Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

08/01/2013

L'accord entre le PdL et la Ligue du Nord domine les « Unes ».

Le Peuple de la liberté.jpg

Ligue du Nord.jpg

L’accord entre le PdL et la Ligue du Nord, conclu dans la nuit du 6 au 7 janvier, domine les « Unes » et les commentaires politiques. Les commentateurs s’accordent pour estimer que cet accord, attendu, n’est pas un retour à l’âge d’or de l’alliance PDL-Ligue, mais un accord « soudé par la peur » (Corriere) qui constitue pour le PDL « le moyen de survivre » (Stampa). Les éditorialistes notent le flou qui continue d’entourer la question du candidat de la coalition au poste de Premier Ministre (Berlusconi « chef de la coalition » mais pas candidat premier, évocation par Berlusconi du nom d’A. Alfano et par R. Maroni de celui de G. Tremonti). L’Unità (quotidien de centre gauche) parle d’un « débat des désespérés » autour de la candidature et titre : l’alliance PdL Ligue de « tragédie » devient une « farce ». La proposition d’affectation à 75% des recettes fiscales du Nord au Nord, qui figure dans l’accord, fait l’objet de commentaires très largement négatifs. Pour le Corriere della Sera, l’accord ne permettra certes pas à la coalition de l’emporter mais peut empêcher une majorité de gauche au Sénat et risque d’avoir deux conséquences préoccupantes : une campagne plus radicale anti-Monti, et un renforcement de la Ligue dans les régions du Nord (elle préside déjà le Piémont et la Vénétie), si Roberto Maroni gagnait la présidence de la Lombardie (les élections régionales partielles en Lombardie ont lieu en même temps que les élections législatives).

« La division sur le président du Conseil » (Stefano Folli, Il Sole 24 Ore) : « La nouveauté de la droite est un retour au passé : le vieil axe électoral PdL-Ligue du Nord, rendu quasiment obligatoire par le mode de scrutin, montre aussi une faiblesse et une inertie politique. Aujourd’hui, cette réédition imposée par les circonstances voit un Berlusconi vieilli et un Maroni qui a hérité d’un parti ravagé par les scandales, emblème négatif de l’échec de la 2ème République. En apparence le secrétaire ‘léghiste’ a obtenu un avantage non négligeable grâce au nouveau pacte : la candidature à la présidence de la Lombardie avec des probabilités considérables de victoire (mais sans la certitude d’antan). Pour faire accepter à la base du Carroccio un accord vraiment indigeste avec le parti berlusconien, il a convaincu son étrange allié, après une longue négociation, de faire un pas en arrière : Berlusconi ne sera pas candidat à la présidence du Conseil mais s’assurera le rôle de ministre de l’Economie en cas (très hypothétique) d’un gouvernement de centre droite. Cette action aurait un sens si le centre droit était réellement près d’emporter la majorité. En réalité, on bataille pour un objectif mineur : empêcher que l’inévitable affirmation de Bersani à la Chambre ne se réplique au Sénat. Pour ce faire, la Lombardie est décisive, (outre les autres régions cruciales Campanie, Vénétie et Sicile) pour déterminer les équilibres à la Chambre Haute. Berlusconi a fait son jeu : il devrait y avoir un autre candidat à la présidence du Conseil, le Cavaliere ayant choisi de jouer la partie come chef politique de la coalition. Sur le plan concret, rien n’est clair. Berlusconi a cité Alfano pour le Palais Chigi ; Maroni lui répond en proposant Tremonti. Or, le Porcellum veut que le nom du candidat soit précisé avant d’aller aux urnes, même si c’est le président de la République qui choisira la personnalité à laquelle confier la charge. Berlusconi et Maroni devraient donc décider dans les jours qui viennent leur candidat : Alfano, Tremonti ou un troisième nom. La logique veut que Berlusconi mette un frein à ses velléités de protagoniste et laisse la place à un Monsieur X. Difficile, surtout après que les sondages ont attesté une modeste hausse au PdL depuis que Berlusconi fait sa campagne. Que les ‘léghistes’ ne se fassent pas d’illusions : leur allié encombrant imprimera sa marque dans toute la campagne, qu’il soit ou non candidat. La Ligue peut seulement espérer dans la victoire de Maroni à Milan pour justifier le prix de cette entente. Sur lequel le sommet du parti est d’ailleurs uni, à partir de Zaia [président léghiste de de la région Vénétie]. »

La Repubblica titre de son côté sur les propos du secrétaire général du PD, P.-L. Bersani, invité de la chaîne TV La 7 hier, pour qui la liste Monti « n’est pas une bonne chose pour l’Italie » tout en n’excluant pas un accord « après les élections ».

Sondages : publication dans le Sole 24 Ore des résultats d’un sondage IPSOS sur les intentions de vote dans les régions-clé pour la majorité au Sénat (Lombardie, Campanie, Latium, Piémont, Sicile) qui conclut à un résultat des élections imprévisible en Lombardie, Campanie (surprise créée par la nouvelle formation de gauche alternative dirigée par le maire de Naples) et Sicile, avec des conséquences importantes. Si la gauche n’arrive pas en tête aux élections sénatoriales en Lombardie et en Vénétie, elle ne parviendra pas à obtenir la majorité des sièges à la Chambre haute.

(Traduction : ambassade de France à Rome)

Les commentaires sont fermés.