adversaire ‘est arrivé tard, avec pleins d’incertitudes et dans un contexte où il semblait que personne ne voulait prendre cette responsabilité.’ Quant au M5S, la candidate choisie par Conte, Layla Pavone ne dépasserait pas les 4,6% malgré la popularité de l’ancien président du conseil. Le sondage mesure également la composante qui est indirectement favorable à Beppe Sala. Ce dernier a en effet réussi à installer une large alliance qui va de ‘Azione’ aux Verts. Enfin, du côté du centre-droit, la Ligue (14,1%) reste devant Fratelli d’Italia (11,3%) qui enregistre un important bond en avant. En 2016, lors des dernières élections municipales, le parti de Giorgia Meloni était à 2,4%. Quant à Forza Italia, il passe de 20% à 7,9% en cinq ans ».

(Traduction : ambassade de France à Rome)

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