04.08.2008
Autriche: Jörg Haider de retour sur la scène nationale

VIENNE (AFP) - Le dirigeant populiste autrichien Jörg Haider va mener la liste de son parti BZÖ aux élections législatives anticipées du 28 septembre, effectuant ainsi un retour sur la scène politique nationale, a annoncé samedi le président du BZÖ, Peter Westenthaler.
"Il n'y a pas d'autre tête de liste. Toute autre personne nuirait au BZÖ", a déclaré Peter Westenthaler à l'agence de presse autrichienne APA, en souhaitant également que Jörg Haider reprenne la présidence du parti.
Interrogé samedi peu avant cette déclaration par la radio publique ÖRF, Jörg Haider était resté plus prudent quant à sa candidature. "Nous présenterons une équipe attractive et je pourrais, bien entendu, apporter quelque chose", surtout "après le discrédit total du gouvernement de grande coalition social-démocrate/démocrate-chrétien", se bornait-il à indiquer, annonçant une décision "courant août".
L'échec du gouvernement de "grande coalition" a provoqué la dissolution du Parlement et les législatives anticipées de septembre.
Gouverneur de la province de Carinthie (sud-est) depuis 1999, Jörg Haider, âgé de 58 ans, dont la personnalité forte et controversée a marqué la vie politique autrichienne des vingt dernières années, avait quitté la scène nationale en 2000.
Il jouait néanmoins toujours un rôle important, donnant son tonitruant avis sur toutes les questions politiques du moment, de la nécessité de baisser les prix des carburants à un net durcissement vis-à-vis des immigrés, accusés de tous les maux, en passant par la dénonciation permanente de "la corruption des grands partis".
Son retour sur le devant de la scène fait également suite à des ennuis judiciaires de Peter Westenthaler: ce dernier a écopé de neuf mois de prison avec sursis pour faux témoignage lors du procès d'un de ses gardes du corps, accusé d'avoir molesté un militant lors d'une soirée électorale en 2006.
En 2000, la formation de Jörg Haider -- alors FPÖ, dont il a depuis fait scission et qui, encore plus orienté vers l'extrême droite, pourrait être le grand gagnant du scrutin anticipé -- était entré au gouvernement dirigé par les conservateurs démocrates-chrétiens.
Cela avait provoqué la colère de certains dirigeants européens, notamment français et allemands. Pour ces dirigeants européens, "le tabou" de l'alliance avec l'extrême droite avait été rompu.
Ils refusèrent pendant plusieurs mois de serrer la main à leurs homologues autrichiens lors des sommets européens. La situation se normalisa après la prise de recul de Jörg Haider au sein du FPÖ.
AFP - Samedi 2 août, 13h50
01:48 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


Les commentaires sont fermés.