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03/09/2021

Giorgia Meloni : "Une armée européenne est inutile sans une politique étrangère commune."

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Italie. Revue de presse.

La conférence de presse du Président du Conseil, confirmant son intention d’étendre l’obligation de présentation du pass sanitaire obligatoire, voire l’obligation de vaccination pour tous, fait les gros titres des quotidiens italiens. La position du leader léguiste M. Salvini contre l’obligation de pass sanitaire, alors que son parti fait aussi partie de la majorité gouvernementale, est encore largement commentée : « L’accélération de Draghi sur les vaccins » - Le Président du Conseil annonce que le pass sanitaire sera étendu à d’autres secteurs. La Ligue proteste : nous ne sommes pas d’accord (Corriere della Sera), « Oui au vaccin obligatoire » - Le Président du Conseil prêt à prévoir l’immunisation pour tous après l’avis favorable de l’EMA et de l’association italienne AIFA. Extension du pass sanitaire et troisième dose. Le PD se félicite, Conte reste silencieux, la Ligue déplore : le vaccin n’est obligatoire nulle part en Europe  (La Repubblica), « Draghi : oui à l’obligation vaccinale » - Le gouvernement accélère sur les vaccins, la troisième dose et le pass sanitaire malgré la rupture de la Ligue (La Stampa), « Le pass sanitaire obligatoire pour travailler » - Le certificat sanitaire sera étendu aux fonctionnaires puis aux salariés du privé (Il Messaggero), « Le pass sanitaire obligatoire » - Draghi s’en prend aux rebelles no vax (Il Giornale).

La rencontre entre le Président du Conseil Mario Draghi et le Président de la République Emmanuel Macron hier soir à Marseille est largement citée dans les pages intérieures, les journaux télévisés et dans les Unes de certains quotidiens. Dans l’ensemble, les observateurs soulignent « la relation privilégiée » (Corriere) entre les deux dirigeants ainsi qu’un « axe franco-italien » (Sole, Messaggero) sur l’avenir de l’Europe et la gestion de la crise afghane : « Aides aux réfugiés et défense européenne, un pacte entre l’Italie et la France » (Il Messaggero), « Le Président du Conseil chez Macron : même ligne pour les deux sur l’Afghanistan » (La Stampa).

PREMIER PLAN, Corriere della Sera, de F. Sarzanini, « Le pass sanitaire pour les travailleurs sera d’abord mis en place dans les restaurants et les salles de sport, ce sera ensuite au tour de l’administration et des services publics » : « Un groupe dédié au sein gouvernement devra évaluer à quels secteurs et quand étendre le pass sanitaire obligatoire aux différentes professions. On pense dans un premier temps le rendre obligatoire pour les employés des lieux clos où le pass est déjà obligatoire pour les clients, tels que les restaurants (serveurs, cuisiniers, gérants…), les salles de sport et de spectacles mais aussi les transports interrégionaux. L’obligation serait ensuite étendue, en deux temps, aux employés de l’administration et des services publics, puis des entreprises privées. Si le parcours semble déjà tracé, restent à définir les modalités et les dates d’entrée en vigueur, en accord notamment avec les partenaires sociaux. Le gouvernement voudrait aboutir à une première ébauche du texte dès la mi-septembre, à partir de laquelle les discussions seront engagées avec les parties. Concernant le secteur public, le ministre de la Santé et le ministre chargé de l’administration sont ouvertement favorables à cette obligation directement liée au retour en présentiel des employés. Les discussions avec les syndicats sont en cours. Dans le privé, de nombreuses entreprises avaient installée des pôles de vaccination sur leur site ou tout du moins facilité la vaccination de leur personnel. Tous les partis, à l’exception de la Ligue, y sont favorables, mais les rapports entre les syndicats est plus compliqué. Pour l’instant l’obligation ne vaut que pour les restaurants et cafétérias d’entreprises. »

COULISSES, Corriere della sera de M. Guerzoni, « Le signal clair du Président du Conseil sur la ‘direction à prendre’ » : « Lors de la conférence de presse de hier soir, Mario Draghi a annoncé les mesures à venir concernant la gestion de l’épidémie et des campagnes vaccinales. C’est notamment à la suite du vote de la Ligue (en commission affaires sociales) contre le pass sanitaire que le premier ministre s’est exprimé. Les prochaines mesures devraient prévoir l’extension du pass sanitaire pour les membres de l’administration publique ainsi que dans le secteur privé pour aller dans la direction d’une obligation vaccinale. Le Président du Conseil a également parlé de troisième dose pour les personnes les plus fragiles. La conférence de presse a également été l’occasion pour Draghi de condamner ’la violence odieuse et lâche ’ exprimée dans les milieux No vax et de s’adresser à Matteo Salvini. ‘La Ligue est une et elle a à sa tête un seul leader qui est Salvini’ a-t-il répondu lorsqu’on lui on a demandé s’il préférait la ligue d’opposition ou celle de gouvernement. S’il s’agit d’une légitimation flatteuse, c’est également une certaine responsabilité que Mario Draghi confie à Salvini. Le premier ministre estime, en effet, qu’aucun leader de sa majorité n’a intérêt à ‘se faire harakiri’. Si beaucoup espèrent ou craignent que le gouvernement tombe en février, lors de l’élection du nouveau chef de l’Etat, Draghi s’est montré confiant : ‘Je n’aperçois pas la fin de cette majorité’ a-t-il affirmé. »

COMMENTAIRE, La Repubblica, S. Folli « Gouvernement et partis, deux plans différents » : «Le gouvernement va de l’avant avec son agenda et les partis font leur métier, c’est-à-dire qu’ils ont leurs exigences à l’égard des électeurs : ils se disputent, ils cherchent de la visibilité, ils défendent leurs points de vue. Le Président du Conseil a été plutôt clair dans la distinction des deux domaines, à condition que les querelles n’entravent pas l’action du gouvernement. Du coup, la polémique sur le pass sanitaire (après le vote de la Ligue en commission contre son obligation) a été rapidement classée. Salvini voulait par ailleurs se limiter à adresser un message à cette zone grise de l’électorat de la Ligue et de Fratelli D’Italia qui se trouve à mi-chemin entre les no-vax et les no-green pass. Il sait bien qu’il ne peut pas entraver le chemin du gouvernement. C’est donc la solution de la « régie » qui s’étoffe : une caisse de compensation des différentes tensions politiques, conçue pour donner aux partis l’idée ou l’illusion de pouvoir avoir un rôle majeur par rapport à leur poids réel dans la stratégie générale du gouvernement. Draghi a évoqué cette possibilité car il sait bien que les partis ne s’y opposeront pas. Il l’a fait en définissant toutefois le cadre à l’intérieur duquel devra se faire le débat dans les prochains mois. Le pass sanitaire ne se discute pas. Même chose pour ce qui concerne la ministre de l’Intérieur Lamorgese, qui a été défendue sans ambiguïté. Ce qui veut dire que sur les problèmes d’immigration aucune rupture ne sera admise. Elle sera abordée dans cette caisse de compensation et Salvini pourra à cette occasion avancer ses requêtes. Il obtiendra sans doute quelque-chose, mais par la voie politique d’une médiation qui relèvera exclusivement du Président du Conseil. La même chose concernera les passages parlementaires sur la réforme de la justice Cartabia où c’est le parti de G. Conte, le M5S, qui fait valoir ses doutes. Bref, ce gouvernement apparait de moins en moins « technique » et de plus en plus inspiré par une vision politique. Les partis sont ainsi traités avec respect et Draghi ne donne pas l’impression de se laisser éclabousser par ces querelles. Des querelles destinées à s’estomper après les élections locales d’octobre mais qui reprendront en vue du règlement de compte pour le Quirinal. Une querelle que Draghi désamorcera à tout prix. C’est une situation destinée à favoriser, voire à rendre inévitable, la réélection de Mattarella.»

Corriere della Sera, de Stefano Montefiori, “Entente entre Draghi et Macron, “Il est juste d’accueillir les réfugiés de Kaboul ».

La Stampa, de Alessandro Barbera, « Draghi s'en prend à l'UE à propos des réfugiés "Mais comment ne pas les accueillir ?". » 

ENTRETIEN, La Stampa, de Giorgia Meloni, dirigeante de Fratelli d’Italia « Une armée européenne est inutile sans une politique étrangère commune » : « ‘’Le vrai problème n’est pas l’armée européenne, c’est plutôt son intérêt sans une politique étrangère commune. Si l’Europe en avait une, elle aurait réfléchi depuis longtemps aux conséquences d’un séisme géopolitique comme le retrait de l’Afghanistan. Au lieu de cela, je n'entends parler que des réfugiés, ce qui est une question importante, mais pas la seule. Le modèle réalisable est une Europe confédérale, pas un super-État mais une Europe qui fait peu de choses importantes mais qui les fait bien. La politique étrangère, par exemple. Il semble que si vous n'êtes pas fédéraliste, vous devez être anti-européen. Tout comme le Parti conservateur européen dont je suis à la tête, je suis pour la troisième voie. L'Europe des patries n'est pas une hérésie, De Gaulle y croyait déjà. Je ne suis pas favorable au dialogue avec les fondamentalistes, mais l'Europe l'est souvent. Les talibans sont des fondamentalistes, mais de nombreux pays le sont aussi, à commencer par certaines monarchies du Golfe, sur lesquelles l'UE ferme les yeux. ll n'y a pas eu de politique européenne de la santé, il n'y a pas eu de gestion coordonnée des contaminations et des décès, et il n'y a pas eu de plan commun de lutte contre la pandémie, ce que j'ai demandé au Premier ministre de l'époque, M. Conte, dans les premiers jours du confinement. Sans parler des retards sur les vaccins. L’obligation vaccinale ? Je crois que Salvini a raison de défendre une position raisonnable qu'il partage avec nous et qui est partagée par la majorité des pays européens. J'ai tout de suite été favorable au Pass sanitaire tel qu'il a été imaginé en Europe et tel qu'il est utilisé partout sauf en Italie et en France. Le refus des pays de Visegrad à la redistribution des réfugiés afghans ? La question n’est pas que les pays de Visegrad s'y opposent, mais le fait que la France et l'Allemagne sont les premières à boycotter la redistribution de nos migrants. La lecture européenne est hypocrite. La Hongrie et la Pologne refusent d'accueillir nos migrants illégaux en tant que réfugiés, et elles ont raison de le faire, notamment parce qu'elles contrôlent leurs frontières et accueillent déjà ceux qui fuient la guerre, comme c'est le cas de nombreux Ukrainiens en Pologne. Je ne suis pas convaincue par l'idée d'accueillir des millions de personnes qui pensent pouvoir vivre mieux en Europe’’. »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

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