Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/03/2019

"Tav, bras de fer à outrance. Le fantôme de la crise de gouvernement."

M5S.jpg

Ligue.jpg

Italie. Revue de presse.

Presse écrite : La ligne Lyon-Turin (TAV) continue de faire les gros titres de la presse : « Tav, ultimatum de Salvini » (Corriere della Sera), « ‘’ Nì ‘’ TAV, Di Maio confirme son non, Salvini son oui » (La Repubblica), « TAV, le règlement de compte au sein du gouvernement » (La Stampa), « TAV et gouvernement : le règlement de compte » (Il Fatto Quotidiano), « Tav, le gouvernement vacille » (Il Messaggero), « Tav, le gouvernement dans le tunnel. L’Italie risque 800 millions » (Il Mattino), « Tav, Ligue et M5S cherchent l’accord, vers le déblocage des appels d’offre » (Sole 24 Ore), « Tav, rencontre décisive, gouvernement divisé » (Il Giornale).

La presse titre également sur la première journée de la mise en place du revenu de citoyenneté : « Revenu, premières demandes sans assaut » (Corriere della Sera), « Revenu, le premier record à la Lombardie» (La Repubblica), « Revenu, début sans queues » (La Stampa), « Revenu, premier jour sans problèmes » (Il Fatto Quotidiano), « Revenu, début lent et sans queues » (Il Messaggero - Il Mattino – Sole 24 ore), « Revenu, immigrés, Roms et anciens Brigades rouges font la queue » (Il Giornale).

Journaux télévisés : Ils traitent principalement de la ligne Lyon-Turin, rendant compte de la réunion qui s’est déroulée hier soir et des divisions au sein du gouvernement et de la première journée de la mise en place du revenu de citoyenneté.

Ligne ferroviaire Lyon-Turin (TAV). ARTICLE, Sole 24 Ore, M. Perrone : « TAV, Ligue-M5S cherchent l’accord : feu vert aux appels d’offre, après le vote à la Chambre » : « Lors de la ‘’ nuit de la Tav ’’, à laquelle la Ligue et le M5S ne sont pas arrivés à un accord, Matteo Salvini a présenté une proposition : donner immédiatement le feu vert aux appels d’offre de 2,3 milliards afin que le CA de Telt puisse les débloquer lundi, mais avec la possibilité de les retirer d’ici six mois et de discuter d’un projet de loi pour modifier le traité international sur la ligne Lyon-Turin, même en arrivant à un référendum populaire. Luigi Di Maio se tait, c’est un moment difficile, parce que même le conseil juridique de l’État a confirmé que renoncer aux appels d’offres pourrait causer une perte de 300 millions de financement européen. Par ailleurs, l’existence de la lettre prête à être envoyée à l’Italie, dans laquelle la Commission rappelle que l’éventuel arrêt des travaux entraînera l’infraction de deux règlements UE de 2013 ainsi que la perte totale de 800 millions d’euros, filtre dans la presse. Au sein du Mouvement, la colère se déchaîne contre le ministre des Transport Danilo Toninelli (M5S), qui vient de démentir avoir menacé de démissionner et sur lequel il y a une motion de défiance. Beaucoup l’accusent d’avoir très mal géré cette affaire et le considèreront comme le bouc émissaire idéal en cas de publication des appels d’offres. Les Cinq Étoiles ne seraient pas favorables à un référendum qui les donnerait perdants face à la Ligue. Le M5S demande que ce soit le Parlement qui gère la question. Cela pourrait être la solution qui permettrait aux deux partis de la majorité d’arriver aux élections européennes sans trahir leurs convictions. Mais le dernier mot reviendra à Giuseppe Conte ».

ARTICLE, Il Mattino, D. Pirone : « De Paris à Rome en sept heures et demie. La ligne Lyon-Turin va rétrécir l’Europe » : « La ligne ferroviaire Lyon-Turin (Tav) entraînera une maxi-restriction de la carte géographique européenne ainsi qu’une nouvelle dimension temporelle pour le tourisme et le transport des marchandises, dont les coûts seront diminués de 42 %. On pourra arriver de Paris à Rome en sept heures et demie ou encore de Milan à Lyon en quatre heures ».

COMMENTAIRE, La Repubblica, S. Messina: « Ce tabou de 50 Km de long » : « Di Maio a accepté « l’enlèvement » des migrants et Salvini a avalé le revenu de « rester sur le canapé », mais le véritable grand tabou entre les deux leaders reste la ligne Lyon-Turin (Tav). Aucun des deux alliés ne peut trahir la foi de ses propres partisans et ce tunnel, de 50 Km de long, divise les deux partis. Cette fois-ci le compromis est impossible et la Tav contient un élément idéologique très précieux pour une force politique dépourvue d’une identité bien établie : le refus de la vitesse comme mesure du progrès. Salvini, naturellement, ne partage même pas un seul mot, pour lui ce train à grande vitesse représente le symbole le plus concret du développement et de la modernité ».

ARTICLE, La Repubblica, T. Ciriaco : « Tav, Di Maio demande à Conte d’arrêter les appels d’offre » : « Pendant la nuit, une rencontre s’est déroulée au Palais Chigi, avec une véritable bataille sur les chiffres entre les techniciens de ligue et M5S. Une lettre de la Commission européenne serait prête à être envoyée à l’Italie pour rappeler le risque de perte de 800 millions d’euros de financement européen. Di Maio a demandé au président du Conseil Conte l’arrêt total des appels d’offres. Le stop définitif des travaux pourrait convaincre Di Battista de présenter sa candidature aux prochaines élections européennes de mai. Conte a répondu que ce sera lui à dire ce qu’il faudra faire ».

ARTICLE, Il Fatto Quotidiano, C. Di Foggia : « Tav, Salvini recrute l’UE » : « La médiation sur la Tav n’a pas été trouvée lors de la réunion d’hier soir au palais Chigi. Le délai est fixé pour vendredi, étant donné que Telt, le promoteur italo-français des travaux, devra décider d’adopter les appels d’offre pour la partie française. La Ligue a gardé ses positions et confirmé son accord à la poursuite des travaux, pendant une réunion qui n’a pas apporté de résultats. Le gouvernement a encore 24 heures pour décider. Le ministère de l’Économie a confirmé que les appels d’offre ne peuvent pas être arrêtés parce l’Italie perdrait le financement européen de 800 millions. La pression est très élevée. Bruxelles, par une action sans précédents, a fait filtrer la nouvelle d’un entretien sur la Tav entre le vice-président Jyrki Katainen et Salvini et a communiqué le possible envoi d’une lettre pour rappeler que l’Italie perdrait 800 millions d’euros, dont 300 immédiatement, en cas de non poursuite des travaux ».

ARTICLE, A. La Mattina/I. Lombardo, Stampa« Tav, bras de fer à outrance. Le fantôme de la crise de gouvernement » : « Matteo Salvini et Luigi di Maio sont arrivés avec un casque sur la tête, décider de se bagarrer à coup de ‘’oui’’ et de ‘’non’’ sur la Tav, mais le président du Conseil est décidé à trouver une solution. Une indiscrétion, selon laquelle Conte viserait une nouvelle négociation avec la France et Bruxelles pour renforcer le tunnel du Fréjus, avec une réduction importante des coûts, est divulguée.  Si c’est le meilleur choix pour le M5S, c’est ‘’peu sérieux’’ pour la Ligue. Salvini, sortant du Viminal, a dit que qu’il ne veut pas rompre avec les alliés mais a reconnu que la situation ‘’est à la limite de la crise de gouvernement’’, ajoutant ‘’Di Maio doit tenir la baraque debout mais cette fois je crains qu’il n’y parvienne pas’’ et ‘’je ne veux pas subir une procédure européenne avec des dommages et intérêts’’. Mais Di Maio rétorque que si le ‘’oui’’ passe, de nombreux sénateurs démissionneront et le gouverne tombera tout de même. Une autre douche froide : une lettre de Bruxelles serait prête pour rappeler à l’Italie que le ‘’non’’ comporterait la violation de deux règlements de l’UE de 2013 et la perte de 800 millions, dont 300 d’ici mars puis à suivre. A moins d’un miracle opéré par Conte, il semblerait que l’unique issue soit l’explosion finale ».

ARTICLE, A. Trocino, Corriere, « La haute vitesse secoue le gouvernement. Salvini : vote dans l’hémicycle ou référendum » : « Les mots les plus craints ont été prononcés, hier après-midi par le M5S, ‘À ce stade, nous n’excluons plus une crise de gouvernement’’. Comme deux armées en guerre, toute la journée, Ligue et M5S ont fait s’activer soldats et généraux. Conte a dit espérer résoudre les choses ‘’d’ici vendredi’’, avec une ‘’méthode transparente’’. La rumeur gronde : les 5 étoiles ne veulent pas faire partir les appels d’offres lundi, prêts à les bloquer par un décret en Conseil des ministres. Ce ne sera pas suffisant, dit la Ligue, les conseillers de Telt (société de droit français mais à participation italienne, et avec sa responsabilité juridique propre) pourraient décider de les lancer quand même. Une affaire très compliquée, qui doit avoir une solution politique pour éviter de tomber dans une série de problèmes juridiques. En privé, Salvini aurait dit à Di Maio : ‘’nous voulons la TAV. Nous sommes disposés à faire des modifications au projet pourvu que l’esprit du projet initial ne soit pas trahi’’. Deux issues finales seraient possibles : ‘’la voie parlementaire’’ et ‘’la consultation des citoyens’’. Le M5s n’apprécie évidemment pas et relance ses solutions comme le renforcement de la ligne existante ».

ARTICLE, A. Di Matteo, Stampa, « Les instituts de sondages : qui touche à la ligne Lyon-Turin se fait mal. Mais si la bataille est perdue, la Ligue paie plus cher que le M5S » : « Entre 70 et 80% de l’électorat légiste est favorable à l’infrastructure, alors qu’au M5S les opposants à la Tav sont entre 65 et 70%. R. Weber (Ixé) dit que ‘’le M5S doit faire attention à ne pas donner l’impression d’être une force qui veut bloquer le développement du pays’’ ».

LA NOTE, M. Franco, Corriere, « Une tension sans issue fait vaciller le contrat de gouvernement » : « Après l’adoption à la Chambre de la loi sur la légitime défense, le triomphalisme exprimé par la Ligue et Forza Italia semble exagéré. Non seulement par le contenu culturel du message de la loi transmis au pays. Un soupçon naît : est-ce une façon de montrer une majorité alternative au pays. Le gros du M5S a aussi voté pour. L’absence de 25 députés mesure combien le pacte Salvini-Di Maio tient malgré la fronde des 5 étoiles. La Tav et l’autonomie régionale sont deux des prochains thèmes où M5S et Ligue se demanderont une loyauté réciproque. Cette stratégie a un fort parfum électoral. Comme l’impatience avec laquelle Di Maio a voulu mettre en pratique le revenu de citoyenneté avant les Européennes »

ENTRETIEN, Matteo Renzi, ancien président du Conseil (Parti Démocrate [centre-gauche]), Corriere, « Je suis loyal envers Zingaretti (nouveau secrétaire du Parti Démocrate). Mon ‘’non’’ à l’alliance avec les 5 étoiles a détruit leur parti » : « J’aurais sans doute dû disparaître après la défaite au référendum du 4 décembre…  Je reste au PD et je n’ai pas de rancœurs vis-à-vis du passé. J’ai fait naître plus de mille comités civiques, de gens qui veulent une politique différente, ce n’est pas l’embryon d’un nouveau parti. Je soutiendrai les nominations de Zingaretti. Je monterai une fondation, à Milan, qui est de nouveau la capitale morale du pays. Je suis d’accord avec la nomination de Gentiloni comme Président du PD. »

(Traduction : ambassade de France à Rome)

Les commentaires sont fermés.