28/09/2008
Les nationalistes maîtres du jeu?
Le leader d'extrême-droite Heinz-Christian Strache est le grand vainqueur des élections législatives anticipées qui se sont déroulées ce dimanche. Avec autour de 18% et 35 sièges, son parti le FPÖ enregistre une progression spectaculaire par rapport à 2006. Ce jeune dirigeant politique - il a 39 ans - réalise ainsi un coup de maître en s'imposant sur la scène nationale pour son premier essai.
Son grand rival, un vieux loup de la politique autrichienne, Jörg Haider, obtient lui aussi un excellent résultat. Son parti, le BZÖ, triple son score de 2006, et il disposera de 23 sièges. Haider estime au vu des résultats que son parti est devenu "respectable". Et il a fait acte de candidature pour participer au futur gouvernement.
Ce ne sera en tout état de cause pas avec le parti social-démocrate, le SPÖ, de Werner Faymann. Arrivé en tête avec près de 30% des suffrages, soit 56 sièges, Faymann va être chargé par le président de former un nouveau gouvernement. Et il a dès ce soir exclu tout accord avec l'extrême-droite. Il a d'ailleurs d'emblée proposé au parti populaire ÖVP de Wilhelm Molterer de reconduire une grande coalition. Mais Molterer, dont le parti subit une chute de 9 points par rapport à 2006, soit 50 sièges, s'est bien gardé de lui répondre. Il veut réfléchir.
Les Verts d'Alexander van der Bellen stabilisent leur score. 10,0% et 19 sièges. Ils aimeraient participer au prochain gouvernement. Mais il faudrait pour cela que se constitue une coalition à trois. C'est bien là l'un des éléments du casse-tête politique autrichien. Avec cette progression impressionnante de l'extrême-droite, le scénario le plus vraisemblable semble une reconduction de la coalition entre sociaux-démocrates et conservateurs du parti populaire.
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3 élections, 3 déroutes pour les partis du système.
par Lionel Baland
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Ce dimanche 28 septembre ont eu lieu trois élections : les législatives en Autriche ; les élections au parlement de Bavière et les municipales au Brandebourg.
En Autriche, les deux partis nationalistes obtiennent près de 30 % des voix, au détriment des deux partis du régime.
En Bavière, la CSU qui gouvernait la région depuis 1962 avec une majorité absolue perd sa majorité absolue. Le grand vainqueur est le mouvement des « électeurs libres », constitué de citoyens rejetant les partis politiques.
Au Brandebourg, la région située autour de Berlin, mais dont Berlin ne fait pas partie, les élections municipales servaient de test et de préparation aux élections du parlement du Land qui auront lieu l’année prochaine. Le parti Die Linke, héritier du parti communiste d’Allemagne de l’Est est le grand vainqueur. Il est à noter que la DVU (1,5%) ne progresse pas. Il s’agit d’un parti nationaliste extrémiste qui appartient à un richissime éditeur munichois. Le NPD, un parti ultranationaliste et ultra-extrémiste, adepte des solutions musclées passe de 0,5 à 2%. Le NPD et la DVU ont l’habitude de travailler ensemble. (Il est bien entendu que nous n’avons rien en commun avec ces deux partis).
Le lien entre ces trois élections est le rejet des partis du régime. En Autriche, ce sont les patriotes qui empochent la mise, en Bavière « les électeurs libres » et au Brandebourg les postcommunistes.
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Elections en Bavière: cuisante défaite pour la CSU, alliée d'Angela Merkel
BERLIN (AFP) - La CSU, alliée de la CDU de la chancelière conservatrice allemande Angela Merkel, a perdu dimanche aux élections régionales en Bavière la majorité absolue qu'elle détenait depuis 46 ans, selon des sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote pour les télévisions
L'Union chrétienne-sociale (CSU), alliée bavaroise de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de Mme Merkel, recueillerait 43% des suffrages, contre 60,7% en 2003, selon ces sondages.
Elle obtiendrait 87 sièges au parlement régional de ce riche Etat, contre 124 en 2003, et devra se trouver un partenaire de coalition pour continuer à gouverner.
Celui-ci pourrait être le Parti libéral FDP, qui reviendrait au parlement de Bavière après 14 ans d'absence, avec environ 8% des suffrages, soit 17 sièges, et/ou les "sans étiquette" qui obtiendraient 10% des voix (20 sièges).
"C'est le meilleur résultat que notre parti ait jamais obtenu en Bavière", s'est félicité Guido Westerwelle, président du FDP.
En revanche, le parti social-démocrate (SPD), adversaire traditionnel des conservateurs mais leur partenaire dans le gouvernement de coalition au niveau fédéral, n'a pas profité du recul de la CSU, recueillant 19% des voix contre 19,1% en 2003.
"C'est un jour noir pour la CSU", a admis la secrétaire générale du parti, Christine Haderthauer. "Nous avons clairement raté notre cible".
"C'est un jour noir pour la CSU et une bonne journée pour la Bavière", a estimé de son côté la responsable des Verts Margarete Bause, dont la formation serait passé de 7,7% à 9% des suffrages (15 à 18 sièges).
Les représentants de l'opposition ont affirmé qu'il était désormais possible de former une majorité contre la CSU qui, selon Mme Bause, n'a plus de mandat pour gouverner.
La participation électorale se serait élevée à 57%, selon les projections, comparable à celle de 2003.
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Autriche : premiers résultats (AFP)
Voici une dépêche AFP à propos des premiers résultats
Les Autrichiens ont sévèrement sanctionné la coalition gauche-droite, au terme de 20 mois de paralysie gouvernementale, au profit des partis d'extrême droite lors des législatives anticipées dimanche, selon les estimations des médias à la clôture du scrutin.
Les deux grands partis autrichiens, le social-démocrate SPÖ et le conservateur ÖVP, devraient, selon ces estimations publiées à 15h00 GMT, enregistrer leur plus mauvais score historique.
Mais, paradoxalement, l'arithmétique et la logique politique devraient conduire à une reconduction du gouvernement de grande coalition des deux perdants.
Quoique toujours en tête, les sociaux-démocrates perdent plus de 6 points de pourcentage avec un résultat autour de 29% par rapport à leur score de 2006. Pour les conservateurs, la chute est encore plus lourde, à 25,1% contre 34,3% il y a deux ans.
Le parti d'extrême droite FPÖ fait un bond de plus de 7 points autour de 18% et le parti populiste BZÖ de Jörg Haider est crédité de 11,7% à 11,9%, triplant presque son score de 2006 (4,1%).
Quant aux Verts, encore de justesse troisième formation politique en 2006, ils sont relégués au 5e rang avec autour de 10% des voix (11,5% auparavant).
Ainsi, si l'on additionne les voix de l'extrême droite FPÖ et du parti populiste BZÖ, l'extrême droite dépasserait son score historique de 1999 lorsque le parti de Jörg Haider avait atteint 26,9% des voix.
Si ces estimations de l'institut ARGES pour l'agence de presse APA et de l'institut SORA pour la télévision publique ORF se confirment, les Autrichiens ont sanctionné les partis de la coalition gouvernementale gauche-droite qui a échoué après 20 mois de querelles, au profit de l'extrême droite.
Le Parti social-démocrate SPÖ, fondé en 1885, et les démocrates-chrétiens du Parti du peuple (ÖVP) enregistreraient ainsi leur plus mauvais score historique. Et cela non seulement depuis l'après-Deuxième Guerre mondiale, mais même depuis la naissance de la République, issue en 1918 de l'Empire austro-hongrois après la défaite de la Première Guerre mondiale.
L'impasse gouvernementale sur tous les grands dossiers a surtout profité au FPÖ du bouillant Heinz-Christian Strache qui redevient ainsi la troisième force politique du pays, position déjà occupée dans les années 1990 et au début des années 2000. Mais, son ancien mentor, Jörg Haider, peut lui aussi se considérer comme l'un des vainqueurs du scrutin.
La gauche s'était dotée d'un nouveau dirigeant en juin, Werner Faymann, 48 ans, en remplacement du chancelier Alfred Gusenbauer, qui n'avait plus la confiance des militants.
Affichant un perpétuel sourire, Werner Faymann a caracolé en tête des cotes de popularité des chanceliers potentiels, battant son rival conservateur, le vice-chancelier Wilhelm Molterer, 53 ans, peu charismatique.
Dans une campagne électorale axée surtout sur la lutte contre la vie chère, en s'alliant tantôt avec l'extrême droite, tantôt avec les Verts, Werner Faymann avait in extremis fait adopter pêle-mêle lors de la dernière séance du Parlement le 24 septembre la réduction de moitié du taux de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur les médicaments, l'abolition des droits d'inscription universitaires, une substantielle augmentation des retraites et des allocations d'entraide.
En cette journée ensoleillée, le taux de participation parmi les 6,3 millions d'électeurs a atteint un peu plus de 70% contre 78,5% lors du précédent scrutin.
Les résultats définitifs ne seront toutefois connus que le 6 octobre après dépouillement des votes par correspondance, une formule choisie cette année par plus de 580.000 électeurs (9,27%).
Pour la première fois, 183.000 jeunes de 16 et 17 ans, soit 3% de l'électorat, ont pu participer au scrutin et le mandat des députés sera de cinq ans, contre quatre auparavant.
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