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22/04/2021

"Décision de la Ligue de s’abstenir lors du vote sur le décret instaurant de nouvelles règles pour les réouvertures graduelles."

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Italie. Revue de presse.

La décision de la Ligue de s’abstenir lors du vote sur le décret instaurant de nouvelles règles pour les réouvertures graduelles, en raison de son désaccord sur le refus de repousser le couvre-feu au-delà de 22h et sur l'interdiction de réouverture pour les restaurants sans terrasse extérieure, fait les gros titres des médias italiens. Les commentateurs relèvent notamment la première « crise » au sein de la majorité : « Couvre-feu, la fracture de la Ligue » - La limite à 22 heures demeure, Salvini ne vote pas pour le décret qui entrera en vigueur lundi prochain. Draghi : j'ai du mal à comprendre (Corriere della Sera), « Draghi, les 2 non à Salvini » - L'assouplissement du couvre-feu et la réouverture des restaurants sans terrasse extérieure ont été rejetés. La Ligue ne vote pas pour le décret anti-Covid (La Repubblica), « La fracture Salvini » - Bras-de-fer sur les réouvertures, la Ligue décide de s'abstenir (La Stampa),  « Plan de Relance, voici les chiffres de Draghi » (Sole 24 Ore), « Couvre-feu, la fracture de la Ligue » - Colère de Draghi. Ecoles : 70% en présentiel pour les lycées (Il Messaggero), « Draghi a découvert le vrai visage de Salvini » - Malgré les 364 victimes, Salvini veut tout rouvrir (Il Fatto Quotidiano), « Crise Salvini-Draghi » - Climat sous haute tension, la colère de Draghi  (Il Giornale).  

Les JT couvrent les nouvelles règles pour les réouvertures progressives des activités, la décision de la Ligue de s’abstenir sur le décret sur les mesures de réouverture en conseil des ministres. 

ARTICLE, La Repubblica, « Draghi opte pour la fermeté "Un précédent grave" - La crainte de voir Salvini suivre sa propre voie » : « Dans la salle du Conseil des ministres, Mario Draghi clôt la première véritable crise politique du gouvernement en rejetant l'abstention de la Ligue avec quelques paroles rancunières : "C'est un précédent grave". Pause. "Nous prenons note, c'est très sérieux". Le premier ministre a choisi la fermeté. Il ne peut accepter que les décisions prises lors d'un sommet auquel la Ligue a également participé soient rejetées. Les ministres sont assis à ses côtés, et maintenant ils paradent. Il est également inacceptable de piétiner des pactes par un SMS, comme a choisi de le faire l'ancien ministre de l'intérieur, "sinon vous niez une certaine façon de procéder et de partager les décisions“. La fermeté pour faire comprendre l'importance de l'enjeu. Et parce qu'il est clair que ce n'est certainement pas Giancarlo Giorgetti, un ministre à qui il reconnaît de travailler "très bien" et de gérer des dossiers décisifs, le moteur d'une crise imposée par Salvini. Au contraire, c'est précisément le désaveu public du chef du développement économique qui permet de soupçonner le début d'une escalade contre l'exécutif. Tout se passe très vite, au Conseil des ministres. Et même un peu par surprise, compte tenu de ce qui s'est passé peu avant lors de la réunion restreinte entre le Premier ministre et les chefs de délégation. Draghi a écouté les arguments opposés de la LIgue et de Roberto Speranza. Le ministre de la Santé rappelle que le couvre-feu à 22 heures est un pilier du nouveau texte, qui vise à équilibrer les réouvertures et à amortir les risques sanitaires. "Nous avons décidé ensemble". Giancarlo Giorgetti insiste. A ce moment-là, le chef du gouvernement arrête le débat. "Les accords doivent être respectés. Nous avons eu un accord unanime, sinon la méthode devient inacceptable. Nous avons déjà fait beaucoup, nous avons assumé nos responsabilités avec ces mesures. Si on touche au système, on ne trouve plus d'équilibre. Nous porterons ce texte au Conseil, sans modifications".

TRIBUNE, Corriere della Sera, d’Enrico Letta, secrétaire du Parti démocrate, « Nous avons besoin d’un grand pacte pour surmonter la crise, comme celui de Ciampi en 1993 » : « Dernièrement, on use et on abuse du mot ‘’réouverture’’mais il est également temps de placer au centre du débat public le mot ‘’reconstruction’’. Il faut aller au-delà des aides de l’Etat débloquées semaine après semaine. Bien sûr, elles sont fondamentales dans l’immédiat et nous avons d’ailleurs demandé au gouvernement un décret ‘’entreprises, travail et professions’’ pour soutenir les secteurs les plus durement touchés. Mais il n’est plus suffisant de réparer, amortir, compenser. Il faut maintenant penser, partager et mettre en œuvre un vaste Pacte pour la reconstruction de notre pays. Notre modèle est celui de Ciampi en 1993 et de son grand pacte social qui fut décisif pour l’économie et la relance du pays, bien que la crise actuelle soit différente et aussi plus invasive vis-à-vis de la totalité de notre société et de notre façon de produire, travailler, consommer. Y a-t-il l’esprit nécessaire pour accomplir cette transition historique en dépassant les particularismes de chacun et en se retroussant les manches en faveur de l’intérêt général ? Les signaux sont contradictoires mais je reste optimiste. La Ligue de Salvini en particulier devra choisir son camp. Les tensions qui ont caractérisé le Conseil des ministres d’hier étaient en partie dues au volteface peu sérieux de la Ligue. La trêve et la collaboration entre forces politiques qui se sont construites autour de Draghi sont une véritable opportunité afin de mieux dialoguer et porter nos responsabilités ensemble. Notre horizon est celui du développement durable. Notre objectif est de fournir les outils aux entreprises et aux travailleurs qui leur permettront de faire face au monde post-pandémique. Notre méthode est celle des réformes; une transformation radicale en commençant par le fisc, l’administration, les amortisseurs sociaux, les politiques pour l’emploi. Sans cette base, nous risquons de passer à côté du Plan Next Generation UE. Un Pacte pour la Reconstruction, élaboré par le gouvernement avec tous les partenaires sociaux, en impliquant concrètement les territoires et avec le soutien désintéressé des forces politiques pourrait être un véritable tournant. L’objectif principal devrait être la création d’emploi. Il devrait aussi permettre aux PMI de s’insérer dans les complexes transitions écologiques et numériques. Enfin, il faudrait aller jusqu’à redéfinir ensemble le système des relations industrielles et réécrire le paradigme-même de la démocratie économique, notamment vers une participation accrue des travailleurs au chiffre d'affaires et à la gestion des entreprises. Il faut saisir le potentiel de transformation qu’offre cette période pour une Italie tournée vers l’avenir avec confiance et espoir. »

COMMENTAIRE, Sole 24 Ore, par L. Palmerini « Les risques pour Salvini de faire monter la pression avec Draghi» : « L’insistance de Salvini sur la demande de déplacer le début du couvre-feu de 22 à 23 heures semblait faire planer un risque de crise sur le gouvernement. Giorgetti, divisé entre la stratégie du dirigeant léguiste et sa fidélité envers Draghi, avait même songé à présenter sa démission. Bref, pendant toute l’après-midi d’hier, il y a eu un crescendo jusqu’à l’appel téléphonique entre le Président du Conseil et l’ancien ministre de l’Intérieur pour trouver le compromis de l’abstention. Il s’agit d’un mauvais message politique de la part d’un Exécutif qui est né il y a juste deux mois. Il est aussi utile de réfléchir sur le sujet qui a provoqué la crise (déplacer d’une heure le début du couvre-feu) : c’est sans doute un aspect important pour les restaurateurs afin de pouvoir effectuer un deuxième service de dîners et de récupérer les pertes. Toutefois, cela affaiblit ce ‘’risque calculé’’ sur lequel Draghi mise sa stratégie des réouvertures. Draghi a été très clair avec le dirigeant léguiste : il faut de la progressivité, comme le dit aussi le communiqué du Comité technique et scientifique. Le chef du gouvernement avait déjà dû céder sur la réouverture des écoles, qui ne sera pas 100% en présentiel, comme annoncé initialement. Cette fois-ci, donc, le bras-de-fer n’a pas eu lieu avec le ministre de la Santé Speranza mais directement avec Draghi, qui a gardé sa position. Il faudra voir si la stratégie de Salvini paiera en terme de popularité. Il est vrai que les voix des commerçants auront un poids lors des élections municipales, mais Salvini profite aussi de la faiblesse des adversaires. Les 5 Etoiles sont de plus en plus désorientés après la vidéo diffusée par Grillo, en défense de son fils. Et le PD est lui aussi déboussolé car il comprend que le M5S ne parvient toujours pas à trouver une issue entre Casaleggio, Grillo et Conte. Ce sont là des circonstances qui représentent une opportunité pour l’ancien ministre léghiste. Toutefois, il n’est pas dit que l’opinion publique le suivra en oubliant le principe de prudence et en acceptant son attitude ambiguë envers Draghi »

ENTRETIEN, Il Giornale, de Matteo Salvini, chef de file de la Ligue, « ‘’C’est l’idéologie qui l’a emporté, nous ne voulons pas voter à huis clos’’ ; La Ligue réaffirme son soutien à l’exécutif ‘’Nous sommes résolument dans ce gouvernement pour le bien du pays » : « La journée d’hier a été longue : 5 coups de téléphone à Draghi, pour lui signifier que je ne voterai pas pour le décret sur les réouvertures dans ces conditions. Ce n’était pas polémique, toutes les régions sans exception demandaient à revoir certaines règles, notamment sur le couvre-feu. Nous avons demandé 5 assouplissements supplémentaires, aucun n’a été accordé. Je pense que ce sont des critères idéologiques et non scientifiques qui ont prévalu car ces dispositions sont sans logique. Draghi a joué les médiateurs, mais c’est la ligne de la gauche, des 5 Etoiles et de Speranza, qui l’a emporté, et même pas celle de la sécurité : Zaia (président Léghiste) avait proposé un protocole extrêmement rigoureux pour l’intérieur des bars et restaurants pour sa région. Certains partis manquent de familiarité avec la réalité de terrain, le secteur privé… Toutefois, je peux vous assurer que nous n’avons aucune intention de quitter le gouvernement, nous nous battons pour le bien du pays. J’ai voté le décret qui a débloqué 40 milliards d’aides de l’Etat aux entreprises et j’en suis fier. Nous devons aussi penser aux grands chantiers et réformer la bureaucratie en la matière pour favoriser la relance d’un pays à genoux. Il faut aussi redonner leur liberté aux Italiens, je suis pour le passeport basé sur les résultats de tests pris en charge par l’Etat pour permettre les départs en vacances. De même que pour les vaccins, je sais que nous pouvons acheter au moins 10 millions de doses à l’étranger et je dis que si l’Europe dort, nous devons nous débrouiller par nous-mêmes. Concernant les municipales, j’espère qu’Alberti acceptera de se présenter face à Sala à Milan. »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

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